Homélie

Posté par rtireau le 25 janvier 2017

Quatrième dimanche dans l’année A – 29 janvier 2017

Sophonie 2, 3 …3, 13 ; Psaume 145 ; 1 Corinthiens 1, 26-31 ; Matthieu 5, 1-12

Les Béatitudes, un discours étonnant, qui peut même scandaliser ceux qui n’ont pas compris que ce n’est pas un discours, mais le poids d’une vie, une sorte d’autobiographie de Jésus. Si l’on a compris ça, ce ne sont plus des paroles insupportables, mais des paroles merveilleuses parce qu’elles révèlent le trésor qui est en chacun, dont le nom est sainteté. Dans ce texte, Jésus ne décrit pas ce que les personnes vivent, il dit ce qu’elles sont à ses yeux. Il révèle la semence-sainteté présente en chacun, que souvent chacun ignore :

- Il nous dit qui nous sommes aux yeux de son Père.

- Il dévoile notre identité et notre vocation à l’intérieur même de notre misère.

- Il dévoile la présence du bonheur au cœur même de notre vie.

Chaque ligne des béatitudes est un peu comme une clé de bonheur.

Il faut bien avouer que ceux que Jésus qualifie de bienheureux sont souvent ceux que nous trouvons à première vue bien malheureux : celui qui pleure, le pauvre, le persécuté. Il faut donc chercher plus loin et découvrir comment Jésus nous regarde à partir de nos points de faiblesse, comment il nous saisit par nos fragilité pour nous dire : “Tu croyais que le bonheur n’était pas fait pour toi. Moi je te dis que tu peux être heureux. Car dans ta faiblesse, je veux mettre ma force ; dans tes larmes, je veux mettre un germe de bonheur éternel ; dans ton péché, je veux mettre mon pardon. C’est à partir de là que je te donne ta vocation d’artisan de paix et de prophète de réconciliation. Dans ta croix, je mets la mienne ; dans ton humanité, je dépose ma divinité. Ne dis pas que la sainteté n’est pas pour toi. Je l’ai moi-même mise en toi au jour de ta naissance, et je l’ai déclarée au jour de ton baptême pour te montrer quelle est ta vocation.”

L’Évangile ne dit donc pas que ce qui était noir serait soudain devenu blanc mais il offre à ceux qui sont dans le malheur une issue nouvelle heureuse. Nous ne sommes pas plus débauchés que Marie Madeleine, pas plus orgueilleux que Pierre, pas plus voleurs que Zachée. Or leur vie à eux a changé quand ils ont pris conscience que le Christ les regardait autrement. Leur médiocrité venait du regard qu’ils posaient sur eux-mêmes, leur sainteté a germé à partir du regard que le Christ a posé sur eux. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, disait St Paul aux Corinthiens, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort. » Et de toute évidence le petit peuple de Corinthe comprenait plutôt bien ce langage.

Les Béatitudes nous sont confiées à nous aussi dès aujourd’hui quelque soit notre misère, et quelque soit le regard honteux que nous posons peut-être sur notre vie. Dès aujourd’hui, pas pour la joie parfaite, mais pour la joie en germe. L’avenir est déjà commencé et le bonheur peut déjà fleurir le désert de chacun. Car il s’agit du Bonheur avec un “B”, non pas, disait le père Varillon, un bonheur au rabais fait de joies faciles, mais le Bonheur à la taille de la grandeur des fils de Dieu, le Bonheur d’aimer et non pas le bonheur d’être satisfait.

L’Évangile n’est pas seulement une morale. L’Evangile est une aventure : «Viens, suis-moi… Avance au large… Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde» (Matthieu 18, 20). Essaie-le donc dès maintenant, ce bonheur promis. « Tâche d’être heureux », dit la rose au petit prince bien connu de Saint-Exupéry. C’est une tâche et un effort que d’entrer dans ce bonheur de Dieu. Le plus souvent nous sommes riches de tas de choses, et Dieu lui-même ne peut pas remplir une coupe déjà pleine. Ce ne sont pas alors les biens qui nous manquent pour être heureux, mais c’est Dieu qui nous manque. La chance de nos pauvretés et de nos pleurs, c’est qu’elles nous vident et Dieu peut nous remplir de son bonheur et de sa paix.

Dans quelques instants nous allons entendre : «Heureux les invités au repas du Seigneur». C’est une Béatitude qui réalise pour nous ce qu’elle annonce : en communiant, nous devenons ce nous recevons, nous devenons ce que le Christ annonce de nous : nous devenons le corps du Christ.

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette