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4°dimanche dans l’année A – 29 janvier 2017

Posté par rtireau le 25 janvier 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a. 
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. 
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : 
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. 
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. 
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. 
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. 
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. 
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. 
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. 
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. 
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. 
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 25 janvier 2017

Quatrième dimanche dans l’année A – 29 janvier 2017

Sophonie 2, 3 …3, 13 ; Psaume 145 ; 1 Corinthiens 1, 26-31 ; Matthieu 5, 1-12

Les Béatitudes, un discours étonnant, qui peut même scandaliser ceux qui n’ont pas compris que ce n’est pas un discours, mais le poids d’une vie, une sorte d’autobiographie de Jésus. Si l’on a compris ça, ce ne sont plus des paroles insupportables, mais des paroles merveilleuses parce qu’elles révèlent le trésor qui est en chacun, dont le nom est sainteté. Dans ce texte, Jésus ne décrit pas ce que les personnes vivent, il dit ce qu’elles sont à ses yeux. Il révèle la semence-sainteté présente en chacun, que souvent chacun ignore :

- Il nous dit qui nous sommes aux yeux de son Père.

- Il dévoile notre identité et notre vocation à l’intérieur même de notre misère.

- Il dévoile la présence du bonheur au cœur même de notre vie.

Chaque ligne des béatitudes est un peu comme une clé de bonheur.

Il faut bien avouer que ceux que Jésus qualifie de bienheureux sont souvent ceux que nous trouvons à première vue bien malheureux : celui qui pleure, le pauvre, le persécuté. Il faut donc chercher plus loin et découvrir comment Jésus nous regarde à partir de nos points de faiblesse, comment il nous saisit par nos fragilité pour nous dire : “Tu croyais que le bonheur n’était pas fait pour toi. Moi je te dis que tu peux être heureux. Car dans ta faiblesse, je veux mettre ma force ; dans tes larmes, je veux mettre un germe de bonheur éternel ; dans ton péché, je veux mettre mon pardon. C’est à partir de là que je te donne ta vocation d’artisan de paix et de prophète de réconciliation. Dans ta croix, je mets la mienne ; dans ton humanité, je dépose ma divinité. Ne dis pas que la sainteté n’est pas pour toi. Je l’ai moi-même mise en toi au jour de ta naissance, et je l’ai déclarée au jour de ton baptême pour te montrer quelle est ta vocation.”

L’Évangile ne dit donc pas que ce qui était noir serait soudain devenu blanc mais il offre à ceux qui sont dans le malheur une issue nouvelle heureuse. Nous ne sommes pas plus débauchés que Marie Madeleine, pas plus orgueilleux que Pierre, pas plus voleurs que Zachée. Or leur vie à eux a changé quand ils ont pris conscience que le Christ les regardait autrement. Leur médiocrité venait du regard qu’ils posaient sur eux-mêmes, leur sainteté a germé à partir du regard que le Christ a posé sur eux. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, disait St Paul aux Corinthiens, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort. » Et de toute évidence le petit peuple de Corinthe comprenait plutôt bien ce langage.

Les Béatitudes nous sont confiées à nous aussi dès aujourd’hui quelque soit notre misère, et quelque soit le regard honteux que nous posons peut-être sur notre vie. Dès aujourd’hui, pas pour la joie parfaite, mais pour la joie en germe. L’avenir est déjà commencé et le bonheur peut déjà fleurir le désert de chacun. Car il s’agit du Bonheur avec un “B”, non pas, disait le père Varillon, un bonheur au rabais fait de joies faciles, mais le Bonheur à la taille de la grandeur des fils de Dieu, le Bonheur d’aimer et non pas le bonheur d’être satisfait.

