Evangile du 29°dimanche dans l’année B – 21 octobre 2018

Posté par rtireau le 17 octobre 2018

Serviteur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45. 

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

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Homélie

Posté par rtireau le 17 octobre 2018

29° dimanche dans l’année B - 21 octobre 2018

Isaïe 53, 10-11 ; Psaume 32 ; Hébreux 4, 14-16 ; Marc 10, 35-45

Jésus nous a parlé de l’argent dimanche dernier. Mauvaise saison : aujourd’hui, c’est du pouvoir dont il parle : “Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur…” Ne sourions pas trop vite de la demande de Jacques et Jean. Les cousins de Jésus voulaient obtenir les meilleures places dans le Royaume. Ne sourions pas trop vite… Il parait même que ce serait la tentation la plus forte de tout homme, cette volonté de puissance. 

Ce que remet en cause l’évangile, ce n’est pas qu’elle existe. La volonté de puissance est présente en chacun : elle est désir positif d’agir sur son environnement, sur les autres, sur soi-même. Sans elle, pas d’autonomie ni de liberté d’action. Le Christ enseigne qu’elle doit être cultivée, éduquée, canalisée, pour que chacun développe au mieux ses capacités personnelles d’amour et de don de lui-même et aussi sa capacité de résistance à tout ce qui pourrait le rendre esclave. En bref, pour que chacun devienne capable du gouvernement de lui-même. Car notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir de puissance. On montre toujours les premiers, les plus forts, les plus riches, les plus beaux. Les premières places, chacun en rêve plus ou moins, même si ce n’est pas forcément conscient et pas souvent avoué. 

Jésus redit un enseignement de base que nous avons tellement de mal à accepter. Il dit : L’autorité n’est pas mauvaise en soi, pas plus que l’argent.Mais pour lui, être responsable n’est pas d’abord une domination, mais un service. Ceux qui sont grands devant Dieu, ce ne sont pas ceux qui se font servir, mais ceux qui servent, ceux qui imitent le Christ en devenant serviteur comme lui. Servir de façon désintéressée, face quelquefois à de l’ingratitude ou même de l’agressivité, pas facile. Beaucoup de gens se disent au service des autres, et ne le sont pas forcément autant qu’ils le prétendent.

Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir… Peut-être une des paroles les plus neuves de Jésus, une parole capable de changer le monde. On a rarement entendu parole plus révolutionnaire :

Font sentir leur pouvoirceux qui croient exister en faisant des hommes qui sont sous leurs ordresdes êtres opprimés ou esclaves. 

Font sentir leur pouvoirceux qui se réclament d’un pouvoir prétendu divin pour se substituer à la liberté et à la conscience de leurs semblables. 

Font sentir leur pouvoirceux qui se disent être au service de tous pour mettre plus subtilement le pouvoir à leur propre service.

Font sentir leur pouvoirceux qui affirment vouloir faire le bonheur des autres en imposant leurs volontés et en se faisant appeler bienfaiteurs(Luc 22, 25).

Le mot latin auctoritas(qui a donné autorité) a comme racine augere, qui veut dire : faire croître, augmenter. Pour Jésus, c’est bien çà : l’autorité est le service qui aide les personnes à grandir, à devenir elles-mêmes responsables. Avoir autorité, c’est travailler à rendre l’autre auteur. Il y a très longtemps, j’ai entendu une définition qui m’a beaucoup marqué puisque je l’ai toujours en mémoire : avoir autorité, ça consiste à autoriser.

La tentation du pouvoir a sans doute été la plus grande tentation de Jésus. Et pourtant on en parle étonnamment peu. Lui, le fils de Dieu, le Messie du Royaume à venir, les foules veulent le faire roi. Ses meilleurs amis se disputent pour être ses plus proches à partager sa gloire. Satan lui-même, dans le texte des tentations au désert, lui fait des propositions : change les pierres en pain ; sois le maître du monde ; jette-toi dans le vide : puisque tu es Fils de Dieu, rien ne te sera impossible. Il refuse et, de ce fait, il sera la victime des autorités politiques et religieuses, liguées contre lui. Ces autorités avaient bien compris qu’il contestait l’usage qu’elles faisaient de leur pouvoir. Et pour finir, ce sera l’injure des exécutants du pouvoir et des soldats au pied de la croix. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Ainsi Jésus signera de son sang son message à ses disciples : “Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir.”

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Evangile du 28°dimanche dans l’année B – 14 octobre 2018

Posté par rtireau le 9 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 17-30.

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

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Homélie

Posté par rtireau le 9 octobre 2018

28° dimanche dans l’année B - 14 octobre 2018

Sagesse 7, 7-11 ; Psaume 89 ; Hébreux 4, 12-13 ; Marc 10, 17-30

Cette histoire de l’homme riche ne me rassure pas. A chaque fois je me dis : “Cet homme, globalement, c’est moi et chacun de vous sans doute”.Pas de meurtre, pas d’adultère, pas de vol, ni de faux témoignage, honorer père et mère, a priori c’est tout à fait nous. Et ce ne serait pas suffisant pour être chrétien ? Suivre Jésus, ce serait autre chose ? Les disciples aussi sont surpris. Voilà que Jésus vient de leur dire : “Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu”Alors qu’ils croient, eux, depuis toujours, que la richesse est signe de la bénédiction de Dieu ! “Que dois-je faire pour avoirla vie éternelle en héritage ?”demandait le jeune homme. Erreur. Il ne s’agit pas de faire pour avoir, mais de faire pour être.L’Evangile, c’est à vivre, c’est à êtreavec les autres et avec Dieu.

Le mouvement ATD quart monde s’apprête à vivre sa journée internationale du 17 octobre. En lien avec ATD qui est non confessionnel, existe la communauté chrétienne du SAPPEL. Dans sa petite revue,  j’ai trouvé une méditation du diacre Pierre Davienne sur l’évangile d’aujourd’hui : Le jeune homme richeveut aller plus loin. Réponse superbe, incisive, concrète en quatre verbes à l’impératif,quatre étapes pour devenir disciple : VaVendsce que tu as et donne-le aux pauvres… puis viens, suis-moi.”

-« Va »au loin, dans ta responsabilité et ta liberté. C’est ainsi que Dieu respecte l’humain.

-« Vends tout ce que tu as,”rends transportables tes biens. Tout ce que tu as appris, rends-le assimilable par les pauvres : la science, l’art, la technique… Pour ça, il va falloir réapprendre avec la vie des pauvres ce qui est nécessaire à ta propre vie. Ce qui ne peut leur servir, peut-être qu’en fait, cela t’encombre. La véritable richesse, c’est celle qui peut se partager.

-« Donne aux pauvres »: donne comme Dieu donne, c’est à diresans humilier celui à qui tu donne. Il y a une infinie discrétion dans la manière que Dieu a de nous donner de quoi vivre. Si nous voulons donner, nous devons connaître les pauvres. Sinon nous les encombrons d’objets ou de projets qui les mettent dans la dépendance. Donner, c’est donner avec la conscience que tout ce que nous avons vient de Dieu : c’est lui le donateur… La seule manière de donner aux pauvres, c’est de leur permettre de devenir des personnes qui remercient Dieu. Sinon je m’interpose entre les pauvres et Dieu, je deviens idolâtre de moi-même.

- C’est pour ça que le Christ ajoute : « Viens et suis-moi ».C’est lui qui marche en tête. Nous ne sommes pas aux avant-postes ; c’est lui qui a réalisé la loi d’amour et l’a complètement habitée. La richesse enferme facilement dans de fausses sécurités alors que notre seule sécurité c’est le Christ. Les pauvres sont le critère de vérification de notre attachement à Dieu.Ils sont le lieu où je vais comprendre le projet d’amour de Dieu pour les hommes. Pas besoin de m’appauvrir héroïquement, ce serait encore un acte de riche. Cela viendra tout seul si je me laisse entraîner dans le type d’amour que Dieu déploie en Christ, par l’Esprit.

Vends tout… donne-le aux pauvres… et suis moi.”Celui qui veut plus, doit donner tout !  Des mains pleines doivent d’abord se vider pour recevoir.Tes richesses te rendent solitaire. Suis-moi, devienssolidaire.Reste capable de ne pas te laisser posséder par ce que tu possèdes.Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu.” Suivre Jésus n’est pas performance humaine, mais cadeau de Dieu. Tellement pas simple que Gandhi a pu dire en son temps : “Le christianisme est quelque chose de merveilleux mais il n’a jamais été essayé.” Et un théologien actuel, Dominique Collin, vient d’écrire un livre intitulé :« Le Christianisme n’existe pas encore. » Etonnant, non ?

Un vénérable ancien aimait à raconter : « Il était une fois un enfant qui voulait manger des noix. Or les noix se trouvaient dans un pot au goulot étroit. L’enfant dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.”L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot. Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.”Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.”Le vénérable ajoutait : “Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main.” »

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Evangile du 27°dimanche dans l’année B – 7 octobre 2018

Posté par rtireau le 3 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 2-16.

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

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Homélie

Posté par rtireau le 3 octobre 2018

27° dimanche dans l’année B – 7 octobre 2018

Genèse 2, 18-24 ; Psaume 127 ; Hébreux 2, 9-11 ; Marc 10, 2-16

Pour entrer dans l’évangile d’aujourd’hui : un peu d’histoireetun peu de poésieà la manière de Hyacinthe Vulliez.

Un peu d’histoire d’abord :La loi juive donnait au mari la possibilité de renvoyer sa femme. Le contraire n’était pas possible. Et le mari devait donner à sa femme une lettre de répudiation, sinon elle ne pouvait se remarier. Le principe était admis. Mais la supériorité de l’homme rendait fragile la vie du couple. Quel bouleversement quand Jésus déclare l’égalité de l’homme et de la femme !

Un brin de poésiede Hyacinthe Vulliez : de la Genèse jusqu’à l’évangile de Marc, la vie du couple a fait un long cheminement. L’extase du premier amour : « Tu es la chair de ma chair »est changée en investigation pour un licenciement possible : “Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?”Jésus nous emmène dans la pensée de Dieu : A l’origine,l’homme et la femme avait pour foyer le cosmos tout entier. Leur toit était le ciel bleu du jour ou la nuit étoilée. Eve et Adam regardent ensemble vers les mêmes directions. Il ne leur arrive jamais de penser que l’un puisse exister sans l’autre. Mais depuis que les hommes et les femmes coupent le ciel et la terre en petits cubes pour construire leur appartement, leur cosmos s’est rétréci en des espaces clos. Ils n’ont plus grand-chose à regarder ensemble, ou à se dire l’un à l’autre. Chacun cherche à s’échapper de l’espace rétréci. De huis clos en huis clos, ils se perdent de vue. Et il faut des contrats d’entreprise, des contrats qui supposent embauche et possibilité de licenciement.

Jean-Paul II, lors du Jubilé des Familles en l’an 2000, a dit : “Les interlocuteurs de Jésus posent un problème d’interprétation de la loi de Moïse qui permettait la répudiation. Jésus dépasse cette vision en allant au cœur du projet de Dieu. Dans la loi de Moïse, il voit une concession au durcissement de leur cœur, à leur sclérocardie. Mais il ne s’y résigne pas.” C’est bien cette dureté du cœur qui oblige à faire des lois et des constitutions. Sinon, la société serait sous la coupe des plus forts et peut-être des plus mauvais. Ce sont les limites radicales de la condition humaine : A cause de la faiblesse humaine, il faut des magistrats, des procès, des sanctions, des prisons, des alcootest et des limitation de vitesse ; il faut des recommandations et des prescriptions contre les pollutions et pour la sauvegarde des mers et des montagnes ; il faut des contrats, même entre amis, parents et époux, comme si demain était la veille d’une brouille décisive.

François Garagnonparle joliment de l’amour : “Les gens veulent une maison où il fait bon vivre. Ils achètent la maison mais ne trouvent pas le bon vivre. Car le bon vivre n’est pas construction de pierre mais de cœur. La beauté est en vous, ne la cherchez pas ailleurs. Quand le regard est triste, impossible de contempler le plus beau des paysages. Mais quand le cœur est amoureux, comme chaque chose est belle et chantante, comme chaque être a sa place, chaque événement, chaque souffrance même ! Soyez amoureux de la vie ! Aimez !…”

J’ai lu aussi :“Dieu lance une invitation : contempler en l’homme et la femme le reflet de son visage. Lorsque l’homme est isolé, Dieu est défiguré. Si l’homme est désolidarisé, Dieu est profané.

Notre amour ne parle pas que de nous. Notre amour parle de Dieu. Nos serments ne sont pas anodins. Dieu parle par nos serments.”

Notre texte se termine par le petit épisode des enfants souvent lu aux baptêmes. “Parce que, disent les parents, Jésus est gentil avec les enfants”. C’est vrai, mais si l’on sait qu’à l’époque de Jésus ni les femmes ni les enfants n’avaient le droit de participer aux réunions sérieuses, la prise de position de Jésus est bien plus que gentillesse. Elle fait même partie déjà de toutes ses prises de position qui le conduiront à la croix. Au lieu d’écarter les enfants, dit-il, essayez donc de leur ressembler. Car l’enfant, c’est celui qui voit les autres comme des grands. Et le plus grand dans le Royaume, c’est celui qui saura voir dans les autres, des grands. 

Rappelez-vousKalil Gibran : “Si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous, et vous le verrez  jouant avec vos enfants.”

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Evangile du 26°dimanche dans l’année B – 30 septembre 2018

Posté par rtireau le 26 septembre 2018

26°B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,38-43.45.47-48.

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

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Homélie

Posté par rtireau le 26 septembre 2018

26° dimanche dans l’année B – 30 septembre 2018

Nombres 11, 25-29
 ; Psaume 18
 ; Jacques 5, 1-6
 ; Marc 9, 38-43.45.47-48

“Eldad et Médad prophétisent… Moïse,… arrête-les !” – “Nous avons vu quelqu’un expulser les démons en tonnom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui noussuivent.” Avez-vous remarqué ? On est passé très vite de Toi(en tonNom) à nous(il n’est pas de ceux quinoussuivent). Ça y est, les voilà propriétaires de la Bonne Nouvelle, détenteurs de l’exclusivité du Salut. Oh que voilà un réflexe bien rapide.

Moïse, arrête-lesJésus, arrête-les !”Ils ne sont pas des nôtres. - “Celle-là, je ne l’aime pas. Elle est mal habillée.” (au retour de l’école). - “Je ne veux pas voir les tiens tant qu’ils ne seront pas baptisés.” (une grand mère qui sélectionnait ses petits enfants). -“Celui-là, il fait partie d’une drôle de bande.” “S’il n’était pas aussi fainéant, il s’en sortirait peut-être.” Et quand d’aventure ceux-là font quelque chose de bien, alors on est surpris, vexés même. Tout de même, Seigneur ! On croyait que c’était réservé à nous, tes bons enfants.

Pourtant, en son temps, déjà Moïse disait à Josué : “Serais-tu jaloux ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !”Moïse le disait comme un souhait. Nous, nous savons que nous sommes tous des frères et des prophètes. Jésus nous l’a appris, lui le médiateur entre son Père et nous. En lui l’amour est tellement pur que le mal ne peut rien contre lui : sa résurrection en est le signe. Et par son Esprit nous sommes devenus des temples de Dieu, comme le disait Saint Paul aux chrétiens de Corinthe :Vos corps sont les Temples de l’Esprit”.C’est aussi ce que dit joliment Gérard Bessière : “N’importe qui – un enfant, un pauvre, un malade, – peut prêter à l’Esprit ses lèvres et ses mains.” Et c’est encore le même message dans cette petite histoire de vitrail : “C’est qui, ces gens-là ?”demandait l’enfant à sa grand-mère, en montrant un vitrail. - “Ce sont les chrétiens !”répond la grand-mère. Et plus tard, à l’école, quand l’instituteur demande : “Qu’est-ce qu’un chrétien ?”l’enfant répond à peu près comme Saint Paul : “C’est quelqu’un à travers qui on voit la lumière.”

“Vous êtes les temples de Dieu”,disait Saint Paul. “Je vous enverrai l’Esprit. En fait vous le connaissez déjà puisqu’il est en vous”, disait Jésus (Jean 14, 17).Plus de barrière entre le profane et le sacré. Le seul lieu sacré est l’homme-fils de Dieu, et l’amour de Dieu et du prochain, sur nos chemins de joie et sur nos chemins de croix. Et quand notre corps sera détruit nous avons foi que Dieu – comme il l’a fait pour Jésus – le relèvera.

“Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésusque personne avant toi n’a su montrer comme tu sauras le faire.”C’est ce qu’on dit au nouveau baptisé. Bernard Feillet, dans son livreL’étincelle du divin,parle d’explorer le désir du mystèrede Dieu qui habite chacun. Il parle de traquer dans l’homme la trace de l’infini. Il parle de creuser le mystère de l’homme, ce qui est, selon lui, aussi vertigineux que de chercher à découvrir le mystère de Dieu.Et sa fameuse phrase donne à penser : “Méditant ce que Jésus a été, ne cessant d’explorer sa vie et de vivre de son message, tant d’hommes ont découvert qu’ils étaient eux-aussi « capax Dei ». Et il continue : “L’homme humilié, l’homme torturé, l’homme massacré sont les témoins hallucinants que des hommes ont été capables d’anéantir eux-mêmes le mystère de Dieu. Ça a été le cas pour Jésus lui-même. Sa vision a provoqué une révolution dans le monde religieux. Ce n’est pas grave qu’il en soit mort, ce qui serait grave c’est que nous n’en vivions pas.”

Et dire qu’il y en a qui se demandent :“A quoi ça sert l’Eglise ?”J’entendais un jour : “Non ! La petite n’ira pas au caté. Il faut qu’elle aille à la danse. Et puis il faut aussi qu’elle apprenne à nager.” Et si c’était l’Eglise qui pouvait lui apprendre à danser et à nager dans la vie avec ses copains et ses copines ? Un groupe de 6èmeavait un jour trouvé une façon de le dire : “l’Eglise, c’est un lieu pour prendre du bon temps.” Ils parlaient comme mon ami théologien Jean-Yves Baziou : “La foi chrétienne, une raison de plus d’être en joie. Être chrétien n’est pas nécessaire… mais ça donne une raison de plus de se réjouir d’être. L’Eglise pourrait être comme un sourirequi aide des jeunesà se réjouir d’être, à s’apprécier d’être humain et de pouvoir encore le devenir.”

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Evangile du 25°dimanche dans l’année B – 23 septembre 2018

Posté par rtireau le 18 septembre 2018

Enfant

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 30-37.

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache,
car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

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Homélie

Posté par rtireau le 18 septembre 2018

25° dimanche dans l’année B -23 septembre 2018

 Sagesse 2, 12. 17-20 ; Psaume 53 ; Jacques 3, 16 ; 4, 3 ; Marc 9, 30-37

“De quoi discutiez-vous en chemin ?” Les disciples ne répondaient rien car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Jésus venait de leur parler de la mort qui l’attend. Eux discutaillaient pour savoir qui était le plus grand. Jésus vient d’annoncer qu’il va descendre jusque dans la mort, eux son préoccupés de monter en grade.

De quoi parliez-vous donc sur votre route d’hommes ?

- Ah c’est vrai ! Quand il y a eu ce grave accident, on s’est mis à discuter : “A qui la faute ? Depuis le temps qu’on lui disait de faire attention, d’aller moins vite !” Et, pour un peu, personne ne serait allé lui rendre visite à l’hôpital.

- Et quand untel s’est retrouvé au chômage, on a beaucoup discuté aussi : “Il l’a un peu cherché ! S’il buvait moins ! S’il avait respecté les horaires !”  Et pour un peu personne n’aurait pris le temps de parler avec lui pour comprendre et aider !

- Et quand a surgi cette grave maladie, et quand il y a eu cette grève, et quand … 

Jésus vient d’annoncer les souffrances et la mort qui l’attendent. Et eux s’inquiètent de monter en grade. Ridicule. Alors Jésus dit : “Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.”Et il décide de faire parler un geste, une situation : “Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille.»”Pour les apôtres, c’est violent. Jésus leur donne en leçon un petit enfant. Dieu n’est pas avec ceux qui veulent être les plus grands. Révélation capitale sur le mystère de Dieu : Dieu n’est pas du côté de la domination, mais du service. En sa Passion, vers laquelle Jésus s’avance librement, Dieu s’est fait le dernierde tous, le serviteur. Oui ! Dieu est bien le plus Grand, mais c’est dans le service qu’il est imbattable.

Jésus embrasse le petit enfant comme pour dire : Soyez capables d’accueil pour les plus dépendants, comme cet enfant. Mettez votre énergie à cet accueil. Et il en faudra, de l’énergie, car il y a toujours des surprises avec un enfant. Voilà, dit Jésus, qui sera le plus grand : c’est le plus petit. Attention, pas question d’infantilisme pour autant !Jésus ne nous demande pas d’avoir des sentiments d’enfant, mais de nous mettre dans la situation de l’enfant. Parce que l’enfant, c’est celui qui voit les autres comme des grands. Et le plus grand dans le Royaume, c’est celui qui saura voir dans les autres, des grands. Et non des pauvres types dont on se moque gentiment, en cachette. 

J’aime bien ces quelques mots de Bertrand Gournay : “Toute relation à l’enfant touche l’infini de Dieu… Le petit est prioritaire, le plus faible est le lieu privilégié de la présence de Dieu… Bonne Nouvelle: le plus petit, c’est le plus grand au regard de Dieu.”  Et tout le monde connaît la phrase de khalil Gibran: “Et si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous, et vous le verrez  jouant avec vos enfants.”

J’aime ces quelques lignes parce qu’elles disent beaucoup de la foi chrétienne. Au nom de la seule croyance en Dieu il est arrivé que l’on cherche le pouvoir, et même qu’on maltraite et qu’on tue. Impossible au nom de la foi chrétienne puisqu’elle reconnaît le visage du Christ dans le plus petit. Alors on ne peut que s’entraider à vivre le respect, en particulier du plus petit, et à ne jamais faire de sacré qui ne soit pas d’abord humain.

La tentation fondamentale des hommes est souvent d’être forts comme des dieux ou comme Dieu. Alors que notre vocation c’est d’être modestement comme Jésuscomme y invite la fameuse phrase au baptisé, inventée par un prêtre de Rennes il y longtemps : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus-Christ que personne n’a encore manifesté comme tu sauras le faire.” 

Et dans un livre de Bernard Feillet :“Ce que nous demandons à l’Eglise, c’est dene pas rendre Dieu impossible aux hommes, c’est de respecter les voies qu’ils explorent, de les aider à en découvrir le sens, d’accompagner ceux qui le lui demandent sur le chemin où ils cherchent Dieu.”

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