Homélie

Posté par rtireau le 15 décembre 2016

4° dimanche de l’Avent dans l’année A - 18 décembre 2016

Isaïe 7, 10-16 ; Psaume 23 ; Romains 1, 1-7 ; Matthieu 1, 18-24

Joseph et Marie. Un couple bien plus proche de nos situations humaines qu’une lecture superficielle de l’évangile ne pourrait le laisser croire. Au départ, deux jeunes qui ont fait ensemble le beau projet de devenir époux. Ils connaissent ce temps de bonheur que sont les fiançailles. Marie est “accordée” à Josephaccordée comme un instrument de musique qui sonne juste. Les accordailles, en ce temps-là, engagent autant que le mariage. En droit hébraïque, le contrat est signé le jour des accordailles. Marie est donc légalement la femme de Joseph, mais la coutume juive prévoit un délai avant la cohabitation.

Or, voici que Joseph connaît l’affreuse souffrance d’apprendre que sa fiancée est enceinte. Et il décide de ne pas épouser Marie. Décision d’un homme juste, nous dit l’évangile. Cette histoire est parfois la nôtre. Nous nous trouvons dans des contraintes que nous sommes invités à dépasser, pour trouver une solution… en Dieu. Couples stériles, enfants inattendus, enfants malades, grands adolescents qui donnent du souci, enfants adultes qui suivent un chemin qui nous est douloureux… dans toutes ces situations, nous sommes tentés de nous passer de Dieu. Or, la solution dernière de nos problèmes humains, comme pour Joseph, ne se trouve qu’en Dieu !

Car voici que Dieu demande à Joseph de revenir sur sa décision. Et il lui confie une double mission : prendre Marie chez lui comme épouse et donner un nom à l’enfant, c’est-à-dire assumer la paternité légale de cet enfant. Pour des parents, adopter un enfant c’est l’accueillir comme s’il était né de leur chair, c’est prendre un enfant pour le sien, comme le chante Yves Duteil. Au temps biblique l’adoption avait beaucoup plus de valeur encore qu’aujourd’hui. Les liens adoptifs étaient même plus forts que ceux du sang. En adoptant le fils de Marie, Joseph devient son vrai père, mais par une sorte de don de Dieu. Oser accepter que Dieu modifie nos projets pour nous les rendre purifiés et transformés !

En quatre étapes, le temps de l’Avent nous fait revivre la longue attente de l’homme dans l’histoire et l’attente de chacun de nous dans sa vie de tous les jours. Des visages nous ont été présentés par la Bible pour nous apprendre à espérer. Le passage de l’évangile d’aujourd’hui fait suite à une longue liste de noms, liés les uns aux autres à la même lignée issue d’Abraham pour s’arrêter à Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus. La Bible est un livre qui nous fournit tout plein de noms propres. Quarante cinq noms précèdent le passage d’aujourd’hui. Chacune de ces personnes a son histoire, et une histoire à ne pas mettre dans toutes les mains. Et notre espérance c’est qu’avec ces hommes et ces femmes Dieu a écrit une histoire sainte. Il a fait, comme dit l’évangile de Matthieu, la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham.

Le Dieu de la Bible s’appelle Emmanuel, Dieu-avec-nous, Dieu qui ne doute pas de l’homme. Il s’incarne dans sa chair, il se donne à voir sur son visage.  L’Evangile de ce dimanche nous fait rencontrer deux personnes : Joseph et son épouse Marie. Aujourd’hui, avec Saint Matthieu, c’est l’Annonciation faite à Joseph, alors que dans Saint Luc, c’est l’Annonciation faite à Marie. La seule différence, c’est le silence de Joseph. “Il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : Il prit chez lui son épouse.” Il ne dit rien. Mais il a déjà un nom à donner à l’enfant, un nom qui en dit long sur l’avenir de l’enfant. Donner un nom à l’enfant, c’est assumer sa paternité légale. Joseph représente, pour cet enfant-Dieu-avec-nous, la terre d’accueil qui lui donne un père, une mère, un nom, un pays, un métier. La vie que Marie porte en elle a déjà le nom d’Emmanuel. Marie le sait. Joseph le sait. En silence, ils attendent de voir le visage du Dieu-avec-nous. C’est dans cette attente que ce dimanche nous invite à entrer, à vivre intensément un temps de désir.

Pour nous y aider, cette prière de Hyacinthe Vulliez : Emmanuel, c’est ton nom, Dieu avec nous. Certains sont partis en guerre pour tuer leurs frères avec ce nom inscrit sur le ceinturon. Et combien ont massacré et massacrent encore en ton nom sans l’avoir inscrit sur le ceinturon ! Dieu, tu es avec nous pour nous tirer du mal et non pour servir d’alibi à nos justifications. Dieu, tu es avec nous pour nous faire franchir les obstacles qui barrent la route à la justice et à la fraternité. Dieu Emmanuel, tu es chaque jour avec nous. Avec nous d’une présence qui ne cesse de venir.

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