Pâques, « l’heure de vous arracher au sommeil »

Posté par rtireau le 27 mai 2017

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Pâques, « l’heure de vous arracher au sommeil » Romains 13,11 

Publié le 15 avril 2017 par Garrigues et Sentiers 

Dans un livre d’entretiens avec Anne Soupa, André Gouzes, l’animateur inspiré des liturgies pascales à l’Abbaye de Sylvanès déclarait : « Ce que je trouve terrible chez mes frères chrétiens, c’est qu’ils font de la résurrection un événement ponctuel, alors qu’elle a lieu tous les jours, à chaque minute du jour et de la nuit. (…). Toute notre vie est résurrectionnelle (…). Pour chacun et pour tous, cet amour qui tue la mort, qui fait fondre nos égoïsmes, est la source fraîche de notre capacité à nous supporter les uns les autres. Soyons témoin de la gratuité de la résurrection. (…) La résurrection m’emmène vers la part à venir de moi-même, celle que je ne connais pas encore »1.

Si la résurrection constitue le cœur de la foi chrétienne, elle déstabilise les ordres qui prétendraient enclore la vie de l’homme. Elle est l’invitation faite à chaque être humain de renaître, ce que le Christ apprend à un maître en Israël tout étonné, Nicodème. L’histoire de Jésus ne se réduit pas à la pitoyable aventure d’un de ces innombrables candidats messie prospérant sur les malheurs et les espoirs du temps. Or, jusqu’au bout, ses disciples ont cru que ce leader leur offrirait enfin les bonnes places ! Aussi quel désenchantement, surtout lorsqu’il leur annonce que s’il ne part pas, ils n’accéderont jamais à l’Esprit qui rend libre2.

Ce grand malentendu, qui mène Pierre, le futur premier pape, au reniement et Judas, le gestionnaire, au suicide, ne cesse d’être la tentation permanente des Églises. Au lieu de se définir comme rampes de lancement pour les aventures de la fraternité universelle, elles se réduisent parfois à des institutions qui enferment dans des morales, des sécurités, dans un entre-nous dégoulinant de vertueuses certitudes. Le Passeur de Pâques nous réveille de ces endormissements. Il est celui qui dérange absolument car il fait éclater les chrysalides qui voudraient épargner aux papillons le risque de naître.

Les matins de Pâques sont aussi fragiles que des jeunes pousses de printemps. Tout Jérusalem ne fait que parler de l’exécution de celui qui, un temps, avait apporté de l’espoir. Et les voyageurs d’Emmaüs ruminent leur désillusion. Nous pouvons aussi passer notre vie à ressasser nos espoirs perdus et à gémir sur les malheurs du temps. Pâques nous invite au surgissement. Il n’a pas le fracas des triomphes des puissants, mais la vigueur entêtée de l’enfance. Des femmes montrent le chemin des renaissances à ceux qui se sont bouclés dans leur Cénacle. Celui qu’elles voudraient encore définir comme le « gardien du jardin » de leur univers rétréci les ouvre à la vie la plus grande : « ne me retiens pas… Pour toi va trouver des frères »3.

Quand le chorégraphe Maurice Béjart parvint à l’âge qu’avait son père, le philosophe Gaston Berger, lors de sa mort accidentelle, il publia un ouvrage où il mêle ses notes personnelles avec le journal intime de son père. Ce livre commence par ces mots qui me semblent définir avec bonheur une existence « pascale » : « Je n’en finis pas de commencer ma vie, quand je pense qu’il y en a qui n’attendent pas d’avoir vingt ans pour commencer leur mort »4.

Bernard Ginisty

1 – André Gouzes, Anne Soupa : L’Ange de la force au chevet de l’amour, éditions Bayard 2016, pages 128-131
2 – « C’est votre avantage que je m’en aille ; en effet si ne pars pas, l’Esprit ne viendra pas à vous » Jean 16,7.
3 – Évangile de Jean 2015-17

4 – Maurice Béjart (1927-2007), Gaston Berger (1896-1960) : La mort subite. Journal intime, Éditions Librairie Séguier, 1990, page 15. Maurice Béjart cite cet extrait des carnets inédits de son père : « Je ne sais pas ce que sera mon âme après ma mort. Mais cela n’est pas plus indispensable à ma liberté que la connaissance de ce qu’il m’adviendra demain. Au contraire, cette ignorance est liée à ma liberté. Dans une lumière totale, il me semble difficile de croire que la volonté puisse être encore mauvaise. L’Orgueil de Satan ne se laisse pas concevoir – et pourtant mon hésitation devant l’abandon à Dieu n’est-elle pas un peu de la même nature ? Je voudrais tout savoir avant de me donner – cela revient à désirer être Dieu avant de m’offrir à Dieu. La foi n’exige pas la lumière, c’est pour cela qu’elle est libre. Mais elle n’est pas absurde car elle enveloppe l’amour de la lumière. (7 mars 1957, page 173).

