Evangile de la fête de la Pentecôte – 20 mai 2018

Posté par rtireau le 17 mai 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 26-27.16, 12-15. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. 
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. 
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. 
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. 
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. 
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

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Homélie

Posté par rtireau le 17 mai 2018

Fête de la Pentecôte -  20 mai 2018

Actes 2, 1-11 ; Psaume 103 ; Galates 5, 16-25 : Jean 15, 26-27; 16, 12-15

Jésus a disparu. Ses proches se sont enfermés dans un espace clos. Que vont-ils faire maintenant ? Se replier dans la nostalgie ? Se protéger ? Ou retourner à leur point de départ ? Mais non. Car quelque chose se produit. Le texte raconte qu’il y a un grand bruit, comme un violent souffle. La communication entre les disciples est troublée : il leur faut inventer une nouvelle façon de communiquer. C’est comme ça ! Là où entre l’Esprit les petits groupes fermés deviennent insupportables. L’Esprit est la surprise de Dieu, le trouble-fête qui met en mouvement et provoque un départ. 

Alors ils sortent et se mettent à parler en plusieurs langues. La rumeur concernant Jésus est en train de devenir multiculturelle, multiraciale. Luc, l’auteur des Actes des apôtres, donne deux précisions. D’abord, ça se passe à Jérusalem. Donc l’Eglise a bien une origine juive. Et puis seconde précision : un peuple bigarré et polyglotte apparaît, un peuple un peu à l’image du cœur de Dieu en qui il y a plusieurs demeures. Comme si la Pentecôte inversait l’histoire de Babel en inaugurant un peuple sans frontières, où l’on se parle dans le respect, où l’on essaie d’habiter et d’aimer la diversité humaine.

Ecoutez le cri de Pentecôte du père Jean-Yves Baziou : 

« Eh bien ! Que souffle cet Esprit… Qu’il soit le trait d’union de nos langages, de nos cris de colère et de révolte, de nos chansons d’espoir et de liberté, de nos aveux d’amour, de nos rires de joie, des délires des fous, des poèmes de nos beaux jours et de ceux de nos tristesses, des musiques et des danses de toutes les fêtes…

Vue à partir de cet horizon, l’Eglise apparaît comme pouvant faire savourer l’avant-goût d’une humanité réconciliée avec ses différences. Etrange identité chrétienne : … sans cesse mouvante et instable car ouverte sur l’autre. Elle se construit de la dynamique de la communication. Elle s’essouffle et s’étiole quand elle se protège de ceux qui sont au loin. Peut-être est-elle en mesure de déchiffrer le message spirituel qui est dans l’air de notre époque et qui nous annonce que nous devons changer notre manière de vivre et de penser de telle sorte que la coexistence des diversités soit possible. Car nous vivons une période où l’universalité devient partout concrète. En chaque espace l’étranger est là, devenu notre voisin. Il nous faut donc trouver les moyens d’une coexistence qui est inédite à l’échelle de l’histoire.

Des nations cherchent à construire des murs. Mais elles n’empêcheront pas l’inexorable mouvance des peuples qui les conduit à se mêler et à partager le monde désormais commun. »

Dans la revue Signes, j’ai trouvé ces quelques mots sur l’Evangile d’aujourd’hui. : “L’évangile de Jean a trouvé un mot nouveau pour parler de l’Esprit. Il parle du Défenseur. Ce mot a le mérite d’être concret. Le Défenseur, c’est l’avocat de la défense. Mais qui se porte partie civile contre l’homme ? Si c’est Dieu qui fournit l’avocat de la défense, ce ne peut être lui qui entame un procès contre l’homme. Quel serait ce Dieu qui à la fois mettrait l’homme en accusation et le défendrait contre lui même ? Non ! Dieu a fait un tout autre choix. Partout où l’homme sera menacé de perdre son humanité d’homme, c’est Dieu lui-même qui le défendra. L’Esprit de Dieu s’est fait droit de l’homme.”

J’aime bien aussi la petite parabole intitulée: Entre Ascension et Pentecôte. Je vous la raconte au moins une fois par an. Elle nous dit comment l’Esprit est à l’œuvre modestement dans notre monde. La voici : Quand le Christ ressuscité était en train de monter au ciel, il jeta un coup d’œil vers la terre et la vit plongée dans l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur Jérusalem. En pleine ascension, il croise l’ange Gabriel qui lui demande :

- “Seigneur, qu’est-ce que c’est que ces petites lumières ?” 

