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Evangile pour le 8° dimanche de l’année A – 26 février 2017

Posté par rtireau le 22 février 2017

Argent

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6, 24-34. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. 
C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? 
Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? 
Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? 
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. 
Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. 
Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? 
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” 
Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. 
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. 
Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

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Homélie

Posté par rtireau le 22 février 2017

Huitième dimanche dans l’année A – 26 février 2017

Isaïe 49, 14-15 ; Psaume 61 ; 1 Corinthiens 4, 1-5 ; Matthieu 6, 24-34

“Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent”. Le verbe servir (serviteur) s’appliquait à l’époque aux esclaves, et l’Argent, avec son A majuscule, était le dieu-Argent que les textes appellent quelquefois par son nom Mammon. “Nul ne peut servir Dieu et Mammon (le dieu-Argent)”. Cette phrase était en fait un proverbe du moment, que Jésus répète à ses disciples pour en faire une ligne de conduite. Et Mammon était le nom araméen de la richesse élevée à la dignité d’un dieu. Les prophètes se dresseront toujours contre toute divinité empruntée au panthéon mésopotamien ou cananéen car Israël n’a qu’un seul Dieu. Impossible de mettre au même rang le Dieu d’Israël et Mammon. Impossible d’accueillir Dieu si l’argent tient la première place dans ta vie.

Jésus emploie aussi le mot maître (quelqu’un ou quelque chose qui nous domine) :“Nul ne peut servir deux maîtres”. Si tu t’attaches à l’argent, tu méprises Dieu, car alors l’argent devient ton dieu. Il te faut choisir. Que tu aies de l’argent, rien de plus normal. Mais évite d’être possédé par ton argent. Te faire du souci pour ta vie, ta nourriture, tes vêtements, oui bien sûr, mais pas tant (ce tant revient quatre fois !). Il ne faut pas que l’argent soit l’essentiel de tes préoccupations. En bref : l’argent te sert ou tu sers l’argent ?

On dit souvent : “L’argent est roi, l’argent est fou.” En réalité l’homme croit se faire roi par l’argent et c’est sa vie qui devient folle :

- une vie dés-axée, qui a perdu son axe.

- une vie in-sensée, qui a perdu son sens.

- une vie dés-ordonnée, sans ordre ni loi. Ou plutôt si, celle de la jungle où le fort dévore le faible.

- une vie dés-orientée, déboussolée, et qui tourne le dos à l’horizon d’où vient la lumière.

L’argent n’est pas plus démon qu’il n’est dieu. Ce sont les hommes qui le détournent de son rôle d’outil d’échange. Ce sont les hommes qui se déshumanisent pour de l’argent. Ce n’est pas l’argent, ce sont les hommes qui blessent et qui écrasent. 

Et puis il y a l’invitation à choisir la qualité de la vie, toujours d’actualité : “la vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que les vêtements ?” Être avant d’Avoir. Les deux jolies comparaisons des oiseaux du ciel qui “ne font ni semailles ni moissons” et des lys champs “ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.” ne sont pas éloge de la paresse. Jésus lui-même dénoncera le paresseux qui ne fait pas fructifier son talent (Mt 25, 26). Mais ces comparaisons s’attaquent à notre maladie du rendement qui empoisonne la vie.

J’entends d’ici le cri du cœur : “Ah si tout le monde mettait ça en pratique, la face du monde changerait.” Je préfère une autre formulation : non pas “Ah si  tout le monde !”, mais dès que quelques uns y croient et s’y mettent, ça change tout.” Car la pointe de ces comparaisons c’est de croire à la bonté du Père céleste qui nourrit les oiseaux et qui habille l’herbe des champs. Et s’il le fait pour les oiseaux et les fleurs, combien plus le fera-t-il pour nous qui valons davantage ? C’est bien à ce moment-là en effet que tombe, dans le texte, le mot qui caractérise notre inquiétude maladive : hommes de peu de foi !

“Cherchez d’abord le Royaume de Dieu.” C’est sans doute le sommet de la méditation : la seule chose en effet à ne pas manquer, c’est le Royaume, c’est à dire Dieu lui-même ou le prix de la vie. Il faut souvent hélas traverser un grave danger pour reprendre cette conscience du prix de la vie. “Cherchez le Royaume et sa justice”, une manière hébraïque de parler qu’on pourrait traduire : Vivez de telle sorte que Dieu juge bon de vous compter parmi les siens.

“Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.” J’aime bien le mot « surcroît, » parce que surcroissance veut dire que ça poussera dessus. Si on met le Royaume en premier, si on met Dieu en premier, le reste en sera nourri et grandira par surcroît, le reste poussera dessus. Le plus souvent, on fait notre travail et s’il reste du temps, il est pour Dieu. C’est l’inverse qu’il faut faire : on commence par Dieu pour donner le ton à sa vie. Tout comme au concert on donne le la avant de commencer… sinon !

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Evangile pour le 7° dimanche de l’année A – 19 février 2017

Posté par rtireau le 16 février 2017

Pardon

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-48. 
En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. 
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. 
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. 
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. 
À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » 
Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.’ 
Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, 
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. 
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 
Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 16 février 2017

Septième dimanche dans l’année A – 19 février 2017

Lévitique 19, 1-2.17-18 ; Psaume 102 ; 1 Corinthiens 3, 16-33 ; Matthieu 5, 38-48

“Il a été dit… Eh bien moi, je vous dis”. Quand on sait que ce Il désigne Dieu lui-même, on se dit : “Quelle audace !” de la part de Jésus. Ou bien il est inconscient de son blasphème (et les pharisiens en tireront prétexte pour le condamner : Mt 26, 65) – ou bien il est réellement… Dieu.

Il a été dit : “œil pour œil, et dent pour dent.” Dans l’antiquité chacun se faisait lui-même justice, et la tentation était grande en matière d’offense de rendre plus qu’on avait reçu. La loi du talion avait réglé et limité ces représailles : on pouvait enfoncer un œil pour un œil, mais pas les deux ! Jésus, lui, demande de “ne pas riposter”, de ne pas se venger du tout : “Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.” Sans doute il ne faut pas prendre tout ça au pied de la lettre : Saint Jean (18, 23) raconte que Jésus lui-même ne tendra pas l’autre joue à celui qui le giflera la nuit de sa passion. Pour autant il invite à réagir contre l’esprit de vengeance qui mène à l’escalade. Et même si les mots de Jésus paraissent un peu forcés, on se souvient qu’un certain Vendredi des soldats se partageront ses vêtements et tireront sa tunique au sort, après l’avoir cloué sur une croix.

Il a été dit : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même, tu haïras ton ennemi.” Le prochain était le frère de race ou l’étranger établi dans le pays (Lévitique 19, 34) ; l’ennemi était de la nation adverse qui adorait les faux dieux. On est donc à la racine des guerres saintes menées au nom de Dieu ! Moi, je vous dis : “Aimez vos ennemis.” Ordre tout à fait inouï pour l’auditeur ! Sauf s’il est réellement le fils de celui qui fait lever son soleil sur les bons et les méchants. Gabriel Ringlet dans son livre “l’Evangile d’un libre penseur” (p. 120) commente un peu cet ordre inouï de Jésus : « Jésus n’a pas dit : Si vous aimez le méchant, il deviendra bon ; il a dit : “Aimez vos ennemis.” Jésus ne rend pas coupable celui qui n’aime pas. Il révèle le bonheur d’aimer, le malheur de ne pas aimer et rappelle que personne n’existe sans quelqu’un d’autre. C’est là le fond de le révolution évangélique : être reçu pour soi-même, entrer en fraternité et faire comprendre aux hommes qu’ils sont liés entre eux par quelque chose de bien plus profond que l’espèce.  

“Priez pour ceux qui vous persécutent.” Les chrétiens sont déjà durement malmenés par les juifs, et ils le seront bientôt par les romains. Saint Matthieu veut que ces chrétiens imitent Jésus qui a prié en croix : “Père, pardonne-leur.” C’est à Dieu Père que renvoie Jésus. Ne rabaissez pas votre idéal à celui des païens qui aiment ceux qui les aiment. Conduisez-vous selon une autre mesure qui est l’amour sans limite : “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.” En sachant bien que le parfait est celui qui se laisse par-faire par Dieu en accueillant en lui sa justice et son amour.

Jésus ne veut pas qu’on se laisse contaminer par la violence du violent en devenant soi-même violent, ni par l’injustice en devenant soi-même injuste. De même à propos de l’ennemi. Il faut se garder de se laisser infecter par la haine qu’il nourrit à notre égard. On a tendance à penser que la violence permet de se soulager. Alors, quand on est agressé, on agresse, quand on est insulté, on insulte. Eh bien ! Jésus, nous dit de faire le contraire. Comment a-t-il transformé Zachée, qui était un voleur, ou le bon Larron, qui était probablement un criminel, ou Marie Madeleine, qui était une prostituée ? Comment a-t-il réussi à bouleverser ces cœurs malades et agressifs ? Eh bien, c’est en en les aimant le premier. En d’autres termes, Il n’a pas attendu que l’homme soit parfait pour l’aimer, mais il l’a aimé pour qu’il devienne parfait, et aujourd’hui il nous commande de faire de même. Il faut, comme le dira Saint Paul, “vaincre le mal par le bien”. Aimer comme Dieu aime est un idéal jamais entièrement atteint. Mais avec cet esprit de non-violence naît un monde nouveau, le monde de l’amour où Dieu est présent.

“Je ne pourrais pas vivre si je n’avais pas pardonné,” disait cette jeune femme libanaise dont une partie de la famille avait été sauvagement assassinée. C’est Patrick Jacquemont qui a raconté son témoignage. Elle ne peut pas oublier ce massacre, mais elle veut vivre. Peu à peu elle découvre que la haine ne fait qu’entretenir le désespoir pour elle. Une certaine rencontre de l’Evangile va l’arracher à cette haine. Pardonner sera, pour elle, dire qu’elle veut vivre et que la vie est plus forte que la mort. Car le pardon guérit celui qui pardonne et sauve celui qui est pardonné. 

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Evangile pour le 6° dimanche de l’année A – 12 février 2017

Posté par rtireau le 9 février 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,17-37. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. 
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. 
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. 
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. 
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. 
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, 
laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. 
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. 
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »
Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère.’ 
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. 
Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. 
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. 
Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. 
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.’ 
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, 
ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. 
Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. 
Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »

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Homélie

Posté par rtireau le 9 février 2017

Sixième dimanche dans l’année A – 12 février 2017

Siracide 15, 15-20 3 ; Psaume 118 ; 1 Corinthiens 2, 6-10 ; Matthieu 5, 17-37

Il y a huit jours, Jésus nous invitait à être sel de la terre et lumière du monde. On dirait qu’il y a comme un changement de ton aujourd’hui ? Le bonheur passerait-il subitement par l’obéissance à la Loi ? La religion ne serait qu’une morale ? Non ! En réalité, c’est bien le même discours qui continue. Jésus n’est pas un surveillant rigide. Plein de douceur, il dit calmement toutes ces exigences comme un appel. “Il savait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme”, dira de lui saint Jean. Oui, Jésus connaît nos pauvretés humaines, et il sait aussi tout ce qui nous est possible. Il voit ce que nous sommes, mais il croit aussi que nous pouvons devenir des ressuscités avec lui.

Car c’est un chemin de résurrection qu’il nous offre. Un chemin pour notre être tout entier. A la manière des conteurs de son temps, Jésus donne trois exemples qui concernent les mains, les yeux et la bouche, c’est à dire les gestes, le regard et la parole, autrement dit l’homme tout entier qui agit, qui désire et qui communique :

Il fait appel à la douceur des gestes dans les relations humaines où les tensions ne manquent pas, ni les rancœurs.

Il fait appel à la droiture du regard pour que nos yeux ne soient pas troublés par la convoitise ou la jalousie.

Il fait appel à la sincérité des paroles : “Va d’abord te réconcilier… Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le… Que ton oui soit oui…”

Comme dit Gérard Bessière : “Jésus aiguillonne et fouille jusqu’aux racines des conduites humaines. Car l’homme est plus profond que ses apparences et son comportement. C’est dans la profondeur obscure de sa vie intime que tout prend naissance et se joue.”

On est saisis par l’autorité de la parole de Jésus, tellement différente du radotage des scribes et autres récitants de formules. C’est une parole créatrice : que la bonté soit, que l’amour soit beau, que le langage soit vrai. C’est une parole qui conduit l’homme au cœur de lui-même. Oui, “si tu le veux, tu peux observer les commandements,” comme disait Ben Sirac le Sage dans la 1ère lecture. Il dépend de ton choix de rester fidèle. La vie et la mort te sont proposées, à toi de choisir. Si tu veux, tu peux ! On peut trouver que c’est facile à dire. Mais comprenons bien qu’ici il ne s’agit pas seulement d’une affaire de volonté, mais plutôt d’un choix profond, d’un choix spirituel. Et on connaît sûrement tous quelques personnes qui auraient beaucoup de raisons de désespérer et qui, contre toute attente, rayonnent d’espérance.  Et on se dit : “Où vont-elles chercher cette espérance ? Où vont-elles chercher ça ?” Elles sont le signe vivant de cette phrase de Ben Sirac : Si tu veux, tu peux.Sans doute elles ont en elles la force folle de celles et de ceux qui se savent aimés ?

L’Evangile d’aujourd’hui donne la clé de ce choix de vie. Il s’inscrit bien dans la suite des paraboles du sel et de la lumière. A plusieurs reprises, Jésus s’y engage personnellement : “On vous a dit …” (c’était Dieu ou la loi) – “Eh bien ! moi je vous dis …” (c’est lui qui parle) : “Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux.” Comme si Jésus invitait à passer d’un régime de lois à un régime de type béatitudes.

L’actualité confirme chaque jour que nous avons bien besoin de lois pour protéger l’homme et pour que la vie soit possible. Mais précisément nos lois sont faites pour protéger, en quelque sorte pour empêcher de mourir. C’est tout à fait indispensable. Mais faire vivre, chacun sait combien c’est tout autre chose que d’empêcher de mourir. C’est ça sans doute le régime de type béatitudes.

Et l’évangile nous montre Jésus en train d’entrer en résistance, au péril de sa vie. Il entame sa protestation contre la loi et la religion. Les deux ne faisaient qu’un à l’époque. Il marque bien son combat : il ne veut pas supprimer la loi, il n’est pas anarchiste ni soixante-huitard. Non il ne réclame qu’une chose, celle qui compte : que désormais la loi ce soit l’homme. Michel Clévenot avait traduit cela un jour à sa manière en disant : “Croyant à la résurrection, je crois donc au devoir d’insurrection.” 

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Evangile du 5° dimanche dans l’année A

Posté par rtireau le 2 février 2017

Vous êtes la lumière

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,13-16. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 2 février 2017

Cinquième dimanche dans l’année A – 5 février 2017

Isaïe 58, 7-10 ; Psaume 111 ; 1 Corinthiens 2, 1-5 ; Matthieu 5, 13-16

“Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde.” D’abord il est bon d’entendre ce texte dans le contexte d’une époque sans congélateur ni frigo. C’était le sel qui permettait de conserver des aliments. Et pour fertiliser les terres, faute d’engrais, c’était du sel. La lumière n’était pas non plus celle de nos lampes halogènes. C’était des torches, des flambeaux, des lampes à huile.

