Homélie

Posté par rtireau le 10 novembre 2016

33° dimanche dans l’année C – 13 novembre 2016

Malachie 3, 19-20 ; Psaume 97 ; 2 Thessaloniciens 3, 7-12 ; Luc 21, 5-19

« Ce temple, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre. » Jésus annonce la ruine du Temple de Jérusalem. Saint Luc peut le raconter avec assurance puisqu’il écrit son Évangile vers les années 80, à un moment où le Temple de Jérusalem est déjà ruiné et où les chrétiens connaissent déjà l’hostilité des juifs. En réalité, la démolition du bâtiment importe peu pour Jésus : il n’est pas un promoteur qui rêverait de remplacer une vieille église par une nouvelle. Lui, il ne veut plus de Temple. Il a deviné que son Évangile risque de devenir une religion : “Beaucoup viendront sous mon nom et diront : « C’est moi !»… Ne marchez pas derrière eux.” Or il n’est pas venu promouvoir une religion, il est venu inviter à la foi.

Alors il nous donne quelques  conseils :

- “Prenez garde de ne pas vous laisser égarer” par les illuminés de toutes sortes qui spéculent sur la peur et l’angoisse. Soyez capables de discernement.

- “Ne soyez pas terrifiés !” C’est un temps de passion pour l’humanité. Mais que votre foi vous garde debout et qu’elle éclaire votre présent. “Vous serez détestés de tous à cause de mon nom”. Mais même quand tout s’écroule humainement, il reste un avenir possible : “Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.” Et même : “Vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse…”

-  Vivez l’aujourd’hui ! C’est maintenant que Dieu parle. Le Royaume est déjà parmi vous. Simplement, il vous revient de le faire naître et grandir. C’est le temps de veiller dans la prière et aussi de se mettre au travail. Saint Paul paraît même très dur pour ceux qui ne font rien : “Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus !” Mais il faut noter que les personnes oisives dont parle Saint Paul ne sont pas les chômeurs d’aujourd’hui. C’étaient ceux qui croyaient la fin du monde très proche et qui se disaient : “A quoi bon travailler si ce monde s’achève ?” Comme la fin du monde n’arrive pas, petit à petit il devient clair que le chrétien doit être présent à tous les combats de l’humanité en y tenant fermement la petite lampe de l’espérance. Il s’agit de mettre fin à un monde dans lequel il arrive qu’on piétine les autres pour se grandir soi-même.

Et Jésus prévient : votre message va déranger ceux qui sont installés dans le confort et enfermés dans leur bonne conscience. Mais surtout il annonce la victoire du Jour où le Christ soleil de justice se lèvera au matin de Pâques. Ce matin-là, Dieu donnera raison à ceux qui ont mis leurs pas dans ceux de son Fils Jésus et qui proclament la résurrection en paroles et en actes fraternels ! Dieu donnera raison à ceux-là, que certains trouvent quelquefois pleins de naïveté alors qu’ils sont pleins d’espérance.

Ce n’est pas le calendrier de fin du monde qui retient l’attention de Jésus, c’est la condition humaine risquée, tragique, mais tellement précieuse. Les vrais vivants, selon lui, seront ceux qui tiendront, les êtres d’inébranlable espérance. Ils sont le Temple de pierres vivantes. L’essentiel pour lui, ce ne sont pas les bâtiments de pierre, c’est la foi de ceux qui s’y rassemblent.

“Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.” Traduction entendue un jour : “Quand nous paraîtrons devant toi, c’est un regard humain que tu poseras sur nous.” J’aime bien quand on se met à qualifier Dieu du meilleur de l’humain. Ça veut dire qu’on a sûrement déjà fait soi-même l’expérience de la grande paix qui envahit ceux qui réussissent à porter un regard humain sur leurs frères. Otto René Castillo, poète du Guatémala mort assassiné, écrivait magnifiquement : “Être en avance sur son temps, c’est souffrir beaucoup de lui, mais il est beau d’aimer le monde avec les yeux de ceux qui ne sont pas nés encore.”

Retenons les dernières paroles de Jésus après sa résurrection : “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde”. Le Christ est là, en nous, par son Esprit d’amour, pour que tout événement, même tragique, puisse être avènement de plus de vie et d’amour. Depuis la résurrection, nous savons que Dieu peut faire surgir la vie même dans les décors de mort.

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