Evangile selon St Jean 21, 1-19 – 1er mai 2022

Posté par rtireau le 30 avril 2022

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21, 1-19

En ce temps-là,  Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
    Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée,
les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.
    Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. »
Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

    Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
    Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? »
Ils lui répondirent : « Non. »
    Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »
Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
    Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! »
Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
    Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
    Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
    Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
    Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois.
Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. »
Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
    Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. 

 C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

    Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? »
Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
    Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? »
Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
    Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »
Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? »
Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. »
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. 

 Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ;
quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
    Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu.
Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

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Homélie

Posté par rtireau le 30 avril 2022

3° dimanche de Pâques dans l’année C – 1er mai 2022

Ac 5, 27-32 et 40-41 ; Psaume 29 ; Apocalypse 5, 11-14 ; Jean 21, 1-19 

Ecoutez Marion Muller Colard, jeune théologienne protestante : Sur les bords du lac, Jésus a fait un feu pour le repas. Faire cuire le pain et griller le poisson. Appeler à table comme nous le faisons avec nos familiers, à qui nous lançons chaque jour « Venez manger !». C’est l’appel quotidien des mères à leurs enfants, des époux à leurs femmes. Préparer un repas, demeurer celui qui nourrit… Les disciples ne le reconnaissent pas tout à fait, cet homme au bord du lac… L’évangéliste Jean a cette tournure ambiguë : « Et aucun des disciples n’osait lui demander : Qui es-tu ? Car ils savaient que c’était le Seigneur. ». S’ils savaient, pourquoi sont-ils en même temps tentés de lui demander qui il est ? Peut-être, précisément, parce que Jésus s’incarne à présent dans le quotidien. N’est-ce pas la seule chose à faire pour qu’il vive durablement avec nous ? Et en regardant cet homme souffler sur le brasier qui tient au chaud le repas que nous allons partager, je me demande combien de fois il fut là, tout près, et combien de fois l’ai-je ignoré ?”

Les apôtres ont repris leur métier de pêcheur. La résurrection, c’est dans le quotidien, souvent marqué par des soucis. Nous naviguons sur une mer agitée. Alors il faut tourner notre regard vers celui qui se trouve sur l’autre rive. Et comme les apôtres, on ne le reconnait pas du premier coup. Sauf Jean l’intuitif, le contemplatif. Sans doute parce qu’il est “le disciple que Jésus aimait”, et parce qu’il aime Jésus. Reconnaître quelqu’un, c’est d’abord une affaire d’amour. 

Quand ils débarquent, les disciples trouvent un repas préparé. Le Fils de Dieu a fait la cuisine. Aujourd’hui encore, le partage du pain est pour les chrétiens le signe privilégié de la présence du Ressuscité. Comme à Emmaüs, il apparaît dans des gestes de présence, de service et de partage. Il faut beaucoup aimer pour le reconnaître dans l’eucharistie qui est la consécration de tous les petits gestes de partage du quotidien. 

Après l’intuition du contemplatif Jean, il y a l’engagement de l’homme d’action, Pierre. C’est lui qui amène jusqu’à terre le filet rempli de 153 poissons (autant que d’espèces connues à l’époque, peut-être pour dire la grande diversité dans l’Eglise). Et c’est à ce Pierre impétueux que Jésus confie ses pouvoirs. Il change ce marin pêcheur en berger en lui posant la question : “Pierre, m’aimes-tu ?” Le chef de l’Eglise est celui qui va répondre oui à la question de confiance : “M’aimes-tu ?” A celui qui fait confiance, tout peut arriver. Il peut se retrouver pape. J’ai toujours été étonné par les examens que Pierre a dû passer : – Philosophie : “M’aimes-tu ?” - Théologie : “M’aimes-tu ?” - Bible : “Est-ce que tu m’aimes ?” Et si tu m’aimes, oublie tes infidélités, puis “viens et suis-moi”.

A celui qui reconnait le ressuscité dans le quotidien, tout peut arriver : Le froussard commence par se jeter à l’eau, et il devient chef de l’Eglise. Deux paroles de Jésus vont lui rendre sa dignité :

1/ “Pierre, m’aimes-tu ?” Trois fois Jésus l’interroge (allusion à son triple reniement). Jésus ne dit pas : Tu m’as renié, mais je te pardonne. Ce serait centré sur la faute. Non, il l’interroge sur son amour, faible, mais réel. Il n’évoque son reniement que pour lui donner l’occasion de bouger.

2/ “Pais mes brebis”Jésus donne à Pierre la charge de l’Église. Il y a longtemps, il l’avait déjà choisi : “Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église”. Il le lui redit. Mais quelle nouveauté ! Pierre n’est plus cet homme impulsif et léger. Sa tâche sera celle d’encourager, d’affermir ses frères. Et il peut comprendre les difficultés du peuple, puisqu’il a été lui-même remis debout ?

Dans ce texte, il y a un moment clé, celui de la reconnaissance. Le jour se lève, il y a cet inconnu sur le rivage. Entre le moment où l’on entend appeler et le moment où l’on peut s’écrier : “C’est le Seigneur !”, un seul signe : ce filet rempli. Hors de cette expérience, pas de mission possible. En effet, qu’est-ce que Pierre doit transmettre ? Une idée ? Des mots d’ordre politique ou moral ? Rien de tout cela. Mais à tous ceux qui peinent sans rien prendre, qui veulent être aimés et ne le sont pas, qui veulent aimer et ont du mal, qui veulent se libérer de l’angoisse de la mort et ne le peuvent pas, à tous, Pierre annoncera ce Christ que voilà sur la rive. Sur sa Parole, on jette le filet une fois de plus. Chacun mettra sous ces paroles tous les exemples concrets dont il a pu être acteur ou témoin… Sur la Parole du ressuscité, on se reprend à espérer et on jette le filet encore une fois. Le ressuscité, on le reconnaît à un filet plein.

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Evangile du 17 avril 2022 – Pâques

Posté par rtireau le 15 avril 2022

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20, 1-9. 

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

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Homélie

Posté par rtireau le 15 avril 2022

Veillée pascale dans l’année C –  Luc 24, 1-12 - 16 avril 2022

Avez-vous bien écouté cette histoire où Dieu demande à Abraham d’immoler son fils Isaac ? Beaucoup ont considéré dans ce texte que Dieu est cruel. Il fait une demande insupportable : sacrifier un fils. En fait c’était la tradition religieuse de l’époque. Donc il fallait le faire, ordre de Dieu, croyait-on. En réalité, ce qui importe, c’est que l’ange de Dieu, c’est à dire Dieu lui-même, arrête le geste d’Abraham, lui disant clairement : tu ne feras plus comme tout le monde fait autour de toi. Tu ne tueras pas un humain, même en mon nom. En clair, le respect de l’autre humain passe avant l’autre prétendue parole de Dieu. Il ne sera plus jamais possible qu’au nom de Dieu, ou du Bien, on se croit autorisé à porter la main sur un humain. Ce qui est donc révolutionnaire dans ce récit, c’est bien que le sacrifice d’Isaac ne se réalise pas : jamais plus de violence parmi les hommes à cause de Dieu.

Le premier jour de la semaine, après le repos du sabbat, les femmes reprennent leur travail là où elles l’avaient laissé. Elles ont préparé tout ce qu’il faut pour terminer la sépulture de Jésus. Elles ont, en quelque sorte, un rendez-vous avec la mort. Et voilà que le programme est complètement bouleversé : la pierre du tombeau est roulée et le corps n’est plus là. Et deux hommes se présentent et disent : “Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?” Et ils insistent : “Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée.” “Rappelez-vous : il faut que le Fils de l’homme soit livré,… crucifié et que, le 3ème jour, il ressuscite.” Elles croyaient passer leur journée au tombeau à ensevelir un mort et les voilà envoyées porter le premier message pascal : il est vivant. Ça, c’était il y a 2000 ans.

Et ça continue d’exister, tous ces “Rappelez-vous” et toutes ces pierres roulées… :

* une maman : “Rappelle-toi, je n’étais pas en forme (mort). Je me suis arrêtée chez toi et ça m’a fait du bien. Comme si, à deux, on avait le pouvoir de rouler la pierre du tombeau, simplement en partageant, en se rappelant ce que seul on oublie à cause de la tristesse ou de l’angoisse.”

