Evangile du 6° dimanche de Pâques – 1er mai 2016

Posté par rtireau le 28 avril 2016

Esprit-Croix Widro

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,23-29. 
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. 
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. 
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; 
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. 
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. 
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. 
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 28 avril 2016

dimanche de Pâques dans l’année C – 1er mai 2016

Actes 15, 1-2.22-29
 ; Psaume 66
 ; Apocalypse 21, 10-14.22-23
 ; Jean14, 23-29

Discours d’adieu, c’est souvent comme ça qu’on appelle le texte dont je viens de lire un extrait. Le mot confidence conviendrait mieux car c’est un vrai moment d’intimité. Jésus va quitter ce monde et passer à son Père. Il annonce encore une fois son départ à ses amis. Il essaie encore une fois de leur faire comprendre ce qui va lui arriver. C’est tellement le contraire de ce qu’ils espèrent. Juste avant ce texte, Jude, un des apôtres, a posé une question qui montre bien où ils en sont : “Est-ce à nous que tu vas te manifester, et pas au monde ?” M’enfin ! Jésus, tu devrais une bonne fois montrer ta puissance ? Pourquoi te réserves-tu seulement pour un petit groupe d’amis ? Si tu veux t’imposer dans l’opinion, si tu veux être quelqu’un pour les foules, montre-toi, fais quelque chose !

Et la réponse de Jésus est prodigieuse : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole.” Et l’effet en retour sera l’amour du Père. “Mon Père l’aimera.” Et ça permettra la visite du Père et du Fils : “Nous viendrons vers lui ; et chez lui nous nous ferons une demeure.” Traduction plus littérale : “Nous planterons en lui notre tente”, avec tout ce que çà pouvait signifier pour un Israélite : non pas cohabitation mais inhabitation, non pas côte à côte, mais présence intime, au cœur, qui conduira Jésus à dire un instant plus tard : “Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi,” (Jean 17, 21) En bref, pour celui qui accueille la Parole, la Parole ouvre en lui une demeure de Dieu. L’ami du Christ devient temple de Dieu. Le Christ ressuscité n’a plus maintenant d’autre présence que par les hommes capables d’aimer où il demeure.

Bientôt, ce sera le temps de l’Esprit, la Pentecôte, qui réveillera en chacun la Parole du Seigneur. Jésus a tout dit de son vivant. Mais les chrétiens n’auront jamais fini de comprendre sa Parole. “L’Esprit Saint… vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.” Un jour, notre évêque qui s’exprimait devant des jeunes avait donné un nom particulier à l’Esprit : il l’avait appelé le Traducteur : “Lisez la bible, disait-il, et l’Esprit qui est en vous traduira les mots que vous lirez en parole de Dieu pour vous aujourd’hui.” Vous vous rendez compte, chacun de nous a son traducteur. Moi, je suis en train de vous dire ma traduction du texte. Mais chacun a un traducteur au fond de son cœur, pour entendre Dieu lui parler.

Notre texte dit aussi un autre nom pour l’Esprit : le Défenseur ! Un mot bien concret : le défenseur, l’avocat de la défense. La traduction de Monsieur Chouraqui dit Réconfort. Partout où l’homme sera menacé, Dieu lui-même le défendra. Quand l’Esprit de Dieu se fait droit de l’homme.

Dans la suite de notre texte, Jésus donne sa paix, non pas, dit-il, à la façon dont le monde la donne. En Orient, on donne la paix : salam, shalom, comme on dirait bonjour. Donner ainsi la paix, c’est déclarer simplement à celui qu’on rencontre qu’on ne lui fera pas la guerre. C’est déjà beaucoup ! Pourtant Jésus donne plus. Rappelez-vous la belle expression qu’on emploie avec les enfants quand ils sont fâchés : “Faisons la paix !” Eh bien ! Jésus fait la paix, au prix de sa vie. La paix que donne Jésus, dans la mesure où on sait l’accueillir, n’est pas un arrangement, c’est une création nouvelle.

