Evangile du 2° dimanche de Carême – 25 février 2018

Posté par rtireau le 20 février 2018

transfi

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 2-10. 
En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. 
Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. 
Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. 
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » 
De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. 
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » 
Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. 
Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. 
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

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Homélie

Posté par rtireau le 20 février 2018

2° dimanche de carême B – 25 février 2018

Genèse 22, 1 … 18 ; Psaume 115 ; Romains 8, 31-34 ; Marc 9, 2-10

1ère lecture : De tous temps les hommes ont cherché à se concilier la bienveillance des divinités en offrant des sacrifices, jusqu’à des enfants dans des cultes cananéens. Abraham supposait que son Dieu était comme ça et, pour le satisfaire, il allait lui sacrifier ce qu’il avait de plus cher. Et Dieu préserve Isaac : il n’est pas Dieu de mort, mais de vie. Les rites sacrificiels, il n’en veut pas : Le sang des taureaux,… et des boucs je n’y prends pas plaisir. Apprenez à faire le bien,… rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve.” (Isaïe 1, 11 et 17)

Évangile de la Transfiguration : Jésus a emmené trois amis sur le mont Thabor, ceux qui seront témoins plus tard de sa défiguration. Une heure de rude grimpée. On imagine Jésus en sueur, fatigué. Et voici que son humanité fragile s’éclaire d’une façon éblouissante, en présence d’Elie et de Moïse qui avaient été, eux-aussi, en leur temps, persécutés par leurs contemporains. La nuée aussi est là, qui disait la présence de Dieu pendant l’Exode, et puis une voix : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !” Transparence divine à travers le corps fatigué de Jésus. Une vision qui va aider les disciples à garder l’espérance. Jésus leur demande de ne pas en parler trop vite. Il sait combien l’humain peut se laisser prendre aux apparences. Il sait ce qu’est la défiguration de l’homme. Lui-même passera par les humiliations et la mort. Nous aussi, nous ne voyons que trop l’homme défiguré : celui qui n’a plus rien, celui qui détruit sa santé par l’alcool et la drogue. Et ce visage angoissé et fatigué, il est le nôtre si nous ne rencontrons pas des gens qui nous reconnaissent et nous aiment lorsque la maladie ou les conditions de vie nous épuisent.

A travers Jésus transfiguré, Dieu dit que la défiguration de l’homme n’est pas son état normal, ni son état fatal : nous ne sommes pas nés pour le trou noir de la tombe. “Nous avons été rendus participants de la nature divine”, dira saint St Pierre. Tout ce qui en nous est chair fragile doit devenir lumière. Nous sommes “Capax Dei”, dit Bernard Feillet. Dieu met en nous son amour pour que nous aidions sans humilier, pour que nous combattions sans haïr. Si nous pouvons faire la fête, c’est parce que notre espérance tient malgré tout. La foi chrétienne n’est pas potion magique : elle est accueil du don de Dieu qu’est Jésus. La transfiguration de Jésus entre dans notre mémoire qui, comme un semis, conserve les semences enfouies. Elle nous parle du bourgeon dont la promesse s’annonce. Elle est l’un de ces éclairs d’avenir qui déchirent les ténèbres de l’Histoire. Jésus s’est dressé contre tout ce qui écrasait les hommes. Les pouvoirs en place se sont ligués contre lui. Sa transfiguration est une éclaircie. Sa passion va suivre, implacable. Mais en descendant de la montagne il parle à ses disciples de sa résurrection. Et eux “se demandaient entre eux ce que voulait dire : ressusciter d’entre les morts”. Nous, nous ne savons pas trop ce que sera ressusciter. Mais nous croyons que les artisans de paix et les assoiffés de justice accueilleront de Dieu toutes les résurrections et les feront jaillir de leurs mains.

Pierre souhaite que ce moment dure le plus possible : “Dressons donc trois tentes”.  On voudrait mettre la main sur Jésus et le garder. Mais justement, c’est ça qui n’est pas possible. “Soudain… ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.” Seulement un homme. La première transfiguration, c’est que Dieu se fait homme. La seconde transfiguration, c’est que Jésus ressuscite. La Vie désormais transfigure la mort. Les voilà donc retournant à leur quotidien. Jésus vient de leur apprendre que l’homme ne peut pas retenir un instant de sa vie. On est dans le temps de l’humain. Il faut redescendre de la montagne. On doit y monter pour prier mais pas y rester. L’invisible est bien là mais au travers de Signes. C’est le temps du Sacrement.

Le Père Saint-Macary disait : “Symboliquement, le Christ nous revêt d’un habit neuf, il nous fait émerger de l’eau du baptême pleins de vitalité, il nous donne sa lumière, il nous offre un pain pour nous réconforter, il nous fait prier, manger, faire la fête ensemble. Mais tout se passe dans le secret de notre cœur où nous accueillons ses paroles et où nous risquons nos existences dans un amour des autres reçus comme des frères. Pour chacun qui recevra le Corps du Christ dans un instant, ce sera selon son cœur. Mais je pense à ceux qui donneront l’eucharistie. Eux, ils peuvent déjà habiter leur don d’un visage transfiguré. Et ce brin de fraternité ouvrira la porte encore plus grande à la présence du ressuscité qui veut se donner à chacun pour le transfigurer.”

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Evangile du 1er dimanche de Carême – 18 février 2018

Posté par rtireau le 15 février 2018

bêtes

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 12-15. 
Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert 
et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. 
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; 
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

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Homélie

Posté par rtireau le 15 février 2018

1er dimanche de carême B – 18 février 2018

Genèse 9, 8-15 ; Psaume 24 ; 1 Pierre 3, 18-22 ; Marc 1. 12-15

En un seul verset, Saint Marc présente un renversement saisissant pour Jésus : On le voit tenté dans le désert et, juste après, on le voit radieux dans un univers d’harmonie. Exactement le contraire d’Adam et Eve, heureux au jardin d’Eden et qui se retrouvent tout d’un coup dans une nature agressive. Toute la Bible est là, et toute l’histoire de l’humanité aussi, en ces quelques mots porteurs d’une immense espérance : Jésus dans le désert, tenté par Satan ; puis, devançant le matin de Pâques, Jésus vivant en paix avec les animaux sauvages. Jésus, lui, le Dieu qui se fait homme, retourne la situation.

On est loin des conceptions infantiles de la tentation. Ici elle est sérieuse ! Elle porte sur la confiance en Dieu. Impossible d’échapper à la question. Comme disait un militaire en traversant le Neguev : “Ici ce ne serait pas facile de se camoufler.” Au désert, impossible de se camoufler ! La Parole de Dieu nous rejoint dans le silence, sans être brouillée par tout plein de parasites. Non le paradis n’est pas perdu – “Ah ! De mon temps !” – Non ! Il est devant, à chercher avec Jésus dans la confiance et à recevoir de l’Esprit.

Pour nous aider, le carême propose 3 pratiques : jeûner, prier, faire l’aumône (partager).

- Le jeûne. Il est fait pour aider à revenir à l’essentiel, pour aider à purifier nos désirs. Dans un livre de Clive Lewis, L’autobus du Paradis, il est question de l’enfer où tous les désirs sont apparemment satisfaits. L’un veut une voiture, l’autre une maison, ils reçoivent aussitôt une voiture et une maison… mais comme leur désir n’était pas de bonne qualité, la voiture est rouillée et il pleut dans la maison. Jeûner c’est quitter tout ce qui nous écarte de nos vrais désirs et de Dieu. Jeûner c’est donc retrouver l’essentiel, c’est se retrouver. C’est un retournement.

- La prière : prier consiste à donner à Dieu toute sa place, à reconnaître notre humanité et donc nos limites. La société est pressée. Vous, prenez le temps ! Retournement.

La prière est un temps gratuit. Elle est, disait le père Lintanf, un entretien aux 3 sens du terme :

- un entretien avec Dieu… on parle à Dieu et on écoute sa réponse.

- un entretien de ma vie, comme j’entretiens ma voiture. J’entretiens ma vie pour que l’évangile y reste en état de marche.

- le 3° sens, c’est qu’en priant ensemble, on s’entre-tient les uns les autres, on se soutient.

- L’aumône : partager, c’est reconnaître que nous ne sommes pas seuls au monde, c’est reconnaître l’importance de notre prochain. Nous avons besoin les uns des autres. Alors donnons de ce que nous avons, pas forcément de l’argent. Donnons du courage, de la joie, donnons à manger, donnons la parole à ceux que l’on fait taire. Savez-vous que le meilleur placement, c’est le partage. Mais chut… Les banques ne le savent pas encore.

Retournement. Conversion dont je rappelle que le mot, pour le skieur, veut dire : demi-tour.

