Evangile pour le 6°dimanche de l’année C – 17 février 2019

Posté par rtireau le 13 février 2019

1-1

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6, 17. 20-26.

Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.
Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.
Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 février 2019

Sixième dimanche dans l’année C - 17 février 2019

Jérémie 17, 5-8 ; Psaume 1 ; 1 Corinthiens 15, 12.16-20 ; Luc 6, 17.20-26

C’est peut-être bien en pensant à cette page d’évangile que Marx a pu dire : « la religion est l’opium du peuple. »Jésus, dans la version des Béatitudes selon St Luc, s’adresse en effet à tous les pauvres de la terre pour leur dire : vous êtes malheureux maintenant, mais ça ne durera pas ; vous aurez votre récompense dans le ciel. C’est vrai que cette parole peut sembler opium si on s’en sert pour encourager les malheureux à se résigner et si les riches en profitent pour justifier les inégalités.

On sent bien, en tous cas, qu’on ne peut pas dire des choses comme ça à un demandeur d’emploi ou à un grand malade. Mais Jésus a le droit de s’adresser aux malheureux parce qu’il est l’un d’entre eux, parce qu’il en est le frère. Il est lui-même LE pauvre par excellence. Né dans une étable, mort sur une croix, « Il n’a pas une pierre où reposer sa tête. »Dieu, en la personne de Jésus, s’identifie au pauvre et au malheureux. Parole qui résume tout l’évangile et qui s’adresse à tout homme, quelle que soit sa religion : « J’ai eu faim, vous m’avez donné à manger ; j’étais nu et vous m’avez habillé… chaque fois que vous avez fait cela à un petit, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Il reste tout de même (et ça nous gêne) que la promesse de bonheur semble reportée à un futur plus ou moins hypothétique. Alors il est bon de nous rappeler que l’expression sémitique « dans les cieux »est une autre manière de dire « en Dieu ». Alors ce n’est pas forcément du futur, c’est aussi du présent. Jésus ne dit pas : “Vous serez heureux plus tard”,mais “vous êtes heureux.”Il ne dit pas : “votre récompense sera grande”, mais : “votre récompense est grande… en Dieu”.Comme si, pour St Luc, le seul fait d’être pauvre pouvait permettre un bonheur ignoré. Comme si on disait : “Même dans la pauvreté, un homme peut être heureux en Dieu.”A condition de changer d’optique, et de ne pas tout baser sur un avoir de courte durée. « Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes, »disait saint Paul (seconde lecture). Ma foi consiste à déplacer les valeurs : apprendre à vivre la fraternité, le respect de l’autre, la qualité des relations. Car nous ne sommes pas jugés sur ce que nous possédons, mais uniquement sur l’amour. 

Le fond de la question se trouve déjà dans la 1èrelecture : Jérémie oppose ceux qui mettent leur confiance en ce qui est mortel et ceux qui mettent leur confiance en Dieu. Les premiers sont comme une terre desséchée, ils sont malheureux ; les seconds sont comme une terre bien irriguée, heureuse de porter du fruit. Mettre sa confiance ailleurs qu’en Dieu, c’est se fabriquer des idoles. Trouver son bonheur dans sa richesse, c’est bâtir sa vie sur du vent. C’est passer à côté du bonheur. Chercher Dieu, c’est mettre avant tout la communion et le service avec les autres. C’est vouloir les faire exister. Croire en la vie éternelle, c’est vivre dès aujourd’hui les valeurs sur lesquelles est basée cette vie en Dieu. « Ta récompense est grande dans le ciel. »Un mystère nous conduit plus loin que nos problèmes, là où l’horizon de l’homme n’est pas l’homme mais Dieu. Désormais la vie de l’homme s’écrit en lettres d’éternité. Et ça change tout. Le ciel est déjà là, même s’il ne nous est pas totalement révélé. La vie ressuscitée, c’est déjà la vie que nous menons maintenant.

