Evangile du 14° dimanche dans l’année C – 3 juillet 2016

Posté par rtireau le 29 juin 2016

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20. 
En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. 
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.”
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 29 juin 2016

14° dimanche dans l’année C – 3 juillet 2016

Isaïe 66, 10-14 ; Psaume 65 ; Galates 6,14-18 ; Luc 10, 1-12.17-20

“Réjouissez-vous…, exultez.” Isaïe, en 400 avant Jésus Christ, invite à la joie dans le contexte catastrophique du retour d’exil. Il invite à la joie des gens colonisés, en pleine désillusion. Combien de fois, au cœur de la morosité, la Bible annonce la joie. Et ce n’est pas pour bercer d’illusion. Nous avons tous l’expérience de la joie qui finit par venir après les difficultés. Et notre foi contient un bonheur à dimension future, comme la nature qui renaît chaque printemps. Notre foi, c’est même le mot résurrection : la joie, la vie possible au cœur même de la souffrance et au-delà de la mort. Comme cet ancien, près de son épouse décédée, qui disait à ses enfants : “C’est qu’il faut quand même vivre… Et puis vous êtes là, vous.” Comme dans cette famille où les parents âgés et malades sont en train de resserrer les liens entre les enfants et par rapport aux parents.

L’Eucharistie est sacrement du partage joyeux de la présence de celui qui est mort par amour. Juste le contraire de telle communauté où l’on priait pour la résurrection de l’enfant qui venait de mourir au lieu de mettre tout en œuvre pour aider les proches à vivre, au lieu même de faire le simple nécessaire quand il y a un décès. Honte que ce réflexe prétendument religieux !

Que dit l’Evangile d’aujourd’hui : Priez, allez, guérissez, entrez, mangez ! Des gestes humains. Dans l’humain fraternel Dieu a des chances d’être là. On est même sûr qu’il y est si ça commence par prier. Car l’évangélisation n’est pas publicité ou propagande. Elle est œuvre de l’Esprit qui ne passe qu’à travers des cœurs priants. “Prie, disait Saint Ignace, comme si tout dépendait de Dieu, agis comme si tout dépendait de toi”. 

“Le Seigneur en désigna encore soixante-douze…” : l’évangélisation concerne tout chrétien. “Il les envoya deux par deux…” : on ne peut pas évangéliser seul. Pas de gros bagages… : l’évangélisation est à la portée des vies les plus modestes. “Apportez la paix… guérissez…” : l’évangélisation commence par du concret : faire du bien, pacifier, soulager, guérir. Pas des discours, mais une manière de vivre. N’emportez pas de gros bagages - Apportez la paix… guérissez… Monique Rosaz interprète cette consigne : il y a deux catégories de gens dans ce texte, ceux qui marchent sur la route et ceux qui sont dans les maisons. Ceux qui marchent n’ont rien, sinon un bien immense à apporter : la paix. Et peut-être ont-ils faim. Ceux qui sont dans les maisons ont ce qu’il faut pour vivre, et peut-être qu’ils ont faim d’autre chose. Alors l’échange est possible.

Les 72 sont envoyés deux par deux. Un témoin seul risque d’être pris pour un gourou. Être envoyés par deux, c’est être appelés à faire équipe, à faire Église et à participer à l’expérience des disciples d’Emmaüs. Par deux, on peut parler avec un frère des événements vécus, au point de reconnaître, dans le partage, le visage de celui qui rejoint toujours en chemin ceux à qui il donne mission de prendre la route. Être envoyés deux par deux conduit à découvrir que l’autre nous met toujours en appétit. Seul on avance aussi loin qu’on peut. Avec d’autres, on va plus loin que le possible. Portés par la fraternité, la force du groupe et la mission confiée, on repousse les frontières de nos limites personnelles.

La Moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux. J’aime bien la traduction d’un exégète belge sur beaucoup d’appelés, peu d’élus : il dit : il y a deux alternatives :

- ou bien : les places sont chères en paradis : il n’y en aura pas pour toi, Dieu est tellement avare.

- ou bien : vous êtes tous invités à travailler pour un monde réconcilié. Vous êtes tous invités. Mais, toi viendras-tu ? Suspense ! Le projet de Dieu dépend de la réponse de l’homme. Il y a un proverbe qui dit : l’homme propose et Dieu dispose. Eh bien là, c’est le contraire : c’est Dieu qui propose, et l’homme qui dispose. Comme si le Messie était prisonnier quelque part, ligoté par notre violence dans l’un de ces lieux que chaque siècle invente. Ce n’est pas l’homme qui attend le Messie, c’est la Messie qui attend l’homme.

Et Jean Pierre Manigne explique : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Ça ne veut pas dire que nous n’allons plus l’attendre longtemps, ça veut dire qu’il est à notre portée et qu’il suffit de l’accueillir pour qu’il se manifeste.

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Evangile du 13° dimanche dans l’année C – 26 juin 2016

Posté par rtireau le 22 juin 2016

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 51-62. 
Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. 
Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. 
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. 
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » 
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. 
Puis ils partirent pour un autre village. 
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » 
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » 
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » 
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » 
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » 
Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 22 juin 2016

13° dimanche dans l’année C26 juin 2016

1 Rois 19, 16b.19-21 ; Psaume 15 ; Galates 5, 1.13-18 ; Luc 9, 51-62

La page de l’évangile d’aujourd’hui nous présente trois visages différents de Jésus : il décide de prendre la route vers Jérusalem ; il renonce à toute violence ; il propose des exigences fortes à ceux qui le suivent.

Il décide de prendre la route vers Jérusalem : Jésus est un homme de courage. A partir de maintenant, dans l’évangile de Luc, les miracles se font plus rares, les paroles de Jésus deviennent plus dures. Son visage aussi, on dirait… et il va prendre résolument la route vers Jérusalem, vers le lieu de son combat décisif contre la mort. Prenons le temps – nous sommes là pour ça – d’évoquer nos difficultés, nos échecs, nos conflits, nos incertitudes professionnelles, nos solitudes affectives. Au lieu de nous laisser aller, durcissons le visage pour tenir bon, à la suite du Christ. Silence !

Jésus renonce à toute violence : Jésus est homme de non-violence. Jésus est courageux et décidé. Et pourtant, il est “doux et humble de cœur”.  Un village de Samaritains a refusé de recevoir des pèlerins juifs dans un réflexe raciste. Jacques et Jean les fils du tonnerre, proposent d’utiliser la manière du prophète Elie (2 Rois 1, 10) pour punir à coup de feu du ciel ce village qui n’est pas d’accord avec eux. Une tentation, que nous pouvons avoir nous aussi, de supprimer l’adversaire ou de nous venger. Jésus refuse cette intervention spectaculaire et brutale. Il nous révèle ainsi le vrai Dieu qui a créé l’homme libre et qui respecte jusqu’au bout cette liberté. Comment Dieu détruirait-il les pécheurs ? Il les aime et il veut les sauver : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.”  (Luc 23, 33). Jésus est le non-violent même, qui arrête le cercle infernal du mal en le recevant sur lui, sans jamais le faire lui-même. Devant le mal, en nous et chez les autres, demandons à Dieu sa patience. Silence !

Jésus propose des exigences fortes : Jésus est homme d’exigences radicales. Sa non-violence n’est pas une sorte de molle tolérance où les frontières seraient floues entre le mal et le bien. Il propose au contraire à ceux qui veulent le suivre des exigences qui peuvent paraître inhumaines. Il ne cherche pas à recruter à tout prix. Il souligne qu’il faudra accepter inconfort et insécurité pour le suivre. Il est bon de nous le rappeler quand nous vivons des fatigues physiques ou morales. “Laisse les morts enterrer leurs morts.” C’est une des paroles les plus dures de tout l’évangile. Ceux qui n’ont pas voulu le rencontrer, Jésus ose les qualifier de morts. Pour le Christ, celui qui n’a pas le souci des choses de Dieu, ne vit pas. Et apparemment on ne peut pas le suivre en faisant passer nos propres affaires avant celles de Dieu.

Comment comprendre une telle rudesse ? Difficile question. Sans doute faut-il toujours nous rappeler que la prédication de Jésus n’est que Bonne Nouvelle et promesse de bonheur. Mais voilà ! Il a rencontré l’obstacle de la dureté des cœurs. Et il a essayé d’entamer cette dureté, de briser cette croûte épaisse, tantôt avec douceur, tantôt avec des paroles sévères. A chaque fois c’était pour faire une brèche dans des cœurs murés. En fait la dureté est en nous : nous sommes durs d’oreille, alors il élève le ton pour nous réveiller ; nous sommes durs à convaincre et portés à remettre à plus tard, alors il élève le ton pour dire : “c’est maintenant” ; nous sommes durs de cœur et notre monde est dur, d’où la dureté de certaines paroles de Jésus et sa rudesse de ton qui sont sans doute proportionnées à tout ça.

En réalité, Jésus n’est pas violent, il est ferme car il ne tolère pas l’intolérable. Il n’est pas un homme doucereux ou mièvre, mais un homme courageux et exigeant, et c’est pour ça que nous l’aimons.

Nous avons, à sa suite, à parler haut et fort pour dénoncer ce qui n’est pas tolérable, ou alors on n’est plus ses disciples. La brûlure de la Parole de Dieu n’est pas faite pour détruire mais pour guérir et libérer. Saint Paul le disait dans la seconde lecture : “ Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez-bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.” Silence !

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Evangile du 12° dimanche dans l’année C – 19 juin 2016

Posté par rtireau le 16 juin 2016

Pour vous, qui suis-je

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,18-24. 
En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »
Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

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Homélie

Posté par rtireau le 16 juin 2016

12° dimanche dans l’année C – 19 juin 2016

Zacharie 12, 10-12a ; 13, 1 ; Psaume 62 ; Galates 3, 26-29 ; Luc 9, 18-24

“Pour vous, qui suis-je ?” demande Jésus. Dans le texte, plusieurs réponses. J’en ajoute un peu…

Nos amis protestants ont un fascicule qui s’appelle “Dieu s’approche”. Voici leur réponse : “Les chrétiens croient qu’en Jésus Christ Dieu s’est approché de nous. Qu’il nous rejoint dans notre humanité… En Jésus, Dieu a éprouvé notre condition humaine. Il a connu joie et peines, amitié et fidélité, rejet et trahison, doute et espérance, tentation, angoisse et mort. Comment être plus proche de l’humanité ? Ainsi, ce Dieu qui vit, qui souffre et qui meurt en Jésus comprend ce que veut dire vivre et mourir. Et du même coup, regardant ce qu’a été la vie de Jésus, nous comprenons ce que signifie véritablement l’existence humaine.

S’il y a un lieu où Dieu n’aurait pas dû être présent, c’est bien la mort ! Or c’est précisément là que Dieu choisit de se révéler pleinement. Comment l’imaginer plus proche de nous ? La croix où meurt Jésus n’est pas démonstration sensationnelle de l’existence de Dieu. C’est le contre-signe qui révèle la présence de Dieu là où on l’attendait le moins.

Au travers de son existence, Jésus a toujours été visage d’un Dieu proche et solidaire. Et non pas messager d’un Dieu qui s’imposerait par le sensationnel… Présence de Dieu, qui se tient proche sans pour autant forcer notre porte…” 

Le théologien Henri Denis a eu cette formule : “Le Christ est celui qui a transfiguré le sacré en sainteté… Le sacré implique la distance, tandis que la sainteté est le fruit de l’Alliance…”

Gérard Bessière, dans le livre L’enfant hérétique : “J’aime raconter le rêve que fit un écrivain chrétien des 1ers siècles. Des myriades d’oiseaux voletaient sous un filet tendu au-dessus du sol. Sans cesse, ils tentaient de s’envoler, heurtaient le filet, et retombaient par terre. Ce spectacle était accablant de tristesse… Mais voici qu’un oiseau, jeune et vigoureux, s’élança à son tour : quand il se cogna contre le filet, il s’obstina à lutter avec les mailles, et soudain, blessé, couvert de sang, il les rompit et s’envola vers l’azur… Dans un bruissement d’ailes innombrables, ils se précipitèrent, à travers la brèche, vers l’espace sans limites.

L’oiseau ensanglanté, c’est Jésus. Il avait annoncé une vie autre, illuminée par la bonté de Dieu et l’amour entre les hommes. Dans les bourgs de Galilée, au bord du lac, et jusque dans le Temple, on avait senti la vibration d’une existence nouvelle. Une allégresse inconnue.

Dans une société cloisonnée, il allait vers les pauvres, les malades, et les exclus. Il faisait tomber les barrières que dressent l’argent, les préjugés, la suffisance des puissants. A tous il annonçait, par ses actes et ses paroles, la tendresse du Père des cieux. … Un bonheur inconnu flottait autour de lui : on allait enfin devenir humain, comme si Dieu se mêlait à la foule…

La peur, la haine, la violence de tous ceux qu’il dérangeait s’étaient liguées pour l’anéantir : on l’avait crucifié. Ses ennemis le narguaient : cette fin pitoyable montrait bien qu’il n’était pas l’envoyé divin…  Mais lui demandait au Père de pardonner à ses bourreaux, avant de remettre entre ses mains son être exténué : il changeait la vie et la mort mêmes en gestes d’amour !

Ses amis ne tardèrent pas à sentir que Jésus était plus que jamais vivant en Dieu et auprès d’eux et que, en donnant sa vie, il avait ouvert le chemin d’avenir. Il était celui que les Écritures avaient annoncé discrètement, ce Serviteur malmené qui donne sa vie pour les multitudes…

Aujourd’hui… que nous dit Jésus en son silence ? Il nous dit que l’homme est possible, que nous voyons son visage sur la face de tous ceux qui dévouent leur vie, que le Père est avec tous ceux qui peinent sans se décourager. A la suite dure et splendide de l’oiseau ensanglanté.”

L’écrivain Paul Guth : “Pour moi, Jésus-Christ est le Dieu que nous pourrions être.”

Et je termine par Lytta Basset, théologienne protestante, qui attire notre attention sur la dernière phrase de notre texte : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. » On en a fait une phrase terrible : pour être chrétien il faut en baver. Or, dit-elle, on peut aussi traduire : « qu’il lève sa croix. » Du coup, Jésus inviterait non à porter comme un fardeau notre existence crucifiante, mais à lever, soulever et même exalter, grandir, mettre debout tout le négatif de notre vie, de manière à ce que ça ne nous empêche plus d’avancer.

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Evangile du 11° dimanche dans l’année C – 12 juin 2016

Posté par rtireau le 9 juin 2016

Chez Simon

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,36-50.8,1-3. 
En ce temps-là, un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. 
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »
Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.
Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.
Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.
Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 9 juin 2016

Onzième dimanche dans l’année C-  12 juin 2016

Samuel 12, 7-10.13 ; Psaume 31 ; Galates 2, 16.19-21 ; Luc 7, 36-50 ; 8, 1- 

Jésus est invité par le pharisien Simon. Et la situation devient très vite étrange. Une femme arrive. Jusque là, rien d’étonnant : quelqu’un de passage pouvait entrer dans une maison quand il y avait une fête. Mais cette femme n’a pas bonne réputation. Infréquentable.

C’est ce que pense Simon. D’autant plus que la femme se met “à baigner les pieds de Jésus de ses larmes, à les couvrir de ses baisers et à répandre sur eux du parfum.” Et Simon se dit : “Si Jésus était un prophète, il la renverrait.” Eh bien non, Jésus n’est pas comme ça. Il est le prophète de l’amour et du pardon. Il se fait proche jusqu’à pardonner même ce qui peut sembler impardonnable. Au fond, cette femme c’est peut être chacun d’entre nous à chaque fois que nous croyons que l’amour et le pardon de Dieu sont plus forts que tout ce que nous pouvons faire de mal. Comme disait Saint Paul à l’instant : L’homme est juste devant Dieu à cause de la foi et non parce qu’il serait en règle avec la loi.

“Ses péchés sont pardonnés parce qu’elle a beaucoup aimé.” Voilà une première logique. “Celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour.” Seconde logique inversée.

 J’ai longtemps été dans la première logique, comme le pharisien Simon et un peu comme tout le monde sans doute : elle mérite le pardon parce qu’elle a beaucoup aimé.

La seconde logique, et la petite parabole du créancier, et l’ensemble de l’évangile nous invitent à réviser notre jugement naturel. Car c’est bien le pardon qui est source d’amour. Et pas l’inverse. C’est bien parce que cette femme a été beaucoup pardonnée qu’elle peut aimer.

Vérifions un peu cette logique de Jésus. Et tout d’un coup on découvre qu’il y a bien des retournements en nous qui n’ont rien de logique, et qu’ils sont bien toujours conséquence d’amour. Même si quelquefois il a fallu un intermédiaire comme dans notre fameuse histoire d’hier au caté…

Deux frères vivaient dans leur ferme et ils s’aimaient beaucoup jusqu’au jour où éclate un gros conflit entre eux. Un matin, un homme arrive, qui cherche du travail. Il frappe à la porte de Louis, le frère ainé. « Ah tu tombes bien j’ai du travail pour toi. Tu vois, de l’autre côté du ruisseau, il y a mon frère. La semaine dernière, il m’a fait un très sale coup. Alors j’aimerais que tu construises un grand mur, avec les pierres qui sont là, parce que je ne veux plus le voir. » L’homme répond : « Je crois que je comprends bien votre demande. » Louis s’en va en voyage et laisse l’homme à son travail. Lorsque Louis revient, l’homme a fini sa construction. Surprise et grande émotion : au lieu d’un mur immense, l’homme a construit un pont. Et le frère de Louis sort de sa maison et court vers lui : « Louis, tu es vraiment formidable ! Construire un pont après ce que je t’ai fait ! Je suis vraiment fier de toi ! »

Rappelez-vous la parole récente du pape François : « Celui qui construit des murs au lieu de construire des ponts, il ne peut pas prétendre qu’il est chrétien… » 

D’où sort l’énergie de quelqu’un sinon de se sentir aimé. Au cours d’une soirée du mouvement ATD Quart-monde, une phrase m’avait marqué : “je crois que la plus grande maladie, c’est bien de n’être plus rien pour personne.”

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