Homélie des noces d’or

Posté par rtireau le 21 août 2016

Matthieu 7, 21-27

« Ce n’est pas en disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le Royaume, mais c’est en faisant la volonté du Père. » En clair, le signe que notre prière est juste, c’est qu’elle nous aide à passer aux actes, c’est-à-dire aimer… même les ennemis. (Vous avez déjà essayé… de dire du bien de quelqu’un dont tout le monde dit du mal ?)

Nous vivons dans un monde qui parle beaucoup. Le décalage est souvent grand entre les promesses et la réalité. Les chrétiens parlent aussi, et c’est normal. Mais quand il y a incohérence entre ce que nous disons et la manière dont nous vivons, quand nous refusons de partager, quand nous laissons passer une injustice, quand nous gardons de la rancune, c’est le Christ lui-même qui se trouve méprisé. Aujourd’hui nous voilà un peu secoués : il ne suffit pas de bien parler. Il faut agir.

« Celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. » Et arrive la petite parabole où l’on aperçoit les maisons de Palestine au temps de Jésus : des maisons rudimentaires avec des matériaux pas très solides, quelquefois posées sans fondations sur le sol. La solidité de ces maisons reposait totalement sur le choix de l’emplacement où l’on bâtissait. Si une pluie torrentielle ravinait le terrain, si la tempête soufflait, la maison sur le sable pouvait s’écrouler. Celle sur le roc ne bronchait pas.

La Bible nous dit que le Seigneur est notre rocher. Si nous écoutons sa parole, si nous la mettons en pratique, nous sommes comme cet homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour une fête. Et il a été décidé de la commencer par un moment de prière. Ça veut dire que nous voulons nous appuyer sur notre Roc, le Christ.

“C’est fou, disait quelqu’un, c’est fou ce que mes idées changent lors que je les prie.” (Impossible d’avoir des idées fixes si l’on est homme de prière.) Ici, dans la prière et la célébration, nous venons faire le plein (gratuit) d’amour pour le partager à tous ceux qui nous entourent.

Je viens de lire un petit livre de Marion Muller Collard, théologienne protestante.

Elle y parle d’Hannah Arendt, née en Allemagne, d’origine juive, qui a dû fuir le nazisme pendant la guerre. Et qui été amenée en 1963 à une réflexion sur le totalitarisme et sur ce qu’elle appelle le mal radical (pas sans ressemblance avec le djihadisme aujourd’hui.)

Hannah Arendt en 1963 : A l’heure actuelle, mon avis est que le mal n’est jamais « radical », qu’il est seulement extrême, (Ce n’est pas un jeu de mots, et c’est formidablement OPTIMISTE) Le mal ne possède ni profondeur, ni dimension démoniaque. Il peut tout envahir et ravager le monde entier précisément parce qu’il se propage comme un champignon. Il « défie la pensée » parce que la pensée essaie d’atteindre à la profondeur, et n’y trouve rien. Seul le bien a de la profondeur et peut être radical.

Et en relisant ces mots, dit la théologienne protestante, je me dis que le bien requiert une profondeur, la même que celle de l’amour au sens évangélique. Non pas les sentiments ou ressentiments qui se propagent en surface « comme un champignon« . Mais une plongée au cœur de mon humanité capable d’attention et de miséricorde.

Le pape François aux JMJ : le monde est en guerre parce qu’il a perdu la paix. (…) Quelqu’un peut penser : « Il parle de guerre de religion ». Non. Toutes les religions veulent la paix. (Et moi je dis souvent que tous ceux qui se réclament de Dieu pour tuer… se trompent de Dieu.)

Toujours le pape : écoutons les paroles de Jésus à Zachée : « Descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison » (v. 5). Jésus t’adresse la même invitation : “Aujourd’hui, je dois demeurer dans ta maison”. La rencontre avec Dieu, ce n’est pas en haut de ton arbre, c’est dans ta maison, dans ton quotidien.

Enfin, le pape pour les gens mariés :  »Il y a toujours dans la vie matrimoniale des problèmes ou des discussions. C’est fréquent et il arrive que le mari ou la femme discutent, haussent la voix, se querellent. Et parfois, les plats volent. Mais ne vous effrayez pas quand cela arrive. Je vous donne un conseil : ne terminez jamais la journée sans faire la paix. Et comment faire pour faire la paix ? Il suffit d’un geste. La paix revient. Quand il y a l’amour, un geste règle tout. »

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