Fête de l’Assomption – 15 août 2018

Posté par rtireau le 13 août 2018

visitation

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; 
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; 
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge 
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, 
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, 
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, 
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

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Homélie

Posté par rtireau le 13 août 2018

Fête de l’Assomption – 15 août 2018

Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Psaume 44 ; 1 Corinthiens 15, 20-27a ; Luc 1, 39-56

Dans notre monde d’aujourd’hui, inquiet, injuste, souvent violent, comment se laisser emporter dans cette jubilation du Magnificat ? Mais au fait, le monde dans lequel la jeune Marie chantait sa joie d’être bientôt maman, dans quel état était-il ? Sa Galilée natale n’était pas en paix, les puissants opprimaient les petits, les riches prospéraient à côté des pauvres. Pas vraiment de quoi chanter un magnificat. Mais voilà ! Marie sentait bouger en elle un enfant, l’enfant de l’avenir. C’est lui quiproclamerait un jour : “Heureux les pauvres, les doux, les affamés.”  C’est lui quiallait rudoyer les orgueilleux et les nantis. C’est lui quiallait révéler la richesse des pauvres et offrir aux foules démunies un pain de vie inconnu. Marie portait en elle cet avenir ardent. Comme il est actuel, le Magnificat, chant de marche obstinée des humbles !

Savez-vous qu’en certains pays, les paroles du Magnificat ont été parfois censurées comme subversives, là où des communautés chrétiennes avaient réellement montré leur foi en un Dieu qui “renverse les puissants de leur trône.” Je pense à ce livre de Ernesto Cardenal (1979) intitulé Chrétiens du Nicaraguaet qui a comme sous titre :l’évangile en révolution.  C’est un recueil de méditations des communautés de bases du Nicaragua. A la page Méditation sur le Magnificat, il y a ces quelques lignes : « On dit que ce passage d’évangile remplissait d’épouvante les tsars de Russie, et que Maurras, de son côté, a parlé “du germe révolutionnaire du Magnificat.” C’est un cantique en l’honneur des pauvres… C’est la prière favorite des pauvres et, très souvent, les paysans superstitieux la portent sur eux comme une amulette. Au temps du vieux Somoza, quand les paysans furent obligés d’avoir toujours sur eux un certificat comme quoi ils avaient voté pour lui, le peuple avec humour, baptisa ce document le Magnificat. »

Par rapport à Marie on glisse facilement – ce n’est pas d’aujourd’hui – vers la seule vénération à son égard au risque d’oublier le message de sa vie. On en resterait bien aux cantiques à Marieau risque d’oublierle Cantique de Marie, ce fameux Magnificatavec son message tellement exigeant. Quand quelqu’un dérange beaucoup dans un parti, dans un mouvement ou dans une organisation, il arrive qu’on s’arrange pour lui donner une promotion. On en profite alors pour chanter ses louanges. Et il est clair pour tout le monde que si on le met à cette place plus élevée c’est parce qu’on espère qu’il y dérangera moins. Eh bien il ne faut pas agir comme ça avec Marie. Si elle prononce son Magnificat, ce n’est pas pour qu’on le traduise en louange à son égard. Marie nous invite au contraire à célébrer avec elleles merveilles de Dieu accomplies en faveur de ceux qui espèrent le salut du monde et qui luttent pour ça.

Pourquoi donc fêter aujourd’hui Marie et son Magnificat ? Fêter quelqu’un c’est prendre du temps pour se rappeler le meilleur de lui-même. Et ça fait du bien, ça fait grandir. Prendre le temps aujourd’hui de nous rappeler le meilleur de Marie, elle qui portait en elle l’Espérance du monde. Occasion de me demander : De qui je porte l’espérance ?Vous savez, toutes les réflexions du genre : “On compte sur toi. Tu comptes beaucoup pour nous.” Marie a tellement accueilli la Parole que la Parole a pris chair en elle. Et elle partage le triomphe de son Fils sur la mort. Croire tellement, avoir un idéal tellement fort et tellement têtu que jour ou l’autre ça se concrétise, que jour ou l’autre ça ressuscite.Certains disent qu’aujourd’hui est le jour de Pâques de l’été.

