Homélie

Posté par rtireau le 22 septembre 2016

26° dimanche dans l’année C – 25 septembre 2016

Amos 6, 1-7 ; Psaume 145 ; 1 Timothée 6, 11-16 ; Luc 16,19-31

Fameux Evangile de Lazare et du mauvais riche… Je m’en doutais. Personne n’a sursauté quand j’ai dit mauvais. Remarquez, vous n’êtes pas tout seuls. Dans ma vieille bible de 1955, le titre est bien Lazare et le mauvais riche. Et pourtant nulle part dans le texte il n’est écrit mauvais. D’ailleurs, est-il si mauvais ? C’est vrai qu’il n’a pas tellement le souci du pauvre qui est installé devant chez lui, mais au moins il ne cherche pas à le mettre dehors !

En réalité, ce que Jésus dit, ce n’est pas que la richesse soit mauvaise, mais qu’elle risque tellement d’aveugler. Le riche n’a rien refusé au pauvre. D’ailleurs, Lazare n’a rien demandé. Tout simplement, le riche n’a pas vu. Sa porte verrouillée ne laisse rien passer, même pas les miettes. Il n’a pas vu. Il y a un proverbe espagnol qui dit : “Si tu veux te rendre invisible, fais-toi pauvre.”

Question : comment s’appelle le riche ? L’homme riche est sans nom, anonyme. Le pauvre, lui, porte un nom. Un beau nom d’ailleurs : El’Azar, Dieu aide, Dieu a secouru. Le nom est le signe de l’existence sociale. La société ne vous tolère pas si vos papiers ne sont pas en règles, avec le nom, la photo et la signature. Dans un groupe, vous existez quand vous dites votre nom et quand les autres vous appellent par votre nom.

Le riche de la parabole n’a pas de nom. Pourtant il en avait des relations. Sa réussite était visible avec les banquets qu’il offrait autour de lui. Lazare, lui, qui porte un nom, est seul, abandonné. Sa seule compagnie est celle des chiens. Et Saint Luc lui dresse une haute stature, comme pour montrer l’absurdité de la situation du riche et de ses prétendues relations.

En fait Saint Luc appelle à la conversion. N’attendez pas ! C’est maintenant que vous êtes appelés à ouvrir vos oreilles et votre porte à la Parole. C’est maintenant que vous êtes appelés à vivre des relations où l’on se nomme vraiment. L’au-delà, c’est déjà maintenant !

Mais je vois bien que vous avez du mal à me suivre et à être d’accord avec ce texte. Moi aussi, je vous dirai. La preuve c’est que les jours derniers J’ai écrit une lettre à Jésus : Je lui ai dit : “C’est trop facile de dénoncer la richesse et les riches. Si tu avais femme et enfants, si tu risquais d’être au chômage, si tu devais payer des impôts, l’eau, le gaz, l’électricité, les annuités d’emprunts pour l’appart, peut-être que tu aurais mis toi-aussi des sous de côté.”

“Et puis Luc, qui est si dur pour les riches, raconte que des femmes t’accompagnaient et t’aidaient financièrement : alors, c’est facile d’être pauvre quand d’autres sont riches pour vous, quand on est souvent invité. Pas d’accord, respectueusement… Veuillez agréer…”

En fait, je ne l’ai pas envoyée, ma lettre, je n’avais pas l’adresse exacte. Mais je l’ai portée à Jésus. Il l’a lue. Il m’a souri. Il n’a rien dit. Maintenant, je sais bien qu’il ne répondra pas. Je le sens parce que son regard m’accompagne. Je ne sais pas ce qu’il faut faire, lui non plus peut-être, mais il faut faire quelque chose. Je regarde la carte du monde, l’abondance et la misère. Je regarde autour de moi. Je me trouve un peu ridicule d’avoir écrit à Jésus et de lui avoir porté la lettre. Je sens bien que c’est moi-même qui dois répondre aujourd’hui.

Et ce n’est pas la peine d’attendre un miracle pour bouger :

- “Je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père pour prévenir mes 5 frères… Si quelqu’un vient de chez les morts pour les avertir, ils se convertiront.”

- “Non, dit Abraham. S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, même avec un miracle, ils ne bougeront pas”… Un miracle, ce serait moins fort que Moïse et les Prophètes !

Ils ont Moïse et les Prophètes… et nous, nous  avons l’Evangile. Un miracle, c’est moins fort que l’Evangile. Pourquoi attendre un miracle ? C’est l’Evangile et son invitation à partager qui appellent à changer de vie. Et quand on lit bien l’Evangile, il nous secoue encore plus fortement que quelqu’un qui ressusciterait des morts. Car l’Evangile nous dit : Celui qui n’a pas vu le pauvre, la distance qu’il a mise entre le pauvre et lui, c’est entre Dieu et lui qu’il l’a établie.

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