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Evangile de la Fête de la Toussaint – 1er novembre 2016

Posté par rtireau le 31 octobre 2016

Chrysan

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12a. 
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. 
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : 
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. 
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. 
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. 
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. 
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. 
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. 
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. 
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. 
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. 
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2016

Fête  de Toussaint – 1er  novembre 2016

Apocalypse  7, 2-4. 9-14 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12

La Toussaint, c’est toujours un peu difficile d’en faire une fête joyeuse. On vient de chanter Alléluia mais notre cœur souffre quelque part tandis que nous évoquons celles et ceux de nos proches qui nous ont quittés. Vous connaissez la fleur de la Toussaint : le chrysanthème : la fleur d’or (anthos-chrusos), fleur du souvenir, évocation douloureuse de ceux qui nous ont quittés. Et si on décidait de l’appeler aussi la fleur de l’avenir ! Alors elle  pourrait dire beaucoup du très beau message de la Toussaint. Je vous invite à vous souvenir : la Toussaint, c’est la fête du souvenir. Et je vous invite à vous réjouir : la Toussaint, c’est la fête de l’avenir.

La Toussaint, fête du souvenir. La Toussaint met beaucoup de monde sur les routes. Chacun aime rejoindre la terre de sa famille pour se souvenir avec affection de ceux qui sont morts. On est allé entretenir une tombe, déposer des fleurs, et les cimetières ressemblent à des jardins. C’est un rite important. Notre monde resterait-il humain s’il en venait à supprimer ces rites ? On ne peut pas faire moins, un jour de Toussaint, mais, sans doute, on peut faire plus.

Car la Toussaint c’est la fête de l’avenir. ToussaintTous saints. Un mot étrange qui sonne comme un cri de ralliement. Tous saints, c’est le rêve de Dieu sur l’humanité, l’avenir proposé par Dieu à tous les hommes.  On serait donc tous des candidats à la sainteté ?

Habituellement, les saints, on les imagine lointains, avec leur auréole comme dans les vitraux. On les imagine exceptionnels, virtuoses de la morale et de l’ascèse. Il faut qu’on arrête de les chercher dans les niches des statues, comme si la sainteté était réservée à des élites. La Toussaint nous dit précisément le contraire. Dans l’Apocalypse Saint Jean dit : “J’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.” Et nous avons bien raison de chanter : “ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image. Tous ceux qui ont depuis des âges aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu.”

Pourquoi avons-nous imaginé que les Béatitudes étaient une montagne de sainteté infranchissable, alors qu’elles sont un chemin d’humanité, un chemin de bonheur, même s’il est exigeant. Les Béatitudes expriment le meilleur de l’homme et cet homme dont elles font le portrait, c’est chacun de nous quand nous cherchons le meilleur :

- Pauvre, celui dont le cœur n’est pas faussé, ni par l’argent ni par l’orgueil.

- Doux, celui qui résiste à la colère et à la violence, et dont le cœur est assez grand pour le pardon.

- Artisan de Paix, celui qui est indulgent et capable de pleurer avec ceux qui pleurent.

- Assoiffé de justice, prêt à souffrir ce qu’il faudra pour changer le monde, ne serait-ce qu’un peu.

Oui, on en connaît des saints : ce père ou cette mère de famille qui ne savait pas parler de Dieu, mais qui, toute sa vie, a murmuré des prières à sa façon ; cette personne que l’on montrait du doigt, mais dont le cœur était plus pur que le cœur de ceux qui la calomniaient ; et l’incroyant au cœur droit qui vivait au jour le jour l’évangile qu’il n’avait jamais lu. Vous avez bien raison de porter des fleurs sur leurs tombes. En retour puissent-ils vous offrir ce grand bouquet d’espérance : nous avons un avenir, Dieu nous l’a promis.