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Evangile du 7° dimanche de Pâques – 28 mai 2017

Posté par rtireau le 26 mai 2017

 Prière

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1b-11a. 

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 mai 2017

Septième  dimanche  de  Pâques – A28 mai 2017

Actes  1, 12-14 ; Psaume 26 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1-11

La première lecture, au livre des Actes des apôtres, nous montre l’Eglise, au tout début de son existence, après le départ de Jésus. Elle n’a pas encore vécu la venue de l’Esprit Saint. L’évangéliste Luc nous transporte au premier étage d’une maison de Jérusalem. L’Eglise est là, en germe, comme en attente. Avant de parler et de se disperser, elle vérifie son unité et se recueille dans la prière. Les onze apôtres sont rassemblés avec Pierre à leur tête. Ils ne sont pas  seuls : il  y a aussi des “frères” et quelques femmes. Et au milieu de ces trois groupes (apôtres, frères, femmes), se tient “Marie, la mère de Jésus”. On dirait qu’elle est penchée sur le berceau de l’Eglise, comme elle l’avait été sur celui de Jésus. Communauté silencieuse et priante qui attend son Seigneur : c’est l’Eglise du commencement qui se forge la force de supporter avec calme la souffrance rencontrée “comme chrétien”, selon le mot de saint Pierre dans la seconde lecture.

Dans l’Evangile (Jean 17), Jésus prie aussi. Il prie d’abord pour lui : “Père, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie.” L’heure est venue pour lui de demander sa propre gloire qui est… sa  croix. La gloire de Dieu, la toute-puissance,  rien à voir avec les honneurs et les fastes des grands de la terre ! Sa gloire, ce n’est pas le podium ou la réussite. Sa gloire, c’est la croix, c’est l’amour, c’est sa vie qu’il  veut donner à tous ! C’est l’heure où Jésus va être Amour total, c’est l’heure où Jésus va être pleinement Dieu. La gloire, c’est ce qui fait qu’une vie a du poids. Comme le disait saint Irénée dès le second siècle : “La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant !” Le contraire de bafoué ou méprisé.

Jésus prie ensuite pour les croyants : ses disciples et ceux qui croiront grâce à eux, c’est à dire nous. Que demande-t-il pour eux et pour nous ? “La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.” La vie éternelle, un don de Dieu, un cadeau gratuit à recevoir librement. Jésus est parti. C’est le  mystère de l’Ascension. Mais il a prié pour tous les hommes qui sont dans le monde et il leur a envoyé ses disciples, les chrétiens, pour qu’ils  soient la pincée de sel qui donne goût à la vie, pour qu’ils soient la poignée de levain qui  soulève les pesanteurs du monde, pour qu’ils soient les assoiffés de justice qui libèrent de toute injustice. Car vivre, c’est faire vivre, et donner plein de vie autour de soi.

Aujourd’hui c’est l’évangile de la prière de Jésus. Je vous propose deux expressions très différentes autour du mystère de la prière :

- la première est de Saint Augustin, très brève : “Tu étais en moi, dit Saint Augustin à Dieu, mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.”

- La seconde, plus longue, est de Timothy Radcliffe, ancien maître des dominicains dans son livre Je vous appelle amis : “Dès la naissance, les parents commencent immédiatement à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri de mots, baigné et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à leur enfant pour lui transmettre de l’information. Ils l’animent de leur parole. Il devient humain dans cet océan de langage. Petit à petit, il saura trouver une place dans l’amour que partagent ses parents. Sa vie grandit en humanité.

De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher de l’information. Nous y réfléchissons, nous la méditons, nous vivons avec elle… « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route. » (Deutéronome  6, 6…)

… Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans une immense salle d’hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les premiers mois, à l’hôpital, personne n’avait eu le temps de s’en occuper ou de lui parler. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la première fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains que nous sommes, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu.”

