Evangile du 16° dimanche dans l’année A – 23 juillet 2017

Posté par rtireau le 18 juillet 2017

grain-et-ivraie

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,24-43. 
En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. 
Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. 
Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. 
Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” 
Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” 
Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. 
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” » 
Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. 
C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » 
Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » 
Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, 
accomplissant ainsi la parole du prophète : ‘J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde.’ 
Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. » 
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; 
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. 
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. 
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. 
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; 
ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. 
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 18 juillet 2017

16° dimanche dans l’année A – 23 juillet 2017

Sagesse 12, 13.16-19 ; Psaume 85 ; Romains 8, 26-27 ; Matthieu 13, 24-43

Le bon grain et l’ivraie (le bien et le mal) poussent dans le même champ. A qui la faute ? Naturellement, on se tourne vers Dieu, le Créateur, qui a fait “l’homme à son image et à sa ressemblance.” Et on lui dit : “N’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” C’est vrai, si Dieu était bon, ou, comme disent les braves gens, “s’il y avait un Bon Dieu” pourquoi le mal ?

Réflexion 1 : le bon grain, c’est nous, et l’ivraie, c’est les autres : “Que fait donc Dieu, il faut les arracher, c’est simple”. Et comme Dieu ne répond pas, alors, on s’y met nous-mêmes, et on va extirper le mal de ce monde : quelques bonnes croisades, quelques purifications ethniques, quelques holocaustes, et tout ira mieux ! Le mal est clairement chez les autres. Et s’il faut des boucs émissaires, pas besoin de chercher loin : les Juifs, les Arabes, les fascistes, les Américains… bref, les mauvais feront l’affaire. Dans l’histoire, à chaque époque, chaque pays s’est dressé contre d’autres en les accusant d’empêcher le monde de tourner rond. Au nom de la vérité, ou de la justice, ou de la religion, ou de la race, on a exclu, jugé, torturé. On a voulu “arracher l’ivraie.”

Réflexion 2 : le bon grain, c’est nous (oui, bien sûr, toujours). Mais les autres sont-ils totalement mauvais ? Et si c’était plus complexe qu’on le croyait à première vue ?

Réflexion 3 : avec le temps, un brin d’honnêteté peut nous amener à convenir qu’il y a peut-être aussi du mauvais chez nous. Et que, finalement, c’est plutôt bien pour nous que Dieu n’arrache pas le mauvais trop vite.

Et voilà qu’on se met à réfléchir. Ou bien Dieu créait des robots programmés dans un monde parfait, bien huilé, mais un monde de machines. Ou bien il créait des êtres libres, avec les conséquences de la liberté humaine. Et c’est ce qu’il a fait, même si cette réponse classique n’est pas si facile à admettre quand “on voit ce qu’on voit”, comme on dit, le mal en particulier. Réfléchissons encore : quand nous voulons libres notre mari, notre épouse, nos enfants, telle personne dont on est solidaire, ce n’est pas si simple. Et toutes les fois que quelqu’un souffre qu’on “marche sur ses plates-bandes”, ou qu’on veuille faire les choses à sa place, ça réagit : “Je ne suis plus un bébé”, dit le petit ; “Je suis capable (je suis cap)”, dit le plus grand ; “Je suis majeur”, dit le jeune ; “Je ne suis ni ta bonne, ni ton esclave”, dit le conjoint malmené.

Dieu veut l’homme libre et l’apprentissage de la liberté dure toute une vie. Cette histoire d’ivraie et de bon grain comporte une dimension de longue durée : “Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson !” L’objectivement bon ou mauvais à tel instant existe-t-il ? En tous cas l’irrécupérable n’existe pas pour Dieu et c’est tant mieux pour nous. Saint Augustin et bien d’autres ont mal commencé et plutôt bien fini. “Laissez-les pousser jusqu’à la moisson !” On ne pourra se prononcer qu’à ce moment, lorsqu’apparaîtra ce qui était invisible auparavant. Quand le levain est dans la pâte, apparemment, rien ne se passe, mais après quelques temps, tout a changé, une réalité nouvelle est apparue.