Elle avait tout compris, cette personne qu’un prêtre visitait. C’est lui qui raconte : “Un jour de Toussaint, après la messe de la matinée, j’avais fait une petite visite à une personne âgée que je savais seule et que je présumais un peu triste. Je m’attendais à la trouver à la cuisine devant une tranche de jambon. Qu’est-ce que je vois, elle était dans sa petite salle à manger, effectivement seule, mais devant une table magnifiquement ornée, nappe brodée, fleurs, belle vaisselle. Je lui dis : « Vous attendez quelqu’un ? » -  Elle répond : « Non…, ou plutôt… si ». Et elle a un beau sourire : « j’ai invité tous ceux de ma famille qui m’attendent dans la joie de la fête sans fin » ».

Xavier Thévenot, un moraliste que j’aime bien, dit : “La vraie morale, c’est une convocation à l’espérance malgré toutes les raisons de désespérer. Les Saints que nous fêtons aujourd’hui, laissons-les  nous convoquer à l’espérance.

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Evangile du 31° dimanche dans l’année C – 30 octobre 2016

Posté par rtireau le 26 octobre 2016

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,1-10. 
En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 octobre 2016

31° dimanche dans l’année C – 30 octobre 2016

Sagesse 11, 23-26; 12, 1-2 ; Psaume 144 ; 2 Thessaloniciens 1, 11-12 ; 2, 1-2 ; Luc 19, 1-10

“Zachée cherchait à voir qui était Jésus.”

Dans notre monde, beaucoup prétendent chercher Dieu ou le rejoindre directement. Zachée, lui, cherchait à voir Jésus. Il avait bien raison : les gens qui parlent de Dieu comme s’ils l’avaient vu ou comme s’ils avaient eu un coup de téléphone du ciel, il vaut mieux ne pas les croire. Souvenons-nous : St Jean dit : “Dieu personne ne l’a jamais vu. Le fils unique,… c’est lui qui l’a fait connaître.” Alors, il vaut mieux, comme Zachée, chercher à voir Jésus : il nous apprend beaucoup sur Dieu.

Observons Zachée : un personnage peu intéressant qui va devenir sympathique. Car au premier abord, il n’a pas grand chose pour plaire :

- il est collecteur d’impôts, donc “collabo” des romains,

- il est même le chef des collecteurs d’impôts !

Et sa vie va basculer parce qu’il a rencontré Jésus.

“Il cherchait à voir qui était Jésus.” Dès qu’il apprend (par le téléphone arabe ?) que Jésus va passer à Jéricho, Zachée plante là ses dossiers et son tiroir-caisse et bondit dans la rue. Simple curiosité, ou espoir de voir une guérison ? Non ! Il veut voir qui est ce Jésus. On raconte partout que c’est quelqu’un qui pardonne aux pécheurs. Ça l’attire irrésistiblement. Il veut voir absolument Jésus.

Comme il est petit et qu’il craint la foule (il sait que les gens ne l’aiment pas), il grimpe rapidement sur un sycomore et de son observatoire improvisé, il VOlT Jésus. Mais leurs regards se croisent et les rôles sont soudain renversés. Zachée voulait voir Jésus, et c’est Jésus qui voit Zachée et le regarde avec des yeux pleins d’amour qui le transforment : «Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Jésus a lu dans le regard de Zachée : Seigneur, ne me juge pas. Tu sais que l’or que je possède me brûle parfois les doigts. Si tu savais comme j’aimerais t’inviter, te parler, mais je sais que je ne suis pas digne que tu descendes chez moi.

Lorsque certaines personnes nous regardent, nous nous sentons misérables, humiliés. Comme si elles faisaient monter à la surface ce qu’il y a de moins bon en nous. Et pour d’autres, c’est le contraire : leur regard nous met en forme et nous rend capables de changer et de grandir.  Comme si elles faisaient monter à la surface le meilleur de nous-mêmes. Les célébrations d’obsèques sont toujours de bons moments pour nous souvenir de ces personnes qui nous ont aidés à grandir et à donner le meilleur de nous-mêmes…

On ne peut rencontrer Jésus sans être bousculé dans sa vie. Zachée en sait quelque chose. Il a bondi chez lui, il a sorti son argenterie, il a préparé un repas somptueux. Mais au fur et à mesure qu’il faisait à Jésus l’honneur de lui présenter sa maison, sa commode Empire et ses Picasso accrochés au mur, il se rappelait que toutes ses richesses avaient été acquises malhonnêtement. Il est d’autant plus bouleversé que Jésus ne lui fait pas de reproche : ainsi ce Jésus ne le vomissait pas, il lui faisait confiance et le savait capable du meilleur. Alors, Zachée dit son repentir, et le pécheur qu’il est se donne à lui-même une pénitence très lourde : je redonnerai le quadruple !

