Evangile pour le 3° dimanche de Pâques – 30 avril 2017

Posté par rtireau le 28 avril 2017

Emmaüs.th

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 13-35

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,     et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur.Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

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Homélie

Posté par rtireau le 28 avril 2017

Troisième dimanche de Pâques – A – 30 avril 2017

Actes 2, 14.22b-33 ; Psaume 15 ; 1 Pierre 1, 17-21 ; Luc 24, 13-35

“Il leur expliqua dans toute l’Écriture ce qui le concernait.” Jésus les invita à relire dans la bible ce qu’ils avaient vécu avec lui. M’apercevoir que l’évangile et ma vie pourraient bien être une même histoire d’amour. Et ça fait tilt, comme dans une relation forte quand on reconnaît le meilleur de soi en l’autre et le meilleur de l’autre en soi. Alors c’est la fameuse phrase : Notre cœur n’était-il pas brûlant tandis qu’il nous parlait sur la route ?” En fait, c’est là que commence la foi chrétienne, quand on sort de la simple croyance en un Dieu lointain et qu’on reconnaît Dieu amour dans sa vie et le ressuscité dans son quotidien.

Avez-vous remarqué les moments où le cœur est brûlant ? C’est quand plusieurs sont rassemblés. Dans les débuts du christianisme, on a pu lire : “Le chrétiens ne se distinguent ni par le langage, ni par les vêtements. Leur genre de vie n’a rien de singulier. Mais ils ne peuvent vivre sans se rassembler. Ne déchirez pas l’Eglise en ne vous rassemblant pas.” Le cœur est brûlant quand on se rassemble. Car le Christ est là au milieu de nous, comme il l’avait dit : “Là ou 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.”

Les disciples d’Emmaüs sont déçus. Mais ils marchent et ils parlent. Donc il ne sont pas anéantis. Alors le ressuscité est là, et ça brûle dans les cœurs. Ils veulent donc le garder avec eux. C’est humain : on veut fêter ça, on va arroser ça. Il entre chez eux. Et c’est un partage qui remet en marche. La présence et les paroles, ça peut aider, mais c’est le partage qui fait resurgir le goût de vivre. Partager un pain, ça ne peut pas laisser tranquille. Il y a tellement d’endroits où le pain a besoin d’être partagé. Les disciples donnent à manger à leur invité, et Dieu qu’ils n’ont pas reconnu dans la méditation, ils le découvrent dans la fraction du pain. Ils ne furent pas éclairés totalement en écoutant la Parole, ils le sont en l’accomplissant. Ailleurs Jésus a dit que ce geste le rejoint quand on le fait vers tout être en détresse : “J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger.” Quand nous partageons, c’est à lui que nous donnons. A jamais, Jésus habite le don.

Pour les disciples le pain partagé s’est fait Parole. C’est à ce geste qu’ils l’ont reconnu. Et lui a disparu. Au moment où ils sont tentés de le garder, il disparaît. Chaque fois, il envoie vers d’autres frères : c’est ça le temps de l’Église. Les disciples l’ont compris. Ils ne se sont pas lancés dans une entreprise de reliques et de pèlerinages. Certains regrettent sûrement qu’on ait perdu la chaise et la table de ce soir-là. En fait on ne sait plus trop où est Emmaüs : il y a au moins 4 lieux du même nom qui peuvent correspondre et les manuscrits font varier entre “60 et 160 stades” la distance avec Jérusalem. Imprécision salutaire : Emmaüs, c’est partout où un homme marche avec Jésus sans le savoir, partout où se vit la rencontre avec lui. On ne sait plus trop où est Emmaüs, mais on se souvient que la nouvelle de la résurrection est arrivée bien vivante à Jérusalem.

Jean-Paul II a écrit en 2004 : « Il est significatif que les disciples d’Emmaüs, bien préparés par les paroles du Seigneur, l’aient reconnu au moment du geste simple de la “fraction du pain”. Lorsque les esprits sont éclairés et que les cœurs sont ardents, les signes “parlent”. Après avoir reconnu le Seigneur, les disciples d’Emmaüs “se levèrent à l’instant même” pour communiquer ce qu’ils avaient vu et entendu. Lorsqu’on a fait une véritable expérience du Ressuscité, on ne peut garder pour soi seul la joie éprouvée. »

Et un poète inconnu : “Sur la route d’Emmaüs, ils étaient deux. Les voici trois. Jésus est avec eux qu’ils ne savent pas. Dieu, ton rendez-vous sera-t-il donc toujours en chemin ? Tu n’es pas un Dieu de tout repos, un dieu de trône et de maître-autel. Tu n’es donc toujours qu’un Dieu vagabond, un Dieu d’Exode et sans domicile fixe. Et il suffira que ces deux-là, sur la route d’Emmaüs, veuillent t’installer, même provisoirement, pour que tu t’effaces de leurs yeux. Sur la route, ils étaient deux. Ils se parlaient. Ils partageaient les mots de leur tristesse, le choc de cette mort en croix qui ressemblait trop à un assassinat. Ils étaient deux sur la route, à se parler, les voici trois. Jésus est avec eux, qu’ils ne reconnaissent pas. Dieu, c’est donc quand nous commençons d’oser nous parler, lorsque nous prenons le risque de l’échange, que tu es là au milieu de nous ? Dieu, c’est donc lorsque nous acceptons d’être deux que nous devenons trois.”

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Evangile pour les obsèques de Denise – 26 avril 2017

Posté par rtireau le 27 avril 2017

Denise

 

EVANGILE : Jean 15, 9-15

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples :

09 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

11 Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

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Homélie pour les obsèques de Denise

Posté par rtireau le 27 avril 2017

Jean 15, 9-17

“Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. – Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.” Un tout petit mot : comme… et deux fois.

“Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.”  Chacun sait que le mot important de la phrase, c’est Aimer. Bien sûr. Mais moi j’aime bien dire que le mot encore plus important est ce petit mot « comme. »

Tout simplement parce qu’il nous empêche de mettre le mot aimer à toutes les sauces.

“Aimez-vous comme je vous ai aimés,” dit Jésus. On sait tous comment Jésus a aimé. L’évangile le raconte.

Toute une société en était remuée : il renversait les barrières entre les pécheurs et ceux qui se croyaient justes, entre les humbles et ceux qui se croyaient savants, entre les infirmes et ceux qui se croyaient bien-portants, entre les pauvres et les riches, entre les exclus et les notables. C’était une véritable révolution d’amour et tellement concrète. Même qu’on se demandait : “Mais d’où lui vient cette énergie ?”  Et sa réponse, c’est le second comme : “Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.” On est alors très proches des secrets que l’on pressent parfois en des instants privilégiés de l’existence, de ces instants de vertige tellement il est émouvant de sentir dans la fragilité de nos existences, à certains moments, une énergie qui surgirait du cœur même de Dieu.

Eh bien ! De toute évidence l’événement qui nous rassemble est un de ces instants privilégiés de notre existence… Nous nous souvenons comme (comment) Denise a aimé. Et il y a beaucoup d’émotion quand on fait mémoire du meilleur de cette belle vie… Avec les enfants, au caté, on a une théologie simple. On dit : Et si c’était Monsieur Saint Esprit qui nous donne cette émotion quand on fait mémoire de plein d’amour partagé.

Je l’ai partagée avec vous lundi, cette émotion, en préparant cette célébration. J’ai entendu les mots « partage, amour, accueil, écoute. » J’ai entendu l’expression : « Il fallait vraiment un cœur grand comme ça… pour pouvoir être présente à chacun de ses enfants et petits enfants. » Et la phrase la plus forte sans doute (le moment où Mr Saint-Esprit m’a ému le plus) : « une porte toujours ouverte, même à des moments très difficiles… et je sentais bien que ça faisait référence (mémoire) de moments très précis.

Quelquefois des personnes prétendent rejoindre Dieu directement, en regardant vers le ciel, sans passer par ce détour humain de l’amour partagé. Sans doute on peut s’imaginer rejoindre Dieu, mais est-ce bien le Dieu de Jésus ? Le philosophe Emmanuel Lévinas a écrit : “La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain. Une relation avec le Transcendant (verticale) est une relation sociale (horizontale).