* une autre : “Les enfants grandissent. Ils ne nous suivent plus. Pourtant, on a fait tout ce qu’on a pu.” Il y a des larmes dans les yeux, mais déjà aussi un certain soulagement de l’avoir partagé.

* une autre : “Ce sont mes enfants baptisés et catéchisés qui m’ont petit à petit amenée à demander le baptême. Je venais à la messe, mais je ne me sentais pas de la maison. Maintenant, je me sens de la famille et plus proche de mes enfants.”

* une autre encore : “Le baptême de ma fille, j’ai l’impression qu’il m’a traversée.”

“Ça me rappelle ! Rappelez-vous !” Mémoire d’un peuple qui croit souvent avoir rendez-vous avec la mort. Tout est fini. Et surprise : la pierre est roulée et le tombeau est vide. Alors allons-y ! Portons la nouvelle ! Au risque de nous faire traiter de délirant comme Bernadette de Lourdes qui finit par dire à son curé, le père Peyramale : “Je ne suis pas chargé de vous le faire croire, je suis seulement chargée de vous le dire.”

Et si ça n’existait pas pour un chrétien, un rendez-vous avec la mort ? Pour un chrétien il n’y a que des rendez-vous de vie. Le crucifié est ressuscité, il vous précède. La mort est désormais derrière nous. L’histoire a basculé. Nous comptons désormais le temps dans l’autre sens. La fin n’est plus devant nous, mais derrière. Elle est devenue une pâque, c’est à dire un passage. Il ne croyait pas si bien dire, cet enfant qui s’écriait : “Papa, quand on est mort, c’est pour la vie !” Nous sommes déjà vivants d’une autre vie que nous appelons avec audace la vie éternelle. 

Et il y a encore un autre message. Dans toutes les histoires du monde, la victime, lorsqu’elle gagne, prend sa revanche sur son bourreau. Eh bien on n’a jamais dit que le Christ avait triomphé de Pilate, ou qu’il avait exposé Caïphe et autres grands prêtres aux représailles de la foule. Avec la Résurrection de Jésus, c’est le désir de vengeance qui se trouve aboli. “Voici que je fais toutes choses nouvelles” (Ap 21, 5), proclame le Ressuscité. J’ouvre un monde nouveau. “Le moment où la nuit s’achève et où le jour se lève, disait un sage, c’est lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu reconnais ton frère. Jusque là, il fait encore nuit dans ton cœur.”

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Evangile du Jeudi Saint – 14 avril 2022

Posté par rtireau le 15 avril 2022

Evangile du Jeudi Saint - 14 avril 2022

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15. 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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Homélie

Posté par rtireau le 15 avril 2022

Le Jeudi saint – 14 avril 2022 - Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Un jour, au sujet des textes du Jeudi-Saint, quelqu’un m’avait dit : « La sortie d’Egypte, cette histoire de libération d’un peuple, je vois. Je crois que je comprends. Le lavement des pieds, le maître qui se fait serviteur, je vois ce que ça peut signifier et exiger dans ma vie. Mais le texte de Saint Paul, l’institution de l’Eucharistie, c’est complètement déconnecté de ma vie. Pour moi, c’est purement une affaire d’Eglise. Je ne vois pas le rapport avec mon quotidien. »

Alors on avait évoqué une eucharistie d’obsèques et l’expression : “Cet ami nous a rassemblés.”

On avait rappelé l’expression qu’on entend souvent : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.”

Et puis un texte de l’Eglise qui était intitulé : “Pour une économie de communion.” 

Et puis encore une émission de télévision où une juge pour enfants recevait des parents de mineurs délinquants. Un papa y racontait qu’il ne mangeait jamais avec ses enfants. Il s’est trouvé réprimandé par la juge qui lui a dit : “Commencez par là, par vous remettre à manger avec vos enfants. Un papa, ça doit manger régulièrement avec ses enfants.” 