L’Évangile n’est pas seulement une morale. L’Evangile est une aventure : «Viens, suis-moi… Avance au large… Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde» (Matthieu 18, 20). Essaie-le donc dès maintenant, ce bonheur promis. « Tâche d’être heureux », dit la rose au petit prince bien connu de Saint-Exupéry. C’est une tâche et un effort que d’entrer dans ce bonheur de Dieu. Le plus souvent nous sommes riches de tas de choses, et Dieu lui-même ne peut pas remplir une coupe déjà pleine. Ce ne sont pas alors les biens qui nous manquent pour être heureux, mais c’est Dieu qui nous manque. La chance de nos pauvretés et de nos pleurs, c’est qu’elles nous vident et Dieu peut nous remplir de son bonheur et de sa paix.

Dans quelques instants nous allons entendre : «Heureux les invités au repas du Seigneur». C’est une Béatitude qui réalise pour nous ce qu’elle annonce : en communiant, nous devenons ce nous recevons, nous devenons ce que le Christ annonce de nous : nous devenons le corps du Christ.

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Evangile du 3° dimanche dans l’année A

Posté par rtireau le 18 janvier 2017

Appel

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4,12-23. 
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. 
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. 
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : 
‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! 
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’ 
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » 
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. 
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » 
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. 
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. 
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent. 
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. 

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Homélie

Posté par rtireau le 18 janvier 2017

Troisième dimanche dans l’année A – 22 janvier 2017

Isaïe 8, 23 – 9,1-3 ; Psaume 26 ; 1 Corinthiens 1, 10-13.17 ; Matthieu 4, 12-23

Jésus vient d’apprendre l’arrestation de Jean Baptiste. Mauvais temps pour les prédicateurs : ceux qui osent dire la vérité, on les fait taire. Ce serait le moment de ne pas faire de vagues, de rester tranquillement charpentier dans son village. Au contraire, c’est comme un signal pour Jésus et il décide de prendre la suite de son cousin qu’on emprisonne. Il quitte Nazareth-des-collines pour Capharnaüm-sur-Mer. Contrairement à Jean-Baptiste, il ne va pas au désert mais en pleine ville ; pas en Judée mais au cœur de la Galilée ; pas à la terre sainte du Temple mais à la terre des païens. C’est une vraie rupture : ce ne sont pas des prêtres ni des docteurs que Jésus appelle mais des pauvres.

Alors qu’il longe les rives du lac de Galilée, il voit des pêcheurs. Il voit ! Ah ! Ce regard de Jésus. Il semble transpercer les préjugés, les masques, les apparences, les faux-semblants. Ici, il remarque des pêcheurs sur leur lieu de travail, affairés autour de leurs filets. Jésus ne les appelle pas à la cantonade, il s’adresse nommément à tel ou tel. Il sait remarquer chaque personne comme unique. Il ne les choisit pas pour leur compétence religieuse. Ici ce sont de simples pêcheurs, des gens durs, âpres à la peine. Et ces pêcheurs deviendront prêcheurs parce que Jésus est un transfigurateur.

Capharnaüm est le carrefour des païens. Dans ce nœud de communications, Jésus va pouvoir porter son message à toutes sortes de gens. Prophète de la lumière, il vient pour éclairer le pays de l’ombre ; médecin des âmes, il va là où se trouvent les malades. Il vient se mettre au plus près de ceux qui sont le plus loin de Dieu. Son attitude nous renvoie évidemment à nous-mêmes. On est si souvent repliés sur nos milieux chrétiens. Comme si on était atteints du virus de la communion avant celui de la mission. Quelqu’un disait joliment un jour qu’on est très occupés dans l’Église à canaliser, à mettre des tuyaux et des robinets, alors que le Seigneur nous invite à faire couler des sources. La piscine peut être luxueuse, mais s’il n’y a pas d’eau !

Jésus reprend la prédication du Baptiste : “Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.” Mais il n’annonce plus d’abord pénitence mais Bonne Nouvelle. Changez vos cœurs, transformez vos manières d’agir. Laissez Dieu vous guider. La société ne s’améliorera que si chacun commence à changer lui-même. C’est au cœur de leur vie professionnelle que Jésus appelle les premiers apôtres : Pierre, André, Jacques et Jean. Et nous voyons déjà, en eux, la conversion commencer. Jésus a quitté sa tranquillité de Nazareth. Ces quatre marins pêcheurs aussi vont laisser barques, filets et père pour suivre ce Jésus avec sa Bonne Nouvelle surprenante.