Les paraboles que nous venons de lire disent le Royaume de Dieu en termes de croissance. Alors il faut les lire avec le regard de Dieu, un regard patient et un regard confiant :

- un regard patient : Dieu fort est patient. Énervements et violences sont des signes de faiblesse. La vraie autorité est toujours indulgence. L’autorité consiste à autoriser.

- un regard confiant : avec le levain, rien de visible à l’œil nu ; et la taille de la graine est souvent minuscule ; avec l’ivraie, on ne voit que du mauvais. Mais nous croyons qu’il y a autre chose. Il y a l’autre, image de Dieu. Il y a le frère, comme le dit la fameuse parabole bien connue : Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère. – “Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau.” – Elle me regarda et dit : “Ce n’est pas un fardeau, monsieur, c’est mon frère.” Je restais interdit. Le mot de l’enfant s’est gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : “Ce n’est pas un fardeau que tu portes, c’est ton frère.”

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Evangile du 15° dimanche dans l’année A – 16 juillet 2017

Posté par rtireau le 12 juillet 2017

SemeurÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,1-23. 

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. 
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. 
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. 
Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. 
D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. 
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. 
D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. 
D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. 
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » 
Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » 
Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. 
À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. 
Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. 
Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. 
Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.’ 
Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! 
Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. 
Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. 
Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; 
mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. 
Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. 
Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 12 juillet 2017

15° dimanche dans l’année – A - 16 juillet 2017

Isaïe 55, 10-11 ; Psaume 64 ; Romains 8, 18-23 ; Matthieu 13, 1-23

Voilà une parabole qui surprend sûrement les agriculteurs. Eux ne sèment que dans de la bonne terre, et après l’avoir préparée. Au temps de Jésus, en Palestine, on semait d’abord, on labourait après. Le labourage recouvrait la graine qui germait ensuite comme elle pouvait. Là où il y avait un chemin qui avait servi à traverser le champ avant les semailles la terre était trop tassée et c’était bonne aubaine pour les oiseaux ; là où le sol était trop pierreux, ça se desséchait ; là où les épines repoussaient plus vite que le blé, la tige était étouffée. L’interprétation qui suit la parabole est sans doute une homélie tardive. C’est le genre allégorie qui consiste à faire correspondre chaque détail de la parabole à des réalités concrètes : les terrains où tombe la semence sont alors les attitudes des uns et des autres, face à la parole.

Mais la parabole du semeur n’est sans doute pas d’abord un discours moralisant sur les mauvais terrains. Elle est plutôt une invitation à l’espérance. On peut par exemple la considérer comme un appel à la générosité et à la persévérance : pour récolter beaucoup, il faut semer large, sans se limiter à l’enclos de bonne terre. A l’image de Dieu qui donne la vie avec surabondance, Jésus a le geste large du semeur. L’évangile, il le sème tout terrain ! Car la Bonne Nouvelle est pour les foules et personne ne peut dire qu’elle ne va pas rencontrer, chez les uns et les autres, un petit coin de bonne terre, et, pourquoi pas, germer à son heure. Les semeurs parcimonieux trahissent la largesse du Père, lui que rien ne décourage comme le déclare Isaïe : “Ainsi parle le Seigneur : la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole… ne me reviendra pas… sans avoir accompli sa mission.” Depuis vingt siècles, grâce à des semailles persévérantes, la semence a toujours rencontré de la bonne terre et a porté des fruits.

Eh bien ! Quand on a semé avec largesse et annoncé la Parole “à temps et à contre temps,… toujours avec patience et souci d’instruire” (2 Ti 4, 2), on ne pleure pas parce que les trois quarts de ce qu’on avait investi s’est perdu, mais on se réjouit parce que le quart a trouvé une bonne terre où le rendement a dépassé les espérances. Cent pour un, et même trente pour un, c’était un rendement inouï pour l’antique agriculture de la Palestine. Les semeurs d’évangile qui connaissent le sentiment d’échec doivent se souvenir qu’ils ne sont pas au-dessus de leur maître. Fidèle à son Père plein d’amour, Jésus a continué de semer alors que son taux de rendement n’était pas très brillant. 