Marie vient de découvrir qu’elle est enceinte, et au lieu d’entrer dans ce temps de l’attente par le repos, son premier réflexe est de se mettre en route. Comme si l’Evangile de Luc tenait à dire que la naissance de Jésus ne représente pas un termepour Marie mais un commencementune mise en route. Marie n’a qu’une hâte, c’est de partir chez sa cousine Élisabeth. La véritable joie d’une visite, la valeur d’une rencontre, c’est de croire en celui qu’on va voir. Croire que l’autre mérite attention et respect, qu’il porte en lui des possibilités infinies, croire que rien n’est impossible à Dieu. 

Une visite, aussi banale soit-elle, réalise la visite de Dieu qui s’intéresse à notre terre.

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Evangile du 19°dimanche dans l’année B – 12 août 2018

Posté par rtireau le 8 août 2018

Mains

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 41-51

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : 
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » 
    Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? » 
    Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. 
    Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. 
    Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. 
    Moi, je suis le pain de la vie. 
    Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas.Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

 

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Homélie

Posté par rtireau le 8 août 2018

19° dimanche dans l’année B – 12 août 2018

1 Rois 19, 4-8 ; Psaume 33 :
Ephésiens 4, 30-32 ; 5, 1-2 ; Jean 6, 41-51

La première lecture d’aujourd’hui est un récit qui a comme arrière fond le livre de l’Exode, et qui souligne les ressemblances entre Elie et Moïse. Abandonné des fils d’Israël qui se sont tournés vers les idoles, poursuivi par la haine de la reine Jézabel, Elie a pris le chemin du désert, persuadé d’avoir échoué, au bord du découragement. Il appelle la mort de ses vœux : “Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie ! Je ne vaux pas mieux que mes pères.” Moïse aussi avait fui la colère de Pharaon en se réfugiant au désert, et, désabusé, il avait voulu mourir lui aussi.

Une présence se révèle à Elie : “Lève-toi et mange.” Et il y a là un pain cuit sous la braise et une cruche d’eau. Comme au temps de Moïse où il y avait la manne qui tombait du ciel et l’eau qui jaillissait du rocher. Alors Elie se rend à l’Horeb, au lieu même où Moïse avait reçu sa mission. 40 jours et 40 nuits qui rappellent le séjour de Moïse sur la montagne. Là où tout semblait finir dans un échec, un nouveau commencement s’annonce. S’il y en a qui n’ont pas le moral, c’est là qu’est le message : Là où tout semblait finir dans un échec, un nouveau commencement s’annonce. Nous sommes au cœur même du sens que prendra la croix du Christ. Tout semblait fini au soir du Vendredi Saint, et le matin de Pâques a tout remis en cause.

Un jour, après avoir lu ce texte, plusieurs avaient dit : “On a bien aimé le ton de la voix de l’ange dans la première lecture.” On n’avait pas d’enregistrement, mais ils avaient cru entendre la voix d’un papa, à la fois paisible et ferme, un ton humain d’encouragement insistant pour remettre debout ce désespéré de la vie : “Lève-toi et mange ! Car il est long, le chemin qui te reste.” Et c’est cette voix qui a fait que, là où tout semblait fini dans un échec, un nouveau commencement a pu s’annoncer. Ce n’est pas d’abord le pain et l’eau qui ont donné force, c’est cette voix aimante. C’est cette présence qui a permis de manger et de repartir. Nous n’avons pas besoin non plus de caméra pour avoir en tête des images de la vie de Jésus, et de son style de présence aux plus pauvres, et comment il redonnait force à ceux qui avaient du mal dans la vie.

Et sa résurrection nous a permis de comprendre comment cette présence humaine de Jésus était en même temps présence de Dieu son Père. Et en définitive comment toutes les présences humaines aimantes sont aussi présences même de Dieu, comment tous les visages humains deviennent visages de Dieu quand ils sont regards d’amour. Quand Jésus dit : “Je suis le pain vivant…”, souvenons-nous du don de sa vie par amour sur la croix, souvenons-nous comment il fut le grain de blé qui meurt pour donner l’épi puis le pain. Et souvenons-nous de son dernier repas où il a rompu le pain, nous invitant à continuer de le faire en mémoire de lui. C’est bien le don de sa vie par amour qui nous a donné vie. Et tous ceux qui donnent de leur vie par amour sont aujourd’hui semeurs de vie. C’est bien parce qu’il a donné sa vie par amour que son geste de rompre le pain a pu signifier la vie même de Dieu qui se donne. Impossible de distinguer entre le signe du pain partagé et la réalité de cette vie donnée par amour.

Peut-être que tout ça vous semble évident et vous vous demandez pourquoi j’insiste. Eh bien j’insiste parce que je crois que ce message n’a jamais fini de nous faire vivre. Et je vous invite pour les jours à venir à chercher à comprendre Jésus Christ pain de vie en contemplant tous ceux que vous rencontrerez et qui donnent de leur vie par amour. Exceptionnellement vous avez le droit de vous contempler vous-mêmes. La prière donne ce droit-là. Et je vous invite à revenir ensuite ici (ou ailleurs), accueillir en Eglise le Christ que ces personnes-là vous ont déjà montré, à revenir l’accueillir lui-même en mangeant le pain qui donne vie. Alors le pain aura vraiment goût d’Eucharistie.

Il arrive encore aujourd’hui que des personnes distinguent entre les gestes que l’on dit simplement humains et des réalités qui seraient directement spirituelles. Bien sûr intellectuellement on fait comme on peut avec les mots pour se faire comprendre. Mais je vous invite à découvrir que la dimension que l’on prétend quelquefois directement spirituelle ne nourrit pas vraiment si elle n’a pas de racines humaines. Et que ce qu’on appelle à tort la dimension simplement humaine n’a en réalité pas de limites puisque notre Dieu lui-même y est entré dans son Incarnation.

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Evangile du 18°dimanche dans l’année B – 5 août 2018

Posté par rtireau le 2 août 2018

paindelavie

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 24-35

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. 
    L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » 
    Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. 
    Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » 
    Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » 
    Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » 
    Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?  Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » 
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
    Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
    Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

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Homélie

Posté par rtireau le 2 août 2018

18° dimanche dans l’année B – 5 août 2018

Exode 16, 2-4. 12-15 ; Psaume 77 ; Ephésiens 4, 17. 20-24 ; Jean 6, 24-35

Des besoins à n’en plus finir… La société de consommation, ce n’est pas d’aujourd’hui : elle est déjà présente dans les textes d’aujourd’hui (aussi bien dans l’ancien que dans le nouveau Testament). Des besoins à n’en plus finir, sauf quand le pain devient quelqu’un. Car alors, il ne s’agit plus de consommer seul dans son coin, mais de communier, d’entrer en relation.

Jésus, aujourd’hui, se présente comme le pain véritable qui s’offre à notre faim véritable. Mais cette faim spirituelle qui nous creuse, nous la trompons souvent avec des produits de consommation qui étouffent en nous le désir. Comme les fils d’Israël, dans leur traversée du désert, nous sommes tentés de préférer le confort des installés, même esclaves, à la liberté des nomades.
Le livre de l’Exode raconte que pour faire taire les récriminations des Hébreux, le Seigneur fit pleuvoir un pain étrange, une fine croûte, dit le texte, quelque chose de fin comme du givre. Une manne comme nous disons. Un mot qui nous vient de la réaction des Hébreux qui se disaient entre eux : “Man hou”, c’est-à-dire “Qu’est-ce que c’est ?”
On se posera un jour la même question au sujet de Jésus : “Quel est donc cet homme” qui prétend être une nourriture de vie et nous combler au-delà de tout désir ? Et quel est ce pain que l’Église continue de nous donner en son nom ?

Oh ! Nous savons, ou plutôt nous croyons qu’à travers ce pain et cette coupe nous communions à l’amour dont Dieu nous a aimés.
Nous le croyons et pourtant le pain que Jésus nous offre, comme la manne, demeure une question : man hou, qu’est-ce que c’est ? Comme si nos cœurs de croyants n’étaient jamais assez grands pour l’accueillir, tellement Jésus n’est pas venu nous gaver de certitudes mais nous combler de son amour. Et c’est bien différent : les certitudes durcissent le cœur, tandis que l’amour lui donne des ailes et creuse le désir d’aimer.

Le livre de l’Exode raconte que Moïse interdit aux fils d’Israël de faire provision de la manne que le ciel donnait chaque jour. Certains le firent quand même. Mais la manne dont ils avaient rempli leurs sacs devint vite immangeable.
Et si ça signifiait que le chrétien ne peut pas être un homme aux poches bourrées de provisions ! Péguy disait : “Jésus nous a donnés des paroles vivantes [...] nullement conservées moisies dans de petites boîtes [...] des paroles vivantes qui ne peuvent se conserver que vivantes.”
Le croyant ne possède pas la vérité, il s’en nourrit comme d’un pain qui donne faim d’un avenir toujours plus grand.
Le croyant est un nomade qui voyage léger parce qu’il compte chaque jour sur Dieu qui s’est fait pour lui parole et pain.
Le croyant est homme de désir qui, comme dit saint Paul, se laisse guider intérieurement par un esprit renouvelé.

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un. On a souvent le choix entre consommation et communion. C’est la saison des vacances. On y va avec un désir bien légitime de tranquillité et de repos. On rêve de consommer du repos, et on en revient avec, comme souvenirs les plus riches, les rencontres et les découvertes, c’est à dire les moments où il y a eu communion, relation avec d’autres personnes, d’autres formes de vie. Ils sont bien malheureux ceux qui s’enferment dans une solitude de vacances, même somptueuse. Quand le pain devient quelqu’un, il ne s’agit plus de consommer, mais d’entrer en relation, d’entrer en communion.

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un. Soyons heureux, nous autres, d’être sur ce chemin humain de la rencontre de notre Dieu, sur ce chemin où le pain devient quelqu’un. La rencontre, la relation, la communion, l’amitié, toutes ces valeurs qui ne rouillent pas en prenant de l’âge. Le reste, il faut petit à petit apprendre à s’en détacher comme le raconte avec humour cette petite histoire de touriste américain visitant un rabbin célèbre au siècle dernier. Le touriste est étonné de voir que le rabbin n’a pour tout logement qu’une simple pièce remplie de livres. Et pour seul mobilier, une table et un banc.

- “Où sont vos meubles ?” demande le touriste.

- “Où sont les vôtres ?” rétorque le rabbin.

- “Les miens ? Mais je ne suis qu’un visiteur, ici ; je ne fais que passer”, dit l’Américain.

- “Moi-aussi”, réplique le rabbin.

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Evangile du 17° dimanche dans l’année B – 29 juillet 2018

Posté par rtireau le 25 juillet 2018

5 pains

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,1-15.

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.
Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.
Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »
Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

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Homélie

Posté par rtireau le 25 juillet 2018

17° dimanche dans l’année B – 29 juillet 2018

2 Rois 4, 42-44 ; Psaume 144 ; Ephésiens 4, 1-6 ; Jean 6, 1-15

Le discours sur le pain de vie (Jean 6) commence par le récit de la multiplication des pains. Deux éléments important :le signe des pains partagés et la fuite de Jésus dans la montagne.

Le signe des pains partagés, multipliés. Même si notre texte fait allusion à l’Eucharistique, il semble bien que Jésus ait nourri des foules qui avaient faim. On a même voulu le faire roi. En tous cas il a eu une réaction très humaine : “Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?”Autrement dit, Dieu lui-même, en Jésus, nous ramène au quotidien des hommes : il  faut assurer à tous le pain quotidien. Évangéliser passe par une réelle solidarité. 