On ne peut pas rencontrer Jésus sans que ça nous montre beaucoup de Dieu. On ne peut pas rencontrer Jésus sans être bousculé dans sa vie. Ça dérange tout le bel agencement du salon de notre cœur. À Jéricho ce jour-là, tout a commencé : pour Zachée et pour ceux qui ont bénéficié de sa conversion. Nul ne pouvait résister à l’émerveillement devant l’étonnante métamorphose. Zachée a, en effet, le visage d’un fils. Il est debout, droit. Il n’a plus besoin de pouvoir, ni de richesse, ni d’un arbre pour paraître plus grand. Il est grand parce que recréé à l’image et à la ressemblance de Dieu, sauvé par celui qui relève de toute mort, animé d’un souffle nouveau.

C’est, je crois, François Mauriac qui met dans la bouche de Zachée cette phrase admirable : « Ce dégel de tout mon être sous ton regard ».

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Evangile du 30° dimanche dans l’année C – 23 octobre 2016

Posté par rtireau le 19 octobre 2016

Pha-pub

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,9-14. 
En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : 
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

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Homélie

Posté par rtireau le 19 octobre 2016

30° dimanche dans l’année C – 23 octobre 2016

Siracide 35, 12-14.16-18 ; Psaume 33 ; 2 Timothée 4, 6-8.16-18 ; Luc 18, 9-14

D’abord quelques échos de la 1ère lecture, le temps pour chacun de se laisser imprégner : “Le Seigneur ne défavorise pas le pauvre. – Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin ni la plainte répétée de la veuve.” Et dans le psaume : “le Seigneur est proche du cœur brisé.” Souvenez-vous : l’histoire du jugement dernier (Matthieu 25) : “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi.” ; et le Magnificat de Marie : “Il renverse les puissants, il élève les humbles, il comble de biens les affamés, il renvoie les riches les mains vides.”

Non, je n’ai pas l’intention de faire un discours moralisant sur l’attention aux plus pauvres. Mais j’ai envie d’évoquer un courant théologique dans la ligne des théologies de la libération. Un courant qui dit, non pas : je suis chrétien, donc je dois être attentif aux pauvres, mais : mon souci des pauvres constitue mon être croyant. Mon rapport aux pauvres est le lieu même où s’enracine ma foi. Compliqué ? Sans doute, mais ça peut s’éclairer petit à petit. Dans un livre intitulé La cause des pauvres, Alain Durand a écrit : “Le rapport aux pauvres n’est pas un affluent qui viendrait grossir le fleuve de la vie chrétienne, il est au lieu même où le fleuve prend sa source.”

Je traduis à ma façon :

- non pas : j’ai la foi, donc je doit faire attention aux pauvres. Mon beau geste serait conséquence de ma foi. Quand on entend : “Ils sont chrétiens et ils ne sont pas meilleurs que les autres”, c’est bien de ça qu’on parle.

- mais : l’attention que je porte aux plus petits est le lieu-même où le Christ se donne à rencontrer. Sans doute faut-il une attitude particulière pour vivre ça : non pas la suffisance qui est fière de donner, mais l’attente d’une rencontre, d’un réel échange. En bref, une attitude de pauvre.

“Heureux les pauvres” dit Jésus. “Heureux, disait quelqu’un, ceux chez qui il reste de la place. Le contraire des hôtels quand ils affichent complet.”

“Heureux ceux qui pleurent”. Le même traduisait : “Heureux ceux qui sont capables de pleurer, ceux qui n’ont pas le cœur complètement sec.”