Jean Debruynne, le poète, parle de cette paix à la manière de Jésus : “La paix aurait pu être une fleur sauvage, de ces fleurs des champs que nul ne sème ni ne moissonne. La paix aurait pu être de ces fleurs des prés que l’on trouve toutes faites un beau matin au bord d’un chemin, au pied d’un arbre ou au détour d’un ruisseau. Il aurait suffi de ramasser la paix comme on ramasse des champignons ou comme on cueille la bruyère ou la grande marguerite. Au contraire ! La paix est un travail, c’est une tâche. Il faut faire la paix comme on fait du blé. Il faut faire la paix comme il faut des années pour faire une rose et des siècles pour faire une vigne. La paix n’existe pas à l’état sauvage : il n’y a de paix qu’à visage humain.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 5° dimanche de Pâques – 24 avril 2016

Posté par rtireau le 20 avril 2016

enfants_gkids-12

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,31-33a.34-35. 
Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. 
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. 
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. 
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 20 avril 2016

5° dimanche de Pâques dans l’année C – 24 avril 2016

Actes 14, 21b-27 ; Psaume 144 ; Apocalypse 21, 1-5a ; Jean 13, 31-33a.34-35

Au cours de son dernier repas avec ses disciples, au moment même où Judas s’apprête à faire son œuvre de mort, Jésus, curieusement, se met à parler de gloire : “Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.” Étranges Paroles ! Au moment où l’étau de la haine et de la trahison se referme sur Jésus, il parle de gloire. Ce Jésus bientôt bousculé, giflé, battu, crucifié, ce serait … la gloire de Dieu ? Saint Jean qui a écrit ce passage serait-il illuminé ou sadique pour tenir de tels propos ?

Au temps de Jésus, et dans son pays, la gloire est bien le rayonnement de la puissance aux yeux de tous. Et au temps où Saint Jean a écrit son évangile, on a pu être témoin du triomphe d’un général romain qu’on accueillait dans l’euphorie lorsqu’il arrivait victorieux à la tête de son armée. Saint Jean savait donc bien ce qu’était la gloire sur un visage ou au milieu d’une foule. Et c’est bien consciemment qu’il écrit là une des phrases les plus bouleversantes qui ait jamais été prononcées : quand Dieu se montre, quand Dieu rayonne dans la foule, quand il se révèle aux yeux de tous, il peut le faire même sous les traits du juste persécuté ! Attention ! N’y voyons aucune attirance morbide vers la souffrance et la mort. On n’est pas en train de dire que c’est souhaitable ou qu’il faille passer par cette extrémité pour que la gloire de Dieu soit manifestée. Non ! Mais on dit que Jésus, à qui c’est arrivé, et qui est allé jusqu’au bout, malgré la peur et l’agonie, Jésus remporte la plus haute victoire, celle de l’amour et du don total. Humble, pauvre, discrète, fulgurante gloire humaine de Dieu !

Ainsi, au moment même où Jésus va entrer dans la nuit, le silence et la détresse, Saint Jean annonce le Fils de l’homme glorifié et Dieu glorifié. La gloire de Dieu se montre même au moment de l’apparente déchéance. Même quand l’homme a perdu jusqu’à son visage d’homme, même quand il est torturé et mis à mort, rien ne peut empêcher Dieu de lui reconnaître son propre visage. Un homme reste un homme jusqu’au bout, un homme reste un signe de Dieu jusqu’au bout.

“Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous …” (Test sur le mot le plus important de la phrase…. : Comme…) Souvent, on cite la phrase : “Aimez-vous les uns les autres”. C’est bien. Mais le début comme je vous ai aimés” change complètement le sens. Car il nous interdit de penser amour au sens vague du terme. En effet, la manière dont Jésus a aimé n’était pas vague du tout. Toute une société en était remuée : il renversait les barrières entre les pécheurs et ceux qui se croyaient justes, entre les infirmes et ceux qui se croyaient bien-portants, entre les pauvres et les riches, entre les exclus et les notables.