 Il faut œuvre de justice (horizontale)… pour que se produise la trouée qui mène à Dieu (verticale).”  

J’en entends qui pensent : c’est compliqué. Oui sans doute. Eh pourtant c’est bien ce que nous fêtons tous avec émotion à noël à cause de notre Dieu (vertical) devenu un homme (horizontal) en la personne de Jésus…

Mais vous avez raison, c’est difficile à exprimer, on manque de mots… Mais en fait, ce n’est pas compliqué (le mot ne va pas), c’est mystérieux.

Non non ! Je ne plaisante pas. Compliqué, faut être savant ! Mystérieux, il suffit d’avoir un cœur d’enfant… Heureusement, nous les humains, on sait dire les choses autrement qu’avec des mots compliqués… On sait dire le mystère également avec des gestes…

FLEURS : le bouquet de la fête de toute la vie de Denise.

Le bouquet vient de nous dire ce qu’on ne sait pas dire avec des mots.

Gabriel Ringlet (prêtre de Belgique) y arrive aussi avec de la poésie. C’est un bien Joli moyen aussi (comme les fleurs) de dire le mystère du VISIBILE et de L’INVISIBLE :

Oui, nos mains vont disparaître … Mais nos poignées de main, nos signes de bonjour, nos gestes d’adieu, l’invisible chemin de nos caresses … nous n’allons pas les brûler.

Oui, nos pieds vont disparaître … Mais la foulée de nos promenades, l’élan de nos courses, le saut de nos jeux, le pas de nos danses et de nos rendez-vous, nous n’allons pas les noyer.

Oui, nos visages vont disparaître, et nos oreilles, et nos lèvres, et nos yeux … Mais nos sourires, nos écoutes, nos regards, nos baisers, nous n’allons pas les enterrer.

Nous avons préparé du pain et du vin : Ils seront pain et vin de la mémoire : mémoire de la vie de Denise, et mémoire du dernier repas de Jésus qui nous a dit de faire ça en mémoire de lui. Ils deviendront nourriture de vie éternelle pour ceux qui communieront dans quelques instants.

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Evangile du 2° dimanche de Pâques – 23 avril 2017

Posté par rtireau le 19 avril 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31. 
C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

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Homélie

Posté par rtireau le 19 avril 2017

Deuxième dimanche de Pâques – A – 23 avril 2017

Actes 2, 42-47 ; Psaume 117 ; 1 Pierre 1, 3-9 ; Jean 20, 19-31

“Moi, je suis comme Thomas, je ne crois qu’à ce que je vois”. La phrase est passée dans le langage courant. Ça veut dire que beaucoup se reconnaissent dans ce Thomas hésitant. Moi, j’aime bien tous ceux qui doutent avec sincérité. Car ils ne sont pas indifférents, ils mettent toute leur honnêteté, leur intelligence et parfois leur grande culture dans la réflexion, et ils ne voient pas le moyen de croire. Mais ils donneraient quelquefois des leçons à des croyants qui n’ont guère réfléchi. En réalité, Thomas est aussi un bel exemple de croyant. Car la foi n’est jamais aussi solide que lorsqu’elle a surmonté le doute. Il n’y a pas de foi chrétienne qui ne passe par l’hésitation. Avoir la foi, c’est avoir assez de lumière pour porter ses doutes. Thomas veut voir pour croire ! Voir pour croire ! Avez-vous réalisé qu’il est tout aussi vrai de dire : il faut croire pour voir. Car on peut, grâce à la foi, apercevoir ce qui est invisible au premier abord. Et c’est par ce chemin que la confiance peut devenir plus forte que les doutes.

“Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas !” Pourquoi une telle insistance ? Peut-être parce que Jean écrit son Évangile vers la fin du 1er siècle. Une époque où beaucoup sont déjà tentés de regarder vers un Christ désincarné en oubliant qu’il a vécu un quotidien bien concret, qu’on l’a arrêté, qu’on l’a jugé et exécuté. C’est peut-être pour ça que Jean a choisi un tel réalisme presque insoutenable, pour asséner que le Fils de Dieu a “pris chair” fragile, qu’il a été affronté aux ténèbres de la vie et qu’il continue de venir vers nous en nous montrant les plaies de ceux qui donnent leur vie pour que naisse et grandisse la véritable humanité.

Les premiers disciples ont cru en la Résurrection parce qu’ils ont rencontré vivant celui qui était mort. Nous sommes invités à la même expérience. Alors où trouver aujourd’hui les signes qui nous permettront d’être témoins de la résurrection ? Je vous propose trois chemins :

1 – Une absence qui est présence. Jésus n’est plus là. Le tombeau vide dit que le Ressuscité ne se laisse enfermer ni dans nos églises, ni dans nos textes, même les plus officiels. Il ne se laisse accaparer par personne. Il est absent, ça veut dire qu’il est présent autrement : depuis le matin de Pâques, il est en route, tellement plongé dans l’humanité qu’on peut le prendre pour un jardinier ou un inconnu. Présence discrète, mais efficace, cette présence qui, depuis 2000 ans, agit en tous ceux-là dont l’engagement a permis qu’on ne désespère pas de l’humanité ! Quelqu’un disait un jour : “Pas facile de croire à la résurrection avec tout ce qu’on voit de négatif dans le monde. - Mais c’est l’inverse, s’écria un autre, sans la résurrection comment expliquer l’ardeur des témoins ? Et que tel timide devienne audacieux, et que celui qui a toutes raisons de se plaindre affiche de la joie ?”

2 – La trace des plaies de Jésus. Les cicatrices de la passion sont restées visibles dans son corps transfiguré : étonnante “marque de re-connaissance.” Thomas a pu les toucher, et nous aussi puisqu’elles continuent d’exister : nous les apercevons dans le corps souffrant de l’humanité. Elles sont les signes que la Passion du Fils de l’Homme n’est toujours pas achevée.

3 – Les témoins envoyés. Chaque apparition du Christ se termine par un envoi : “Allez annoncer ! – De toutes les nations faites des disciples ! – Comme mon Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie !” C’est bien dans la résurrection du Christ que la mission prend sa source. L’envoi est le signe que rien n’est fini. Jésus est vivant. Ce sont ses disciples qui sont enterrés, verrouillés à double tour, paralysés par la peur. La Bonne Nouvelle du Dieu Père qui aime doit être annoncée. Cette mission naît du baptême. Louis Rétif disait : “Nous ne sommes pas baptisés pour être sauvés mais pour devenir des sauveurs.” Et Véronique Margron, en parlant elle-aussi du jour du baptême : “On entre dans l’église enfants de Dieu, on en sort prêtres, prophètes et rois.”

Si tout ça vous semble compliqué, je vous propose de vous laisser porter par la foi de la petite Lucile. Un adulte lui dit : “Je te donne un florin si tu me dis où Dieu habite”. Elle répond : “Moi je t’en donne deux si tu me dis où il n’habite pas.”

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Evangile pour la fête de Pâques – 15-16 avril 2017

Posté par rtireau le 13 avril 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,1-10. 
Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. 
Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. 
Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. 
Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. 
L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. 
Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. 
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. » 
Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. 
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. 
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 avril 2017

Veillée pascale dans l’année A – 16 avril 2017

Matthieu 28, 1-10

On a posé un jour la question à Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens : “Il paraît que de nombreux chrétiens ne croient pas à la Résurrection de Jésus. Comment est-ce possible ?” Au milieu de sa longue réponse, il y avait ceci : “Peut-on croire que le monde serait devenu chrétien avec cette rapidité simplement parce qu’un homme serait sorti du tombeau ? Mais des histoires comme celle-là, on en racontait tous les
jours, et des plus extraordinaires. Croire en Jésus, c’était accueillir un nouveau visage de Dieu, un Dieu qui n’était pas du côté des riches, des rois et des prêtres, un Dieu qui ne figeait pas les vies sous un jugement définitif, un Dieu qui n’appelait pas à la violence mais au pardon, un Dieu qui aimait comme un Père et invitait à nous
aimer les uns les autres.”

Mon ami théologien Jean-Yves Baziou a lui-aussi une très belle annonce de résurrection : “Ce qui permet de traverser la mort, ce qui reste d’une existence et qui est sa part d’éternité, c’est la générosité dont elle a été capable. Car ce que tu auras donné de toi, même la mort ne peut pas te le ravir puisque c’est déjà donné. C’est pour cela que l’amour ne passera jamais… Nous entrons en résurrection, nous faisons résurrection, quand nous donnons du goût de vivre par l’éclat de nos yeux, par l’attention à qui n’est jamais regardé, par la prononciation d’un mot aimable à qui est dans la solitude, quand nous savons voir dans un visage abîmé quelqu’un de bien.”

Gérard Naslin, prêtre de Nantes, a mis son message de résurrection en forme de poésie :

- On a mis à mort celui qui, d’un regard, redonnait la dignité aux blessés de la vie. Alors Marie Madeleine  le reconnaît lorsqu’il l’appelle par son nom. (Jean 20, 16)

- On a mis à mort celui qui avait parlé de l’amour comme d’un don. Alors Thomas le reconnaît à ses blessures, preuves du don de sa vie.

- On a mis à mort celui qui avait déclaré « bienheureux les artisans de paix ». Alors les disciples le reconnaissent à sa salutation : « la paix soit avec vous ! » ((Jean 20, 19)

- On a mis à mort celui qui avait partagé le pain. Alors deux de ses disciples le reconnaissent au geste de la fraction dans l’auberge d’Emmaüs. (Luc 24, 30-31)

La mort n’a pas eu le dernier mot. Désormais ce qui aura le dernier mot, c’est la Vie, l’Amour, la Paix, la Foi, telle est notre espérance. Autrement dit, on a fait taire Jésus, mais sa mort elle-même a été parole.

Ce sont trois annonces de la résurrection. Jean Corbineau en a raconté une toute simple lors d’une messe télévisée. Dans un village, un ancien et une jeune vacancière marchent dans la rue. En haut d’une côte, un vieux calvaire : une croix de bois et, dessus, le corps du crucifié. La jeune femme s’arrête. L’ancien croit qu’elle prie. Mais très vite la phrase lui arrive : “Qui est cet homme qui est accroché au bois ?” L’ancien comprend qu’il ne faut ni sourire ni s’étonner. Elle est d’une autre génération, voilà tout. Alors il lui dit ce qu’il sait des évangiles : “Cet homme s’appelle Jésus ; il a été arrêté alors qu’il était innocent ; on l’a forcé à porter le bois de sa croix et on l’a cloué dessus ; mais pour moi il est vivant, il est Dieu avec nous. Il a ouvert un chemin, et beaucoup le suivent.” L’ancien parlait calmement, comme dans une prière. La femme prononça un seul mot : “Merci” et poursuivit sa route. Elle venait de recevoir la première annonce chrétienne de résurrection.

 Très souvent, aux célébrations d’obsèques, je fais moi-aussi une annonce de résurrection en lisant la très belle poésie de Gabriel Ringlet :

“Oui, nos mains vont disparaître … Mais nos poignées de main, mais nos signes de bonjour, mais nos gestes d’adieu, mais l’invisible chemin de nos caresses … nous n’allons pas les brûler.

Oui, nos pieds vont disparaître … Mais la foulée de nos promenades, mais l’élan de nos courses, mais le saut de nos jeux, mais le pas de nos danses et de nos rendez-vous, nous n’allons pas les noyer.

Oui, nos visages vont disparaître, et nos oreilles, et nos lèvres, et nos yeux … Mais nos sourires, mais nos écoutes, mais nos regards, mais nos baisers, nous n’allons pas les enterrer.”

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Evangile de la fête du Jeudi Saint – 13 avril 2017

Posté par rtireau le 9 avril 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,1-15. 
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. 
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; 
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. 
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » 
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » 
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? 
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. 
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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Homélie

Posté par rtireau le 9 avril 2017

Le Jeudi saint – 13 avril 2017

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15 

Notre évêque, le Père D’Ornellas, a dit un jour : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” Savez-vous que c’est pour nous inviter à faire des progrès dans ce sens que nous mettons en valeur, à chaque eucharistie, l’apport du pain et du vin. On appelle ça la procession des offrandes. C’est pour inciter chacun à venir à l’église avec son pain et son vin, c’est à dire sa vie. “Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.” Quand il y a l’eucharistie à des obsèques, si vous saviez comme c’est un grand moment pour des proches du défunt d’apporter le pain et le vin sur l’autel : c’est toute la vie de celle ou de celui qu’ils ont aimé.

Rappelez-vous la phrase du célébrant pour l’offrande : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain (mouvement de Dieu vers l’homme), fruit de la terre et du travail des hommes ? Nous te le présentons (mouvement de l’homme vers Dieu). Il deviendra le pain de la vie éternelle (mouvement de Dieu vers l’homme). On a souvent focalisé la présence du Christ dans le pain consacré. Or le Christ est présent beaucoup plus largement. Il nous l’a annoncé lui-même en nous quittant (Nous le rappelons à la fête de l’Ascension) : “Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps” (Mt 28, 20)

 Pour en revenir à la célébration de l’Eucharistie, les enfants qui se préparent à communier ont réfléchi à la présence du Christ à chacun des 4 moments de la messe. On en a parlé aussi avec leurs parents : on a appelé ça le parcours du Pain et du vin. Un parcours en quatre moments :

1er moment : Dès qu’on se rassemble le Christ est présent dans l’assemblée des fidèles réunis en son nom : “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.” (Mt 18, 20) Et grâce à tous ceux qui ont apporté le pain de leur vie, le parcours du pain est déjà commencé. Il se trouve, ce pain, sur une table au milieu de notre assemblée.

2ème moment : On écoute la Parole. Le Christ se fait présent par sa Parole : “le Verbe s’est fait chair.”Le Verbe, c’est le Christ, Parole de Dieu. “Personne n’a jamais vu Dieu, dit Saint Jean, le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé.” (Jean 1, 18). “Tout le portrait de son Père”, disait avec humour le Père Jean-Noël Besançon. C’est à la fin de ce temps qu’on apporte les offrandes sur l’autel. Voilà que le pain de nos vies arrive sur l’autel.

 3ème moment : Le Christ est présent à travers celui qui a été ordonné prêtre, et dans le pain et le vin consacrés et partagés en mémoire du dernier repas de Jésus. Le pain est arrivé sur l’autel. Et là, il est pris dans la grande prière eucharistique qui fait mémoire du dernier repas de Jésus. Ce jour où Jésus prit du pain (Jeudi Saint, aujourd’hui) et prononça le Récit de l’institution eucharistique, ce que nous redisons à chaque messe en mémoire de lui, comme il nous y a invités : “Faites ceci en mémoire de moi”. Et le pain devient la présence du Christ sur l’autel à travers le sacrement de l’Eucharistie. C’est alors qu’il nous est redonné en communion : il fait mouvement vers nous. Alors nous devenons la présence du Christ. “Nous sommes le Corps du Christ”, comme dit le cantique que nous aimons bien.

4ème moment : Nous sommes envoyés révéler cette présence dans nos quartiers. Oh le Christ ne nous a pas attendus pour y être présent comme il nous l’a promis : “Moi, je suis avec vous tous les jours…” (Mt 28, 20). Il y est déjà présent, mais c’est à nous de prendre au sérieux cette présence pour aider à la rendre visible. Saint Matthieu le dit dans son chapitre 25 que tout chrétien connaît bien: “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.”

J’ai envie de conclure par ce petit mot de Timothy Radcliffe : “Dans l’Eglise primitive, il y avait un lien profond entre le soin des pauvres et l’admission à l’eucharistie. Quand des gens demandaient le baptême, on leur posait des questions comme : “Ont-ils visité les malades ? Ont-ils fait toute espèce de bonnes œuvres ?“ Ça veut dire que le soin du pauvre n’est pas seulement un beau geste que je fais en tant que chrétien, mais que cette générosité fait partie de ma foi chrétienne.

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