Et voilà qu’il montre ce que c’est qu’évangéliser. Contemplons-le. Sa Bonne Nouvelle, c’est : le Royaume de Dieu est arrivé ! Il enseigne longuement, surtout en paraboles. Et il guérit, il se laisse émouvoir par les souffrances rencontrées sur son chemin. Il sait que le bâtisseur de l’avenir, c’est l’homme. Dans notre société, on aime les statistiques, on parle économie, on scrute les prix. Et souvent on oublie l’énergie première : celle de l’homme. “Cet être nu, écrit Gérard Bessière, ne s’est jamais arrêté. Aucune civilisation n’a satisfait et figé son désir. Il a toujours cherché plus loin. Ce n’est pas aujourd’hui, ni demain, qu’il renoncera. Le Royaume ignoré qui l’attire ne figure sur aucune carte. Il n’a ni frontières, ni armée… Rêve, direz-vous, fumée, mirages… Mais ceux qui s’efforcent de créer – ou de recréer – la bonté, la justice, la liberté sont des rêveurs efficaces. S’ils écoutent en eux le murmure obstiné de l’espérance, c’est pour changer le monde. Ces hommes et ces femmes refusent tous les fatalismes. Ils veulent que demain connaisse l’aube. Ainsi les brumes de novembre accompagnent les semailles, mais le grain enfoui sera moisson. L’arbre dépouillé par l’hiver prépare sa ramure. L’enfant, dès qu’il est là, transfigure la vie.”

Ces hommes et ces femmes qui refusent tous les fatalismes et qui veulent que demain soit meilleur, nous croyons que c’est le ressuscité qui les réveille et qui change complètement leur vie. Et quelquefois ça commence très tôt, ce réveil et cette audace : je pense à Bénédicte, 9 ans, qui venait d’entendre parler pour la première fois, au caté, de la résurrection de Jésus. Ses yeux brillaient de surprise et, à son retour, elle s’est plantée devant sa maman : “Maman, la dame nous a dit que Jésus est ressuscité après sa mort. Comment se fait-il que tu ne me l’avais jamais dit ?

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VOEUX 2017

Posté par rtireau le 16 janvier 2017

VOEUX2017

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Evangile du 2d dimanche dans l’année A

Posté par rtireau le 11 janvier 2017

Voici

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 29-34. 
En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; 
c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. 
Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » 
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. 
Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” 
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 11 janvier 2017

Deuxième dimanche dans l’année A – 15 janvier 2017

Isaïe 49, 3.5-6 ; Psaume 39 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

Du fond de leur exil à Babylone, les déportés d’Israël se demandent si Dieu ne les aurait pas oubliés. La voix d’Isaïe s’élève pour dire qu’il n’en est rien. Mais que Dieu a des grands moyens surprenants : un Serviteur disponible, qui sera le peuple d’Israël. Un serviteur, une sorte de berger chargé de ramener les rescapés d’Israël. Il sera lumière des nations jusqu’aux extrémités de la terre, non pas un roi puissant, mais un serviteur pour dire a chacun : “Tu as de la valeur aux yeux du Seigneur.” Sur une carte de vœux, un jour, ça pouvait s’écrire très brièvement : “Le roi dit : comptez-les tous. Dieu dit : tout le monde compte.” Les grand moyens de Dieu, un serviteur pour dire a chacun : “Tu de la valeur aux yeux du Seigneur.”  C’est à dire : tout le monde compte.

Dans l’Evangile de ce jour, Jean-Baptiste désigne Jésus : “Voici l’Agneau de Dieu”. Il est bon de savoir qu’en araméen le terme talya signifie en même temps Agneau et Serviteur.