Si j’écoute cette parole de Jésus (“Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous”), je me sais invité à aimer tel ou tel qui m’a trahi, tel ou tel que j’ai du mal à aimer. Je sais que j’ai à répondre par amour à toute violence. Cet amour-la ne se définit pas en termes gentillets ou vaguement religieux. Cet amour-la n’est pas sucré, mais sel, comme le dit Olivier Clément. Cet amour-la n’escamote même pas la violence, mais la change en combat de vie. Et si je vis ainsi, je signifie que je ne m’arrête pas à la mort contenue dans la violence et la haine. Si je suis capable d’aller jusqu’au pardon, je suis conscient que je donne à voir ma foi en la résurrection…

Cet Amour-la est la suprême énergie qui fait toutes choses nouvelles dans l’homme et dans la société : “A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.” dit Jésus. Non pas seulement parce que l’amour fait du bien, ou fait le bien, mais parce que l’amour est Dieu lui-même rendu présent. Ecoutez cette petite histoire que raconte Marion Muller Collard en parlant de ses enfants : Un jour, j’ai surpris une conversation entre mes fils. Le plus petit demandait à l’aîné : « Comment ça serait, si maman était morte ? » L’aîné a haussé les épaules : « On mangerait moins de gâteaux. » J’ai ri depuis mes fourneaux. Il y aurait moins de gâteaux, mais pas moins d’amour. La bonne nouvelle de l’Évangile est extrêmement assimilable par les enfants. Peut-être est-ce pour cela que Jésus introduit ces versets par l’appellation « Petits enfants ? » Il sait qu’ils ont en surcroît cette matière poreuse de l’amour qui les rend perméables à Dieu.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 4° dimanche de Pâques – 17 avril 2016

Posté par rtireau le 13 avril 2016

Brebis

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,27-30. 
En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. 
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. 
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. 
Le Père et moi, nous sommes UN. » 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Homélie

Posté par rtireau le 13 avril 2016

4° dimanche de Pâques dans l’année C – 17 avril 2016

Actes 13, 14…43-52 ; Psaume 99 ; Apocalypse 7, 9.14b-17 ; Jean 10, 27-30

Paul et Barnabé sont à Antioche de Pisidie. Ils font beaucoup de convertis au judaïsme. Et le sabbat suivant presque toute la ville se rassemble pour entendre la parole du Seigneur. Et puis ça tourne mal. Alors Paul et Barnabé leur déclarent avec assurance : “C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez,… eh bien ! Nous nous tournons vers les nations païennes.” Les uns sont pleins de joie en entendant cette Parole : “les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur. Les autres sont remplis de fureur.

Trois conclusions :

- la première, c’est qu’il est impossible de faire taire les apôtres. Impossible de se taire quand on porte la foi chrétienne en soi.

- deuxième conclusion : face à la Bonne Nouvelle, il y a fureur ou joie, pas de moyen terme. Je me suis souvent dit que toute les fois qu’il y a indifférence, même polie, c’est que la Parole n’a pas été entendue. La Bonne Nouvelle ne supporte pas l’indifférence.

- Troisième conclusion : Même les poursuites et les expulsions participent aussi à faire répandre la nouvelle plus loin :“ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient pleins de joie et d’Esprit Saint.”

“Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais”. J’ai lu sous la plume de Fabien Deleclos, dans son livre Prends et mange la Parole, des précisions utiles pour comprendre qui sont les bergers de l’Evangile : “Leur mission n’avait rien de romantique ni de facile. Rude épreuve que de chercher des pâturages et des points d’eau dans des régions désertiques et rocailleuses. Métier dangereux et plein de risques, exigeant beaucoup de courage pour défendre le troupeau contre les fauves et les voleurs. Une vocation (le mot y est) de combattant.”