Vous devinez que tout ça n’est pas sans lien avec la parabole du pharisien et du publicain. A propos, quelle image du pharisien avez-vous en tête ? Pendant toute mon enfance je l’imaginais majestueux d’orgueil, et mauvais. Et un publicain, c’était plutôt un pauvre bougre un peu dépenaillé, mais bon. Et puis j’ai appris qu’en réalité c’était plutôt l’inverse : un pharisien était un ascète plein de qualités et de vertus ; et un publicain était plutôt un parvenu enrichi souvent malhonnêtement. C’est leur attitude intérieure qui va tout changer. Il y a un retournement dont l’Evangile a le secret. Le publicain s’en alla justifié, devenu juste, retourné, un peu comme Zachée sans doute.

D’après le contenu de sa prière, le pharisien était un homme juste. Il pratiquait parfaitement la loi. Il était respecté parce que respectable. Mais si, aux yeux des hommes, la prière du pharisien était celle d’un juste, cette prière ne l’a pas rendu juste aux yeux de Jésus, parce qu’il se met à part des autres et met en avant ses mérites. Il agit sans doute avec justice, mais son action et sa prière manquent de justesse. Il est peut-être juste, mais il n’est pas ajusté. Sa prière paraît parfaite, mais elle est fermée : aucune ouverture par où la grâce pourrait pénétrer. En somme il ne s’est pas mis réellement en présence de son Dieu. A la limite, en a-t-il même besoin ? Pas sûr ! Ou plutôt, si ! Il a simplement besoin de quelqu’un à qui il puisse dire qu’il est le meilleur.

Pendant ce temps, le publicain va demander à Dieu de faire quelque chose pour lui. Il a besoin de Dieu pour sortir de sa misère. Il sait qu’il ne vit pas dans la justice. Aussi il demande à Dieu de l’ajuster à lui.

C’est un peu comme Saint Paul (2de lecture). Il se glorifie lui aussi d’abord : “J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi”;  puis petit à petit il change d’attitude : “Le Seigneur m’a assisté.”  Un retournement qui chante tout.

C’est, je crois, Kierkegaard, un grand penseur danois du 19ème siècle, qui a écrit cette parole lumineuse : “Le contraire du péché, ce n’est pas la vertu, mais la foi”.

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Evangile du 29° dimanche dans l’année C – 16 octobre 2016

Posté par rtireau le 13 octobre 2016

29-T.O.C.2007

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,1-8. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. 
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.”
Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 octobre 2016

Vingt-neuvième dimanche dans l’année C - 16 octobre 2016

Exode 17, 8-13 ; Psaume 120 ; 2 Timothée 3, 14 – 4, 2 ; Luc 18, 1-8

J’aime bien les textes d’aujourd’hui, surtout le 1er et le 3ème, car ce sont des tableaux. C’est visuel. Il y a  à voir… et aussi à entendre :

- il y a à voir : des gens qui prient (les bras levés… essayons donc un instant). “Aaron et Hour soutenaient les mains de Moïse, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil.” Et puis un champ de bataille, une bataille longue et incertaine où l’on sent bien que rien ne va sans la prière, et rien ne va sans la lutte. Il faut les deux. Les familiers de Taizé retrouvent là les deux mots fameux du frère Roger : action et contemplation. Y croire et lutter jusqu’au bout : ne pas baisser les bras. Moïse ne prie pas Dieu d’attaquer à sa place mais de lui donner la force de lever les bras. S’entraider à ne pas baisser les bras.

- et il y a à entendre : “… cette veuve commence à m’ennuyer, dit le juge : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” Cette veuve – la veuve était un être sans défense – qui casse la tête à ce juge qui n’a pas l’air d’être un modèle de vertu. Elle va le bassiner le temps qu’il faut. Y croire et lutter jusqu’au bout : ne jamais désespérer de quelqu’un. La veuve ne prie pas Dieu de fléchir le juge à sa place, mais de lui donner le courage de l’affronter. Voir ce juge se transformer, ça donne le moral. L’autre a toujours besoin qu’on croit en lui. Quand quelqu’un sait qu’on compte sur lui, ça le fait se lever.