En effet, quand Jésus racontait son histoire de semeur, les foules étaient encore nombreuses autour de lui. Mais il dérangeait tellement qu’on l’a vite rejeté, arrêté et mis à mort. Et un peu plus tard, quand Matthieu écrit son Évangile, les chrétiens aussi se demandent pourquoi ça n’avance pas plus vite, et pourquoi ils sont si peu nombreux. Et saint Paul les encourage à la patience avec l’image de l’enfantement : “Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.” (Romains 8, 22)

Tout ça reste vrai encore aujourd’hui et Jésus continue de nous dire qu’il ne faut pas s’étonner : le Royaume est là, au milieu de vous, mais vous n’avez rien vu. Car il est commencé, discret, mais il ne cessera jamais de grandir, comme une petite graine. Romano Guardini a écrit que ce qui vient de Dieu n’est pas chose achevée mais commencement, et que le grain peut avoir des formes diverses : une phrase, un événement, une rencontre. Non pas des résultats achevés, mais des commencements pleins de vie et qui vont se développer. Le problème, c’est qu’on est pressé. On espère tout le temps que la Parole soit efficace vite. On cherche une moisson alors que c’est le temps de l’attente, de la croissance lente, le temps de la graine, le temps du jardinier patient.

Avez-vous remarqué : quand votre enfant va  chez la tante qui ne l’avait pas vu depuis longtemps : “Oh, comme il a grandi !” Vous, les parents, sauf si le pantalon était devenu trop court, vous n’aviez rien vu. Notre problème avec la Parole, c’est que nous sommes pressés du résultat, alors que la bonne attitude est celle du jardinier patient !

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Evangile du 14° dimanche dans l’année A – 9 juillet 2017

Posté par rtireau le 3 juillet 2017

Petits

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30. 
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. 
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » 
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. 
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

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Homélie

Posté par rtireau le 3 juillet 2017

14° dimanche dans l’année A - 9 juillet 2017

Zacharie 9, 9-10 ; Psaume 144 ; Romains 8, 9.11-13 ; Matthieu 11, 25-30

Jésus vient de nous le confirmer dans l’évangile, Dieu aurait des préférés : Père, dit-il, il y a des choses que tu as cachées aux sages et aux grosses têtes et que tu n’as racontées qu’aux tout petits. Lorsque il a dit ça, Jésus n’a pas dû se faire que des amis. Certains ont sûrement vite compris qu’ils ne figuraient pas dans sa liste. Et aujourd’hui où il faut tout le temps être le meilleur, le plus grand, le plus fort, pas évident non plus d’être parmi les préférés de ce Dieu surprenant. Il donne vraiment l’impression qu’il aime désarçonner ceux qui sont imbus d’eux-mêmes, et qu’il préfère révéler ses secrets aux petits. D’après Jésus, on n’approche pas le mystère du Royaume avec ses méninges, mais avec son cœur. Celui qui est plein de soi est privé de Dieu, mais le petit, celui qui se jette sans hésitation dans les bras de son père, sans se poser la question s’il en est digne ou non, celui qui laisse parler l’élan de son cœur, celui-là peut rencontrer Dieu.

“Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.” En une phrase, Jésus dit que la foi n’est pas au registre de ceux qui savent. Deux verbes sont face à face : cacher et révéler. Il ne s’agit pas de diplôme ou d’ignorance, mais d’une connaissance du cœur inaccessible “aux sages et aux savants” alors qu’elle se révèle “aux tout-petits”. Devant l’échec qu’il subit auprès des scribes et des docteurs de la Loi, et devant l’accueil que lui réservent seulement les petits et les pauvres, Jésus aurait pu se démoraliser. Non ! Il a une prière qui rejoint celle de Marie dans son Magnificat : “Il renverse les puissants de leurs trônes. Il élève les humbles.”