Alors je suis allé lire Ezéchiel, le chapitre 34 intitulé Les pasteurs d’Israël. Le verset 16 dit ceci : “La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai.” Quelqu’un a pu dire un jour : « Il y a deux sortes de pasteurs, ceux qui s’intéressent à la laine et ceux qui s’intéressent à la viande. Aucun ne s’intéresse aux brebis« . Dans notre monde de rendement et de solitudes, prenons le temps de goûter cette parabole de l’évangile : Jésus a payé de sa personne, il connaissait ses brebis. Et quand il emploie ce mot connaître, Jésus ne parle pas de Curriculum Vitae. Pour Jésus et pour ses auditeurs Juifs connaître c’est naître avec, c’est entrer en communion avec l’autre, c’est compatir quand il souffre, c’est se réjouir avec lui, se battre avec lui. Jésus est entré en communion avec les personnes parce qu’il les rejoignait dans leur être profond. Ce n’est pas la transgression de la loi qu’il voyait d’abord chez les pécheurs, mais leur soif, leur faim, leur désir de vivre autrement. Alors chacun était unique à ses yeux, et les exclus devenaient pour lui des élus, ce qui ne plaisait pas beaucoup aux pharisiens.

« Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais… Je leur donne la vie éternelle… Personne ne les arrachera de ma main” Désormais cette parole interpellera tous ceux qui ont à exercer un pouvoir sur les autres. A partir de la Résurrection du Christ Pasteur, on ne peut plus profiter des autres pour agir selon ses intérêts. La nature même du pouvoir a été changée par la vie du Christ au milieu de nous. Le pouvoir n’est plus la possibilité d’exercer son influence sur les autres. Le pouvoir est une délégation de service à rendre. A chacun de s’interroger sur ce qu’il peut faire ? C’est plus exigeant que de se contenter de ressasser ce qui ne va pas. J’aime bien à ce sujet la réponse de Mère Teresa à un journaliste qui lui demandait : “Qu’est-ce qui ne va pas dans le monde, ma sœur ?” Sa réponse fut brève : “Vous et moi, Monsieur.” Dans nos communautés, quand des chrétiens se connaissent et se reconnaissent, quand des chrétiens ont le souci de ceux qui ne sont pas encore dans la communauté, alors des personnes se sentent appelées à être des pasteurs au service des communautés. C’est là que le mot vocation peut surgir.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 3° dimanche de Pâques – 10 avril 2016

Posté par rtireau le 6 avril 2016

th

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,1-19. 
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. 
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. 
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. 
Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » 
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. 
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. 
Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. 
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. 
Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » 
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. 
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. 
Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. 
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. 
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » 
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » 
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. 
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » 
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. » 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 6 avril 2016

3° dimanche de Pâques dans l’année C - 10 avril 2016

Ac 5, 27-32 et 40-41 ; Psaume 29 ; Apocalypse 5, 11-14 ; Jean 21, 1-19

Ecoutez Marion Muller Colard, jeune théologienne protestante : Sur les bords du lac, Jésus a fait un feu pour le repas. Faire cuire le pain et griller le poisson. Appeler à table comme nous le faisons avec nos familiers, à qui nous lançons chaque jour « Venez manger !». C’est l’appel quotidien des mères à leurs enfants, des époux à leurs femmes. Préparer un repas, demeurer celui qui nourrit… Les disciples ne le reconnaissent pas tout à fait, cet homme au bord du lac… L’évangéliste Jean a cette tournure ambiguë : « Et aucun des disciples n’osait lui demander : Qui es-tu ? Car ils savaient que c’était le Seigneur. ». S’ils savaient, pourquoi sont-ils en même temps tentés de lui demander qui il est ? Peut-être, précisément, parce que Jésus s’incarne à présent dans le quotidien. N’est-ce pas la seule chose à faire pour qu’il vive durablement avec nous ? Et en regardant cet homme souffler sur le brasier qui tient au chaud le repas que nous allons partager, je me demande combien de fois il fut là, tout près, et combien de fois l’ai-je ignoré ?”