Un gars qui se prend pour une lumière ! Celui qui veut qu’on le regarde. Il a tout faux. Un jour avec des enfants, on avait allumé une veilleuse : “La lumière, est-ce que c’est fait pour qu’on la regarde ?” Ils répondent : “Oui.” Et c’est vrai qu’une petite veilleuse, c’est joli à regarder. Mais j’avais préparé un spot halogène. Alors ils ont compris que la lumière n’est pas faite pour être regardée, mais pour éclairer autour d’elle. Le gars qui se prend pour une lumière : oui, s’il sait que sa mission est d’éclairer autour, d’attirer l’attention sur l’autre et non sur lui. Dire du bien de l’autre ? Avez-vous essayé ? Même quand tout le monde en dit du mal ? J’ai toujours été frappé par la dernière phrase du texte d’aujourd’hui : “Voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire (pas à vous) à votre Père qui est aux cieux.”

Mettre en valeur, révéler, c’est aussi le rôle du sel. Il n’est pas fait pour être mangé à la cuiller ! Non ! Il doit disparaître pour donner goût, pour mettre en relief l’originalité de chaque aliment. Les chrétiens ont besoin de se rassembler, comme nous aujourd’hui. Sinon, ils sont croyants et pas encore chrétiens. Mais nous ne sommes pas faits pour rester là entre nous. Il nous faut repartir. Notre mission est au cœur du monde pour participer à donner du goût à la vie de chacun, à la vie du monde. Les chrétiens qui resteraient entre eux seraient insupportables, imbuvables. Déjà celui qui ramène son grain de sel ! Mais si c’est le paquet. Non, le sel est fait pour être discrètement au cœur de l’aliment. Le chrétien est fait pour être comme du levain au cœur du monde pour changer tout, pour donner joie.

Lorsque Jésus invite ses disciples à être “le sel de la terre”, dit Gabriel Ringlet, il ne leur propose pas de devenir l’élite de l’humanité, mais l’engrais du monde. Quand Jésus dit à la jeune communauté chrétienne : “Vous êtes la lumière du monde”, il lui dit qu’elle sera le reflet lumineux du cœur même de Dieu dans la mesure de sa foi, de son espérance et de sa compassion. Nos actes disent Dieu quand ils font triompher l’amour sur les forces de l’égoïsme et la lumière sur les ténèbres du mal. Si nous vivons en pratiquant ce que nous demande Isaïe – “Partage ton pain,… ne te dérobe pas à ton semblable.” – alors notre lumière jaillira, et nous serons le sel de la terre. C‘est Paul Claudel qui disait : « L’Evangile c’est du sel, et vous en avez fait du sucre! »

Vous êtes le sel de la terre. On pourrait dire : Vous êtes l’humour de la terre. Karl Barth a écrit que “tout chrétien est un homme content”. Pourquoi cette joie inébranlable ? Parce que nous allons vers le pays de Dieu, quelles que soient les péripéties du chemin. Et il ajoute : « Même si la route est dure et cruelle, même si la souffrance ne permet plus de rire ou de sourire, il lui reste à se souvenir de ce qui sera et la petite fille Espérance se remet à gambader ».

En effet nous savons qu’aucune situation ne nous enferme à jamais, parce que nous avons à l’esprit et au cœur le Royaume attendu. Ça peut paraître naïveté. Mais ce n’est pas. Saint Paul disait que le monde traverse les douleurs de l’enfantement et chaque jour la plainte des hommes se fait entendre. Mais chaque jour aussi, le courage, la bonté, la dignité transfigurent des visages. Car l’homme est plus grand que l’homme. Ses aspirations vont au delà du présent. Il est habité par l’horizon. La disproportion entre le présent et l’avenir espéré fait sans cesse renaître en lui un indéracinable humour. Sel de la terre, humour de Dieu. Heureux êtes-vous si de jour en jour et de fenêtre en fenêtre vous allumez cette petite bougie qui a déjà fait fondre tant de barbelés.

J’aime bien la définition de la foi selon un des mes amis théologien : “La foi, une raison de plus d’être en joie. Être chrétien n’est pas nécessaire, ça n’apporte rien de plus, mais ça donne une raison de plus de se réjouir d’être. L’Église pourrait être comme un sourire qui aide des jeunes à se réjouir d’être, à s’apprécier d’être humain et de pouvoir encore le devenir.”

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