3° dimanche de l’Avent dans l’année C – 16 décembre 2018

Posté par rtireau le 13 décembre 2018

J.B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,10-18.

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

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Homélie

Posté par rtireau le 13 décembre 2018

3° dimanche de l’Avent dans l’année C - 16 décembre 2018

Sophonie 3, 14-18
 ; Isaïe 12, 2, 4bcde, 5-6
 ; Philippiens 4, 4-7
 ; Luc 3, 10-18

“Pousse des cris de joie, Fille de Sion”dit la 1èrelecture. Il est bon de savoir que la fille de Sion, c’est, à l’époque de Sophonie, un nouveau quartier de Jérusalem, peuplé par les rescapés du Nord, après le désastre de Samarie, au début du VII° siècle avant Jésus Christ. C’est le petit restedes survivants d’une catastrophe. Ce sont des pauvres.“Ne crains pas, Sion !”Le pauvrequi met sa foi dans le Seigneur, lui, ne craint rien.

Nos évêques ont écrit, il y a quelques années, un petit livre, intitulé Aller au cœur de la foi,qui nous rappelle les deux dimensions de la foi chrétienne : la première, verticale, qui invite à lever les yeux vers le Seigneur pour prier, et la seconde, horizontale, qui invite à chercher le visage du Christ sur le visage du frère, du plus pauvre en particulier. Et ce petit livre nous invitait à vivre les signes de la foi que sont la lumière, la Parolel’eaudu baptême, le pain et le vinpartagés, autant de signes humains que Jésus propose comme cheminsacramentelpour rejoindre Dieu Père.

Les deux dimensions de la foi chrétienne sont comme les deux bras de la croix du Christ, le vertical et l’horizontal. Et la croix est comme un rappel que chaque fois qu’on oublie une des deux dimensions, on n’est plus tout à fait chrétien. Le raccourci le plus saisissant pour dire ces deux dimensions est tout simplement : Jésus Christ. Jésus est son prénom d’homme etChrist le nom qu’on lui a donné pour dire : il est ressuscité et fils de DieuBeaucoup de gens croient en Dieu : juifs, musulmans, chrétiens et beaucoup d’autres disent : on est croyants. Mais les chrétiens ajoutent : nous croyons en Jésus Christ, c’est à dire en l’homme proche parent de Dieu. Jésus Christ, raccourci saisissant de la foi chrétienne. 

Notre Dieu est devenu homme en Jésus. On va le fêter à Noël ! Depuis on peut dire que notre histoire est divine. Elle n’a pas besoin de sortir de l’horizontalpour devenir verticale! Voulez-vous un exemple ? Je le prends dans l’Evangile que je viens de lire. Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : “Que devons-nous faire ?” Jean leur répondait : “Celui qui a deux vêtements, qu’il partageavec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, aussi”. Des collecteurs d’impôts (des gens détestés) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : “Maître, que devons-nous faire ?” Il leur répondit : “N’exigez rien de plusque ce qui vous est fixé.” À leur tour, des soldats (des gens méprisés à l’époque) lui demandaient : “Et nous, que devons-nous faire ?” Il leur répondit : “Ne faites ni violence ni tortà personne; et contentez-vous de votre solde.” Avez-vous remarqué les réponses de Jean-Baptiste ? Réponse aux foules : partagez! Aux collecteurs d’impôts : soyez honnêtes et justes !Aux soldats : respectez chaque personne !

Jean ne demande ni aux publicains ni aux soldats de quitter ces emplois méprisés, mais de les exercer autrement.La leçon reste actuelle : n’exige pas plus que le fixé ; n’arrange pas les factures ; n’exige que le juste loyer ; n’exerce pas la violence, ne serait-ce qu’au volant de ta voiture. Qui n’a profité de sa situation pour jouer des coudes, écraser l’autre en douce ? Dans tout ça, aucun appel à vivre de façon extraordinaire. A moins que ce ne soit ça l’extraordinaire. Et si des enfants avaient demandé à Jean-Baptiste « Que devons-nous faire ? » Qu’est-ce qu’il aurait répondu ? Ne cassez pas la figure des copains ! Ne laissez jamais un plus petit dans son coin ! Ne mangez pas tout seul ce qu’il serait tellement meilleur de partager !