- “Ce sont les Apôtres en prière, groupés autour de ma mère. Mon plan : à peine rentré au ciel, leur envoyer mon Esprit, pour que ces petits feux deviennent un grand brasier, qui enflamme d’Amour – Charité, peu à peu, tous les peuples de la terre !”  

Et l’ange Gabriel ose répliquer: “Et que ferez-vous, Seigneur, si ce plan ne réussit pas ?” 

Après un instant de silence, le Seigneur lui répond doucement :“Mais je n’ai pas d’autre plan.”

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La Pentecôte, une explosion d’Amour

Posté par rtireau le 15 mai 2018

J.Noyer

La Pentecôte, une explosion d’Amour

L’Église naît dans une explosion. L’Église est explosion. Le vieux monde s’effondre et un nouveau surgit des ruines du premier. Ce nouveau monde, on l’appelle le Royaume de Dieu. Il n’est plus ce monde où chacun s’enferme dans son passé et ses frontières, où chaque identité se définit par opposition aux autres, où l’histoire a distribué les rôles et les privilèges.

Le Royaume de Dieu c’est un monde qu’accompagne le regard d’un Père qui chérit également chacun de ses enfants, qui n’aime pas seulement ceux qui sont beaux et bons, riches et bien portants mais tous et avec plus d’attention encore, le malade, le petit, le vaurien. 

Car l’amour d’un père ou d’une mère précède les qualités et les attend. Il n’est pas un juge qui sépare les bons et les méchants. Il est un cœur qui n’a de cesse d’espérer qu’ils se retrouvent tous. 

On comprendrait très mal l’extension rapide du christianisme, dans le bassin méditerranéen et au-delà, si on réduisait la Pentecôte à la naissance d’une petite secte religieuse nouvelle. Ce n’est pas une nouvelle religion qui naît ce jour-là, c’est une humanité nouvelle où les frontières s’abolissent et avec elles les hiérarchies, les privilèges, les nations et les religions. Elle n’est pas vieille de son passé mais jeune de sa promesse. Elle recommence avec chaque aurore. Elle recommence avec chaque enfant. Elle recommence avec chaque pardon.

Pourquoi donc notre Église a-t-elle si vite, semble-t-il, reformé des frontières entre les chrétiens et les autres, des lois qui jugent les bons et les mauvais, des appartenances et une religion ? Pourquoi a-t-elle prétendu qu’il n’y avait pas de salut hors d’elle-même alors qu’il n’y a rien hors d’elle-même puisqu’elle est l’humanité sauvée ? Pourquoi a-t-elle présenté le baptême comme une entrée dans une communauté avec ses lois et ses rites alors qu’il est la sortie de toutes les appartenances qui distribuent à chaque enfant tares et privilèges ?

Pourquoi ? Sans doute tout simplement parce que la force explosive de la Pentecôte s’est endormie et s’est fait oublier. Alors les chrétiens sont redevenus des citoyens dociles, des religieux jaloux, des ambitieux de puissance. Du volcan, il ne reste que la lave refroidie qui est fière de servir d’engrais à la terre. Et l’Église, chaude encore de l’explosion d’amour d’où elle vient, invite les privilégiés à se pencher vers les pauvres, cherche des voies de tolérance avec les autres croyants, ouvre ses portes avec toutes les stratégies de la communication moderne. Elle n’a pas tout oublié. En elle demeure la promesse d’une explosion future.

On pourrait croire que celle d’Amour qu’est la Pentecôte est depuis bien longtemps devenue inoffensive. Tout au long de l’histoire, pourtant, des hommes et des femmes ont bousculé les traditions et les évidences pour dessiner par leurs mots et leurs gestes ce Royaume de Dieu qui continue à gronder dans les profondeurs de notre humanité. L’actualité elle-même manifeste des fumeroles témoins de ce feu. Les bons chrétiens sont-ils aptes à reconnaître une nouvelle explosion d’Amour ? Rien n’est moins sûr.

Car si Paul avait l’audace de penser que dans le Royaume de Dieu, il n’y avait plus ni grec, ni juif, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme, il ajouterait peut-être aujourd’hui, vu ce qu’ils sont devenus, ni chrétien, ni non-chrétien. La Pentecôte n’est pas une fête religieuse : elle est le commencement d’une humanité nouvelle !

Jacques NOYER, Evêque Émérite d’Amiens.

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Evangile du 7° dimanche de Pâques dans l’année B – 13 mai 2018

Posté par rtireau le 10 mai 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 11b-19. 
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. 
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. 
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. 
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. 
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. 
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. 
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. 
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

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Homélie

Posté par rtireau le 10 mai 2018

7° dimanche de Pâques dans l’année B - 13 mai 2018

Actes 1, 15-17.20a.20c-26
 ; Psaume 102
 ; 1 Jean 4. 11-16
 ; Jean 17. 11b-19

Nous sommes entre Ascension et Pentecôte : c’est le temps de la présence dans l’absence. “Mon mari, disait une jour l’épouse d’un matelot,il arrive qu’il soit là sans être totalement présent. Et il arrive qu’il soit davantage présent à moi quand il est parti en mer.” C’est vrai : l’autre, même présent, n’est jamais tout à fait là ; l’autre, même parti, n’est jamais totalement absent. Au fond la seule véritable absence, c’est l’indifférence.Ceux qui nous sont chers ne sont jamais totalement absents pour nous. Les grands absents, ce sont les autres, ceux qui nous sont indifférents… Dieu peut-être par moments !

Mystère de la présence dans l’absence ! Ecoutez l’histoire du stylo de François qui nous met en chemin de ce mystère. Le stylo de François n’était pas un stylo, c’était un cadeau. Ce n’était pas un outil, c’était un symbole. Ce n’était pas de l’utile, c’était du gratuit (même s’il avait coûté cher). Ce n’était pas du fonctionnel, c’était du relationnel. En bref,il y avait quelqu’un derrière.François préparait son baptême et sa 1èrecommunion : son stylo nous avait permis de découvrir ce qu’est un sacrement. Car lorsque quelque chose nous donne quelqu’un, on est proche du sacrement.Le stylo de François était le stylo de la mémoire. L’Eucharistie est le pain de la mémoire“Faites cela en mémoire de moi”mémoired’une vie donnée par amour, d’une vie CADEAU ! Saint Jean disait : “Dieu, personne ne l’a jamais vu, mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous…”Quand nous offrons un cadeau, Dieu n’est pas bien loin. 

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus demande au Père : “Sanctifie-les par ta vérité”et il ajoute : “Ta Parole est vérité”.Le mot vérité a donc ici un sens biblique. Autrefois la traduction était : “consacre-les”. Mais “sanctifie-les” est mieux. En effet rendre sacré et rendre sain, ce n’est pas la même chose. On croit volontiers que les objets sacrés ou les personnes consacrées sont à part du monde profane. Au contraire, quand on dit que Dieu sanctifie, çà veut dire qu’il se rend proche pour communiquer sa sainteté. La sainteté est comme l’amour, une affaire de relation. Plutôt que de séparer ses disciples du monde, Jésus les y envoie pour être semence d’unité dans le monde déchiré, et lui communiquer la sainteté de Dieu.

L’Evangile d’aujourd’hui est un extrait de la Prière de Jésus. J’aime bien Saint Augustin quand il parle à Dieu dans ce tout petit passage – Attention ! Ça va très vite – : “Tu étais en moi mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.” Vous avez le droit de relire plusieurs fois…

Maintenant quelques mots de Timothy Radcliffe, ancien maître des dominicains, dans son livre : Je vous appelle amis“Dès la naissance, les parents commencent à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri de mots, baigné et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à leur enfant pour lui transmettre de l’information. Ils l’animent de leur parole. L’enfant devient humain dans cet océan de langage.

De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu qui nous est adressée. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher de l’information. Nous y réfléchissons, nous la méditons, nous la buvons et la mangeons. « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout. » (Dt 6, 6…) … Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans une salle d’hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les premiers mois, à l’hôpital, personne n’avait eu le temps de lui parler. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la première fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu ”

Tout à l’heure quelques personnes donneront l’eucharistie et beaucoup la recevront. Je vous invite à avoir le sourire en la donnant et le sourire en la recevant. Rappelez-vous Timothy Radcliffe :“La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu. ”

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Evangile pour la fête de l’Ascension – 10 mai 2018

Posté par rtireau le 9 mai 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16, 15-20. 
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. 
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; 
ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » 
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. 
Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

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Homélie

Posté par rtireau le 9 mai 2018

Fête de l’Ascension – B – 10 mai 2018

Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 4, 1-13 ; Marc 16, 15-20

Ascension – Pentecôte: deux fêtes qui vont bien ensemble et qui disent un message très fort, sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût de miracles ou d’interventions magiques de Dieu. Ascension – Pentecôte: message très fort de la présence dans l’absence : on a tous sur nos tables de nuit des objets qui sont là pour dire la présence de quelqu’un qui est loin.

