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Evangile du 18° dimanche dans l’année C – 31 juillet 2016

Posté par rtireau le 25 juillet 2016

Riche

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,13-21. 
En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?”
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 25 juillet 2016

Dix-huitième dimanche dans l’année C – 31 juillet 2016

Qohèlet 1,2. 2, 21-23 ;  Psaume 89 ;  Colossiens 3, 1 … 11 ;  Luc 12, 13-21

Pour comprendre l’évangile, un mot sur la législation à l’époque de Jésus. Pour sauvegarder le patrimoine familial, le droit juif prévoyait que la totalité des propriétés immobilières revenait au fils aîné, ainsi qu’une double part des biens mobiliers. C’était le droit d’aînesse. Ce qui est raconté ici c’est sans doute qu’un aîné s’est emparé de tout l’héritage et refuse de remettre à son cadet la petite part qui lui revient. Et on demande l’arbitrage de Jésus.

« Ah les affaires d’héritages ! dit Gabriel Ringlet. On sait comme elles peuvent empoisonner l’existence quand le partage des biens ravive les jalousies et réveille des blessures d’enfance. Ici, un homme en appelle à l’intervention de Jésus auprès d’un frère qui préfère, semble-t-il, laisser l’héritage indivis. Cette demande d’arbitrage devrait honorer Jésus. L’homme qui l’interpelle « du milieu de la foule » montre en effet la considération dont jouissait le jeune maître. Mais Jésus refuse de jouer ce rôle. Il n’est pas notaire. Il ne dit pas le droit. Sa mission est d’une autre nature : il donne sens, il interpelle, il avertit.

L’Évangile de Thomas, un texte poétique découvert en Égypte en 1945, vient souvent jeter sur les Évangiles canoniques une lumière subtile qui élargit parfois l’interprétation. Comme ici, justement, quand Jésus réplique un peu durement : “Qui m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ?” Dans L’Évangile de Thomas, cela devient : “ô homme, qui a fait de moi un diviseur ? Il se retourna vers ses disciples et leur dit : vraiment, suis-je un diviseur ?” Bouleversante question, si proche de ce que pouvait ressentir Jésus à ce moment-là. Car il est vrai que les autorités religieuses l’accusent de diviser le peuple. Et manifestement cette accusation le blesse. »

C’est une tentation permanente des hommes de demander à la religion de sacraliser leurs options ou leurs intérêts. Jésus ne veut pas entrer dans ce que l’homme doit résoudre lui-même. Mais il indique où est l’essentiel. Il invite à prendre de la hauteur : “Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un… ne dépend pas de ce qu’il possède.” C’est la vie de l’homme  qui est première, pas la richesse ! Et il raconte sa parabole du riche propriétaire. Le gars avec sa récolte et ses greniers est totalement préoccupé par l’en-bas. En fait, il est déjà mort : “Cette nuit-même, on va te redemander ta vie.” Évident puisque tu n’en fais rien. Dans certains rites funéraires antiques on mettait une pièce d’or dans la bouche du mort, pour payer son passage sur le fleuve obscur. Mais les archéologues retrouvent les monnaies : elles n’ont pas servi, elles n’ont pas cours en ce pays si lointain et si proche.

Saint Paul disait : “Pensez aux réalités d’en-haut, non à celles de la terre.” Il y a le monde des apparences, le visible, le concret. Mais il ne peut donner un sens à notre vie. Et puis ce monde est traversé par un nouveau monde en train de germer au-delà des apparences. Ne vous enchaînez pas au service du faux-dieu-argent qui déshumanise. La vie de l’homme ne s’achève pas ici-bas. Le coffre fort ne suit pas le cercueil ! Dieu est la seule valeur stable. Tout le reste est passager, “vanité des vanités” disait la 1ère lecture. La richesse n’est pas mauvaise pour autant. Mais la bonne question est de savoir pour qui elle est dépensée. Jamais on ne s’est assuré autant que de nos jours : accidents, incendie, intempéries. Tout ça est du progrès et on le voudrait pour tous. Mais quelle compagnie, quel groupe nous assurera contre la sécheresse du cœur et l’anémie du goût de vivre ? Ce serait ça la véritable Assurance-Vie, celle qui nous garderait fervents et joyeux jusqu’au jour où l’on part, les mains ouvertes, sans rien, pour le plus grand des voyages.

Et si tout ça était une invitation à comprendre que les réalités d’en-haut sont une manière de vivre l’en-bas, une manière de prendre de la hauteur. Le chemin est bien celui de l’incarnation et de la résurrection, celui de Jésus qui s’est immergé dans le quotidien humain, tout en y prenant sa hauteur de ressuscité. J’aime bien ce petit mot de Pierre Schaeffer, intitulé performance : “Tous nous sommes des encombrés. Nos voitures se touchent, nos pare-chocs se frôlent et font du mieux qu’ils peuvent pour ne pas se choquer. Nos journaux foisonnent, nos dialogues se superposent. Aussi, faut-il continuer, ne pas se taire, parler encore, fabriquer un message, un discours, un véhicule, une fusée, tirer, viser, aller plus haut, plus vite, plus loin, établir un nouveau score, une performance jamais atteinte : par exemple dire un mot à son voisin, un mot qui serait compris.”

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Evangile du 17° dimanche dans l’année C – 24 juillet 2016

Posté par rtireau le 20 juillet 2016

Dites Père

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,1-13. 
Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, commeJean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. » 
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. 
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. 
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui nous ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.» 
Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, 
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” 
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pasme lever pour te donner quelque chose.” 
Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. 
Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. 
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. 
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? 
ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? 
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 20 juillet 2016

17° dimanche dans l’année C – 24 juillet 2016

Genèse 18, 20-32 ; Psaume 137 ; Colossiens 2, 12-14 ; Luc 11, 1-13

- Avez-vous remarqué que le Notre Père est d’abord un extrait de la Parole de Dieu – On vient de l’entendre selon Saint Luc, plus brève que selon Saint Matthieu qu’on connaît mieux. Comme toute parole d’Evangile elle est d’abord faite pour être écoutée. La prière est donc un rendez-vous avec Dieu, d’abord pour l’écouter.

- Notez aussi qu’On dit Notre Père. On dit Nous et pas Je. On se trouve devant Dieu dans la communion de ceux qui se reconnaissent enfants du même Père. La prière qui ne conduirait pas les humains à devenir frères n’est pas une prière que Dieu peut exaucer.

 - François Varone dans son livre Ce Dieu absent qui fait problème écrit ceci : “Le soleil est déjà levé. Ouvrir mes volets ne fait pas lever le soleil, ça permet seulement au soleil d’entrer dans ma maison, de la réchauffer et de l’illuminer. Telle est la 1ère fonction de la prière : Dieu est déjà levé sur ma vie, je le laisse entrer.”

- Il y en a qui prétendent que la prière est toujours exaucée. Vous croyez ça, vous ? dit Jean Corbineau. Et il continue : “Le croyant qui prie est toujours exaucé. Il n’est pas épargné, il est exaucé. Il n’est pas assisté, il est exaucé. J’ai toujours été exaucé, je préférerais dire exhaussé. La prière me grandit, me fait voir de plus haut, me fait passer à l’étage supérieur.” Et il cite une une maman : “J’ai déjà expérimenté l’efficacité de la prière. Je sais  qu’en priant il me faudra changer. Si je prie pour quelqu’un qui souffre, je vais être obligée d’être logique et de me laisser envoyer par Dieu vers lui. Si je prie pour quelqu’un que je n’aime pas trop, cette prière ne me laissera pas la possibilité de me défouler dans la critique. Si je prie, je ne peux pas laisser ce coin d’ombre qui m’arrange dans mon couple ou ma profession. Ça m’arrangerait, mais la prière me dérange.”

Et le Cardinal Etchegaray : “Si je demande notre pain de chaque jour, je dois donner moi-même ce pain à ceux qui en manquent. Si je prie pour la paix, je dois m’engager sur le chemin de la paix. C’est ça l’Evangile : prier les bras en croix le Dieu qui n’aime pas les bras croisés.”

- Encore 2 évocations pour donner à penser. La 1ère est très brève (soyez attentifs) : Saint Augustin s’adresse à Dieu : “Tu étais en moi. Mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.”

La 2ème est de Timothy Radcliffe (ancien maître des dominicains) : “Dès la naissance, les parents commencent à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à l’enfant pour l’informer. Ils l’animent de leur parole. Il devient humain dans cet océan de langage. Petit à petit, il saura trouver une place dans l’amour que partagent ses parents. Sa vie grandit en humanité. De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher information. Nous y réfléchissons, nous l’étudions, la méditons, la buvons et la mangeons. « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route…» (Dt 6, 6…) Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans un hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les 1ers mois, personne n’avait eu le temps de s’en occuper. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la 1ère fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu.”