Notre Dieu n’a pas d’autres moyens que nos moyens humains pour dire sa présence. Quand il prend les grands moyens, c’est un petit enfant qui naît.C’est un Dieu désarmé(en un seul mot) puisqu’il se donne à rencontrer à travers une naissance dans un petit coin perdude Palestine. Il se révèle non pas comme Dieu tout-puissant, mais comme Dieu dont l’amour est tout-puissant.

Petite remarque pour conclure : la première phrase de l’Evangile parle des foulesqui venaient se faire baptiser ; et la dernière phrase dit : Jean annonçait au peuplela bonne nouvelle. Pour Saint Luc, les foulessont des gens anonymes, simples, démunis, ceux que l’on ne nomme pas. Mais, dès lors que ces foules sont en attentede la Bonne Nouvelle,elles cessent d’être anonymes. Elles deviennent un peuple. Un peuple qui s’appelle le peuple de Dieu.

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2° dimanche de l’Avent dans l’année C – 9 décembre 2018

Posté par rtireau le 5 décembre 2018

Préparez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,1-6.

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : 
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 5 décembre 2018

2°dimanche de l’Avent dans l’année C - 9 décembre 2018

Baruch 5, 1-9 ; Psaume 125 ; Philippiens 1, 4-6.8-11 ; Luc 3, 1-6

“Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Rendez droits ses sentiers… Toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits….” On entend d’ici les scrapers et les bulldozers qui ouvrent une nouvelle route. Les grands moyens, quoi!

- C’est vrai : on est dans un monde qui investit dans les moyens de communication et qui n’a pas peur de tracer des routes et des lignes TGV n’importe où, quelque soit le terrain.

- On est très forts pour se déplacer, pour se communiquer des infos, pour s’approcher les uns des autres à tous prix. Mais l’annonce de la fin du texte “Et tout être vivant verra le salut de Dieu”est-elle réalisée ? Car ce n’est pas le tout d’être capables de s’approcherles uns des autres, mais est-ce que ça permet réellement de se rencontrer? Être prèsde quelqu’un ne veut pas forcément dire être proche! Pour être proche, il faut le vouloir. 

Je pense à ce papa qui s’organise pour avoir quelques loisirs communs avec ses enfants. Et à celui qui ne rate jamais le rendez-vous du soir, au moment du coucher. Et à celui qui ménage quelques repas à la maison au lieu de se rabattre toujours sur la cantine. Et à cette famille où l’on s’était tous mis au régime pour aider une jeune à suivre son régime. Voilà des manières bien concrètes de combler des ravins dans les relations et de préparer le chemin du Seigneur.

Oh ! Vu de l’extérieur, ça peut sembler des moyensbien petits. C’est vrai, ils paraissent petits. Mais tous ceux qui en vivent, de ces petits moyens, savent combien en réalité ils sont grands.Et ceux qui sont habités par la foi chrétienne savent combien le Seigneur se manifeste concrètementà travers ces petits moyens du quotidien.

Dans son livre “Dieu n’est pas bizarre”, Jean-Noël Bezançon évoque Thérèse de Lisieux dans la mise en scène d’un film qu’en a fait Alain Cavalier il y a quelques années : “Pas d’extases ni de visions dans cette évocation très terre à terre de la vie d’un Carmel. La caméra s’attarde longuement, en gros plans, sur les gestes les plus simples de la jeune femme, laver le dos d’une de ses sœurs âgées, la coiffer ou préparer des poissons pour la cuisine. Dans une sorte de transfiguration du quotidien, le visage et les mains de Thérèse nous disent que Dieu aime ce monde, qu’il en prend soin avec nos mains, et que l’humble accomplissement de notre tâche humaine est le lieu véritable de notre vie avec Dieu et le chemin normal de notre sanctification.”

De quoi nous aider à mieux percevoir qui est Dieuqui prend corps en chacun de nous, déroutantà force d’être proche, surprenantà force de se démarquer des idées quelquefois bizarres que nous nous faisons de lui. Parce que notre Dieu, le Dieu de Jésus, quand il prend les grands moyens, ce ne sont pas les bulldozers bruyants, ce ne sont pas les rois et les armées puissantes, c’est un petit enfant en la personne de Jésus.C’est un Dieu désarmé(en un seul mot), puisqu’il se donne à rencontrer à travers une naissance dans un coin perdude Palestine. Il se révèle non pas comme Dieu tout-puissant, mais comme Dieu dont l’amour est tout-puissant. Voilà le cœur de la foi chrétienne. Je dis bien foi chrétienne, c’est à dire pas seulement une croyance en Dieu :

- Et quand on a fait des guerres de religion au nom de Jésus, on croyait être chrétien mais on se trompait. 

- Et quand Monsieur Bush avait mis tout son monde en prière pour mettre Dieu de son côté pour la guerre en Irak, il ne s’agissait pas de la foi chrétienne. Je m’en souviens parce que le pape lui-même le lui avait dit.

Le Dieu de Jésus, quand il prend les grands moyens, ce ne sont pas les scrapers et les bulldozers bruyants, c’est un petit enfant. Force irrésistible de l’enfantet de son sourire – les parents et grands parents le savent bien. Force irrésistible du petit enfant, pas du genre bruyant, même si ça peut arriver. Force d’une autre nature. Rappelez-vous la parole du bon vieux pape Jean XXIII : “Les vieilles branches qui tombent font plus de bruit que les bourgeons qui poussent.”

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1er dimanche de l’Avent dans l’année C – 2 décembre 2018

Posté par rtireau le 28 novembre 2018

croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,25-28.34-36. 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : 
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

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Homélie

Posté par rtireau le 28 novembre 2018

1erdimanche de l’Avent dans l’année C -2 décembre 2018

Jérémie 33, 14-16 ; Psaume 24 ; 1 Thessaloniciens 3, 12 – 4,2 ; Luc 21, 25-28. 34-36

C’est sa dernière montée à Jérusalem. Et Jésus annonce que le Temple sera détruit. On lui demande quel sera le signe de la restauration du véritable Israël. Alors il prononce un long discours eschatologique. Il ne décrit pas la fin du mondecomme on a pu le croire. Il décrit de façon symbolique le désordre établi au cœur de l’humanité. 

“Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots…” D’abord ne nous laissons pas impressionner par ce langage catastrophe, apocalyptique comme on dit. Dans nos façons de parler, il nous arrive aussi de dire : “J’ai vécu un grand bouleversement. J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds.”Et puis observons, aussi bien dans Jérémie que dans l’Evangile, ce qu’on pourrait appeler la capacité de résistance de celui qui croit.

— Dans Jérémie d’abord. Tout allait mal : Jérusalem était en ruines. Et voilà que Jérémie nous donne un émouvant témoignage de la façon dont la foi renaît sans cesse. Non ! Il n’est pas possible que la parole de Dieu soit mise en échec. On a souvent retenu de Jérémie ses prières de lamentation, qui ont inspiré le mot « jérémiades » dans notre vocabulaire courant. Ce qu’il proclame pourtant aujourd’hui dans son chapitre 33 se trouve dans un ensemble de textes qui annoncent la consolation d’Israël, aux temps de l’exil, et sont des promesses de salut et des invitations à l’espérance. Non ! Jérémie n’a pas écrit que des  jérémiades

— Et puis dans l’évangile. Luc décline un thème classique des apocalypses : l’idée que la fin sera marquée par un déchaînement des forces du mal, symbolisées souvent par la mer et la tempête. Il s’adresse à des fidèles persécutés pour les assurer que l’ampleur même de l’épreuve est signe que la fin est proche. A l’origine il y avait sans doute polémique contre le culte des astres pratiqués par les païens : au peuple tenté par l’idolâtrie les prophètes déclarent que leJour du Seigneurviendra, que ces divinités s’effondreront et que tout homme verra qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Au fond ce ne sont pas des visions de peur mais la promesse d’une victoire définitive sur nos peurs.  “Alors on verra le Fils de l’Homme venir dans une nuée”. (Daniel 7)

