Evangile pour le 3° dimanche de l’Avent – 15 décembre 2019

Posté par rtireau le 8 décembre 2019

J.Bte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11, 2-11. 

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’
Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

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Homélie

Posté par rtireau le 8 décembre 2019

3°  dimanche de l’Avent dans l’année A - 15 décembre 2019

 Isaïe 35, 1-6a.10 ; Psaume 145 ; Jacques 5, 7-10 ; Matthieu 11, 2-11

Dimanche dernier, on lisait Matthieu au chapitre 3 : “Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu… qui ne s’éteint pas.” C’était Jean-Baptiste qui annonçait la manière forte. Aujourd’hui, le même Jean-Baptiste a envoyé ses amis enquêter sur Jésus et il est sûrement surpris : au lieu de condamner les pécheurs avec “le feu qui ne s’éteint pas,” Jésus ouvre les bras à toute détresse, il guérit, il pardonne. Même qu’il appelle des pécheurs à travailler avec lui et qu’il mange à leur table. Jean Baptiste avait annoncé la vengeance de Dieu, et c’est la miséricorde qui est offerte.

Dans la 1ère lecture, au chapitre 35 d’Isaïe, on entendait aussi des mots terribles comme vengeance ou revanche de Dieu. Mais même dans le contexte du message d’Isaïe (Israël a trahi l’alliance de Dieu et a subi la déportation), quand Dieu prend sa revanche, ce n’est pas en punissant son peuple mais en le faisant revenir d’exil. La vengeance de Dieu c’est la revanche de la bonté sur la haine, de la paix sur la violence, de la libération sur l’esclavage, de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort, la revanche du pardon sur le péché. La grande revanche de Dieu par rapport à l’humanité qui le trahit et le rejette, nous allons la fêter à Noël : il vient vivre avec nous et donner sa vie pour nous en la personne de son Fils, Jésus-Emmanuel.

Véritable épreuve pour Jean-Baptiste qui attendait une manifestation de justice éventuellement par la force, ne serait-ce que pour le sortir de sa prison. Eh bien non ! Jean Baptiste ne prendra sa vraie stature que lorsqu’il envisagera d’être libéré de sa captivité non pas par un Dieu tout-puissant, mais par sa propre vie donnée, en communion à la mort prochaine de Jésus sur la croix. C’est comme ça qu’il sera le précurseur. Le vrai Libérateur est celui qui consent à tout perdre, même le pouvoir divin, pour instaurer un Royaume nouveau où règne la puissance de l’amour. 

Car les signes du Royaume de Dieu ne sont jamais violents, ils sont discrets et ils passent facilement inaperçus. Le vrai Dieu, celui de Jésus, ne se manifeste pas par des attitudes fracassantes, mais par des gestes qui sauvent : un respect de tout être et un pardon généreusement offerts. Le Messie est bien là, la libération a bien commencé. Mais le seul signe que le Règne de Dieu est commencé, c’est qu’il y a de l’amour. Nous ne devons pas attendre d’autre signe.  C’est sans doute pour ça que Jésus ne répond pas à la question - “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?”Car la réponse n’est pas en paroles. Dieu est là quand il y a de l’amour.

«Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?» Normalement, après 2000 ans de christianisme, la question ne se pose plus : les chrétiens croient que Jésus est bien celui qui devait venir ! Ce Jésus de l’évangile et du caté, des célébrations et de la prière, il est bien celui qui vient ? Oui sans doute ! Mais est-ce qu’on ne l’aurait pas un peu déguisé et arrangé à notre avantage de riches de monde industrialisé ? Est-ce qu’on n’aurait pas fabriqué un Jésus confortable qui ignore souvent les plus pauvres ? 

