Homélie

Posté par rtireau le 13 octobre 2016

Vingt-neuvième dimanche dans l’année C - 16 octobre 2016

Exode 17, 8-13 ; Psaume 120 ; 2 Timothée 3, 14 – 4, 2 ; Luc 18, 1-8

J’aime bien les textes d’aujourd’hui, surtout le 1er et le 3ème, car ce sont des tableaux. C’est visuel. Il y a  à voir… et aussi à entendre :

- il y a à voir : des gens qui prient (les bras levés… essayons donc un instant). “Aaron et Hour soutenaient les mains de Moïse, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil.” Et puis un champ de bataille, une bataille longue et incertaine où l’on sent bien que rien ne va sans la prière, et rien ne va sans la lutte. Il faut les deux. Les familiers de Taizé retrouvent là les deux mots fameux du frère Roger : action et contemplation. Y croire et lutter jusqu’au bout : ne pas baisser les bras. Moïse ne prie pas Dieu d’attaquer à sa place mais de lui donner la force de lever les bras. S’entraider à ne pas baisser les bras.

- et il y a à entendre : “… cette veuve commence à m’ennuyer, dit le juge : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” Cette veuve – la veuve était un être sans défense – qui casse la tête à ce juge qui n’a pas l’air d’être un modèle de vertu. Elle va le bassiner le temps qu’il faut. Y croire et lutter jusqu’au bout : ne jamais désespérer de quelqu’un. La veuve ne prie pas Dieu de fléchir le juge à sa place, mais de lui donner le courage de l’affronter. Voir ce juge se transformer, ça donne le moral. L’autre a toujours besoin qu’on croit en lui. Quand quelqu’un sait qu’on compte sur lui, ça le fait se lever.

Y croire et lutter jusqu’au bout : S’entraider à ne pas baisser les bras :

Y croire : pas évident de croire que tout peut toujours renaître. Le dominicain Jean Cardonnel  disait : “Jésus n’avait rien. Il a tout donné et quand la mort violente vient le saisir, elle n’a plus rien à lui prendre. La mort a été refaite par l’amour qui a tout donné.” Comment ne pas penser aussi au film Des hommes et des dieux ? Y croire, croire au ressuscité, croire que la mort est morte. Y croire, croire que tout ce qui est donné par amour ne peut pas mourir. Qui peut croire ça sinon celui qui prie, celui qui arrête tout, qui vit des petits moments tout donnés pour que toute sa vie soit donnée, celui qui vit un dimanche par semaine pour mettre un peu de dimanche dans chaque jour de la semaine. Croire, c’est s’ouvrir à l’espérance. Prier c’est espérer.

Y croire et lutter jusqu’au bout, jusqu’à tout donner. En apparence, prier c’est rêver. Mais l’espérance ne s’arrête pas au rêve. Prier, c’est bien rêver, mais c’est aussi transformer tout de suite autant qu’on peut son rêve en réalité, donc agir. Ce serait dommage si la prière en restait au rêve de celui qui croise les bras. Comme disait Mgr Etchegaray : “La prière n’est ni refuge ni appel au miracle. La prière exige que nous cherchions à faire nous-mêmes ce que nous demandons à Dieu de faire. Si je demande notre pain de chaque jour, je dois donner moi-même ce pain a ceux qui en manquent. Si je prie pour la paix, je dois m’engager moi-même sur le chemin de la paix. C’est ça l’Evangile : prier les bras en croix le Dieu qui n’aime pas les bras croisés.”

Y croire et lutter jusqu’au bout : “quand le papa d’une copine est mort, on a ameuté la classe et on a fait quelque chose pour la soutenir.”- “Dans ma préparation à la confirmation, j’ai eu un doute. Mais le groupe m’a aidé à repartir.” – “Au boulot, on mène une revendication. Heureusement qu’on se retrouve le mardi parce qu’on a souvent des doutes : « est-ce que ça vaut la peine ? » On se retrouve. On se remet à y croire et ça repart.”

Gérard Bessière : “Prier ce n’est pas se mettre dans un état nébuleux où se mêlent nos peurs et nos rêves. Ce n’est pas jeter un message dans la boîte aux lettres de l’infini. C’est faire comme Jésus : s’exposer à Dieu. Nous laisser embarquer avec lui. Nous mettre à sa disposition pour transfigurer la vie.”

Jean Corbineau : “Le croyant qui prie est toujours exaucé. Le croyant qui prie n’est pas épargné, il est exaucé. Le croyant qui prie n’est pas assisté, il est exaucé. J’ai toujours été exaucé, je préférerais dire exhaussé. La prière me grandit, la prière me fait voir de plus haut, la prière me fait voir plus grand, elle me fait passer à l’étage supérieur.”

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