La prière de Jésus remet en cause ceux qui défigurent l’image de Dieu en imposant des catéchismes incompréhensibles et des exigences strictes qui barrent l’entrée du Royaume. L’évangile d’aujourd’hui est une sorte de Magnificat de Jésus. Il dit la joie de Dieu qui prend le parti de ceux que le monde néglige souvent, et méprise quelquefois. Grande leçon pour notre vie : invitation à prier à partir de nos soucis et à oser chercher le chemin de l’action de grâce au cœur même des situations difficiles que nous traversons. Car nous sommes forts de la promesse de Jésus : “Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le faites.” (Mt 25, 40). Notre consentement à Dieu et notre communion à nos frères deviennent les sources de notre paix intérieure. Si nous sommes sûrs d’être aimés jusque dans notre pauvreté, la louange viendra habiter nos cœurs.

Aller vers Dieu n’est décidément pas une prise de tête pour intellectuels, c’est simplement risquer des gestes d’amour ! C’est pour ça que les vacances sont quelquefois un bon moment pour que des personnes renouent avec l’Église : c’est un temps de réflexion, une pratique sacramentelle, ou simplement un intérêt pour la beauté d’un lieu. Elles utilisent des lieux d’Église comme des espaces de silence, de détente, qui leur permettent de se ressourcer. 

“Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.” J’ai déjà cité récemment un livre de Colette Nys-Mazure, qui s’appelle Célébration du quotidien. Et cette fois j’ai cru y reconnaître les tout-petits dont parle Jésus, ceux qui ne sont pas blasés : “Il se peut que nous ne soyons vraiment nous-mêmes que dans l’émerveillement, l’éloge, la reconnaissance. Là s’exprime le meilleur de notre être.” L’auteur du livre appelle ça l’état de grâce. Et un peu plus loin, elle rappelle la signification du mot enthousiasme qui contient le mot Theos qui veut dire Dieu. Être enthousiaste signifierait donc  être habité par Dieu. Heureux les enthousiastes !

“Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.” Jésus appelle à lui, non pas d’abord pour un service ou une fonction, mais parce qu’il aime. Un peu avant, dans l’évangile de Matthieu, nous lisons : “Voyant les foules, Jésus fut pris de pitié pour elles, parce qu’elles étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger” (Mt 9, 36). Jésus ne peut rester indifférent devant la souffrance et la misère humaine. C’est plus fort que lui, il faut qu’il console, qu’il relève, il faut qu’il guérisse, qu’il nourrisse, qu’il pardonne. “Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.” Il y a quelquefois des rencontres qui fatiguent et qui épuisent. On en sort énervé, agressif. Il y en a d’autres qui réconfortent et qui remettent d’aplomb. Que cette célébration qui nous rassemble soit un temps de repos qui remette debout, un temps qui nous ressuscite !

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Evangile du 13° dimanche dans l’année A – 2 juillet 2017

Posté par rtireau le 28 juin 2017

Croix

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,37-42. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; 
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. 
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. 
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. 
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. 
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

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Homélie

Posté par rtireau le 28 juin 2017

13° dimanche dans l’année A – 2 juillet 2017

2 Rois 4, 8-16 ; Psaume 88 ; Romains 6, 3-11 ; Matthieu 10, 37-42

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi… » Le Christ nous réclame de le préférer à ceux qui nous sont les plus chers. Cette demande paraît cruelle. Mais souvenons-nous : le Christ est lui-même présent au cœur de chacun, donc au cœur de ces personnes que nous aimons. La phrase de l’évangile nous demande donc de prendre le temps de le reconnaître au travers de ces visages aimés. Et alors on découvrira qu’on ne possède aucune personne, qu’on ne peut mettre la main sur aucune, même la plus aimée. Cette priorité de l’amour de Dieu interdit à chacun de faire de l’autre sa chose aimée, son dieu. Car l’amour de Dieu fait exister l’autre comme une personne unique et l’ouvre à un amour sans frontières. Dieu seul est Dieu… Personne d’autre ne peut être adoré.