Aujourd’hui on est moins sensibles qu’autrefois au côté merveilleux,et ce qui est miraculeux rend sceptique. Alors, après avoir pris au sérieux le miracle dans son côté abondance de pain, pourquoi ne pas oser, comme l’a fait le théologien Karl Rahner, prendre ce récit comme une exigeante parabolepour la vie de l’humanité d’aujourd’hui ? Ce que nous venons de lire, dit-il, se reproduit aujourd’hui : on a des moyens techniques, on récolte dans le même champ dix fois plus de blé qu’autrefois. Donc personne ne devrait plus mourir de faim. Maintenant donc, dit-il, la multiplication des pains est un peu entre nos mains : à nous de nourrir la foule dans le désert de notre terre, car “ventre affamé n’a pas d’oreilles”. La phrase de Jésus reste d’actualité :“Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?”Dieu Amour nous fait don de ce miracle de la multiplication des pains par la technique pour qu’étant libérés des soucis matériels nous ayons le temps de nous préoccuper du pain de Dieu

Et Dieu nous invite à ne pas baisser les bras sous prétexte qu’on n’aurait pas grand-chose à partager. Jésus n’a pas fait du pain à partir des pierres comme le lui suggérait le tentateur au désert. La multiplication des pains a été rendue possible par un petit garçon qui avait cinq pains et deux poissons, c’est à dire la portion que le gouvernement donnait aux orphelins pour sept jours. Ce petit garçon a donc donné tout ce qu’il avait pour manger durant une semaine.Dieu peut tirer du peu qu’on a une bénédiction pour des milliers de gens. Mais il ne faut pas se dire : “Nous ne pouvons rien faire !”Devant les problèmes humains de la faim, de la justice et de la paix, nous pouvons toujours poser un geste. Et le peu qu’on met dans les mains de Jésus devient beaucoup.

Mais il est vrai aussi que “ventre repu n’a pas d’oreilles.” Les techniques qui devraient nous libérer peuvent nous rendre esclaves. Esclaves du pain en quantité qui pourrira dans nos mains comme la manne du désert dans les mains de ceux qui en prenaient plus que la ration quotidienne. On arrive alors au deuxième élément du récit : la fuite dans la montagne.Jésus invite à regarder plus loin. Dieu crie sans cesse, comme le vieux philosophe grec Diogène : “Vous ne serez jamais heureux d’être seulement des cochons gavés.”Jésus fuit dans la montagne, loin de ceux qui voulaient le faire roi. Il ne se laisse pas manipuler. L’homme a cette capacité de s’ouvrir à Dieu. Jésus assouvit avec surabondance la faim corporelle – il reste douze corbeilles ! – mais plus encore la faim de vie éternelle que le Christ est capable de combler. Lui seul est le Pain de Vie. C’est notre eucharistie : elle nous rassemble pour une communion encore plus profonde avec le Christ. 

Nous y recevons le corps du Christ dans la présence de nos frères avec qui nous sommes solidaires et dans le pain consacré, les deux. Nous y recevons le corps du Christ à condition d’avoir faim de vraies relations et à condition d’avoir faim de Dieu, les deux.Les deux jamais séparables et tellement bien exprimés par la bouche de Saint Jean Chrysostome (4èmesiècle) : “Tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprise pas lorsqu’il est nu.”

En fait, le vrai miraclen’est pas la multiplication des pains, mais la naissance d’un Peuple.Au début du texte, il est question d’une foule nombreuse et, à la fin, c’est un peuple de cinq mille hommes.Au début, la réaction des apôtres est prisonnière du système de l’argent et du commerce où les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres : “Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas !” Heureusement il y a un petit garçon qui a cinq pains et deux poissons. Ce n’est pas un économiste, c’est le cœur d’un enfant qui fait entrer dans le partage.