Y croire et lutter jusqu’au bout : S’entraider à ne pas baisser les bras :

Y croire : pas évident de croire que tout peut toujours renaître. Le dominicain Jean Cardonnel  disait : “Jésus n’avait rien. Il a tout donné et quand la mort violente vient le saisir, elle n’a plus rien à lui prendre. La mort a été refaite par l’amour qui a tout donné.” Comment ne pas penser aussi au film Des hommes et des dieux ? Y croire, croire au ressuscité, croire que la mort est morte. Y croire, croire que tout ce qui est donné par amour ne peut pas mourir. Qui peut croire ça sinon celui qui prie, celui qui arrête tout, qui vit des petits moments tout donnés pour que toute sa vie soit donnée, celui qui vit un dimanche par semaine pour mettre un peu de dimanche dans chaque jour de la semaine. Croire, c’est s’ouvrir à l’espérance. Prier c’est espérer.

Y croire et lutter jusqu’au bout, jusqu’à tout donner. En apparence, prier c’est rêver. Mais l’espérance ne s’arrête pas au rêve. Prier, c’est bien rêver, mais c’est aussi transformer tout de suite autant qu’on peut son rêve en réalité, donc agir. Ce serait dommage si la prière en restait au rêve de celui qui croise les bras. Comme disait Mgr Etchegaray : “La prière n’est ni refuge ni appel au miracle. La prière exige que nous cherchions à faire nous-mêmes ce que nous demandons à Dieu de faire. Si je demande notre pain de chaque jour, je dois donner moi-même ce pain a ceux qui en manquent. Si je prie pour la paix, je dois m’engager moi-même sur le chemin de la paix. C’est ça l’Evangile : prier les bras en croix le Dieu qui n’aime pas les bras croisés.”

Y croire et lutter jusqu’au bout : “quand le papa d’une copine est mort, on a ameuté la classe et on a fait quelque chose pour la soutenir.”- “Dans ma préparation à la confirmation, j’ai eu un doute. Mais le groupe m’a aidé à repartir.” – “Au boulot, on mène une revendication. Heureusement qu’on se retrouve le mardi parce qu’on a souvent des doutes : « est-ce que ça vaut la peine ? » On se retrouve. On se remet à y croire et ça repart.”

Gérard Bessière : “Prier ce n’est pas se mettre dans un état nébuleux où se mêlent nos peurs et nos rêves. Ce n’est pas jeter un message dans la boîte aux lettres de l’infini. C’est faire comme Jésus : s’exposer à Dieu. Nous laisser embarquer avec lui. Nous mettre à sa disposition pour transfigurer la vie.”

Jean Corbineau : “Le croyant qui prie est toujours exaucé. Le croyant qui prie n’est pas épargné, il est exaucé. Le croyant qui prie n’est pas assisté, il est exaucé. J’ai toujours été exaucé, je préférerais dire exhaussé. La prière me grandit, la prière me fait voir de plus haut, la prière me fait voir plus grand, elle me fait passer à l’étage supérieur.”

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Evangile du 28° dimanche dans l’année C – 9 octobre 2016

Posté par rtireau le 6 octobre 2016

10 lépreux

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 11-19. 
En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

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Homélie

Posté par rtireau le 6 octobre 2016

Vingt-huitième dimanche dans l’année C- 9 octobre 2016

2 Rois 5, 14-17 ; Psaume 97 ; 2 Timothée 2, 8-13 ; Luc 17, 11-19

“On n’enchaîne pas la Parole de Dieu.” C’était St Paul tout à l’heure. Quelqu’un a dit un jour : “Jésus, on a été jusqu’à le mettre à mort, mais on n’a jamais réussi à l’enterrer.” En effet, la Parole de Dieu a pris chair en Jésus. Jésus, on a réussi à l’arrêter. On l’a même mis à mort. Mais on n’a jamais pu enchaîner sa Parole. “On n’enchaîne pas la Parole de Dieu.” Figurez-vous que Saint Paul a écrit cette phrase à son ami Timothée depuis une prison parce que lui aussi a dérangé tellement en annonçant l’Evangile qu’il s’est fait arrêter. Et il dit haut et fort que la Parole de Dieu, elle, n’est pas emprisonnée (pas emprisonnable) : elle rayonne, même à partir d’une prison. Car d’autres prennent le relais. “On n’enchaîne pas la Parole de Dieu.”