 “Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi…” Voilà une autre phrase qui peut faire peur. Eh bien ! Savez-vous qu’à chaque baptême le premier signe est celui de la croix. Et je dis souvent en le faisant : « je te marque du signe de la croix, avec sa branche verticale qui t’invite à savoir lever les yeux vers le ciel, et sa branche horizontale qui t’invite à ne jamais oublier les copains… parce que notre Dieu du ciel est entré en Jésus dans le cercle de tes copains. » D’ailleurs la suite de l’Evangile confirme : « Qui vous accueille m’accueille », dit Jésus aux apôtres. « Et qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé », c’est à dire Dieu. « Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits,… il ne perdra pas sa récompense. » Un peu du visage de Dieu sur le visage du frère.

« Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. » Il s’agit donc de tout lâcher pour suivre Jésus. Ça paraît impossible. Et pourtant on a tous l’expérience de lâcher plein de choses importantes pour sauver l’essentiel. Ecoutez ce petit texte de Patrick Jacquemont qui met en scène deux personnes :

- Lui a durement gagné sa vie, travaillant très jeune, prêt à tous les boulots. Il a réussi, mais voilà qu’au souci de survivre fait place l’angoisse de perdre ce qu’il a gagné. Il voudrait tout garder.

- Elle a voulu conquérir l’autonomie dans une famille qui l’encadrait peut-être trop. En défendant ses droits, elle s’est fait une carapace qui l’abrite et qui l’isole à la fois.

L’un et l’autre seront-ils capables un jour d’ouvrir la porte à qui frappera ?

Voulez-vous une petite histoire pour comprendre ça ? Un sage racontait : « Il était un enfant qui voulait manger des noix. Or elles se trouvaient dans un pot au goulot étroit. Il dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.” L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot.  Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.” Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.”» Le sage ajoutait : « Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main. »

Quand des parents ou des amis se retrouvent sur le quai d’une gare, il faut bien lâcher valises et paquets pour s’embrasser. Et pour saluer convenablement quelqu’un en lui serrant la main, il faut que les deux mains soient vides…

Dans l’évangile d’aujourd’hui, et dans tout le chapitre 10 de Matthieu, Jésus m’invite donc à poser des choix fondateurs qui donneront à ma vie une réelle capacité à aimer comme lui-même nous a aimés. Choisir le Christ jusqu’à porter ma croix, ça peut être difficile à assumer.

Mais j’attire l’attention : si ça devient totalement impossible, il faut que je m’interroge. Peut-être que j’ai fait de ce choix une performance à accomplir, une occasion de montrer que je suis le meilleur. Non non ! Ce n’est pas ça. Vivre l’Évangile n’est pas une course d’obstacles ! Ce n’est même pas diplômant ! Ça n’apporte ni pouvoir, ni argent. Mais ça peut tout changer dans ma vie si je choisis le Christ. Vivre l’Évangile, c’est donner à ma vie d’être un des lieux de l’incarnation de Dieu au monde. C’est donner à ma vie d’être elle-même un don. Ma vie tire sa valeur et sa grandeur de ma capacité à la donner, et à la perdre, à la manière du Christ. Savez-vous que le prix d’un verre d’eau vient de qui le reçoit et non de qui le donne ?

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Evangile du 12° dimanche dans l’année A – 25 juin 2017

Posté par rtireau le 23 juin 2017

Moineau

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,26-33. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. 
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. 
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. 
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. 
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. 
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. 
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 juin 2017

12° dimanche dans l’année A – 25 juin 2017

Jérémie 20, 10-13 ; Psaume 68 ; Romains 5, 12-15 ; Matthieu 10, 26-33

“Ne craignez pas !”… Une phrase souvent répétée. Mais suffit-il de la redire pour qu’elle fasse de l’effet ? C’est vrai que rien n’est plus paralysant que la peur : élan, enthousiasme, tout est bloqué. Il y a plein d’exemples autour de santé, sécurité, emploi, survie de la planète, peur de la souffrance, de la mort, de la solitude, de l’échec, du qu’en dira-t-on… En fait, je crois bien que la peur empêche d’être soi-même.