À Noé et ses successeurs, (1ère lecture) Dieu dit : “Je mets mon arc au milieu des nuages.” Le monde croit souvent que la violence est le moyen de régler les problèmes, le monde joue avec la stabilité de la nature et de ses lois. Alors il est urgent de se rappeler ce Dieu qui a conclu une alliance de paix avec ses créatures ? Cet arc que Dieu accroche dans le ciel, savez-vous que ce n’est pas seulement un joli arc-en-ciel aux mille couleurs, c’est aussi l’arc d’un combattant, un arc qui a été raccroché (il ne va plus servir). Dans le contexte du déluge, Dieu “suspend sa colère. On le croyait Dieu violent, on a tout faux. Son arc devient signe de paix, comme la colombe et son rameau d’olivier. Oui, Dieu refuse la violence pour régler notre histoire. Et ils sont dans l’erreur ceux qui s’appuient sur lui pour partir dans n’importe quelle croisade.

Et cet arc signifie aussi alliance. C’est l’arc d’un Dieu prêt à s’engager, avec les humains, prêt à leur donner sa joie dès qu’ils s’entraident pour protéger leur terre, pour défendre les petits et les malheureux. C’est le moment de vérifier quelle confiance nous avons en notre Dieu ?

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Evangile du mercredi des cendres – 14 février 2018

Posté par rtireau le 12 février 2018

Cendres

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. 
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, 
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. 
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. 
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; 
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

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Homélie

Posté par rtireau le 12 février 2018

Mercredi des Cendres – 14 février 2018

Joël 2, 12-18 ; Mt 6, 1-6. 16-18

Voici donc selon St Matthieu, 3 proposition fortes de Jésus : PARTAGE, PRIÈRE,  et JEUNE

- 1ère proposition : La société fait souvent de l’argent le sens de la vie. Mettez donc le sens ailleurs ! Montrez votre liberté par rapport à l’argent en le partageant : le meilleur placement, c’est le partage. Mais chut… Les banques ne le savent pas encore.

- 2de proposition : Votre société est pressée. Vous, prenez le temps ! La prière est un temps gratuit.

Comme disait le père Lintanf : la prière  est un entretien aux 3 sens du terme :

- un entretien avec Dieu… on parle à Dieu et on écoute sa réponse.

- un entretien de ma vie, comme j’entretiens ma voiture, pour que l’évangile reste en état de marche dans ma vie.

- le 3° sens, c’est qu’en priant ensemble, on s’entre-tient les uns les autres, on se soutient.

- 3ème proposition de Jésus : La société rêve souvent de consommation. Vous, rêvez d’autre chose ! Votre jeûne sera un refus du système en place. Comme disait un enfant un jour : quand on ne mange pas seul dans son coin, le pain n’a plus tout à fait le même goût : il a le goût du partage.

C’étaient 3 propositions de Jésus. Maintenant, quelques suggestions simples :

• Essayez donc le sourire gratuit (pas le sourire commercial qui essaie d’être rentable), le gratuit :

            – le sourire gratuit dans l’escalier, dans l’ascenseur, dans la rue … (facile)

            – le sourire gratuit au volant de votre voiture…  (plus dur …)

 • Essayez donc de résister à la morosité ambiante. Il y a des cercles d’amis bonnets de nuit où ça fait bien (paraît-il) de dire que tout va mal. Essayez de résister et de dire ce qui va bien. Etre chrétien c’est résister à la morosité ambiante. Pour un chrétien, l’horizon c’est Pâques, et personne ne peut empêcher de ressusciter tout ce qui est partagé par amour dans nos vies. (Le chrétien se souvient qu’on a réussi à mettre Jésus à mort, mais qu’on n’a jamais réussi à l’enterrer.)

• Essayez donc de dire du bien des gens, d’arrêter les radio-vipères. Essayez donc de dire du bien surtout de celui dont tout le monde dit du mal (pas simple)

En bref, en cette période où les microbes sont actifs et les malades nombreux, je vous invite à croire au virus du bien et à la contagion du sourire.

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Evangile du 6° dimanche dans l’année B – 11 février 2018

Posté par rtireau le 6 février 2018

Lépreux

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 40-45. 
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » 
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. 
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt 
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » 
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

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Homélie

Posté par rtireau le 6 février 2018

6° dimanche dans l’année B – 11 février 2018

 Lévitique 13, 1-2.45-46 ; Psaume 101 ; 1 Corinthiens 10, 31-33.11, 1 ; Marc 1, 40-45

Gabriel Ringlet a écrit : “Comme tout est simple, en régime de séparation : l’ivraie et le bon grain, le sacré et le profane, les honnêtes gens et la racaille. Par temps de dureté et d’incertitude, les frontières se raidissent plus encore. Un homme, soudain, se retrouve de l’autre côté de l’homme, ou un peuple, ou une banlieue. Il est prié de quitter l’humanité. En avion, parfois, et sans bruit, de préférence. Mais il arrive que cet homme résiste… Il vient donc, ce jour-là, « trouver Jésus ». La démarche ne manque pas d’audace. Elle traduit, en tout cas, une belle confiance. Alors que tout le pousse à s’éloigner, il s’approche : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » « Ému jusqu’aux entrailles », Jésus touche le lépreux.