Et enfin nous avions évoqué les différentes sortes de repas, depuis le casse-croûte de l’ouvrier seul sur son chantier, jusqu’au repas de fête, en passant par le repas quotidien autour de la table familiale. Ces repas où le pain, comme l’avait dit un enfant, prend de plus en plus le goût du partage.

Je ne me souviens pas si on l’avait convaincu. Mais pour nous, l’Eucharistie dont Saint Paul raconte aujourd’hui l’institution, est bien comme un repas qui serait dans la ligne directe du repas de fête. Et l’on y mange un pain qui a tellement goût de partage qu’il en prend le goût du Christ ressuscité. En tous cas l’Eucharistie cesse d’être une formule magique qui saurait transformer le pain et le vin comme les fées avec leur baguette. Elle cesse aussi d’être un pouvoir et devient un service. Comment pourrais-tu partager le pain de Dieu si tu ne partages jamais le pain avec ton frère ? Jean l’a écrit dans sa 1ère  lettre (1 Jean 4, 20) : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas ».

C’est en accomplissant ces gestes du serviteur que Jésus déclare : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison car je le suis ». Il l’est et il le dit à genoux devant ces hommes aux pieds sales, avec la bassine et le torchon…  Toutes nos idées sur Dieu chancellent. Même devant Judas, il s’est agenouillé. Et quand Pierre refuse, Jésus se fait catégorique : “Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi”. Jésus avait bien dit que le plus petit était le plus grand et qu’il fallait devenir comme un enfant. Ce jour-là, il n’avait pas le dos tourné qu’on discutait pour savoir qui allait avoir les premières places !

Ecoutez François Cassingenas dans son livre Étincelles “Le récit de l’Institution et le menu du repas sont absents de l’évangile de Jean, mais il y a le lavement des pieds qui est en réalité une Eucharistie par les pieds ou, pour dire autrement les choses, les pieds de l’Eucharistie. Car l’Eucharistie de Jésus débarbouille tout l’homme, et s’occupe de tout l’homme, et restaure tout l’homme de haut en bas, ainsi que Pierre l’a compris : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! ». La Table n’a ni sens ni goût sans l’agenouillement aux pieds du frère, la Table ne tient pas debout sans les pieds de ton frère, sans le service et le pardon.” Le même écrivait aussi : « La sainte communion n’est pas ce qui rend Jésus-Christ pri­vé en moi, mais ce qui me rend social en Jésus-Christ. »

La Résurrection n’est donc pas un souvenir, mais l’événement toujours actuel dont les effets continuent de se manifester dans notre monde. Jésus n’a pas dit : “Faites cela en souvenir de moi.” Il a dit : “Faites cela en mémoire de moi.” C’est toute la différence entre le mot souvenir et le mot mémoire. Quand nous faisons l’Eucharistie en mémoire de lui, ce n’est pas seulement l’évocation d’un souvenir puisque nous croyons que c’est bien lui qui se donne réellement encore aujourd’hui. De même quand nous partageons, quand nous secourons, nous croyons que c’est bien lui qui se rend présent et que c’est bien son Esprit qui agit à travers ces gestes. Car Dieu ne cesse de visiter les hommes, et c’est en visitant leurs frères que les hommes rendent visite à Dieu.

 

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Rameaux – 10 avril 2022

Posté par rtireau le 3 avril 2022

Dimanche  des Rameaux dans l’année C- 10  avril 2019

Isaïe  50, 4-7 ;  Psaume 21 ;  Philippiens 2, 6-11 ; Luc 22, 14-71; 23, 1-16.18-56

Que peut-on ajouter à ce récit, quand l’homme a réussi à faire taire Dieu ? Rien, mais il faut permettre aux hommes d’aujourd’hui d’être touchés et rejoints par ce récit d’hier. C’est bien le récit de ce qui s’est passé à Jérusalem en l’an 30, mais il peut nous toucher, nous brûler le cœur dans ce que nous vivons, dans notre manière de croire, de penser et de dire Dieu aujourd’hui.