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Evangile du 16° dimanche dans l’année B – 22 juillet 2018

Posté par rtireau le 18 juillet 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 30-34.

En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

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Homélie

Posté par rtireau le 18 juillet 2018

16° dimanche dans l’année B -  22 juillet 2018

 Jérémie 23, 1-6 ; Psaume 22 ; Ephésiens 2, 13-18 ; Marc 6, 30-34

“Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu.” Ce sont les mots de Jésus à ses disciples il y a longtemps. Pourquoi pas à nous aujourd’hui ?

Se mettre à l’écart pour se reposer. Prendre le temps gratuit du repos

Se mettre à l’écart pour prier. Prendre le temps gratuit de la prière

Se mettre à l’écart pour se reposer. Prendre le temps gratuit du repos.Échapper pour un temps aux contraintes professionnelles, aux parcours obligés, aux horaires imposés. Le repos n’est pas un luxe, le repos n’est pas une concession à la facilité ou à la paresse. Pas du tout. Nous sommes faits aussi pour le repos. C’est l’écrivain français Julien Gracq(Louis Poirier), décédé en 2007, qui disait : “Tant de mains pour transformer le monde et si peu de regards pour le contempler. Un temps pour transformer le monde, d’accord. Mais aussi le temps de vivre, un temps pour l’amour, l’amitié, pour la liberté, pour la beauté, pour la poésie et la musique, pour le silence et la réflexion. Trop de gens en font tellement pour gagner leur vie qu’en définitive ils la perdent…” Je trouve qu’il parle un peu comme Jésus. Ou comme la petite Jade sur la plage en Camargue qui demande à sa Mamie de rester encore un peu pour voir le soleil se coucher. Et au moment de repartir, elle dit : “Mamie, c’était si beau, et personne ne regardait.”

La vocation de l’homme, selon l’Évangile, ne consiste pas à mener une vie agitée ou encombrée. “Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses”, disait Jésus à son amie Marthe, tu risques de passer à côté de l’essentiel, de l’unique nécessaire.

Revenir à l’essentiel, mais comment ? Eh bien peut-être en prenant au sérieux la seconde recommandation que l’on croit entendre de la part de Jésus : se mettre à l’écart pour prier, prendre le temps gratuit de la prière. Grand mystère pour chacun que cette invitation. On ne peut que suggérer, encourager, mettre en chemin vers cette forme de repos qui tout d’un coup peut devenir prière. Les vacances, le calme, l’absence d’horaire peuvent offrir une chance pour cette mystérieuse réalité : faire l’expérience de ce moment essentiel qui sert, non pas à changer les choses, mais surtout à nous changer nous-mêmes. Car à force de regarder le Christ et d’écouter sa Parole, nous ne sommes plus les mêmes. Notre conscience s’éclaire. Nous nous sentons plus forts. Son Esprit descend en nous et nous arrivons petit à petit à aimer les autres d’un amour plus grand que notre propre cœur.

C’est un peu ce que suggèrent ces quelques lignes merveilleuses de Antoine de Saint Exupéry, dans un chapitre duPetit Prince, au moment où il rencontre un marchand :

Bonjour, dit le Petit Prince.

Bonjour, dit le marchand.

C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif.

Pourquoi vends-tu cela ?dit le Petit prince.

C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Des experts ont fait des calculs, on épargne 53 minutes par semaine.

Et que fait-on de ces 53 minutes ?

On en fait ce que l’on veut.

Eh bien moi, dit le Petit Prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine.

Le temps de marcher tout doucement vers une fontaine, 53 minutes, à peu près le temps de la célébration du dimanche. Je nous souhaite de ne jamais être à 53 minutes près pour aller à la source.

Je nous souhaite, à la faveur de l’été : 

- de prendre le temps de marcher tout doucement vers une fontaine pour nous reposer.

- de prendre le temps de marcher tout doucement vers la fontaine pour prier.

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