Inutile d’entendre les mots qui suivent. Il le touche et déclenche un séisme. Il le touche et ce toucher-là le réintègre dans l’humanité. Mais en le touchant, Jésus renverse un système : Où est le pur ? Où est l’impur ? Il le touche et c’est le pouvoir religieux lui-même qui est touché… Toucher, c’est refuser de séparer. L’Évangile ne sépare pas. Il ne nie pas la tumeur, mais il n’enferme pas dans la tumeur. Il ne réduit pas un homme à sa lèpre : il lui propose d’y entrer et de la traverser. En d’autres termes, l’Évangile pousse à rompre avec le faux sacré qui met en danger la liberté de l’homme. Il ne joue pas le sacré contre le profane, le « dedans » du temple contre le « dehors », mais il invite à habiter le profane avec une telle intensité qu’il en devienne sacré.”

Contemplons le geste de Jésus qui touche l’intouchable. C’est une des images les plus fortes de nos liens au Corps du Christ. Nous sommes des êtres corporels qui avons besoin de signes charnels : il y a l’eau de nos baptêmes, il y a le pain de l’Eucharistie… Jésus tend la main, cette main qui purifie, qui relève. Le récit pourrait s’arrêter là, mais il rebondit. Jésus renvoie le lépreux avec sévérité : l’homme guéri est invité à se taire. Comme si Jésus voulait qu’on ne s’arrête pas au spectaculaire.

On parle des maladies contagieuses. Dans l’évangile c’est la santé qui est contagieuse. C’est comme une invitation à croire au virus du bien. Et ce miracle de guérison dans l’Evangile, on peut dire qu’il est double : il y a le miracle physique qui n’est pas à la portée de tout le monde ; et le miracle de réintégration, aussi important pour le lépreux, et là on peut tous quelque chose. Vous pensez peut-être : « On n’est pas concernés. Y’a pas de lépreux chez nous. » J’ai prévu l’objection et j’ai commencé une liste de lépreux assez courants chez nous. Chacun la continuera :

- Celui qui a une tête qui ne me revient pas et qui me demande un service.

- Le malade à l’hôpital, qui est grincheux et que j’évite… et qui m’appelle.

- La personne âgée qui ne peut plus rester chez elle… et qui n’a plus que nous pour exister.

- Celui-là qui est désemparé parce qu’il vient de perdre un proche…

- Les demandeurs d’asile qui cherchent un accueil…

Miracle de Guérison et de réintégration : tellement important pour Jésus que même la loi passe après : c’était interdit à un lépreux de s’approcher, le lépreux s’approche ; c’était interdit de s’approcher d’un lépreux, Jésus touche le lépreux. Quand il entend : “Si tu le veux, tu peux me purifier,” c’est plus fort que lui. Les exemples sont nombreux dans l’évangile : la Femme adultère, les repas chez les pécheurs, Zachée, les guérisons le jour du sabbat, les vendeurs du temple. Jésus ne se met pas hors la loi par plaisir. Il fait lui-même respecter la loi : “va te montrer aux prêtres et donne ce qui est prescrit”. Mais pour lui la loi passe après le bien quand il est urgent de le faire. La loi est indispensable dans une société : elle est protection pour chacun, elle est faite pour empêcher de mourir. Mais chacun sait que faire vivre, c’est tout à fait autre chose.

Miracle de Guérison et de réintégration : tellement bonne nouvelle, qu’on n’arrive pas à faire taire le bénéficiaire. Jésus a dit : “Attention, ne dis rien à personne !” Beaucoup d’exégètes se demandent pourquoi cette invitation au silence. Ils appellent ça le secret messianique : comme si Jésus avait conscience que le monde n’était pas prêt à comprendre. Toujours est-il que Jésus essaie en vain de faire taire le bénéficiaire : on ne peut pas faire taire quelqu’un qui se sent revivre. Une maman disait un jour : c’est comme quand on achète un cadeau pour le grand en présence du petit. On a beau dire : “chut… Faut rien dire jusque telle date”, il est rare que le silence tienne jusqu’à la date en question. Les vraies bonnes nouvelles : il est impossible de les arrêter.

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Evangile du 5° dimanche dans l’année B – 4 février 2018

Posté par rtireau le 1 février 2018

Pierre

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39. 
En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. 
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. 
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. 
La ville entière se pressait à la porte. 
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. 
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. 
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. 
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » 
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » 
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons. 