Il y a trois niveaux de récits dans ce que nous venons d’entendre :

- Celui qui décrit l’événement. Saint Luc écrit pour que, 20 siècles après, on sache encore ce qui s’est passé. Ces événements ont bien eu lieu. Tout le monde, dans ce procès, a livré Jésus : 

Judas le livre au Sanhédrin

Le Sanhédrin le livre aux Romains

Pilate le livre à Hérode

Hérode le redonne à Pilate

Pilate le livre à la foule.

Et la foule le livre à la mort

Ce niveau de lecture est presque uniquement information. Il n’appelle pas comme tel notre foi.

- Le deuxième niveau, lui, appelle notre adhésion de foi. Jésus n’est pas seulement livré aux hommes, il se livre lui même : “Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne.” Il a consenti à se livrer. Dans cette apparente absence de liberté, il est libre. Ce ne sont pas les événements qui guident Jésus, c’est son consentement, sa fidélité au Père. Avant même que Judas ne sorte pour le livrer, Jésus a déjà livré son corps et son sang. Ni Judas, ni Pilate, ni personne ne pourront prendre ce qu’il a déjà donné. Cette lecture du récit est un acte de foi.

- Et il y a un troisième degré de lecture : comment ce récit rejoint ma condition humaine à moi. De ce que je viens d’entendre, qu’est ce que je retiens ? Quelle phrase ? Quelle attitude du Christ ? De tous ces silences, lequel est pour moi aujourd’hui ? Ce récit est écrit pour me saisir :

Saisir mon histoire pour la mettre dans l’histoire du Christ. 

Saisir mes souffrances pour les traîner jusqu’à la Croix du Christ. 

Saisir mon désespoir pour le glisser dans cette incroyable parole d’espérance du Christ au brigand : “Ce soir tu seras avec moi dans le Paradis.” 

Saisir ma solitude pour rencontrer celle du Christ et être deux. 

Saisir mon péché pour le prendre dans cet acte sauveur du Fils de Dieu, 

Saisir mes incapacités à pardonner pour participer au pardon sans condition de Jésus.

Oui, je peux laisser se réaliser en moi ce que nous célébrons en 3 jours :

Jeudi Saint : “ceci est mon corps” dans l’Eucharistie. 

Vendredi Saint : “ceci est mon corps” sur la croix. 

Dimanche Saint, jour de Pâques : “ceci est mon corps” ressuscité.

L’Eucharistie que nous célébrons, c’est Jérusalem chez nous, c’est Emmaüs chez nous.

L’Eucharistie unifie hier et aujourd’hui : sa vie donnée pour notre vie ; ma vie sanctifiée par Sa vie. Ma petite vie se greffe sur Sa vie.

En fait, aujourd’hui nous ne fêtons pas les rameaux, mais nous recevons les rameaux. Nous les recevons comme un signe pour qu’ils soient dans nos maisons afin que tout ce que nous y vivons soit exposé à la vie du Christ.

La vie de ceux que nous aimons, la vie de ceux qui nous ont quittés, la vie de ceux que nous n’aimons plus, toutes nos histoires humaines se récapitulent dans cette histoire où Dieu a pris la condition humaine. C’est pour ça que nous appelons cette semaine Sainteparce qu’elle donne un sens aux 51 autres semaines de notre quotidien.

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2° lecture du 10 avril 2022

Posté par rtireau le 3 avril 2022

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2, 6-11.

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

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5 éme dimanche de carême – 3 avril 2022

Posté par rtireau le 31 mars 2022

femme

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8, 1-11. 

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

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Homélie

Posté par rtireau le 31 mars 2022

5° dimanche de Carême. 3 avril 2022

Isaïe 43, 16-21 ; Psaume 125 ; Philippiens 3, 8-14 ; Jean 8, 1-11

Un passage d’Évangile qui a du être bien embarrassant pour l’Eglise antique. Les spécialistes nous apprennent qu’il ne figure pas dans un certain nombre de manuscrits anciens et que certains l’attribuent à Saint Luc. Comme si on s’était passé, d’évangile en évangile, un texte gênant.

Scribes et pharisiens ne manquent pas une occasion pour essayer de coincer Jésus : 

- Un juif pieux peut-il payer le denier à ce païen de César ?