Quelques phrases du Nouveau Testament autour de ce message Ascension – Pentecôte, pour dire la présence de l’Absent :

- Dans les Actes des apôtres (1ère lecture) : “Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins … jusqu´aux extrémités de la terre.”

- Dans l’Evangile de Marc aujourd’hui : “Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.”

- Ailleurs dans le livre des Actes des apôtres : cette fameuse réflexion de quelques apôtres que je trouve tout à fait séduisante : “L’Esprit Saint et nous avons décidé”telle et telle chose. De temps en temps, ça me tente de parler comme ça. Ça renforce considérablement l’autorité.

- Et encore, dans l’Evangile de Jean au chapitre 16, la fameuse expression de Jésus : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, dit Jésus. Il est venu pour dire que tout ce qui est humain a une dimension divine. Et il faut qu’il parte, comme pour empêcher les hommes de l’idolâtrer, comme pour signifier : Dieu, c’est bien moi, mais ce n’est pas seulement ce que vous voyez. Aucun homme à lui tout seul, même pas moi, ne peut dire tout de Dieu. Jésus lui-même n’a pas fixé la manière de dire Dieu. Il n’était pas une photo de Dieu.

L’Ascension nous apprend d’abord à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples. Il nous oblige à croire en sa nouvelle manière d’être présent. L’Ascension nous découvre le sens de l’Eucharistie: Jésus n’a plus à être à nos côtés puisqu’il veut être en nous ; il n’a plus à être notre compagnon de route, puisqu’il est notre force pour marcher ; il n’a plus à être vu puisqu’il devient notre regard ; il n’a plus à être notre ami puisqu’il est devenu notre force d’aimer ; il n’a plus à être notre interlocuteur, puisqu’il est devenu notre parole, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. Comme disait Louis Evely“Dieu nous laisse entre hommes. Pas moyen de le rencontrer autrement que par l’homme. Dieu est intérieur à l’homme et ne peut se manifester que par chacun d’entre nous. L’homme est donc seul responsable du silence ou de l’absence apparente de Dieu.”Matthieu, au chapitre 25, dit la même chose dans sa mise en scène du jugement dernier : “J’avais faim et vous m’avez donné à manger.”Et le pape saint Léon a pu écrire cette phrase lumineuse :“L’Ascension du Christ est notre promotion.”

Alors, quelle attitude adopter par rapport au message de cette fête Ascension – Pentecôte ?

Il y a deux attitudes : la première : Attendez, ne quittez pas - comme on dit au téléphone -avant d’avoir la communication, la force de l’Esprit. Ne quittez pas Jérusalem, attendez, priez. Et la seconde attitude : Et puis, allez-y, ne restez pas là à regarder le ciel.  Allez-y, action - comme on dit au cinéma : “Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins … jusqu´aux extrémités de la terre. ”En bref, vous allez recevoir ma force. Mais c’est pour que vous fassiez vous mêmes : dire Dieu, montrer Dieu, être signes de Dieu, c’est le travail des hommes ensemble. L’Ascension ne nous dit pas de baisser les bras, au contraire, mais de baisser la tête pour regarder au plus bas de notre monde, le plus pauvre qui nous attend. Maurice Zundel disait : “le ciel, on n’y entre pas, il faut le devenir.”

“Quant à eux,disait Saint Marc tout à l’heure, ils s’en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle.” Hyacinthe Vulliez, dans une revue liturgique, écrit ceci : “Annoncer la Bonne Nouvelle, ce n’est pas dire qu’il a vécu, qu’il est mort et ressuscité, car dire le passé, c’est faire de l’histoire, et non pas annoncer une nouvelle. Annoncer la Bonne Nouvelle, c’est annoncer qu’il est vivant, qu’il est Parole en chacun, Parole prête à parler et qui attend d’être écoutée. Une vraie nouvelle !”

