Homélie

Posté par rtireau le 24 novembre 2016

1er dimanche de l’Avent dans l’année A- 27 novembre 2016

 Isaïe 2, 1-5 ; Psaume 121 ; Romains 13, 11-14 ; Matthieu 24, 37-44

La porte ne veut pas s’ouvrir. Bizarre, la serrure ne marche pas. Ah ! Je me suis trompé de clef. Eh bien, pour comprendre les catastrophes qu’annonce l’Evangile aujourd’hui, il ne faut pas se tromper de clef de lecture : en langage apocalyptique, selon la clef apocalyptique, les menaces de catastrophes sont une manière de dire : Le Seigneur vient ! Tenez-vous prêts. Ne dormez pas !

Bonjour, merci, à demain, sont des mots prononcés plusieurs fois par jour. Tel autre mot aussi commun peut se charger d’une forte densité affective, par exemple le mot attendre. J’attends le bus. J’attends un coup de fil. Des attentes très ordinaires. Mais : « Notre voisine attend un bébé ». Même mot, mais tellement plus profond. Dire d’une femme qu’elle attend un enfant, c’est reconnaître que toute sa vie est en désir. Désir de ce moment qui fera d’elle la maman d’un bébé qui illuminera la vie de toute une maisonnée. Le temps de l’Avent, c’est l’attente. Attendre Celui qui vient, nous mettre en état de désir, reconnaître que quelque chose – plutôt quelqu’un – nous manque. Nous serons prêts alors à faire de sa venue une raison de vivre. Chacun cherche un sens à sa vie. Dans la bible, c’est d’une promesse qu’il s’agit. 

Cette attente n’est pas facile. C’est pour ça que, pendant l’Avent, l’Eglise ne demande pas simplement d’attendre, mais de veiller. Persister à attendre à un moment où, légitimement, on pourrait dormir. Veiller est une attente active. Car ce n’est pas simple de voir Jésus qui vient. Dans notre monde, tout peut ressembler à une fin ou à un commencement ! Il faut discerner : Tout est question de regard : ceux qui s’enferment dans la nuit ne voient pas le soleil se lever, ceux dont la peur ferme les yeux n’iront pas plus loin. Il faut veiller pour voir ce qui naît. Il faut être prêt pour s’émerveiller devant le monde nouveau qui surgit. Il faut être prêt pour la naissance de Dieu. A chaque instant il naît. Un regard à l’affût de chaque naissance, c’est la foi et l’espérance en même temps. C’est un regard qui aime les commencements. Un regard qui croit que l’impossible devient possible.

La puissance de Dieu n’est pas force guerrière qui écraserait les méchants, elle est force d’amour qui veut retourner (convertir) le cœur. La victoire du bien est celle d’un Dieu qui n’est qu’amour. Au long de l’histoire, Dieu supporte le mal avec la patience ardente de celui qui aime, comme un père ou une mère patiente avec respect devant son enfant qui se détruit moralement et physiquement. Ceux qui ont foi en l’amour sont des veilleurs : ils gardent l’espérance, sûrs que c’est l’amour qui finit toujours par être le plus fort.

- Comment attendre activement Jésus ? Quand vous allez accueillir à la gare un visiteur jamais vu, vous scrutez longuement sa photo. Pour attendre activement Jésus qui vient, il est bon, par la Parole et la prière, de donner à son visage un contour plus précis. Savez-vous que le mot catéchèse contient le mot écho ? Savez-vous qu’on est frères ainés dans la foi de ceux qui débutent, et qu’on on est chargés de faire écho pour eux à la Parole ? Savez-vous que le mot veiller et le mot prier sont proches parents ? “J’aime prier chaque jour, disait un prêtre, comme on veille sur ceux dont on est proche, solidaire, responsable.”

- Comment attendre activement Jésus ? Veiller c’est aussi participer aux actions de solidarité que l’Église suggère. Elles nous disent que le Seigneur vient à nous lorsque des êtres moins favorisés appellent à l’aide. On est chargé d’ouvrir la porte à ceux qui frappent. Ouvrir la porte. Le théologien François Moog aime dire que “cette porte a des propriétés physiques insoupçonnées : la porte qu’on ouvre à un frère qui frappe, c’est le Christ.” “Je suis la porte” disait Jésus.

- Comment attendre activement Jésus ? Ecoutez l’histoire de ce jeune homme endormi ? En rêve, il entre dans un magasin. Au comptoir, un Ange. « Que vendez-vous, » demande-t-il ? – « Tout ce que vous désirez, » répond l’Ange. Alors, le jeune homme énumère : « Je voudrais la fin des guerres dans le monde, plus de justice, la tolérance, la générosité envers les étrangers, davantage d’amour dans les familles, du travail pour les sans-emploi… ». L’Ange lui coupe la parole : « Excusez-moi, Monsieur, vous m’avez mal compris, ici on ne vend pas les fruits, seulement les graines. »

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