En réalité, ce Jésus qui vient est toujours infiniment plus que celui que nous avons cru recevoir. Des contemporains de Jean-Baptiste attendaient un nouveau David qui remettrait debout la nation juive. D’autres espéraient un Messie puissant qui prononcerait le jugement de Dieu. Jésus vient. Il n’est ni l’un ni l’autre. Et il répond aux messagers de Jean : “Allez lui rapporter ce que vous entendez et voyez !”  Entendre encore. Voir encore ! Nous avons toujours à accueillir un Jésus autre que prévu ou souhaité. Jamais le même, toujours nouveau. La joie de la foi est là, tous les jours, dans les yeux étonnés qui regardent vers Noël, l’enfant qui vient. Église d’aujourd’hui, es-tu la communauté d’amour de Jésus et de sa Bonne Nouvelle aux pauvres ou devons-nous attendre une autre Église ?

Ou comme l’écrivait le Père Rouet dans son livre « Dire Dieu autrement » « Eglise, dis à tous les hommes que Dieu est à l’œuvre au milieu d’eux, même s’il ne le connaissent pas. Rappelle à tous que se dire Chrétien c’est une manière de se dire frère de tous les hommes sous le regard du Père universel… Tu représentes Jésus, tu ne le remplaces pas. »

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Evangile pour le 2° dimanche de l’Avent – 8 décembre 2019

Posté par rtireau le 4 décembre 2019

Prépa

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3, 1-12. 

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

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Homélie

Posté par rtireau le 4 décembre 2019

2° dimanche de l’Avent dans l’année A – 8 décembre 2019

 Isaïe 11, 1-10 ; Psaume 71 ; Romains 15, 4-9 ; Matthieu 3, 1-12

Aujourd’hui, Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche! » Il n’invite pas à revenir à la religion, même pas à la pratique. C’est tellement vrai qu’il reçoit plutôt mal Pharisiens et Sadducéens qui étaient de bons pratiquants. Non ! Jean-Baptiste invite à se convertir, pas forcément à faire des efforts, mais à devenir autre. Le Royaume de Dieu est d’abord intérieur. Dans l’épi, ce qu’on voit c’est la paille et désormais ce qu’on voit est bon à mettre au feu. Seul vaut le blé.

Jean-Baptiste commence à envisager la venue de Jésus. Il commence même à envisager Jésus, à le décrire, à lui donner un visage : “Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi… Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu… Préparez le chemin du Seigneur.” Faites-lui de la place. Et il appelle à la conversion pour que le fils de Dieu puisse prendre visage parmi les hommes. Envisager. Le contraire de dévisager, avec la méfiance que ça peut représenter. EnvisagerRegarder l’autre avec le même regard qu’on a autour d’un berceau. Le regard est particulier autour d’un berceau, sans doute parce qu’il n’y a pas de passé à juger, tout est avenir. C’est comme un cahier tout neuf, c’est l’utopie parfaite dont personne ne dit pour autant que ce soit naïveté. Envisager“Les vrais, les seuls regards d’amour, écrit Paul Baudiquey, sont ceux qui nous espèrent, qui nous envisagent, au lieu de nous dévisager. Alors, on comprend mieux et pour toujours qu’un soir à l’auberge, du côté d’Emmaüs, l’inconnu soit devenu le visage vrai de Dieu.”

Isaïe : “Le loup habitera avec l’agneau… Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra… Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte.” J’en entends qui pensent très fort : “C’est pas demain la veille.” Sans doute. Ou bien : “Faut pas rêver !” Eh bien si ! On peut ! En tous cas Isaïe ne se prive pas de rêver. Mais il fait un rêve du genre naissance, comme autour d’un berceau : “Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David. Un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur.” Avec Jésus, les chrétiens croient qu’il est commencé ce monde où le loup habitera avec l’agneau, et que l’impossible s’est déjà réalisé avec sa résurrection. Quelqu’un a pu dire : “Les chrétiens, non pas des gens qui prennent leurs désirs pour des réalités, mais des gens qui croient à la réalité de leurs désirs”. Car cette réalité, c’est la résurrection. On peut l’attendre avec espérance, ce monde où le loup habitera avec l’agneau. Pas avec naïveté car on sait que le Christ nous laisse le soin de continuer nous-mêmes l’incarnation. Il a pris corps à noël. Maintenant, il ne prend corps que par nous. “Le Royaume n’est pas la définition de l’au-delà, dit Mgr Albert Rouet, c’est la définition de ce monde-ci, quand nous l’aurons rendu autre.” Espérer, ce n’est pas attendre naïvement, c’est croire à l’impossible et commencer tout de suite à le réaliser modestement, chacun à sa petite place. 

