Homélie

Posté par rtireau le 22 décembre 2016

Fête de Noël – 24-25 décembre 2016 - Luc 2, 1-14

Je viens d’aller porter la Bible dans la crèche. J’ai mis La Parole dans la crèche. Normal puisque le Verbe (La Parole) s’est fait chair à Bethléem… Il y a donc quelqu’un dans la crèche. Ce n’est plus seulement un livre, la bible, ni l’Ecriture sainte, c’est la Parole de Dieu devenu quelqu’un. C’est le Fils de Dieu lui-même. La Parole de Dieu est devenue quelqu’un. “Le Verbe s’est fait chair…, dit St Jean, et il a demeuré parmi nous.” Voilà que la Parole de Dieu a pris visage humain… Voilà que Dieu a quitté son invisible. Et il est venu rallumer nos étoiles…

Noël, chacun le sait, est une période favorable pour apercevoir, et même ressentir, le lien entre humain et divin. Il y a dans l’air, dans le monde, dans les familles, une belle unanimité : on favorise les rencontres en direction des isolés, des malades et des personnes âgées. On multiplie les gestes de partage et les efforts de paix… tout ça avec le sentiment plus ou moins clair, tout ça avec la foi plus ou moins affirmée que c’est bien au nom de notre Dieu qu’on le fait. Et on est tellement heureux de rallumer ensemble toutes ces étoiles !

Une question me vient dès maintenant, c’est celle d’après Noël, celle du reste de l’année. Je ne veux pas casser l’ambiance, au contraire. Mais quelquefois tout se passe comme si on changeait de Dieu après noël. Très vite on retrouve le Dieu lointain ou même absent, le Dieu moralisateur et angoissant, le Dieu “roue de secours” ou bien encore le “Tout-Puissant-autoritaire”… Alors je veux insister : il ne faut pas casser l’ambiance. Le Dieu que nous fêtons à Noël, le Dieu devenu humain, c’est bien le bon ! La fête de Pâques l’a authentifié ! Il ne faut pas en changer après noël.

Le Dieu de Noël, c’est bien le bon : c’est celui qui s’est fait présent à travers un enfant. Il n’a pas envoyé un faire-part ou un coup de fil ou un SMS. Non, il est venu rencontrer les hommes, vivre avec eux… avec tous les risques que cela comporte. 

Le Dieu de Noël, c’est bien le bon : c’est celui qui est venu discrètement, à la manière d’un enfant. Il ne s’est pas imposé pas par la force… et on n’a jamais à l’imposer par la force comme on a pu le faire en certains siècles. Je me souviens une maman qui venait de découvrir ce message. Elle était soucieuse de la catéchèse de sa fille adolescente qui résistait. Elle me disait : “Je vois bien qu’il faut que j’arrête de parler de Dieu à ma fille…” Elle avait raison : On ne peut pas rallumer l’étoile de quelqu’un malgré lui, sans le respecter… Mais elle avait aussi raison quand elle ajouta : “Mais il ne faut pas que j’arrête de parler de ma fille à Dieu.” C’est en effet la prière qui peut, petit à petit, conduire au respect.

Le Dieu de Noël, c’est bien le bon : celui qui est toujours du côté du plus faible, celui qui resplendit aussi sur le visage de celui qui est abîmé par la vie. La J.O.C. avait compris ça lorsque son slogan disait : “Celui-là vaut mieux que tout l’or du monde.” Et le pape François plus récemment : « Tout être humain est enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui ! Il s’agit alors de voir dans le migrant et dans le réfugié, non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à respecter et à aimer… »

Ne changeons pas de Dieu après Noël. Que la prière nous aide à garder la conscience claire et la foi forte que l’infiniment grand est bien dans ce tout petit… Nous avons un dimanche par semaine pour nous aider à mettre un peu de dimanche dans chaque jour. Nous avons un Noël par an pour nous aider à mettre un peu de Noël chaque semaine de l’année… Et pour ne pas nous laisser encombrer par tout plein de sollicitations stériles.

Voulez-vous une petite histoire pour mieux vous souvenir : C’est un touriste américain qui rend visite au célèbre rabbin Hofetz Chaim. Il s’étonne de voir que le rabbin n’a pour tout logement qu’une simple pièce remplie de livres. Et pour seul mobilier, une table et un banc. “Où sont vos meubles ?” demande le touriste. – “Où sont les vôtres ?” répond le Rabbin. – “Les miens ? Mais je ne suis qu’un visiteur, ici. Je ne fais que passer,” dit l’Américain. – Et le rabbin de répondre : “Moi-aussi, sur cette terre, je ne fais que passer.”

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