Jésus ne dit pas : “Écrasez-vous, c’est la fin du monde”.Il dit : “Relevez la tête, votre rédemption approche”. Il annonce une humanité transformée par la présence du Fils de Dieu, cette humanité nouvelle faite de ceux qui vivent selon les béatitudes. Et son discours se termine par un appel à la confiance : le Fils de l’Homme est entré dans l’histoire, à travers l’action de ses disciples, pour défendre l’humain. Mais comment entendre la graine qui pousse quand les cris de haine font croire que tout va mal ? Il faut retrouver le silence du veilleur. Dieu veille, comme le père du prodigue. C’est pour ça que nous pouvons tenir dans la vie et dans l’amour.

Ecoutez ces quelques mots du Père Michel Scouarnec au sujet des textes de ce premier dimanche de l’Avent : «  J’aime à penser que le divin, c’est peut-être le moins visible plutôt que l’invisible ; le murmure plus que le silence ; la discrétion plus que la catastrophe. Peut-être les trompettes de Jéricho ne seront-elles qu’une parole bouleversante chuchotée à notre oreille. L’éclat du jour se fera un peu plus vif, le pommier prendra l’air plus heureux, le chêne plus éternel, et sur chaque visage la trace des jours uniques deviendra quotidienne. Dieu n’est pas expressionniste. Il n’a pas le goût du malheur. »

— Ce que j’entends pour ma part aujourd’huic’est que notre foi ne consiste pas à essayer d’oublier les catastrophes ou à faire comme si il n’y en avait pas. Non ! Notre foi consiste à accueillir la réalité comme elle est. L’Incarnation, c’est aussi concret que ça : accueillir la réalité avec la conviction que rien ne peut arrêter l’espérance chrétienne puisque la croix elle-même n’a pas eu le dernier mot sur la vie du Christ. 

Avons-nous bien compris que la résurrection de Jésus n’a pas été dispense de la croix, mais traversée de la mortelle-même ? Quelqu’un a bien résumé le message en disant : “Jésus, on a réussi à le mettre à mort. Mais on n’a jamais réussi à l’enterrer.”

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Fête du Christ-Roi dans l’année B – 25 novembre 2018

Posté par rtireau le 22 novembre 2018

169eweb

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18, 33b-37.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

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Homélie

Posté par rtireau le 22 novembre 2018

Fête du Christ-Roi dans l’année B - 25 novembre 2018

Daniel 7, 13-14 ; Psaume 92 ; Apocalypse 1, 5-8 ; Jean 18, 33-37

Un petit mot d’histoireau sujet de la fête du Christ-Roi. Elle est récente : 1925, au temps du pape Pie XI. En ce temps-là, presque tous les états Européens ont pris leur autonomie par rapport à l’Église. Et beaucoup de chrétiens sont nostalgiques de ces temps où le Pape et les Évêques exerçaient une tutelle sur la vie de la cité. Certains rêvent même de reconquête, en particulier les régimes autoritaires qui reconnaissent Dieu et font à l’Eglise une place de choix. En France le souvenir de la séparation de l’Eglise et de l’Etat est encore présent. Et ici ou là on chante le Christ-Roi avec des accents quelque peu revanchards. Il y a erreur sur notre roi !

Dans le texte d’aujourd’hui, Jésus est inculpé ! Le juge qui l’interroge c’est Pilate, chef de l’armée d’occupation romaine et préfet d’un des plus grands empires qui ait dominé le monde. Rome règne alors sur un territoire immense qui correspondrait aujourd’hui à Italie-France-Portugal-Espagne-Angleterre, une partie de l’Allemagne, l’Autriche, l’ex-Yougoslavie, Roumanie-Grèce-Turquie-Syrie-Liban-Palestine et toute l’Afrique du nord. D’un côté donc, ce magistrat puissant chargé de mater les insurrections, et de l’autre le charpentier d’une bourgade de Galilée. Pas besoin de lunettes particulières pour voir que Jésus, dans cette situation-là, n’est pas roi à la manière du monde.