Voilà l’espérance chrétienne : elle est du genre promessenaissance, petite et discrète mais tenace. On est habitués aux grandes manœuvres bruyantes qui ne vont pas toujours très loin. Il nous faut redécouvrir que la réalité la plus grande est du genre naissance, patience. Jean XXIII aimait dire : “Les vieilles branches qui tombent font plus de bruit que les bourgeons qui poussent.”

L ’espérance chrétienne, est du genre promessenaissance :

• simple comme l’entraide avec ce petit grand père qui vient de perdre son épouse.

• simple comme dans la vie de Thérèse de Lisieux dans un film d’Alain Cavalier : “La caméra s’attarde sur les gestes les plus simples de la jeune femme, laver le dos d’une de ses sœurs âgées, la coiffer ou préparer la cuisine. Dans une sorte de transfiguration du quotidien, le visage et les mains de Thérèse disent que Dieu aime ce monde, qu’il en prend soin avec nos mains, et que l’humble accomplissement de notre tâche humaine est le lieu de notre vie avec Dieu.”

• simple comme la parole d’un ami ou d’un proche qui peut aider à reprendre goût à la vie, quelquefois même sans rien changer à la réalité apparente. J’aime bien la petite histoire de l’adulte et l’enfant plongés dans la nuit par une panne de courant : “Je veux que tu parles”, dit l’enfant. - “Mais parler, ça ne fait pas revenir la lumière”, dit l’adulte. Et l’enfant de répliquer : “Oui, mais quand tu parles, il fait moins noir.”

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Evangile pour le 1er dimanche de l’Avent – 1er décembre 2019

Posté par rtireau le 25 novembre 2019

Prêts

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 24, 37-44. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : 
« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

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Homélie

Posté par rtireau le 25 novembre 2019

1er dimanche de l’Avent dans l’année A - 1 décembre 2019

 Isaïe 2, 1-5 ; Psaume 121 ; Romains 13, 11-14 ; Matthieu 24, 37-44

La porte ne veut pas s’ouvrir. Bizarre, la serrure ne marche pas. Ah ! Je me suis trompé de clef. Eh bien, pour comprendre les catastrophes qu’annonce l’Evangile aujourd’hui, il ne faut pas se tromper de clef de lecture : en langage apocalyptique, selon la clef apocalyptique, les menaces de catastrophes sont une manière de dire : Le Seigneur vient ! Tenez-vous prêts. Ne dormez pas !

Bonjour, merci, à demain, sont des mots prononcés plusieurs fois par jour. Tel autre mot aussi commun peut se charger d’une forte densité affective, par exemple le mot attendre. J’attends le bus. J’attends un coup de fil. Des attentes très ordinaires. Mais : « Notre voisine attend un bébé ». Même mot, mais tellement plus profond. Dire d’une femme qu’elle attend un enfant, c’est reconnaître que toute sa vie est en désir. Désir de ce moment qui fera d’elle la maman d’un bébé qui illuminera la vie de toute une maisonnée. Le temps de l’Avent, c’est l’attente. Attendre Celui qui vient, nous mettre en état de désir, reconnaître que quelque chose – plutôt quelqu’un – nous manque. Nous serons prêts alors à faire de sa venue une raison de vivre. Chacun cherche un sens à sa vie. Dans la bible, c’est d’une promesse qu’il s’agit.

Cette attente n’est pas facile. C’est pour ça que, pendant l’Avent, l’Eglise ne demande pas simplement d’attendre, mais de veiller. Persister à attendre à un moment où, légitimement, on pourrait dormir. Veiller est une attente active. Car ce n’est pas simple de voir Jésus qui vient. Dans notre monde, tout peut ressembler à une fin ou à un commencement ! Il faut discerner : Tout est question de regard : ceux qui s’enferment dans la nuit ne voient pas le soleil se lever, ceux dont la peur ferme les yeux n’iront pas plus loin. Il faut veiller pour voir ce qui naît. Il faut être prêt pour s’émerveiller devant le monde nouveau qui surgit. Il faut être prêt pour la naissance de Dieu. A chaque instant il naît. Un regard à l’affût de chaque naissance, c’est la foi et l’espérance en même temps. C’est un regard qui aime les commencements. Un regard qui croit que l’impossible devient possible.