Les apôtres ont repris leur métier de pêcheur. La résurrection, c’est dans le quotidien, souvent marqué par des soucis. Nous naviguons sur une mer agitée. Alors il faut tourner notre regard vers celui qui se trouve sur l’autre rive. Et comme les apôtres, on ne le reconnait pas du premier coup. Sauf Jean l’intuitif, le contemplatif. Sans doute parce qu’il est “le disciple que Jésus aimait”, et parce qu’il aime Jésus. Reconnaître quelqu’un, c’est d’abord une affaire d’amour.

Quand ils débarquent, les disciples trouvent un repas préparé. Le Fils de Dieu a fait la cuisine. Aujourd’hui encore, le partage du pain est pour les chrétiens le signe privilégié de la présence du Ressuscité. Comme à Emmaüs, il apparaît dans des gestes de présence, de service et de partage. Il faut beaucoup aimer pour le reconnaître dans l’eucharistie qui est la consécration de tous les petits gestes de partage du quotidien. Après l’intuition du contemplatif Jean, il y a l’engagement de l’homme d’action, Pierre. C’est lui qui amène jusqu’à terre le filet rempli de 153 poissons (autant que d’espèces connues à l’époque, peut-être pour dire la grande diversité dans l’Eglise). Et c’est à ce Pierre impétueux et fragile que Jésus confie ses pouvoirs. Il change ce marin pêcheur en berger en lui posant la question : “Pierre, m’aimes-tu ?” Aucune question sur ses compétences. Le chef de l’Eglise est celui qui va répondre oui à la question de confiance : “M’aimes-tu ?” A celui-là qui fait confiance, tout peut arriver. Il peut se retrouver pape. J’ai toujours été étonné par les examens que Pierre a dû passer : – Philosophie : “M’aimes-tu ?” – Théologie : “M’aimes-tu ?” – Bible : “Est-ce que tu m’aimes ?” Et si tu m’aimes, oublie tes infidélités, puis “viens et suis-moi”.

A celui qui reconnait le ressuscité dans le quotidien, tout peut arriver : Le froussard commence par se jeter à l’eau, et il devient chef de l’Eglise. Deux paroles de Jésus vont lui rendre sa dignité :

1/ “Pierre, m’aimes-tu ?” Trois fois Jésus l’interroge (allusion à son triple reniement). Plein de délicatesse, il ne dit pas : Tu m’as renié, mais je te pardonne. Ce serait centré sur la faute. Non, il l’interroge sur son amour, faible, mais réel. Il n’évoque son reniement que pour lui donner l’occasion de l’effacer en manifestant son amour.

2/ “Pais mes brebis”, Jésus donne à Pierre la charge de l’Église. Il y a longtemps, il l’avait déjà choisi : “Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église”. Il le lui redit. Mais quelle nouveauté ! Pierre n’est plus cet homme impulsif et léger. Sa tâche sera celle d’encourager, d’affermir ses frères. Et il peut comprendre les difficultés du peuple, puisqu’il a été lui-même remis debout ?

Dans ce texte, il y a un moment clé, celui de la reconnaissance. Le jour se lève, il y a cet inconnu sur le rivage. Entre le moment où l’on s’entend appeler et le moment où l’on peut s’écrier : “C’est le Seigneur !”, un seul signe : ce filet rempli. Hors de cette expérience, pas de mission possible. En effet, qu’est-ce que Pierre doit transmettre ? Une idée ? Des mots d’ordre politique ou moral ? Rien de tout cela. Mais à tous ceux qui peinent sans rien prendre, qui veulent être aimés et ne le sont pas, qui veulent aimer et ne le savent pas, qui veulent se libérer de l’angoisse de la mort et ne le peuvent pas, à tous, Pierre annoncera ce Christ que voilà sur la rive. Sur sa Parole, on jette le filet une fois de plus. Chacun mettra sous ces paroles tous les exemples concrets dont il a pu être acteur ou témoin… Sur la Parole du ressuscité, on se reprend à espérer et on jette le filet encore une fois. Le ressuscité, on le reconnaît à un filet plein. C’est le Seigneur. C’est le matin.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette