Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2016

Fête  de Toussaint – 1er  novembre 2016

Apocalypse  7, 2-4. 9-14 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12

La Toussaint, c’est toujours un peu difficile d’en faire une fête joyeuse. On vient de chanter Alléluia mais notre cœur souffre quelque part tandis que nous évoquons celles et ceux de nos proches qui nous ont quittés. Vous connaissez la fleur de la Toussaint : le chrysanthème : la fleur d’or (anthos-chrusos), fleur du souvenir, évocation douloureuse de ceux qui nous ont quittés. Et si on décidait de l’appeler aussi la fleur de l’avenir ! Alors elle  pourrait dire beaucoup du très beau message de la Toussaint. Je vous invite à vous souvenir : la Toussaint, c’est la fête du souvenir. Et je vous invite à vous réjouir : la Toussaint, c’est la fête de l’avenir.

La Toussaint, fête du souvenir. La Toussaint met beaucoup de monde sur les routes. Chacun aime rejoindre la terre de sa famille pour se souvenir avec affection de ceux qui sont morts. On est allé entretenir une tombe, déposer des fleurs, et les cimetières ressemblent à des jardins. C’est un rite important. Notre monde resterait-il humain s’il en venait à supprimer ces rites ? On ne peut pas faire moins, un jour de Toussaint, mais, sans doute, on peut faire plus.

Car la Toussaint c’est la fête de l’avenir. ToussaintTous saints. Un mot étrange qui sonne comme un cri de ralliement. Tous saints, c’est le rêve de Dieu sur l’humanité, l’avenir proposé par Dieu à tous les hommes.  On serait donc tous des candidats à la sainteté ?

Habituellement, les saints, on les imagine lointains, avec leur auréole comme dans les vitraux. On les imagine exceptionnels, virtuoses de la morale et de l’ascèse. Il faut qu’on arrête de les chercher dans les niches des statues, comme si la sainteté était réservée à des élites. La Toussaint nous dit précisément le contraire. Dans l’Apocalypse Saint Jean dit : “J’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.” Et nous avons bien raison de chanter : “ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image. Tous ceux qui ont depuis des âges aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu.”

Pourquoi avons-nous imaginé que les Béatitudes étaient une montagne de sainteté infranchissable, alors qu’elles sont un chemin d’humanité, un chemin de bonheur, même s’il est exigeant. Les Béatitudes expriment le meilleur de l’homme et cet homme dont elles font le portrait, c’est chacun de nous quand nous cherchons le meilleur :

- Pauvre, celui dont le cœur n’est pas faussé, ni par l’argent ni par l’orgueil.

- Doux, celui qui résiste à la colère et à la violence, et dont le cœur est assez grand pour le pardon.

- Artisan de Paix, celui qui est indulgent et capable de pleurer avec ceux qui pleurent.

- Assoiffé de justice, prêt à souffrir ce qu’il faudra pour changer le monde, ne serait-ce qu’un peu.

Oui, on en connaît des saints : ce père ou cette mère de famille qui ne savait pas parler de Dieu, mais qui, toute sa vie, a murmuré des prières à sa façon ; cette personne que l’on montrait du doigt, mais dont le cœur était plus pur que le cœur de ceux qui la calomniaient ; et l’incroyant au cœur droit qui vivait au jour le jour l’évangile qu’il n’avait jamais lu. Vous avez bien raison de porter des fleurs sur leurs tombes. En retour puissent-ils vous offrir ce grand bouquet d’espérance : nous avons un avenir, Dieu nous l’a promis.

Elle avait tout compris, cette personne qu’un prêtre visitait. C’est lui qui raconte : “Un jour de Toussaint, après la messe de la matinée, j’avais fait une petite visite à une personne âgée que je savais seule et que je présumais un peu triste. Je m’attendais à la trouver à la cuisine devant une tranche de jambon. Qu’est-ce que je vois, elle était dans sa petite salle à manger, effectivement seule, mais devant une table magnifiquement ornée, nappe brodée, fleurs, belle vaisselle. Je lui dis : « Vous attendez quelqu’un ? » -  Elle répond : « Non…, ou plutôt… si ». Et elle a un beau sourire : « j’ai invité tous ceux de ma famille qui m’attendent dans la joie de la fête sans fin » ».

Xavier Thévenot, un moraliste que j’aime bien, dit : “La vraie morale, c’est une convocation à l’espérance malgré toutes les raisons de désespérer. Les Saints que nous fêtons aujourd’hui, laissons-les  nous convoquer à l’espérance.

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