La puissance de Dieu n’est pas force guerrière qui écraserait les méchants, elle est force d’amour qui veut retourner (convertir) le cœur. La victoire du bien est celle d’un Dieu qui n’est qu’amour. Au long de l’histoire, Dieu supporte le mal avec la patience ardente de celui qui aime, comme un père ou une mère patiente avec respect devant son enfant qui se détruit moralement et physiquement. Ceux qui ont foi en l’amour sont des veilleurs : ils gardent l’espérance, sûrs que c’est l’amour qui finit toujours par être le plus fort.

- Comment attendre activement Jésus ? Quand vous allez accueillir à la gare un visiteur jamais vu, vous scrutez longuement sa photo. Pour attendre activement Jésus qui vient, il est bon, par la Parole et la prière, de donner à son visage un contour plus précis. Savez-vous que le mot catéchèse contient le mot écho ? Savez-vous qu’on est frères ainésdans la foi de ceux qui débutent, et qu’on on est chargés de faire écho pour eux à la Parole ? Savez-vous que le mot veiller et le mot prier sont proches parents ? “J’aime prier chaque jour, disait un prêtre, comme on veille sur ceux dont on est proche, solidaire, responsable.”

- Comment attendre activement Jésus ? Veiller c’est aussi participer aux actions de solidarité que l’Église suggère. Elles nous disent que le Seigneur vient à nous lorsque des êtres moins favorisés appellent à l’aide. On est chargé d’ouvrir la porte à ceux qui frappent. Ouvrir la porte. Le théologien François Moog aime dire que “cette porte a des propriétés physiques insoupçonnées : la porte qu’on ouvre à un frère qui frappe, c’est le Christ.” “Je suis la porte” disait Jésus.

- Comment attendre activement Jésus ? Ecoutez l’histoire de ce jeune homme endormi ? En rêve, il entre dans un magasin. Au comptoir, un Ange. « Que vendez-vous, » demande-t-il ? - « Tout ce que vous désirez, » répond l’Ange. Alors, le jeune homme énumère : « Je voudrais la fin des guerres dans le monde, plus de justice, la tolérance, la générosité envers les étrangers, davantage d’amour dans les familles, du travail pour les sans-emploi… ». L’Ange lui coupe la parole : « Excusez-moi, Monsieur, vous m’avez mal compris, ici on ne vend pas les fruits, seulement les graines. »

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Evangile pour la fête du Christ-Roi – 24 novembre 2019

Posté par rtireau le 19 novembre 2019

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 23, 35-43. 

En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

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Homélie

Posté par rtireau le 19 novembre 2019

Fête du Christ-Roi dans l’année C - 24 novembre 2019

2 Samuel 5, 1-3 ; Psaume 121 ; Colossiens 1, 12-20 ; Luc 23, 35-43

“Les chefs tournaient Jésus en dérision”, dit St Luc. On voit bien qu’en réalité ils ne se sentent pas en sécurité, les chefs. C’est pour s’encourager qu’ils ricanent, et qu’ils arrêtent les opposants, et qu’ils torturent des moines, et qu’ils assassinent pour l’exemple en se félicitant d’avoir remporté la bataille. Car ils voient bien qu’ils ont perdu la guerre depuis longtemps.

Aujourd’hui, nous fêtons le Christ-Roi, une fête qui ne date que de 1925, au temps du pape Pie XI. Presque tous les états Européens ont pris leur autonomie par rapport à l’Église. Beaucoup de chrétiens sont nostalgiques des temps où le Pape et les Évêques exerçaient une tutelle sur la vie de la cité. Certains rêvent même de reconquête, en particulier les régimes autoritaires qui reconnaissent Dieu et font à l’Eglise une place de choix. En France, le souvenir de la séparation de l’Eglise et de l’Etat est encore présent. Ici ou là on chante le Christ-Roi avec des accents un peu revanchards. Il y a erreur sur notre roi ! Une erreur qui dure : malgré la vie et les paroles de Jésus, et malgré le dernier concile Vatican II, nous avons facilement la nostalgie d’un Dieu qui commande et mette de l’ordre, d’un Christ-Roi des armées, alors que notre Christ est désarmé.