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Evangile du 6° dimanche de Pâques dans l’année B – 6 mai 2018

Posté par rtireau le 30 avril 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 9-17. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. 
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. 
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

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Homélie

Posté par rtireau le 30 avril 2018

6° dimanche de Pâques dans l’année B - 6 mai 2018

Actes 10, 25-26.34-35.44-48 ; Psaume 97 ; 1 Jean 4, 7-10 ; Jean 15, 9-17

“Aimez-vous les uns les autres commeje vous ai aimés. - Commele Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.”Ce tout petit mot comme… et deux fois.

• “Aimez-vous les uns les autres commeje vous ai aimés.”Souvent, quand on cite cette phrase, on s’arrête au milieu. Et c’est déjà bien. Mais la seconde moitié commeje vous ai aimés” précise complètement le sens. Car elle nous interdit de penser amourau sens vague du terme : en effet, la manière dont Jésus a aimé n’était ni mièvre ni douceâtre. Et toute une société en était remuée : il renversait les barrièresentre les pécheurs et ceux qui se croyaient justes, entre les humbles et ceux qui se croyaient savants, entre les infirmes et ceux qui se croyaient bien-portants, entre les pauvres et les riches, entre les exclus et les notables. C’était une véritable révolution d’amour et combien concrète. Une révolution qui conduit jour ou l’autre, même si on en pressent déjà la réponse, à l’inévitable question : “Mais d’où lui venait donc cette énergie ?” 

• Et la réponse est dans le second comme“Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.” Nous voici alors proches des secretsque l’on pressent parfois en des instants privilégiés de l’existence, de ces instants de vertigetellement il est émouvant de sentir dans la fragilité de nos existences, à certains moments, uneénergiequi surgirait du cœur même de Dieu.

Mais est-ce que chacun réalise que le seul chemin qui peut conduire à cette mystérieuse expérience forte, à cette quasi expérience de Dieu, c’est bien le chemin concret de l’humain à la manière de Jésus et de toutes les barrières qu’il a renversées. Quand on ne le prend pas, ce chemin humain, quand on cherche même à l’éviter – et ça peut se comprendre, – quand on prétend doncrejoindre Dieu plus directement, seulement en regardant vers le ciel, sans regarder autour de soi, alors on peut s’imaginer rejoindre Dieu, mais est-ce bien le Dieu de Jésus ? 

Xavier Thévenot, théologien moraliste bien connu, a écrit ce qu’il appelait un carnet spirituelintitulé Avance en eau profonde. J’y ai trouvé entre autres la méditation qu’il fit en apprenant le décès du grand philosophe Emmanuel Lévinas. Pardon pour le vocabulaire un peu ardu de Lévinas. Mais en gardant en tête les deux commede l’Evangile, on doit pouvoir comprendre : “La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain. Une relation avec le Transcendant est une relation sociale. C’est là que le Transcendant, infiniment Autre, nous sollicite et en appelle à nous…Il faut œuvre de justice… pour que se produise la trouée qui mène à Dieu.” Si on prétend prendre un autre chemin, même sous prétexte de spirituel, on peut s’illusionner un moment que l’on vit de la profondeur, mais est-ce tellement sûr ? 

Tout s’éclaire naturellement quand on prend le chemin de l’homme. Un jour, lors d’une préparation de liturgiej’avais lu une petite phrase qui m’avait semblé intéressante dans la revue Signes : “L’amour véritable vient de Dieu qui nous l’a donné comme on transmet la vie à ses enfants.” Et ces quelques mots ont suffi pour qu’un papa qui était là nous parle spontanément de son expérience de père, c’est à dire d’un amour qui dure pour son enfant, même si celui-ci ne donne aucun retour ou déçoit terriblement. Il disait : “Une fois la douleur ou la colère un peu passée, on ne peut pas ne pas aimer…” Son émotion disait qu’il racontait là quelque chose de son expérience de Dieu qui aime.

Je pense aussi à chaque célébration d’obsèqueset au silence impressionnant qui s’établit au moment où l’on reprend en quelques mots le meilleur de la vie du défunt, au moment où l’on reprend tout ce qui a été amouren disant : “Tout ce qui a été partagé par amour dans une vie, Dieu le ressuscite”. Et ce silence en dit long alors sur la méditation de chacun. Beaucoup témoignent avoir vécu des expériences fortes dans ces moments-là. “La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain… Ilfaut œuvre de justice… pour que se produise la trouée qui mène à Dieu.”

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Evangile du 5° dimanche de Pâques dans l’année B – 29 avril 2018

Posté par rtireau le 25 avril 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 1-8. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. 
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. 
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. 
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. 
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. 
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. 
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. 
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

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