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Evangile pour la fête de l’Ascension – 25 mai 2017

Posté par rtireau le 22 mai 2017

Disciples

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,16-20. 
En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 22 mai 2017

Fête de l’Ascension du Seigneur – A -  25 mai 2017 – 1ère des  communions

Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 1, 17-23 ; Matthieu 28, 16-20

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moment de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet, évêque de Poitiers, “met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence.” Vous êtes venus pour une raison relationnelle forte. Vous avez eu raison. D’ailleurs, on l’a souvent remarqué, Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnelle de bouger. Aux baptêmes, aux mariages, aux obsèques, aux ordinations… Tertullien, père de l’Eglise du 3° siècle, vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le sacrement du frère. (ou du petit frère ou du petit fils).

Ascension – Pentecôte : deux fêtes qui ne font qu’une… et qui disent un message fort sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût de miracles ou d’interventions magiques de Dieu.

Ascension – Pentecôte : message de la présence dans l’absence. Compliqué ? Non ! On a tous sur nos tables de nuit des objets qui sont là pour dire la présence de quelqu’un qui est loin. Nos textes aussi parlent de cette présence mystérieuse : “Vous allez recevoir une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous… (1ère lecture) ; “Moi, je suis avec vous jusqu’à la fin du monde” (Evangile de Matthieu.)

Des enfants commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ ! Beaucoup aimeraient qu’on explique. Non ! Il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.” C’est pour ça que dans notre diocèse, pour commencer à communier on se met en chemin longuement. Savez-vous que les enfants en sont à leur 4° rendez-vous avec notre assemblée ?

• Ils sont venus en octobre avec mission d’observer le temps de l’accueil“Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là.” Présence réelle du Christ dans notre rassemblement.

• Ils sont revenus un jour jusqu’à la fin du temps de la Parole. Et ils ont compris au sujet de ce livre que tout le monde appelle La Bible, ils ont compris pourquoi beaucoup l’appellent Ecriture Sainte et comment chacun est invité à y entendre une Parole de Dieu. Présence réelle du Christ dans sa Parole.

• Et les enfants sont revenus le Jeudi-Saint, ce fameux soir où Saint Paul raconte le dernier repas de Jésus et Saint Jean dit comment Jésus a lavé les pieds de ses disciples, un travail d’esclave… Invitation à croire à la présence réelle du Christ Serviteur dans l’Eucharistie. Et ils ont même gestué le fameux parcours du pain dont je vous ai dit un mot en vous accueillant.

• Ils sont revenus aujourd’hui pour avoir part au Corps du Christ dans la communion.

• Ils reviendront pour le temps de l’Envoi, où l’on s’entend dire : “Allez !”… vers vos frères… Présence du Christ dans le frère rencontré : “Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi…”

En réalité, Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ après la messe. Alors soyons bien réveillés pour accueillir le Christ en communiant. Car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. J’ajoute que je vous invite à avoir le sourire en donnant l’eucharistie, et le sourire en la recevant.

L’Ascension nous apprend à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples. Il nous oblige à croire en sa nouvelle manière d’être présent. L’Ascension nous dit le sens profond de l’Eucharistie : Jésus n’a plus à être à nos côtés : il veut être en nous. Il n’a plus à être notre compagnon de route : il est notre force pour marcher. Il n’a plus à être vu : il devient notre regard. Il n’a plus à être notre ami : il est devenu notre force d’aimer. Nous sommes désormais sa présence près de nos frères. Jésus, par nos mains, nos yeux, nos lèvres, nos pieds et notre cœur, veut continuer sans cesse à aimer, à rencontrer et à sauver tous les hommes. Le pape saint Léon disait tout ça d’une courte phrase : “L’Ascension du Christ est notre promotion.”

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Evangile du 6° dimanche de Pâques – 21 mai 2017

Posté par rtireau le 17 mai 2017

Défenseur

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 15-21. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. 
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. 
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. 
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. 
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. 

Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 17 mai 2017

Sixième dimanche de Pâques – A – 21 mai 2017

Actes 8, 5-8.14-17 ; Psaume 65 ; 1 Pierre 3, 15-18 ; Jean 14, 15-21

“Je prierai le Père… ;  je suis en mon Père… ; celui qui m’aime sera aimé de mon Père…” Jésus parle de son Père. En réalité, c’est pour ça qu’il est venu, pour révéler la véritable identité de celui que personne n’a jamais vu, ce Dieu que tous les hommes ont recherché en lui donnant les noms les plus divers, celui-là même dont les prophètes ont témoigné, et que Jésus a l’audace d’appeler familièrement Papa. Jésus prête sa voix et ses mains à son Père pour que sa Parole puisse retentir à nos oreilles d’hommes et pour que sa tendresse puisse nous être signifiée. Quand Jésus parle, c’est Dieu qui parle. Quand Jésus guérit et pardonne, c’est Dieu qui guérit et pardonne.

Et, quand il s’apprête à quitter le monde, il parle de l’Esprit, c’est à dire de l’Amour qui unit le Père au Fils, et le Fils au Père : “Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. ” J’imagine que beaucoup d’entre vous ont en tête que le mystère de la Trinité est chose bien compliquée. Or vous venez de réaliser que Jésus, le Fils, nous parle sans cesse de son Père, et qu’il ne nous quitte pas sans assurer qu’il restera présent par son Esprit qui “demeure en nous”. Tout simple, non ? Oh ! Le mystère demeure entier, mais c’est à la manière du mystère de l’Amour dont chacun peut déjà faire l’expérience.

C’est donc un passage de relais que Jésus fait à ses disciples : c’est à eux (à nous) de continuer d’annoncer que Dieu est Père. Et il promet l’Esprit qui sera sa présence jusqu’à la fin des temps. Il est frappant d’ailleurs de constater aujourd’hui que, même si les églises ne sont pas remplies, il ne manque pas de gens qui vivent de cet Esprit. Comme dit Gérard Bessière, “Ils conservent en eux, comme un ferment, la figure de Jésus et les appels de l’Évangile. Leur générosité n’est pas démobilisée. Beaucoup cherchent et trouvent des lieux et des groupes où ils apportent leur énergie pour tenter de changer le monde.” Et il ajoute : “Dommage que les structures et les appareils de l’Église provoquent chez beaucoup méfiance ou indifférence.” Comme ce jour – il y a longtemps – où une maman prévenait que son enfant ne viendrait plus au catéchisme : “Deux années, ça suffit bien. Son père et moi, nous pensons qu’il ne faut pas les ennuyer trop tôt avec tout ça !”

Bertrand Vergely, dans son livre Retour à l’émerveillement, a une méditation inattendue sur le péché, en lien avec le Père, le Fils et l’Esprit. Le péché, dit-il, signifie ratage en hébreu comme en grec. On pèche quand on rate la cible et on rate la cible quand l’un des éléments de la Trinité vient à manquer :

- Dieu seul n’est plus Dieu, mais une transcendance abstraite, désincarnée, le Dieu-Loi, Autorité, le Père terrible et inflexible.

- Le Fils seul donne l’humanité abstraite qui ne croit que dans la science et la politique. L’homme est intelligent et efficace. Mais sans rapport à l’éternité il n’apporte pas la réponse de fond aux questions humaines.

- Enfin, l’Esprit seul donne le devenir sans la dimension de transcendance. Bien des choses peuvent vivre et être créatrices, mais tout ne sauve pas.

Alors je vous propose une méditation trinitaire pour faire le point sur notre vie de baptisés.

J’ai été baptisé au nom du Père : Est-ce que Dieu est un Père pour moi, celui dont l’amour me façonne jour après jour ? Est-ce que je sais m’émerveiller de sa création, et y participer en contribuant à ce que la terre soit plus habitable et le monde plus juste ? Et si je prie Dieu en lui disant avec les autres notre Père, est-ce que je réalise que tout homme est un frère ?

J’ai été baptisé au nom du Père et du Fils : Est-ce que je suis familier du Fils ? Est-ce que je lis assez l’Évangile pour corriger les caricatures de Dieu que j’ai pu me fabriquer ?

J’ai été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit : Est-ce que je laisse l’Esprit agir en moi ? Il est l’Esprit de vérité. Est-ce que je sais l’entendre ? Est-ce que je prends le temps de relire ma vie en disant, comme autrefois le jeune Samuel : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !” L’Esprit m’invite à ne jamais désespérer, ni des autres, ni de Dieu, ni de moi-même.

C’est à nous de continuer d’annoncer que Dieu est Père. Il dépend de notre réponse à l’Esprit que des gens ne sentent plus orphelins.

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Evangile du 5° dimanche de Pâques – 14 mai 2017

Posté par rtireau le 11 mai 2017

Chemin

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 1-12

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?  Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »

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Homélie

Posté par rtireau le 11 mai 2017

Cinquième dimanche de Pâques – A – 14 mai 2017

Actes 6, 1-7 ; Psaume 32 ; 1 Pierre 2, 4-9 ; Jean 14, 1-12

“Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi… Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie.” Sans doute quelqu’un qui est amoureux (ou qui l’a été) peut entendre que l’autre puisse être chemin pour lui. Mais on imagine plutôt qu’autour de Jésus beaucoup ont dû penser : Mais pour qui il se prend, celui-là ? Car ceux qui l’entendaient ne voyaient qu’un homme. D’ailleurs, deux mille ans après, beaucoup ne voient toujours en lui qu’un homme. Qui eut une vie longtemps cachée, un peu publique ; qui fut suivi par quelques foules, puis abandonné par presque tous, sauf quelques amis qui se sont levés pour dire : “Il est vivant, nous en sommes témoins.” Et qui ont dit qu’il était Fils de Dieu et que la mort elle-même n’a pas eu de pouvoir sur lui qui a donné sa vie par amour. Pourquoi j’insiste ? Parce que c’est là, je crois, que se trouve l’espérance que nous avons célébrée à Pâques : la mort n’a pas de pouvoir sur tout ce qui est partagé par amour dans une vie.

“Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Jean Debruynne a écrit très joliment : “Jésus vient bouleverser nos habitudes de voyageurs”. Quand on doit voyager, on se dit d’abord : « Où va-t-on aller ? » puis « Comment ? Par où ? » Jésus, lui, dit que l’Evangile est un chemin. Le plus pressé alors n’est pas de savoir où il faut aller, mais de se mettre en marche. Où vont les chrétiens ? Ils vont. Toutes et tous sont en chemin. Chacun avec son pas, son histoire, ses doutes et ses questions.” Le Père Rouet, ancien évêque de Poitiers le disait aussi : “La foi chrétienne commence par les pieds, parce qu’il faut y aller.”

Un chemin n’est pas fait pour être regardé mais pour être emprunté. Thomas est désorienté : “Nous ne savons même pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ?” Et il y a toujours eu des chrétiens comme ça pour réclamer : Donnez-nous des consignes, nous obéirons, nous suivrons. Ça nous évitera d’avoir à nous prendre la tête en nous risquant à inventer nos chemins !” Eh bien, on ne sait pas le chemin d’avance, c’est en marchant qu’on le découvre. Et heureusement car les chemins écrits d’avance deviennent vite des prisons : ce sont les fanatismes et les doctrines de toutes sortes. Pour l’Evangile, le chemin n’est pas une doctrine, c’est quelqu’un, c’est Jésus lui-même. Il dit : “Viens, suis-moi”, mais il ne dit pas où, et c’est pour ça que la foi ne peut être qu’un chemin de confiance. Péguy le disait à sa façon : “Ce qui fait le chrétien, ce n’est pas le niveau de sa vie morale, ce qui fait le chrétien, c’est qu’il donne la main, comme un petit enfant.”

“Moi je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Une phrase programme : en prenant ce chemin, vous connaîtrez la vérité et vous trouverez la vie. Ah la Vérité ! On voudrait bien pouvoir l’écrire une bonne fois. On voudrait bien une définition de Dieu, ou mieux une photo. Ah ! Ce rêve d’aller à Dieu en direct, sans intermédiaires, sans médiations ! “Montre-nous le Père, cela nous suffit.” dit Philippe. Il voudrait une photo du Père. Il voudrait déjà être avec le Père, au risque de court-circuiter tous les cheminements et la tâche progressive de devenir humain. Jésus répond : “Celui qui m’a vu a vu le Père.”  Quand on sait que Jésus s’identifie aux plus petits d’entre les hommes (Mt 25), voyez un peu la taille de l’album photo qu’il nous faudrait pour  Dieu.

“Celui qui m’a vu a vu le Père.” Dieu Père a le visage de Jésus. Voilà la photo réclamée par Philippe. Pour nous, ce visage se profile à travers le visage des autres : “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi.” (Mt 25) Une phrase qui dit très fort en même temps que la foi ne se réduit pas à un sentiment religieux individuel, mais qu’elle se vérifie dans les actes.

“Qui me voit voit le Père ! Je suis le Chemin.” C’était tout à fait comme ça pour cette personne toute simple que décrit magnifiquement Gérard Bessière : “On m’avait dit qu’elle était mourante. Je suis allé aussitôt. J’ai frappé contre la porte entrouverte et je me suis approché. La respiration lui échappait comme un mince filet d’eau que l’on voit disparaître dans le sable. J’ose lui demander : ‘comment allez-vous ?’ Elle sursauta à peine, puis, de sa voix de petite fille, elle articula : ‘Je vais aller chez Dieu, sans doute, et si je vais mieux, j’irai chez mon fils à Agen.’ Chez son fils ou chez Dieu… C’était toujours la famille, c’était de plain-pied. C’est le même chemin… Jésus, le chemin !”

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Evangile pour le 4° dimanche de Pâques – 7 mai 2017

Posté par rtireau le 2 mai 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,1-10. 
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

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