L’Evangile de Jean a été écrit longtemps après Pâques, donc à la lumière de la résurrection de Jésus. On comprend que Jean-Baptiste paraisse naturellement et facilement contemplatif. En réalité, tout n’a sans doute pas été si clair pour lui du premier coup. Mais plusieurs dizaines d’années après l’événement, à la lumière de la résurrection, il nous est présenté comme quelqu’un qui voyait l’invisible.

Voir l’invisible… Dans la vie, il y a ceux qui se vantent d’être réalistes : “Moi, je ne crois que ce que je vois.” Et il y a ceux, comme Jean-Baptiste, qui voient parce qu’ils croient, ceux qui voient beaucoup plus que le visible parce qu’ils ont la foi.

Les grands moyens que Dieu prend pour redonner espérance au monde, c’est son peuple serviteur d’après Isaïe, c’est son fils serviteur d’après Jean-Baptiste, son fils qui prend le visage de l’homme. C’est Dieu qui s’envisage, non pas avec des grands moyens, mais en se mettant du côté des victimes et non des oppresseurs. Dieu non seulement du côté des victimes, mais Dieu qui respecte notre liberté jusqu’à l’extrême. Dieu qui prend sur lui même nos fautes pour nous en libérer. Nous qui sommes baptisés, plongés dans l’Esprit de Dieu, il est bon de nous demander de quel côté nous sommes : du côté des oppresseurs et de la violence, quelle qu’elle soit, même rien qu’en paroles, ou du côté des victimes ?

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jean-Baptiste, qui était jusque là le précurseur, est devenu témoin. Le témoin est d’abord quelqu’un qui voit, qui reconnaît. Or il a une phrase surprenante en parlant de son cousin : “Je ne le connaissais pas.” En même temps, on n’est pas trop surpris qu’il puisse dire : je ne le connaissais pas bien, ou pas comme ça, mais maintenant, je le connais.

Alors il peut être – c’est le second sens du mot – le témoin qui atteste : c’est bien lui.

Et enfin – troisième sens – il peut devenir le témoin qui s’efface, qui veille à ne pas être pris pour celui qu’il veut annoncer : ce n’est pas moi qu’il faut regarder, c’est lui.

Dieu prend visage, Dieu s’envisage dans notre monde. Le plus souvent, ce n’est pas de l’évidence pour nous. On pourrait dire que c’est en crypté, comme dans certaines chaînes de notre télévision. Mais nous sommes dans le temps après la résurrection. Et, de génération en génération, les chrétiens qui nous ont précédés ont été des témoins pour nous. Ils nous ont dit les signes de la présence du ressuscité, les signes dont ils ont été témoins. Et grâce à eux, par moments, le crypté a pu devenir clair.

Toutes ces générations ont été des témoins pour nous. Sans doute vous voyez où je veux en venir : c’est à nous maintenant de prendre le relais et d’être témoins, pour que chacun entende en clair : “Tu as de la valeur aux yeux du Seigneur.”  A nous d’être témoins pour que chacun puisse petit à petit porter le même regard contemplatif que Jean-Baptiste sur le monde.

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Evangile de l’Epiphanie – 8 janvier 2017

Posté par rtireau le 5 janvier 2017

epiphanie

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2,1-12. 
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem 
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » 
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. 
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. 
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : 
‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ » 
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; 
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » 
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. 
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. 
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. 
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. 

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Homélie

Posté par rtireau le 5 janvier 2017

Fête de l’Épiphanie – 8 janvier 2017

Isaïe 60, 1-6 ; Psaume 71 ; Ephésiens 3, 2-3a, 5-6 ; Matthieu 2, 1-12

Avant de lire l’Evangile : ATTENTION ! Le texte que je vais lire n’est pas un reportage, c’est un enseignement. Ce n’est pas un texte enfantin, c’est une catéchèse d’adultes, ce n’est pas une belle histoire pour enfants, c’est pour les grands.

Vous savez que Saint Matthieu a écrit son évangile 40 ou 50 ans après la mort de Jésus. Il a eu le temps de réfléchir sur l’aveuglement de certains au temps de Jésus. Et, 40 ans après, il y en a qui n’ont pas encore évolué. En écrivant cette page, c’est sûrement à eux qu’il pense.

Il est bon de se souvenir aussi que Matthieu écrit son évangile pour des communautés chrétiennes issues du monde juif. Des groupes qui hésitent à accueillir les Grecs et les Romains qui se convertissent en grand nombre à l’Évangile de Jésus. Leur entrée dans les communautés n’est pas du goût de tout le monde. Certains se demandent si des hommes et des femmes qui ne pratiquent pas la Loi de Moïse peuvent devenir chrétiens. C’est pour répondre à cette question que Matthieu fait ce récit de la visite des mages.

Après la lecture de l’Evangile : On aurait pu s’attendre à voir arriver près de Jésus les prêtres, les lévites, les docteurs de la Loi, tous ces hommes de la religion. Et Matthieu nous dit que ce sont des hommes qui viennent de très loin, des païens, des étrangers, qui se risquent à chercher Dieu jusqu’à Bethléem pendant que ceux qui savent tout des Écritures restent à Jérusalem. C’est qu’il ne suffit pas de savoir, il faut bouger, comme les Mages.

Le message que Matthieu veut faire passer est message d’universalité. Il donne la réponse à la question : « Faut-il accueillir les païens dans les communautés chrétiennes ? » Oui ! Même que ce sont eux qui ont le mieux compris la nouveauté apportée par Jésus. En offrant l’or, ils le disent Roi, en offrant l’encens, ils le disent Dieu, en lui présentant la myrrhe (qui servait à embaumer les morts), ils annoncent déjà la mort de Jésus.

Épiphanie veut dire Manifestation. Dieu veut se manifester à tous les hommes sans exception. Ce message, comme celui d’Isaïe dans la 1ère lecture, nous enseigne que toute personne de bonne volonté, qui cherche sincèrement le bien, la justice et la paix, peut se reconnaître en ces trois Mages. Même message dans la seconde lecture où Saint Paul annonce que “les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.”

Dieu appelle tous les hommes, les blancs, les jaunes, les noirs, les riches, les pauvres, les pécheurs et les saints. C’est la saison des VŒUX. Que nous soyons les messagers de cette Bonne Nouvelle : Dieu appelle et accueille tout le monde !

Lorsque les Mages arrivent à l’entrée de Jérusalem, l’étoile disparaît, ils posent alors une question capitale : “Où est le roi qui vient de naître ?”

- Où es-tu, Seigneur ? Les Mages t’ont trouvé sous les traits d’un enfant. Un VŒU : que nous te cherchions simplement parmi les plus faibles, chez ceux qui ont besoin d’amour.

- Où es-tu, Seigneur ? On se souvient qu’Élie t’avait trouvé non pas dans la tempête mais dans la brise. Un VŒU : Dieu se trouve dans le silence. Dans la prière qui est d’abord écoute.

- Où es-tu, Seigneur ? Les Mages t’ont trouvé à Bethléem qui signifie la maison du pain. Et là, ils t’ont trouvé réellement. Un VŒU : Que nous prenions le temps de te rencontrer réellement, nous aussi, dans le pain de la Parole et de l’Eucharistie.

Et puis il y a la dernière phrase du récit de Matthieu : après avoir rencontré Jésus, « les Mages regagnèrent leur pays par un autre chemin ». Un VŒU : Puissions-nous repartir en 2017 « par un autre chemin« . Tous ceux qui rencontrent le Christ sont voués à un autre chemin, arrachés à leur passé, à leur routine. Le chemin ouvert par Jésus est chaque jour nouveau.

Faut-il résumer le message d’aujourd’hui ? Saint Matthieu dirait à peu près ceci : “Etranger, d’où que tu viennes, Dieu est venu pour toi. Aucun obstacle ne peut venir de ta race, de ta culture, de ton origine religieuse, Dieu se propose à toi pourvu que tu le cherches.”

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