Pilate est tout déconcerté : “Es-tu le roi des Juifs ?” Réponse de Jésus : “Ma royauté ne vient pas d’ici”. On se souvient que Jésus a refusé que les foules le fassent roi, après la multiplication des pains… et il avait fui, seul, dans la montagne (Jean 6). 

Comment peut-on dire que Jésus est bien le roi que nous fêtons aujourd’hui ? Eh bien, avec le recul, on peut dire que Jésus exerce son pouvoir de roi lorsqu’il guéritmalades, aveugles, boiteux et lépreux. Et lorsqu’il délivreceux qui sont possédés : il donne alors le signe de la présence de Dieu à son peuple. Et encore quand il fréquenteles publicains et la femme adultère : il manifeste Dieu miséricordieux qui ne veut pas la mort du pécheur. Et encore quand il pleuresur Lazare et sur Jérusalem : il exprime la tendresse du Père pour nos détresses humaines. Jésus est le roi de l’Amourplus fort que la haine, de la libertéqui rend les hommes libres. A nous de l’écouter pour nous laisser configurerà lui et à sa manière d’être. Alors il peut continuer d’être Roi par la foi que nous lui donnons, par la confiance que nous faisons à sa Parole, par notre vie quotidienne quand elle commence à ressembler à la sienne.

Ecoutez donc cette petite histoire de roi : 

Il était un roitrès bon. Mais il y avait tant de rouages entre lui et son peuple, que le peuple ne le connaissait plus et était malheureux. Le Roi envoyait des ministres, des médecins, des assistantes sociales et même des curés aux provinces les plus éloignées. Mais certains ne savaient pas comment s’y prendre, et d’autres en profitaient pour se remplir les poches.

Le Roi décida de faire une tournée personnelle dans son royaume. Partout, on organisait des réceptions, des banquets, des fêtes, … Le peuple qui se laisse toujours prendre à ce genre de spectacle, criait : “Vive notre Roi !”et il agitait des drapeaux. Mais à peine les dernières fusées de feux d’artifice éteintes, chacun se retrouvait aussi malheureux qu’avant et même un peu plus : “Pourquoi ne suis-je pas né dans la peau du Roi, ou au moins dans celle de l’un de ses courtisans ?”

Le Roi réunit son entourage : “Je donne à mon premier ministre tous pouvoirs pour gouverner en mon absence. Et moi, incognito, je vivrai au milieu du peuple, travaillant de mes mains. Le soir, je réunirai quelques voisins. Un jour, ils comprendront qui je suis.”

Naturellement, le chef du protocole intervint pour faire les objections que vous devinez : et il conclut : “Majesté, quand vous aurez réussi à rendre heureux une douzaine de voisins, vous serez bien avancé ! Des dizaines de millions d’hommes resteront malheureux.”

“Mon ami, répondit le Roi, je ne t’ai pas attendu pour me faire la même objection… Voilà ce que j’ai pensé : j’apprendrai à ma douzaine de voisins à en faire autant, chacun avec trois, quatre ou dix, selon ses possibilités. Si chacun communique ainsi un peu de son bonheur à ses proches, tout mon royaume en sera transformé.” 

Fais-le, ça se fera. Et l’exemple nous est venu de haut.

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Evangile du 33°dimanche dans l’année B – 18 novembre 2018

Posté par rtireau le 14 novembre 2018

SP-Figuier-Bourgeon

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13, 24-32.

En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ;
les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire.
Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.
Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche.
De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.

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Homélie

Posté par rtireau le 14 novembre 2018

33° dimanche dans l’année B – 18 novembre 2018

Daniel 12, 1-3
 ; Psaume 15
 ; Hébreux 10, 11-14.18
 ; Marc 13, 24-32

“Le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel…”C’est un langage apocalyptique. On flaire du sensationnel et on aime bien. Notre monde hyper technique s’intéresse à l’irrationnel autant que les Pygmées d’Afrique Centrale. Et certains chrétiens ne sont pas les derniers quand s’annoncent des phénomènes étranges dans une église. C’est sûrement parce que l’homme est très marqué par l’angoisse de sa condition mortelle : naître, vivre, mourir.

