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Evangile pour le 7° dimanche de l’année A – 19 février 2017

Posté par rtireau le 16 février 2017

Pardon

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-48. 
En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. 
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. 
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. 
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. 
À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » 
Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.’ 
Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, 
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. 
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 
Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 16 février 2017

Septième dimanche dans l’année A – 19 février 2017

Lévitique 19, 1-2.17-18 ; Psaume 102 ; 1 Corinthiens 3, 16-33 ; Matthieu 5, 38-48

“Il a été dit… Eh bien moi, je vous dis”. Quand on sait que ce Il désigne Dieu lui-même, on se dit : “Quelle audace !” de la part de Jésus. Ou bien il est inconscient de son blasphème (et les pharisiens en tireront prétexte pour le condamner : Mt 26, 65) – ou bien il est réellement… Dieu.

Il a été dit : “œil pour œil, et dent pour dent.” Dans l’antiquité chacun se faisait lui-même justice, et la tentation était grande en matière d’offense de rendre plus qu’on avait reçu. La loi du talion avait réglé et limité ces représailles : on pouvait enfoncer un œil pour un œil, mais pas les deux ! Jésus, lui, demande de “ne pas riposter”, de ne pas se venger du tout : “Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.” Sans doute il ne faut pas prendre tout ça au pied de la lettre : Saint Jean (18, 23) raconte que Jésus lui-même ne tendra pas l’autre joue à celui qui le giflera la nuit de sa passion. Pour autant il invite à réagir contre l’esprit de vengeance qui mène à l’escalade. Et même si les mots de Jésus paraissent un peu forcés, on se souvient qu’un certain Vendredi des soldats se partageront ses vêtements et tireront sa tunique au sort, après l’avoir cloué sur une croix.

Il a été dit : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même, tu haïras ton ennemi.” Le prochain était le frère de race ou l’étranger établi dans le pays (Lévitique 19, 34) ; l’ennemi était de la nation adverse qui adorait les faux dieux. On est donc à la racine des guerres saintes menées au nom de Dieu ! Moi, je vous dis : “Aimez vos ennemis.” Ordre tout à fait inouï pour l’auditeur ! Sauf s’il est réellement le fils de celui qui fait lever son soleil sur les bons et les méchants. Gabriel Ringlet dans son livre “l’Evangile d’un libre penseur” (p. 120) commente un peu cet ordre inouï de Jésus : « Jésus n’a pas dit : Si vous aimez le méchant, il deviendra bon ; il a dit : “Aimez vos ennemis.” Jésus ne rend pas coupable celui qui n’aime pas. Il révèle le bonheur d’aimer, le malheur de ne pas aimer et rappelle que personne n’existe sans quelqu’un d’autre. C’est là le fond de le révolution évangélique : être reçu pour soi-même, entrer en fraternité et faire comprendre aux hommes qu’ils sont liés entre eux par quelque chose de bien plus profond que l’espèce.  

“Priez pour ceux qui vous persécutent.” Les chrétiens sont déjà durement malmenés par les juifs, et ils le seront bientôt par les romains. Saint Matthieu veut que ces chrétiens imitent Jésus qui a prié en croix : “Père, pardonne-leur.” C’est à Dieu Père que renvoie Jésus. Ne rabaissez pas votre idéal à celui des païens qui aiment ceux qui les aiment. Conduisez-vous selon une autre mesure qui est l’amour sans limite : “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.” En sachant bien que le parfait est celui qui se laisse par-faire par Dieu en accueillant en lui sa justice et son amour.

Jésus ne veut pas qu’on se laisse contaminer par la violence du violent en devenant soi-même violent, ni par l’injustice en devenant soi-même injuste. De même à propos de l’ennemi. Il faut se garder de se laisser infecter par la haine qu’il nourrit à notre égard. On a tendance à penser que la violence permet de se soulager. Alors, quand on est agressé, on agresse, quand on est insulté, on insulte. Eh bien ! Jésus, nous dit de faire le contraire. Comment a-t-il transformé Zachée, qui était un voleur, ou le bon Larron, qui était probablement un criminel, ou Marie Madeleine, qui était une prostituée ? Comment a-t-il réussi à bouleverser ces cœurs malades et agressifs ? Eh bien, c’est en en les aimant le premier. En d’autres termes, Il n’a pas attendu que l’homme soit parfait pour l’aimer, mais il l’a aimé pour qu’il devienne parfait, et aujourd’hui il nous commande de faire de même. Il faut, comme le dira Saint Paul, “vaincre le mal par le bien”. Aimer comme Dieu aime est un idéal jamais entièrement atteint. Mais avec cet esprit de non-violence naît un monde nouveau, le monde de l’amour où Dieu est présent.

“Je ne pourrais pas vivre si je n’avais pas pardonné,” disait cette jeune femme libanaise dont une partie de la famille avait été sauvagement assassinée. C’est Patrick Jacquemont qui a raconté son témoignage. Elle ne peut pas oublier ce massacre, mais elle veut vivre. Peu à peu elle découvre que la haine ne fait qu’entretenir le désespoir pour elle. Une certaine rencontre de l’Evangile va l’arracher à cette haine. Pardonner sera, pour elle, dire qu’elle veut vivre et que la vie est plus forte que la mort. Car le pardon guérit celui qui pardonne et sauve celui qui est pardonné. 

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