Saint Luc nous a raconté l’histoire de dix lépreux qui viennent demander leur guérison à Jésus. Avez-vous remarqué ? Jésus ne fait pas un geste, pas un signe. I1 ne prononce pas un mot de guérison. I1 envoie les lépreux faire constater par les prêtres qu’ils sont guéris, alors que précisément ils ne le sont pas encore. C’est en route qu’ils seront guéris. C’est sans doute cette route qui est la foi. La foi ouvre des routes. Seul un Samaritain l’a compris. Un Samaritain, c’était un païen. Et c’est à lui que Jésus dit : « Ta foi t’a sauvé. » On y perd son latin dans cette histoire.

Cette histoire est de bout en bout une histoire de distance et de proximité.

- Une histoire de distance pour les 10 lépreux : ils n’ont pas le droit de s’approcher d’un homme en bonne santé. Interdit. Distance.

- Une histoire de distance de haine entre Juifs et Samaritains ! C’est parce que les lépreux étaient considérés comme des cadavres ambulants qu’on peut trouver ici, côte à côte, juifs et samaritains, dans le groupe des dix malades. La maladie et l’exclusion pouvaient paradoxalement réunir des hommes que tout séparait par ailleurs. Et quand ils vont être guéris, la séparation va normalement redevenir la règle.

- Une histoire de distance de haine entre le lépreux Samaritain et le juif Jésus.

Eh bien, toutes ces distances vont être franchies par la foi et vont devenir proximités.

- Premier degré de foi pour les dix lépreux : sur une simple parole, ils se mettent en route pour aller trouver les prêtres, alors qu’ils n’ont encore aucune preuve de leur guérison. La confiance en une parole suffit pour les mettre en route.

- Le Samaritain, lui, va plus loin. Il franchit l’étape décisive de la foi. Il supprime toute distance entre lui, le bénéficiaire de la guérison, et Jésus, l’auteur de la guérison. Il passe du bienfait reçu à la reconnaissance de la personne qui le donne.

Pour les autres Jésus est instrument de guérison, alors que pour lui, Jésus est sujet de sa foi. Il dépasse la guérison pour accéder à la relation. Il “glorifie Dieu” et “rend grâce à Jésus.” Dieu et Jésus sont confondus pour lui dans un même remerciement. Les dix sont guéris, lui est déjà sauvé.

Il est Samaritain, et le voici aux pieds de Jésus. Toutes les distances sont abolies. C’est celui qui était le plus loin qui saura se faire proche. Il va dépasser l’interdit de la Loi, puisqu’il s’avance près de Jésus avant d’avoir fait constater sa guérison par le prêtre. Et Jésus va le relever. Le mot relever est un des deux mots grecs employés pour dire la résurrection du Christ. Jésus, en relevant l’étranger, nous signifie combien il veut que tout homme, soit un homme debout. “La gloire de Dieu c’est l’homme vivant”, a dit saint Irénée.

Les neuf juifs guéris n’ont pas compris le mystère de Jésus. Ils se sont laissés reprendre par la routine des rites et des obligations. Ils ont continué à chercher Dieu dans un lieu sacré et dans des exercices de piété. Ils n’ont pas réalisé que désormais Dieu est descendu de son ciel et se rencontre d’une façon plus immédiate, plus personnelle. Seul le Samaritain a deviné le secret de Jésus. Il a rencontré Dieu dans un homme en chair et en os. Saviez-vous qu’on peut rencontrer Dieu dans des personnes en chair et en os ? “Qui m’a vu a vu le Père” disait Jésus. Et à tous les baptêmes depuis longtemps déjà, on est nombreux à dire au baptisé : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus que personne avant toi n’a su montrer comme tu sauras le faire.” Tous les baptisés qui sont là, avez-vous commencé de montrer le visage de Dieu autour de vous ?

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