Le merveilleux fait recette sans doute parce que le quotidien est trop banal. Et puis on confond assez facilement l’incroyable et l’événement, le fantastique et le surnaturel. Mais pourquoi ce qui arrive à la lune aurait-il plus d’importance que ce qui arrive à l’homme ? Oublions ceux qui abusent de la crédulité des gens. Pas question non plus de justifier toute forme de croyance sous prétexte que ce serait mieux que l’incroyance. Mais les textes de ce dimanche ont des images si fortes qu’il ne faut pas les regarder de l’extérieur. Il faut essayer de les comprendre de l’intérieur.

“Ces textes bibliques sont-ils des prédictions”, titrait une revue du Secours catholique ?

• Oui, si l’on entend par là qu’ils montrent une direction, qu’ils nous poussent vers l’avenir. Les prophètes pré-disent (disent avant) ce qui va se passer parce que leur regard est plus aiguisé. Le marin tahitien distingue un passage pour sa pirogue, entre les récifs. L’éclaireur indien, oreille contre terre, pressent l’approche du bison. L’ébéniste perçoit sous ses doigts l’infime dérapage du rabot. Le non initié, lui, ne voit rien, ne sent rien, n’entend rien.

• Mais rien à voir dans tout ça avec la divination. Prendre la Bible au mot à mot serait aussi absurde que lire les fables de La Fontaine comme un traité de zoologie. Or les livres bibliques sont les fruits d’une époque et d’une terre où le langage symbolique avait toute sa force. Dire ces récits symboliquesn’est pas les mépriser. C’est au contraire reconnaître que Dieu leur assigne d’être des lieux de rencontre entre l’homme et lui.Confondre l’Évangile avec l’horoscope n’a pas de sens. Comme dit un proverbe un peut cru : “le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt.”

• Laissons-nous donc inciter à regarder au-delà de l’apparente évidence des mots. Quelle vraie demande se cache par exemple sous cette phrase: « Je m’appelle Marcel, je sors de prison, vous n’auriez pas une petite pièce ? »Et quelle réponse attend-elle ? Y aura-t-il des spécialistes pour décrypter la parole des pauvres avec autant de soin que la parole de Dieu ? Sommes-nous prêts à apprendre cette langue avant qu’elle ne devienne une langue morte ?

Et puis comprenons bien que Jésus refuse de ne voir que la peurà travers ces signes apocalyptiques. Cette fin du monde n’est pour lui que l’annonce d’un printemps. Avec l’imagerie de l’époque Jésus évoque une transformation. Il a fallu que les bourgeons éclatent pour libérer les feuilles minuscules du figuier. Le message de Jésus n’est pas message de catastrophe, mais message de lumière. Aujourd’hui encore, on peut ne voir que les déchirures de l’écorce tendre, et s’enfermer dans la nostalgie du passé et ou dans la peur. Mais on peut aussi aiguiser son regard et se faire jardinier de l’été qui s’annonce. Le poète espagnol Gabriel Celaya murmurait cela à sa façon : “Ah ! Puissiez-vous entendre la croissance des feuilles.”

Hyacinthe Vulliez dans son livre Dieu si proche écrit joliment :“Quand le germe fait craquer l’écorce de la graine, on ne parle pas de mort, mais de vie. Quand les feuilles ou les pétales, encore menus, percent l’enveloppe brune des bourgeons, on ne parle ni de brisure, ni de violence, mais de beauté.”  Et il conclut : “Allez, relevez donc la tête. Regardez, admirez. Dieu vient.” 

« Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père… » Il ne s’agit donc pas, écrit Marion Muller Colard,d’une vigilance destinée à guetter un moment à venir, mais d’une vigilance de chaque instant pour lui-même. Il ne s’agit plus de la fin des temps mais de la fin du temps: il s’agit d’une vie qui ne se vit que dans l’ajustement incessant à ce qui est. Alors être vigilants, c’est vivre le moment présent en restant attentifs aux signes que le Seigneur nous fait. C’est ne pas perdre notre temps à autre chose que d’aimer et d’humaniser la vie. Demain commence aujourd’hui chaque fois que nous posons des gestes de vie, des choix d’amour.

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