Enfin pour conclure, ces mots du Frère Philippe Jaillot il y a quelques temps : “Dans l’Évangile, Jésus donne un nom surprenant à l’audace. Il parle de « sans-gêne ». « Même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami. » Mais est-ce que ça s’apprend, le sans-gêne dont parle Jésus ? Il suffit peut-être d’avoir conscience que ce sans-gêne porte un nom ? Il s’appelle Esprit Saint. Saint Paul dit bien : « C’est l’Esprit qui crie en nous : ‘Abba, Père’. » (Romains 8, 15) Notre Dieu nous donne deux conseils de prière. Le Notre Père et le sans-gêne. Comme s’il nous disait : apprenez le langage de la foi mais ayez aussi l’audace des amoureux ! ”

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Evangile du 16° dimanche dans l’année C – 17 juillet 2016

Posté par rtireau le 13 juillet 2016

Marthe et M

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,38-42. 
En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 juillet 2016

16° dimanche dans l’année C – 17 juillet 2016

Genèse 18, 1-10a ; Psaume 14 ; Colossiens 1, 24-28 ; Luc 10, 38-42

“Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente” (1ère lecture). Abraham a vu trois hommes et pourtant il s’adresse à eux comme à un seul. Il s’agit sans doute de Dieu, entouré de deux anges. En tous cas, c’est un récit pour dire l’importance du devoir d’hospitalité dans la Bible. L’attitude d’Abraham lui permet de recevoir Dieu lui-même en la personne des trois étrangers. Vous arrive-t-il de penser que vos invités seraient Dieu lui-même ? C’est souvent difficile car leur visage peut être déformé… et nos lunettes déformantes. La prière d’invitation d’Abraham est émouvante : “Mon Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur ». Elle annonce déjà la prière des marcheurs d’Emmaüs : « Jésus fit semblant d’aller plus loin ». Ils lui dirent alors : « Reste avec nous… et il entra pour rester avec eux … « 

Dans l’évangile, Jésus est accueilli par deux femmes. L’une des deux, Marie, est assise aux pieds du Seigneur et écoute son enseignement. Il est bon de savoir que Marie ne devrait pas avoir cette attitude. Elle n’observe pas les règles les plus élémentaires de la religion au temps de Jésus. Car les femmes étaient alors exclues de l’enseignement religieux.  On lisait par exemple dans la Mishna, c’est à dire la littérature rabbinique à la fin du premier siècle : “Apprendre la loi à sa fille est comme lui apprendre la débauche.” Or Jésus encourage Marie à suivre son enseignement, alors que sa place devrait être la même que Marthe, à la cuisine. On a du mal à imaginer aujourd’hui l’aspect provoquant de ce récit. Mais on comprend assez bien l’agacement de Marthe.

Un peu trop rapidement on a souvent rangé Marthe et Marie dans les deux catégories commodes de l’action et de la prière. “Marie a choisi la meilleure part” est une phrase qui a pu conduire à conclure que la contemplation serait meilleure que l’action, que la prière passerait avant la mission plus concrète. Evitons cette fausse piste : d’abord l’histoire de Marthe et Marie suit immédiatement l’histoire du bon Samaritain qui laisse entendre plutôt l’inverse, comme si Marthe était la bonne Samaritaine. Et puis la première lecture d’aujourd’hui est totalement du côté de l’hospitalité active.

C’est un peu une maladie de l’homme qui consiste à tout enfermer dans des catégories bien distinctes pour faciliter sa manière de penser et d’agir. Mais au fait, dans le texte, il n’est question ni de prier ni de contempler. Il n’est question que d’écouter. En plus, dans la langue de Jésus, le comparatif n’existe pas et l’accueil n’est pas divisible : quand je suis invité, j’aime être nourri et … écouté. Marthe et Marie, les bonnes Samaritaines de l’Évangile, rappellent que la générosité, même agitée, et l’attention, même insouciante, sont les deux faces maîtresses d’une même charité. Pas question de supériorité ou d’infériorité mais de priorité. Si l’écoute est première, c’est que la Parole est première. Tout au début, à l’origine de tout, la Parole créatrice, Parole qui donne Vie, Parole qui fait exister.

 Il est dit que Marthe reçoit Jésus, mais on voit bien que son accueil est un accueil qui veut donner. L’accueil de Marie est un accueil qui veut recevoir. A vrai dire c’est Marie qui reçoit Jésus. Le signe qu’elle le reçoit, c’est qu’elle ne parle pas. Elle écoute, toute occupée à se nourrir des paroles qui font exister. Bien entendu, Jésus ne reproche pas à Marthe l’activité qu’elle déploie. Il aura même souvent l’occasion de dire que l’écoute de la parole est inséparable du service concret des frères. Et la première lettre de saint Jean le rappelle : “celui qui dit : « j’aime Dieu » et qui n’aime pas ses frères est un menteur.” Il nous faut donc réconcilier en nous Marthe et Marie.

Un dimanche sous le signe de l’hospitalité, tout à fait adapté à la saison des vacances. En effet, bien des occasions se présentent pour accueillir des invités, ou pour être hébergé, accueilli, nourri. Rappelez-vous que le mot hôte, en français, se comprend dans les deux sens (celui qui reçoit et celui qui est reçu), tant il est vrai que l’expérience de l’hospitalité est celle d’une réciprocité. Tout moment de dialogue vrai entre des personnes qui prennent le temps de s’accueillir et de laisser parler leur cœur est expérience d’hospitalité.

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Evangile du 15° dimanche dans l’année C – 10 juillet 2016

Posté par rtireau le 4 juillet 2016

Samaritain

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,25-37. 
En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

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Homélie

Posté par rtireau le 4 juillet 2016

15° dimanche dans l’année C – 10 juillet 2016

Deutéronome 30, 10-14 ; Psaume 18 ; Colossiens 1, 15-20 ; Luc 10, 25-37

Une vielle légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : “Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.” Mais Brahma répondit : “Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera.” Alors les dieux répliquèrent : “Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.” Mais Brahma répondit à nouveau : “Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour il la trouvera et la remontera à la surface.” Alors les dieux mineurs conclurent : “Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.” Alors Brahma dit : “Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.” Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Tout à fait ce que Moïse disait dans la 1ère lecture : “Cette loi que je te prescris… n’est pas dans les cieux… pas au-delà des mers… Elle est tout près de toi… dans ta bouche et dans ton cœur…”

Dans l’évangile, le juif pieux qui interroge Jésus considère sans doute que le prochain du juif est le juif, et celui du païen le païen. Il demande ce qu’il faut faire pour avoir la vie. La réponse de Jésus déplace radicalement les conceptions habituelles : son critère premier de proximité est l’appartenance à l’humanité commune : partager la même humanité passe avant tout le reste ; et son second critère c’est que la différence, l’appartenance à une communauté ou à une religion ne doivent pas empêcher le rapprochement et le partage, au contraire. Il s’agit non plus d’aimer seulement ceux qui nous ressemblent, mais ceux qui sont différents de nous, même nos adversaires, et même nos ennemis. Car le prochain est celui qui se rend proche.

A la question “Qui est mon prochain,” Jésus répond par la parabole du Bon Samaritain qui est comme une clé pour comprendre ses pratiques de libération, de guérison et de pardon. La parabole conduit en effet au cœur du débat entre la loi et le prochain, entre les principes ou les personnes. C’est clair : le prêtre et le lévite choisissent le respect de la loi qui leur interdisait de se souiller au contact du sang qui les rendrait inaptes au service du temple. Le samaritain, lui, n’a pas de religion et n’est donc pas prisonnier de la loi. Alors pendant que les autres sont obligés de préférer la règle, il est libre, lui, d’aimer l’autre. Et Jésus nous dit à chacun : « Va, et toi aussi, fais de même ». 

A longueur d’évangile, Jésus nous est présenté comme un prophète qui remet en cause les rigueurs légalistes des responsables religieux. Il ose même transgresser certaines prescriptions au nom de l’exigence de se rendre proche de toute personne dans le besoin. Michel Scouarnec a pu écrire : “Jésus déplace la conception du sacré. De manière générale, ce mot veut dire séparé, mis à part… Il désigne des lieux, des personnes, des objets, investis d’une double dimension. Celle du tabou, d’abord : ils sont dangereux et il est interdit d’y entrer, de les toucher, de les regarder. Celle du magique ensuite : on leur attribue un pouvoir caché ou divinisé… Cette conception du sacré donne lieu à des ségrégations… et privilégie une approche légaliste en toutes choses… Pour Jésus, tout être humain est sacré, parce qu’aimé de Dieu. Le sacré qu’il préconise est un sacré de relation.”

Son habileté est de retourner la question du docteur de la loi : “Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé entre les mains des bandits ?” Tout autre manière d’envisager le prochain qui n’est pas forcément celui avec qui j’aurais en commun des liens de sang ou des d’affinités. Il est celui que moi je deviens quand je me rapproche de quelqu’un. En fait, il vaudrait mieux parler, non pas de mon prochain, mais du prochain que moi je suis réellement. De qui je me fais proche ? “Je n’ai pas de prochain, expliquait Paul Ricœur, je me fais le prochain de quelqu’un.” Et les premiers mots d’un poème de Gilles Baudry rejoignent ce propos de Ricœur : “Toute distance nous rapproche. Ce qui nous unit nous sépare. Ce qui nous brise nous recrée.”

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