En proclamant les Béatitudes, Jésus fonde notre désir de bonheur sur de vraies valeurs. Le vrai bonheur est d’abord celui qui se reçoit et se partage. Il se construit non pas sur ce qui est uniquement « dû » mais sur ce qui est d’abord « don ». L’Évangile conduit à des inversions de perspectives qui sont de véritables conversions des cœurs. Que de promesses d’avenir pour celles et ceux qui peuvent regarder le monde avec les lunettes de l’Évangile ! Et nous savons que le bonheur ne se vend pas tout fait dans une boutique de luxe. Ecoutez la petite histoire du vendeur de graines… C’est quelqu’un qui rêve et qui, dans son rêve, entre dans un magasin. II voit un ange derrière le comptoir. Et il lui demande : 

- « Que vendez vous, ici ? » 

- « Tout ce que vous voulez » répond l’ange. 

- « Alors, dit l’homme : je veux… la fin de toutes les guerres, la suppression de la misère dans le monde, la justice pour les pauvres, la réconciliation entre les peuples… » 

L’ange l’arrêta : «Excusez-moi, on ne s’est pas bien compris. Ici, nous ne vendons pas de fruits, nous ne vendons que les graines.»

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Evangile pour le 5°dimanche de l’année C – 10 février 2019

Posté par rtireau le 8 février 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5, 1-11.

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

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Homélie

Posté par rtireau le 8 février 2019

5° dimanche dans l’année C – 10 février 2019

Isaïe 6, 1-2a.3-8
 ; Psaume 137
 ; 1 Corinthiens 15, 1-11
 ; Luc 5, 1-11

Faire l’expérience de la présence de Dieu, c’est personnel, et mystérieux. Nous avons besoin de moments forts pour ça, pour entendre un appel et y répondre. C’est ce qui est arrivé à Pierre, rejoint dans son activité quotidienne marquée par un gros échec. C’est ce qui est arrivé à Paul quand sur sa route de voyageur il a fait la rencontre de sa vie. Et c’était arrivé à Isaïe, le diplomate de la cour du roi, dans une liturgie du Temple qui l’émerveilla.

Tous trois ont eu une réaction comparable. Après l’étonnement il y a le recul, la crainte de se découvrir tout à coup si petit devant tant de grandeur, si misérable face à tant de sainteté. “Je suis un homme aux lèvres impures,”dit Isaïe. “Eloigne-toi, Seigneur, car je suis un homme pécheur,”dit Pierre. Tandis que Paul évoque : “l’avorton que je suis, moi qui suis le plus petit des Apôtres”. La découverte de la grandeur de Dieu fait prendre conscience de la petitesse humaine. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car Dieu reprend l’initiative : “sois sans crainte (Pierre) ; ton péché est pardonné (Isaïe).”Et Isaïe répond : “je serai ton messager”.Et Simon, Jacques et Jean ramènent les barques au bord, laissent tout et partent à la suite de Jésus.

Notre Évangile est un vrai tableau : le lac, des pêcheurs au travail, une foule, Jésus, du mouvement, un événement, une tranche de vie. C’est aussi concret qu’un roman qui commence au bord du lac, où des gens sont au travail en train de laver leurs filets. A priori ce n’est pas le moment de les déranger. Ils viennent de passer une nuit sans rien prendre et ne sont peut-être pas de bonne humeur. Ils laissent pourtant Jésus s’embarquer. D’ailleurs il ne leur demande pas la permission. Alors les voilà embarqués avecJésus, les imprudents, sans se douter où ça peut les mener. Et voilà que la barquequi n’avait jamais porté que des pêcheurs, du matériel et sûrement des poissons devient un lieu de prédication, le lieu de la Parole de Dieu, un lieu d’où Dieu parle. Voilà un lieu de travail qui prend une coloration originale.

Et ça change tout, ça chavire et la barque et les gens. Ils étaient fatigués, à eux de travailler encore. Lui il parle… La nuit était finie, il faut recommencer. Lui, il a dormi… Ils étaient déçus. Si, si, il faut encore espérer… La barque était vide. La voilà pleine à craquer… Les poissons eux-mêmes changent de signification et c’est sûrement la première fois que ces gaillards sont effrayés devant leurs poissons. Sans doute parce que les poissons ne sont plus vraiment des poissons, ils sont un signe. Ce n’est pas une pêche extraordinaire, c’est une pêche miraculeuse.Les disciples sont déstabilisés. Ce serait le moment de penser à leur avenir, par exemple en faisant une association rentable avec Jésus. Non ! C’est ce jour-même où ça marche le mieux qu’ils arrêtent tout. 

Changement de programme. Les voilà pêcheurs d’hommes, invités à vivre avec des hommes cette expérience qu’ils viennent de vivre avec des poissons. Les voilà invités à rejoindre d’autres hommes sur leur lieu de travail, dans leur quotidien, dans leur barque ou leur galère, pour que ces lieux en soient transformés. Les voilà invités à aider des hommes à mettre la tête hors de l’eau, alors qu’ils sont submergés de tracas. Les voilà invités à pêcher des hommes, les repêcher, les arracher à leurs abîmes. Les voilà pêcheurs d’hommes : des gens qui s’embarquent avec d’autres pour que la vie en soit transformée, révolutionnée par cette présence qui change tout : la fatigue en énergie, la déception en espérance malgré tout, une pêche réussie en pêche miraculeuse.

C’est donc à passer de la peur à la confiance que nous sommes appelés par les trois textes d’aujourd’hui. A notre tour de nous laisser inviter comme Pierre par Jésus. A notre tour de l’entendre nous dire : “Prête-moi ta barque pendant une heure.”  Il y a quelqu’un que je n’ai pas visité depuis longtemps ; il y a une démarche difficile de pardon que je n’ai pas encore entamée ; il y a un des enfants qui ne va pas bien… “Prête-moi ta barque pendant une heure… Avance au large et jette ton filet…” Et Dieu s’occupera de le remplir. 

Souvent on se contente de lire l’évangile au passé. Ce sont de belles histoires, mais c’est du passé. Non ! On nous l’a redit la semaine dernière, l’évangile c’est au présent ! C’est aujourd’hui que Jésus redit à chacun : “Prête-moi ta barque pendant une heure.”  

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Evangile pour le 4°dimanche de l’année C – 3 février 2019

Posté par rtireau le 31 janvier 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4, 21-30.

En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

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Homélie

Posté par rtireau le 31 janvier 2019

4° dimanche dans l’année C - 3 février 2019

Jérémie 1, 4-5.17-19 ; Psaume 70 ; 1 Corinthiens 12, 31; 13, 1-13 ; Luc 4, 21-30

La lettre de Paul aux Corinthiens nous propose une réalité sublime de la vie humaine. L’amour dépasse l’amour, l’amour défie tout, même l’usure du temps et de nos humeurs. On sait que Corinthe était le grand carrefour du Moyen-Orient. Comme tous les ports du monde, c’était le lieu de brassage des peuples, un lieu où la rencontre durait le temps de l’ancrage. On se rencontrait rapidement, sans lendemain. C’est dans ce contexte que Paul a envoyé sa lettre d’amour à la communauté chrétienne qui vivait là. 

On se demande comment un auteur d’il y a vingt siècles a pu écrire une telle page. La raison, l’auteur nous l’a dite, c’est à cause de cet homme nommé Jésus. C’est sa façon de vivre notre vie humaine qui est l’inspiration de cette page. On comprend pourquoi ce poème séduit beaucoup ceux qui se préparent au mariage. Ils se retrouvent bien dans ces paroles de Paul. La mission de Jésus est donc accomplie. Grâce à lui, en aimant l’autre, ce que nous pouvons faire, nous entrons dans le mystère de Dieu, ce que normalement nous ne pourrions pas faire.

Saint Luc maintenant. Avez-vous remarqué qu’il y a quelques lignes qu’on a déjà entendues la semaine dernière : “Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.” La liturgie nous les a remises, comme pour nous rappeler, à nous les habitués : “Attention, vous savez pas cœur ces textes, mais ce que vous oubliez c’est qu’ils se réalisent aujourd’hui.” « Ce passage brûlant, disait Gabriel Ringlet, vous l’avez entendu cent fois et plus. Rien de nouveau sous la lampe de la synagogue. Mais Jésus roule le livre, le rend au servant et retourne s’asseoir. Tous le regardent. Et il leur dit : “Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture.”L’assistant peut remiser le rouleau dans la caisse. Les versets d’Isaïe quittent Isaïe pour entrer en eux. Que chacun dépose son châle et retrousse ses manches, car c’est maintenant qu’il faut libérer les opprimés. »

Dans l’évangile, Jésus dit : “Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.” Traduction polie de : “pour qui il se prend, celui-là ?” Phrase passée au langage courant : “Nul n’est prophète en son pays.”On retrouve le même message dans un proverbe indien : “La perle est sans valeur dans sa propre coquille.” Et ce message reste vrai : le prophète critiqué, c’est de tout temps. Ce qui laisse à penser que celui qui est trop populairen’est sans doute pas très prophète.

Nul n’est prophète dans son propre pays. Et si je laissais à chacun le temps de mettre un ou deux noms, un ou deux visages de proches qui ont dit des choses qui m’ont agacé. Et de savoir pourquoi ça m’a agacé ? Et si c’était important, ce qu’ils m’ont dit ? Et si c’était parole de Dieu, même si eux ne sont pas chrétiens ? Et si la foi chrétienne c’était ça : croire que chaque homme est porteur d’un message de Dieu. Il m’arrive de dire à des fiancés : “Si vous vous aimez, c’est sans doute que vous avez été l’un pour l’autre une belle image du Christ. Vous vous êtes montré l’un à l’autre le visage de Dieu.”Et j’ajoute : “Ce serait bien que votre amour vous aide à voir aussi le visage du Christ chez celui qui a une tête qui ne vous revient pas.”

En fait Jésus ne dit pas grand-chose d’autre que ce que dit l’Ecriture. Aux livres des Rois, Elie a nourri une veuve à l’étrangeret Elisée a guéri un étrangerlépreux. Vous avez bien entendu : des étrangers, des non juifs. Voilà où ça fait mal. Cette idée que le Messie dépasse le cadre du peuple juif est une idée insupportable pour eux. Alors ils conduisent Jésus hors de la ville pour essayer déjà de… Bref ! On approche de la passion. Et la phrase “Médecin, guéris-toi toi-même !”- Fais des miracles chez nous aussi – est modérée, mais on sait qu’elle va se redire sur un ton de plus en plus dur jusqu’à la passion : “Qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Elu !”diront les chefs. “Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi toi-même !” diront les soldats. “N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi!”dira l’un des larrons.

Heureusement! Et c’est ça notre espérance chrétienne : celui qui a dérangé en disant sans cesse Aujourd’hui, eh bien on a eu beau le faire taire, sa mort elle-même a été Parole et Bonne Nouvelle !“En bref, on a réussi à le mettre à mort, mais on n’a jamais pu l’enterrer !”

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Evangile pour le 3°dimanche de l’année C – 27 janvier 2019

Posté par rtireau le 23 janvier 2019

Unknown

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 1-4 . 4, 14-21.

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.
Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 janvier 2019

3° dimanche dans l’année C– 27 janvier 2019

Néhémie 8, 1-4a. 5-6. 8-10 ; Psaume 18 ; 1 Corinthiens 12, 12-30 ; Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

“Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.” Tout commence à Nazareth, pas à Jérusalem. La vie publique de Jésus commence dans ce bourg qui n’a pas très bonne réputation. Jésus n’a pas cherché un lieu médiatique pour lancer sa campagne. L’Évangile naît ici de ce qui est méprisé.

“Annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur… Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.” Gérard Bessière commente à sa façon le mot de l’Évangile. Je le cite abondamment :

« On peut répéter pendant des siècles de belles formules sans jamais les traduire en actes. Elles finissent par s’user : qui se souvient encore de leur vigueur première ? Un exemple ? Notre devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité. Supposez qu’un homme public la prenne un jour comme programme et qu’il dise : « Aujourd’hui même, on change tous de vie pour se comporter en êtres libreset égaux, comme de véritables frères« .Vous imaginez toutes les conséquences, jusque sur les feuilles d’impôts ! Inutile de faire un sondage : la carrière politique de ce candidat n’ira pas loin et il disparaîtra bientôt dans la foule anonyme.

Jésus, lui aussi, reprend une formule brûlante du passé. Elle retentissait de mots explosifs : bonne nouvellepour les pauvres, libérationdes captifs, annonce de l’année de grâceoù l’on remettrait les dettes – c’était au moment du Jubilé. Et les aveuglesouvriraient les yeux ! Rien de neuf : on avait entendu ça cent fois dans la synagogue de Nazareth. Ce qui fut nouveau, c’est la suite : Jésus, après avoir lu, “roula le livre, le rendit au servant et s’assit.”Et il commença à dire : “Tout cela va se réaliser… aujourd’hui.”  Finis l’attente et le rêve, on peut fermer le livre et le remiser, que chacun retrousse les manches et passe aux actes. Ce fut le tollé général, on voulut même tuer cet enfant du pays qui voulait transformer les belles paroles en actes. Mais lui s’obstine, après bientôt vingt siècles, à nous redire chaque jour : “Attention, c’est aujourd’hui !” De la part de Dieu. »

Aujourd’hui.Je repense à l’un de ceux qui quêtaient à la porte de l’Église Sainte-Thérèse il y a longtemps déjà. Quand le micro a circulé, il l’a pris et il a invité à prier pour sa femme qui venait de décéder dans une cabane près de la rocade sud. On se demandait subitement ce qu’on faisait là bien au chaud. Un pauvre avait parlé. On avait tous compris quelque chose du mot : aujourd’hui.

“Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.” Y a-t-il encore une Bonne Nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui, se demande Jean-Marie Ploux dans son livre Le Christianisme a-t-il fait sont temps? Après le temps de la Traditionoù la foi en Dieu allait de soi, et celui de la modernitéoù l’on a essayé de la défendre, nous sommes dit-il au temps de la relativitéoù elle ne pourra s’inscrire que dans la gratuité et la confiance. “Il reste, écrit-il, la seule confiance d’hommes et de femmes qui, …  dans les merveilles de la vie quotidienne qu’ils savent voir et dans les souffrances qu’ils essaient de porter avec les autres, s’en remettent à Dieu du quotidien et de l’ultime. La confiance en Dieu et en ses témoins qui, depuis toujours, ont cru que l’insatisfaction en eux était le signe d’une soif de Dieu, qui ont cru que tous les gestes de compassion des hommes pour les vivants et pour les morts, toutes les paroles de pardon, dessinaient l’image d’un homme appelé par un Autre à quelque chose qui passe l’homme.”

Et plus loin : “Devant la souffrance de l’autre et réduits à l’impuissance quand l’autre semble voué à la dernière solitude, la seule chose que l’on puisse offrir, c’est de ne pas fuir et d’être présent. … Cette solidarité des éprouvés dans et par la souffrance ne supprime pas la souffrance, ne lui donne pas un sens mais fonde une fraternité.

La voilà, la Bonne Nouvelle de la Parole de Dieu. - Oui, Jésus a été un trait de lumière dans l’humanité, il a laissé entrevoir l’espérance que rien de l’amour et de la peine de l’homme ne sera perdu.”

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Evangile pour le 2d dimanche de l’année C – 20 janvier 2019

Posté par rtireau le 16 janvier 2019

noces

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2, 1-11.

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié
et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

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Homélie

Posté par rtireau le 16 janvier 2019

2d dimanche dans l’année C- 20 janvier 2019

Isaïe 62, 1-5 ; Psaume 95 ; 1 Corinthiens 12, 4-11 ; Jean 2, 1-11

Le texte de Cana a donné lieu à pas mal de plaisanteries autour du bon vin. En réalité, Saint Jean était sûrement sérieux quand il écrivait : “Tel fut le commencement des signesque Jésus accomplit… Il manifesta sa gloire et les disciples crurent en lui.”Le miracle de Cana, comme tous les miracles de Jésus, est bien un signe, un signe pour révéler qui est Jésus. En effet :

- lorsque Jésus a guéri des paralytiques, par exemple, ce n’est pas pour que jamais plus, il n’y ait de paralysés, mais pour révéler qui il est: non pas un super orthopédiste, mais un sauveur, qui veut que nous vivions debout.

- lorsqu’il a guéri des aveugles, ce n’est pas pour que personne ne soit plus jamais aveugle, mais pour révéler qui il est, non pas un super-ophtalmo mais “la Lumière du monde.”

- De la même façon, lorsque Jésus change l’eau en vin à Cana c’est pour révéler qui il est.

Alors, je vous invite à regarder de près ce récit etles symboles riches qui s’y trouvent:

1/ Le premier symbole, c’est la noce : Saint Jean a eu envie de montrer Jésus au milieu d’une noce. Sans doute parce que les Écritures, les textes des prophètes, ont souvent raconté la relation de Dieu avec son Peuple comme une histoire d’amour : fiançailles, tendresse, infidélité, colère, retrouvailles. Le texte d’Isaïe, la première lecture, en est un exemple : “On ne te dira plus délaissée… Toi, tu seras appelée ma préférencemon épouse... Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.” On attendait qu’un jour, les Noces de Dieu et de l’humanité soient définitives. Eh bien ! Jésus est venu sceller cette nouvelle Alliance de Dieu et des hommes. La noce de Cana est bien plus qu’une noce de village. 

2/ Deuxième symbole : les cuves en pierre que Jésus a choisies. Il aurait quand même pu trouver des récipients plus distingués que ces cuves destinées aux ablutions rituelles. Selon la loi de Moïse, les Juifs devaient se laver les mains avant de se mettre à table. Et c’est dans les cruches qui servaient à ça que Jésus fait verser de l’eau. Et il change en vin l’eau des ablutions. Autant dire que les pratiques rituelles en prennent un coup : le vin des noces de Dieu, le vin de la nouvelle Alliance, remplace l’eau de la religion juive. On devine le scandale : tout le système religieux est révolu. L’eau claire de la loi de Moïse fait place au vin capiteuxannoncé pour les temps messianiques. Le vin généreux, c’est Jésus lui-même, qui va mettre la société en effervescence.

3/ Troisième symbole : La quantité et la qualité. Jésus a fait remplir les cuves jusqu’au bord : 600 litres d’eau changés en 600 litres de vin. On n’avait pas besoin de tout ça, sans compter que du moins bon aurait fait l’affaire. Surabondance et démesure, geste généreux, plaidoyer pour la gratuité. Nous ne sommes plus sous le régime du donnant-donnantoù Dieu proportionnait ses dons aux mérites de l’homme. Dans la nouvelle Alliance, Dieu donne gracieusement, gratuitement.

Pour beaucoup de gens, Dieu reste un être lointain, impassible, loin de la vie des hommes. On est souvent resté sur une vieille idée philosophique de l’antiquité. L’Évangile de Cana révèle pourtant un Dieu amoureux de l’humanité. Un tremblement de terre ou une guerre ne sont pas signes de Dieu, mais tous les gestes de solidarité, oui.

Pour beaucoup de gens, le christianisme a pu être une religion de la peur et des interdits. Saint Jean a pourtant trouvé les mots pour dire que les prescriptions, c’est fini ! L’eau claire du légalisme a été remplacée depuis que Jésus a changé en vin l’eau des ablutions juives.

Pour beaucoup de gens, Dieu reste souvent un Dieu qui récompense ou qui punit en proportion de nos mérites. Saint Jean a pourtant invité à contempler un Dieu qui ne calcule pas, qui donne gratuitement avec surabondance, dans la démesure de l’amour.

J’aime bien Gérard Bessières quand il écrit au sujet de ce texte : “On croyait ferme que Dieu habitait dans le beau temple de Jérusalem… dans l’inviolable Saint des Saints… et voilà qu’il mangeait et buvait avec ces paysans, et qu’il était lui-même « homme avec insistance, provincial, Galiléen »… comme si Dieu avait déserté le Temple, les rites, les lieux et les temps sacrés, pour habiter l’humble vie humaine !…”

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