Je me souviens d’un livre de Colette Nys-Mazure intitulé Célébration du quotidien, où elle écrivait : “Il se peut que nous ne soyons vraiment nous-mêmes que dans l’émerveillement, l’éloge, la reconnaissance. Là s’exprime le meilleur de notre être, ce qui chante, ce qui s’ouvre et qui va à la rencontre de celui qu’on ne peut nommer… Décaper l’être de la couche d’usage et d’usure afin de contempler ce qui se présente de beau aux yeux éteints, trop habitués.” Le livre en question appelait ça l’état de grâce.  

La peur empêche d’être soi-même. Les apôtres ont éprouvé cette peur au moment du départ de Jésus. Les voilà livrés à eux-mêmes devant l’hostilité des juifs qui les faisait se calfeutrer au Cénacle. C’est pour conjurer toutes ces peurs que, dans l’évangile que je viens de lire, Jésus leur dit et à nous aussi : « Ne craignez pas ! ». Lui-même a affronté des difficultés, des oppositions, mais il est resté libre. Il a affronté la mort librement. Il ne l’a pas subie malgré son angoisse. Il l’a apprivoisée, il l’a vaincue parce qu’il l’a vécue librement.

Jésus leur dit : « N’ayez pas peur ! ». Et on se souvient qu’il avait dit aussi : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous ; mais, si je pars, je vous l’enverrai.” (Jean 16, 7) Voilà comment il nous a promis un défenseur auprès du Père, l’Esprit Saint qui intercède pour nous.

C’est la même leçon que donnait Jérémie dans la 1ère lecture. Appelé à annoncer des mauvaises nouvelles, Jérémie est mal vu des autorités en place qui l’accusent de haute trahison et le jettent en prison. Et Jérémie se plaint amèrement dans un premier temps (c’est de là qu’est venu l’expression les jérémiades. Mais il se ressaisit et sa foi domine ses doutes et sa peur : « Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable.” Il n’est pas forcément en notre pouvoir d’éviter la peur, mais il y a un moyen de la surmonter : c’est la confiance en Dieu.

Ne craignez pas les hommes, nous répète Jésus. Aucune puissance humaine n’est capable de détruire ce qui fait votre valeur véritable, l’espérance de la vie éternelle, l’âme comme on dit. Car le persécuté est plus grand que son persécuteur. Le torturé est plus grand que son bourreau. L’assassiné est plus grand que son meurtrier. Être un paquet de muscle, ou d’argent, ou de feu plus gros que ceux de l’adversaire, ce n’est pas grand chose. Être une âme plus forte, voilà ce qui compte. « Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille… Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. » Ne pas craindre, non pas à cause d’un optimisme béat qui effacerait les difficultés de la vie, mais à cause d’une confiance en l’amour vigilant de notre Père capable de veiller sur le plus petit des oiseaux.

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l’âme. » Formule redoutable ! Mais que veut dire tuer l’âme ? Jésus a l’air d’affirmer que notre seule vraie peur serait de perdre la foi. Notre seule crainte serait de ne pas avoir le courage de vivre notre foi et de devenir des lâcheurs. Quand on pense aux campagnes télévisées pour sauver des espèces animales, on peut se demander ce que nous devrions faire pour que l’homme ne soit pas détruit de l’intérieur, perdant quelquefois tout sens pour sa vie. Ecoutez la petite fille de cette parabole qui nous redit ce message à sa manière : Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère. “Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau.” Elle me regarda et dit : “Ce n’est pas un fardeau, monsieur, c’est mon frère.” Je restais interdit. Le mot de l’enfant s’est gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : “Ce n’est pas un fardeau que tu portes, c’est ton frère.” 

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