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Evangile du 3° dimanche dans l’année A

Posté par rtireau le 18 janvier 2017

Appel

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4,12-23. 
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. 
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. 
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : 
‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! 
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’ 
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » 
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. 
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » 
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. 
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. 
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent. 
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. 

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Homélie

Posté par rtireau le 18 janvier 2017

Troisième dimanche dans l’année A – 22 janvier 2017

Isaïe 8, 23 – 9,1-3 ; Psaume 26 ; 1 Corinthiens 1, 10-13.17 ; Matthieu 4, 12-23

Jésus vient d’apprendre l’arrestation de Jean Baptiste. Mauvais temps pour les prédicateurs : ceux qui osent dire la vérité, on les fait taire. Ce serait le moment de ne pas faire de vagues, de rester tranquillement charpentier dans son village. Au contraire, c’est comme un signal pour Jésus et il décide de prendre la suite de son cousin qu’on emprisonne. Il quitte Nazareth-des-collines pour Capharnaüm-sur-Mer. Contrairement à Jean-Baptiste, il ne va pas au désert mais en pleine ville ; pas en Judée mais au cœur de la Galilée ; pas à la terre sainte du Temple mais à la terre des païens. C’est une vraie rupture : ce ne sont pas des prêtres ni des docteurs que Jésus appelle mais des pauvres.

Alors qu’il longe les rives du lac de Galilée, il voit des pêcheurs. Il voit ! Ah ! Ce regard de Jésus. Il semble transpercer les préjugés, les masques, les apparences, les faux-semblants. Ici, il remarque des pêcheurs sur leur lieu de travail, affairés autour de leurs filets. Jésus ne les appelle pas à la cantonade, il s’adresse nommément à tel ou tel. Il sait remarquer chaque personne comme unique. Il ne les choisit pas pour leur compétence religieuse. Ici ce sont de simples pêcheurs, des gens durs, âpres à la peine. Et ces pêcheurs deviendront prêcheurs parce que Jésus est un transfigurateur.

Capharnaüm est le carrefour des païens. Dans ce nœud de communications, Jésus va pouvoir porter son message à toutes sortes de gens. Prophète de la lumière, il vient pour éclairer le pays de l’ombre ; médecin des âmes, il va là où se trouvent les malades. Il vient se mettre au plus près de ceux qui sont le plus loin de Dieu. Son attitude nous renvoie évidemment à nous-mêmes. On est si souvent repliés sur nos milieux chrétiens. Comme si on était atteints du virus de la communion avant celui de la mission. Quelqu’un disait joliment un jour qu’on est très occupés dans l’Église à canaliser, à mettre des tuyaux et des robinets, alors que le Seigneur nous invite à faire couler des sources. La piscine peut être luxueuse, mais s’il n’y a pas d’eau !

Jésus reprend la prédication du Baptiste : “Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.” Mais il n’annonce plus d’abord pénitence mais Bonne Nouvelle. Changez vos cœurs, transformez vos manières d’agir. Laissez Dieu vous guider. La société ne s’améliorera que si chacun commence à changer lui-même. C’est au cœur de leur vie professionnelle que Jésus appelle les premiers apôtres : Pierre, André, Jacques et Jean. Et nous voyons déjà, en eux, la conversion commencer. Jésus a quitté sa tranquillité de Nazareth. Ces quatre marins pêcheurs aussi vont laisser barques, filets et père pour suivre ce Jésus avec sa Bonne Nouvelle surprenante.

Et voilà qu’il montre ce que c’est qu’évangéliser. Contemplons-le. Sa Bonne Nouvelle, c’est : le Royaume de Dieu est arrivé ! Il enseigne longuement, surtout en paraboles. Et il guérit, il se laisse émouvoir par les souffrances rencontrées sur son chemin. Il sait que le bâtisseur de l’avenir, c’est l’homme. Dans notre société, on aime les statistiques, on parle économie, on scrute les prix. Et souvent on oublie l’énergie première : celle de l’homme. “Cet être nu, écrit Gérard Bessière, ne s’est jamais arrêté. Aucune civilisation n’a satisfait et figé son désir. Il a toujours cherché plus loin. Ce n’est pas aujourd’hui, ni demain, qu’il renoncera. Le Royaume ignoré qui l’attire ne figure sur aucune carte. Il n’a ni frontières, ni armée… Rêve, direz-vous, fumée, mirages… Mais ceux qui s’efforcent de créer – ou de recréer – la bonté, la justice, la liberté sont des rêveurs efficaces. S’ils écoutent en eux le murmure obstiné de l’espérance, c’est pour changer le monde. Ces hommes et ces femmes refusent tous les fatalismes. Ils veulent que demain connaisse l’aube. Ainsi les brumes de novembre accompagnent les semailles, mais le grain enfoui sera moisson. L’arbre dépouillé par l’hiver prépare sa ramure. L’enfant, dès qu’il est là, transfigure la vie.”

Ces hommes et ces femmes qui refusent tous les fatalismes et qui veulent que demain soit meilleur, nous croyons que c’est le ressuscité qui les réveille et qui change complètement leur vie. Et quelquefois ça commence très tôt, ce réveil et cette audace : je pense à Bénédicte, 9 ans, qui venait d’entendre parler pour la première fois, au caté, de la résurrection de Jésus. Ses yeux brillaient de surprise et, à son retour, elle s’est plantée devant sa maman : “Maman, la dame nous a dit que Jésus est ressuscité après sa mort. Comment se fait-il que tu ne me l’avais jamais dit ?

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