- Est-on fidèle à la loi quand on guérit quelqu’un le jour du sabbat ?

- Il mange à la table des pécheurs publics… Il fréquente vraiment n’importe qui.

Aujourd’hui, ils comptent bien le prendre en flagrant délit de contradiction avec lui-même ! 

            - Va-t-il lapider cette femme en renonçant à sa loi d’amour ? 

            - Ou bien va-t-il refuser de le faire et se mettre en contradiction avec la loi de Moïse ? 

Au fait, qui est cette femme ? On ne sait pas. Est-elle jeune, quel est son nom, son visage ? On ne sait rien. Sauf qu’elle a été surprise en flagrant délit d’adultère. Le type même de la femme-objet. Objet de convoitise, objet de mépris, elle devient objet qui va servir à régler une querelle entre pharisiens et Jésus. Elle est comme déjà morte : tout se passe sans elle. 

La femme a été « surprise en flagrant délit d’adultère. » Donc ils étaient deux ! Or, dans cette scène, l’amant n’est pas là. La Torah condamnait en réalité les deux amants. Mais voilà, pour le machisme patriarcal de tous les intégrismes, seule la femme peut être adultère. L’homme est amoureux. La femme ne peut être que perverse et tentatrice.

L’adultère est grave, Jésus ne le nie pas. Mais, il dissocie l’acte de la personne qui le pose, il distingue le péché et le pécheur. Le mal est à condamner ; le délinquant est à guérir.

Ensuite, il rejette la peine de mort, puisque, en reconnaissant la lapidation prévue par la Loi, il invite « ceux qui sont sans péché » à lancer la première pierre. Impossible puisque seul Dieu est sans péché.

Sa réponse est d’abord le silence. Et il dessine avec nonchalance sur le sol, comme pour ne pas se solidariser avec ceux qui jugent la femme. Puis il se relève avec la fameuse phrase : “Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre !” Et il se remet à dessiner. François Cassingena écrit : « La civilisation contemporaine se tient tout entière au milieu de nous comme cette femme adultère à laquelle le Christ déclare pour finir : «  Moi non plus je ne te condamne pas » (Jean 8,11). Lui jeter la pierre équivaudrait à nous lapider les uns les autres. »

Cette histoire me fait penser à ces personnes qui viennent nous raconter les blessures que la vie a pu leur faire. Car elles ajoutent assez souvent que leurs souffrances sont considérablement augmentées à cause du regard des autres… et quelquefois même à cause de l’attitude de chrétiens qui changent de trottoir comme pour éviter la contamination. Comme si Jésus nous invitait à nous méfier de tel ou tel. J’ai toujours été sidéré qu’on puisse se réclamer du Christ et de l’Évangile pour montrer du doigt tel ou tel dont la vie ne serait pas conforme à l’idéal chrétien… 

Eh bien non ! Jésus est venu non pas d’abord pour les bien pensant ou les prétendus honnêtes, mais pour les pécheurs. Pour Zachée, pour Marie-Madeleine, la Samaritaine et même le prisonnier de droit commun sur son poteau d’exécution. A chaque fois il pardonne et rend la dignité. Car il fait plus que donner une absolution, il remet debout. Dieu n’attend pas que nous changions pour nous pardonner, il nous pardonne pour que nous changions. Il croit en l’homme qu’il sait capable de sortir de son péché… s’il n’est pas jugé. 

Aujourd’hui les militants du CCFD, qui agissent pour un monde plus solidaire, ont quelque chose à nous dire. Et on ne change pas de sujet, car ce qu’ils nous disent, c’est qu’à côté de l’égoïsme personnel, il y a l’égoïsme collectif. Le péché personnel fait des malheurs autour de nous, le péché collectif fait des drames dans le monde. Qu’as-tu fait de ton frère ? Pas seulement tes enfants et ta famille, ou ton voisin. Le CCFD nous rappelle qu’on ne devrait pas s’accommoder si facilement de situations inhumaines et évitables. Nous comprenons encore mieux l’évangile de ce dimanche. Décidément, nous ne sommes pas sans péché, nous n’oserons plus jeter la pierre.

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