Malgré Jésus, nous gardons facilement la nostalgie du tout puissant : Jésus, oui, mais il était Dieu, et Dieu, on connaît : c’est le tout puissant. Et hop, on ne parle plus de Jésus que pour insister sur ses miracles : l’homme-Jésus a disparu. La fête de sa naissance dans la grande pauvreté, Noël, devient une fête sacrée, enluminée, où il est quelquefois difficile d’apercevoir le message chrétien. La défense que Jésus prenait des indéfendables (Zachée et autres gens de moralité douteuse) fut souvent oubliée. Et au nom de Jésus, on a édicté des lois de moralité. Et il fallait se confesser souvent -“On avait réellement peur” écrit Jean Delumeau. Et on avait assez à s’occuper avec soi. Les plus anciens se souviennent sûrement qu’ils ont chanté : “Je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver.”

Vatican II a remplacé le mot cérémonie par le mot célébration : on n’en est plus à offrir des sacrifices pour se concilier les bonnes grâces de Dieu comme dans l’Ancien Testament, mais on prend le temps de se rassembler pour célébrer la présence du ressuscité dans notre vie. Eh bien ! Cinquante ans après, ça résiste encore et certaines célébrations ont bien du mal à être un vrai partage entre frères. On s’adresse encore au Christ-Roi Tout Puissant, en oubliant qu’il est Tout puissant d’amourOn aime tellement les rois.

Pourtant on sait bien où est la véritable royauté d’amour, celle qui donne vie, y compris quand elle traverse la souffrance, à l’image du crucifié : – C’est Grégoire, un scout, qui disait : “porter le sac de l’autre, changer de vélo, soutenir quelqu’un, c’est dur, mais quelle force !” - C’est Sylvie : “Quand j’ai été faible, les autres ont été forts.” Et maintenant elle en fait autant pour d’autres (royauté de service). – Et la puissance des défilés non violents : quand tout le monde s’y met, les murs eux-mêmes tombent. 

Oui ! On sait ce que c’est que la puissance dans la faiblesse, on sait la force incroyable du nouveau-né, la force des enfants comme chantait l’Action Catholique des Enfants il y a quelques années. On sait, mais nous avons besoin de nous entraider à nous souvenir, nous avons besoin de prier ensemble pour ne pas oublier. 

Le Royaume du Christ-Roi est là, déjà, mais il est surtout chaque jour à construire à la suite de Jésus qui l’a commencé au péril de sa vie. Le larron qui dit : “Sauve-toi toi-même !” n’a pas bien compris. Si Jésus s’était sauvé, il aurait sauvé sa peau, mais il n’aurait pas sauvé l’amour. Non ! Le fils de Dieu ne cale jamais sur l’amour : Jésus est le roi d’un Royaumeoù la haine fait place au pardon, et où le pouvoir est service. Jésus est le roi d’un Royaume de frères. La manière pour la Christ d’exercer sa royauté sur tous les hommes, y compris ses ennemis et les monstres, c’est de leur offrir son pardon. La croix est le seul trône élevé sur lequel Jésus ait accepté de siéger.

Chaque fois que nous remportons la victoire du pardon sur une vengeance, le Royaume de Dieu descend un peu sur terre. Un pardon donné aujourd’hui, c’est une victoire du Ressuscité.

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Evangile pour le 33° dimanche dans l’année C – 17 Novembre 2019

Posté par rtireau le 11 novembre 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 5-19. 