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Homélie

Posté par rtireau le 1 février 2018

5° dimanche dans l’année B – 4 février 2018

 Job 7, 1-4. 6-7 ; Psaume 146 ; 1 Corinthiens 9, 16-19. 22-23 ; Marc 1, 29-39

Le cri de Job est un appel tragique vers Dieu. Paul Claudel qui a écrit en parlant de Job : “Il  désespère et il espère,/ il espère d’une espérance enragée,/ il blasphème et il adore.” A la question de Job, au mystère du mal et de la souffrance, Dieu répondra par la personne de Jésus. Job concentrait en lui toute la souffrance humaine. Jésus répond en la remplissant de sa présence.

Toute souffrance enferme l’homme en lui-même. Elle le coupe des autres comme par un gouffre. En Jésus, Dieu vient franchir le gouffre. Il est descendu dans l’enfer de la douleur. Il ne la supprime pas par magie. Il lui donne comme un signe plus, le signe de sa croix. Il vient vaincre le mal jusqu’à sa racine. Sa résurrection ouvrira le Royaume où il n’y a plus ni mal, ni souffrance, ni mort.

Dans l’évangile de Marc, Jésus enseigne, il guérit et il prie.

Jésus est l’homme de la parole.

Il sort de la synagogue où il a enseigné avec autorité au jour du sabbat et où il a libéré un homme d’un esprit mauvais. Et à la fin du récit, il a la même  préoccupation : “Allons ailleurs, dans les villages voisins afin que, là aussi, je proclame l’Evangile.” Jésus est d’abord enseignant. Comme s’il voulait qu’on ait une connaissance nourrissante des Écritures.

Jésus est l’homme de l’action.

Il guérit la belle-mère de Pierre d’une fièvre non précisée… sinon qu’elle l’empêche de jouer son rôle d’accueil et de service. Sa guérison est donc une remise debout pour le service. La Bonne Nouvelle, c’est retrouver sa raison de vivre. Le soir venu, il guérit tous les malades. Il s’attaque à tout ce qui fait souffrir les hommes : le mal physique ou moral. Quand ils finissent par exagérer – “Tout le monde te cherche”- alors il s’en va, il se retire au désert. Au moment même du succès garanti, il dit : “Allons ailleurs.” Jésus guérit à condition que ça reste au service de la Bonne Nouvelle, à condition que ça reste une remise debout pour le service. Aujourd’hui, avec Jésus, il faut que l’Église soit soucieuse de se battre contre tout ce qui détruit la dignité de l’homme, pour tout ce qui rétablit quelqu’un en humanité.

“Allons ailleurs.” Un des traits les plus voyants de l’action de Jésus, c’est son aspect itinérant. Il est tout le temps en marche. C’est souvent sur les routes qu’il guérit les malades et proclame son message. Quand il se laisse arrêter, ce sont des haltes, pas des séjours. Pour réunir du monde, il profite d’une synagogue ouverte un jour de sabbat ou d’une invitation chez quelqu’un du pays. S’il a besoin d’une barque pour se faire entendre d’une foule, il l’emprunte à un disciple. Il est toujours chez les autres, il n’a pas de maison à lui : Il n’a pas d’endroit où reposer sa tête. Saint Paul a pris le même chemin : “annoncer l’Evangile, dit-il, c’est une nécessité qui s’impose à moi.”

Jésus est l’homme de la prière.

C’est elle qui féconde ses paroles et ses actions, ses enseignements et ses gestes de guérison. Plus un être descend loin en lui-même, plus il augmente le poids de ses paroles et de ses actes. Un homme qui ne prie plus “n’a plus de dedans”,  disait le philosophe Berdiaef. Jésus est l’homme des  profondeurs.

Et nous, quelles sont nos fièvres ? Et notre monde, de quoi est-il malade ? Sans doute il a souvent besoin d’une remise debout pour le service, besoin de retrouver sa raison de vivre.

J’ai lu au sujet de la belle-mère Pierre : “Quand elle a vu que son gendre ne rentrait pas à la maison, quand elle a su qu’il avait laissé ses filets et était parti avec un prédicateur ambulant, vous imaginez le choc ! Et quand on lui a dit que ce Jésus allait venir chez elle, elle en a été malade : elle s’est mise au lit.

Nous aussi, nous avons peur que Le Christ bouleverse nos sécurités. Nous voudrions qu’il nous laisse tranquilles. Mais il s’approche sans un mot. Et alors, quel émerveillement et quelle énergie ! Alors on se lève… et on a envie de se mettre à servir.”

Quand quelqu’un s’entend dire qu’il est aimé de Dieu, Il paraît que ça le ressuscite.

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