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :
« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

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Homélie

Posté par rtireau le 11 novembre 2019

33° dimanche dans l’année C - 17 novembre 2019

Malachie 3, 19-20 ; Psaume 97 ; 2 Thessaloniciens 3, 7-12 ; Luc 21, 5-19 

« Ce temple, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre. » Jésus annonce la ruine du Temple de Jérusalem. Saint Luc peut le raconter avec assurance puisqu’il écrit son Évangile vers les années 80. A ce moment le Temple de Jérusalem est déjà ruiné et les chrétiens connaissent déjà l’hostilité des juifs. En réalité, la démolition du bâtiment importe peu pour Jésus : il n’est pas un promoteur qui rêverait de remplacer une vieille église par une nouvelle. Lui, il ne veut plus de Temple. Il a deviné que son Évangile risque de devenir une religion : “Beaucoup viendront sous mon nom et diront : « C’est moi !»… Ne marchez pas derrière eux.” Jésus n’est pas venu promouvoir une religion, il est venu inviter à la foi.

Alors il nous donne quelques  conseils :

“Prenez garde de ne pas vous laisser égarer” par les illuminés de toutes sortes qui spéculent sur la peur et l’angoisse. Soyez capables de discernement.

“Ne soyez pas terrifiés !” C’est un temps de souffrance pour l’humanité. Mais que votre foi vous garde debout et qu’elle éclaire votre quotidien. “Vous serez détestés de tous à cause de mon nom”. Mais même quand tout s’écroule humainement, il reste un avenir possible : “Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.” Et encore : “Vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse…”

-  Vivez l’aujourd’hui ! C’est maintenant que Dieu parle. Le Royaume est déjà parmi vous. C’est à vous qu’il revient de le faire naître et grandir. C’est le temps de veiller dans la prière et aussi de se mettre au travail. Saint Paul semble même très dur pour ceux qui ne font rien : “Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus !” Mais il faut noter que les personnes oisives dont parle Paul ne sont pas les chômeurs d’aujourd’hui. C’étaient ceux qui croyaient la fin du monde très proche et qui se disaient : “A quoi bon travailler si ce monde s’achève ?” Comme la fin du monde n’arrive pas, petit à petit il devient clair que le chrétien doit être présent à tous les combats de l’humanité en y tenant la petite lampe de l’espérance. Il s’agit de mettre fin à un monde dans lequel il arrive qu’on piétine les autres pour se grandir soi-même.

Et Jésus prévient : votre message va déranger ceux qui sont installés dans le confort et enfermés dans leur bonne conscience. Mais surtout il annonce la victoire du Jour où le Christ soleil de justice se lèvera au matin de Pâques. Ce matin-là, Dieu donnera raison à ceux qui ont mis leurs pas dans ceux de Jésus et qui proclament la résurrection en paroles et en actes fraternels ! Dieu donnera raison à ceux-là, que certains trouvent quelquefois pleins de naïveté alors qu’ils sont pleins d’espérance.

Ce n’est pas le calendrier de fin du monde qui retient l’attention de Jésus, c’est la condition humaine risquée, tragique, mais tellement précieuse. Les vrais vivants, selon lui, seront les êtres d’inébranlable espérance. Ils sont le Temple de pierres vivantes. L’essentiel pour lui, ce ne sont pas les bâtiments de pierre, c’est la foi de ceux qui s’y rassemblent.

“Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.” Traduction entendue un jour : “Quand nous paraîtrons devant toi, c’est un regard humain que tu poseras sur nous.” J’aime bien quand on se met à qualifier Dieu du meilleur de l’humain. Ça veut dire qu’on a sûrement déjà fait soi-même l’expérience de la grande paix qui envahit ceux qui réussissent à porter un regard humain sur leurs frères. Otto René Castillo, poète du Guatémala mort assassiné, écrivait magnifiquement : “Être en avance sur son temps, c’est souffrir beaucoup de lui, mais il est beau d’aimer le monde avec les yeux de ceux qui ne sont pas nés encore.”

Retenons les paroles de Jésus après sa résurrection : “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde”. Le Christ est en nous, par son Esprit d’amour, pour que tout événement, même tragique, puisse être avènement de plus de vie et d’amour.  Adrien Candiard le dit à sa façon : il invite à Transformer les événements en occasion d’aimer. Et nous tous, nous croyons depuis la résurrection de Jésus, que Dieu peut faire surgir la vie même dans les décors de mort.

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