Homélie

Posté par rtireau le 9 avril 2017

Le Jeudi saint – 13 avril 2017

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15 

Notre évêque, le Père D’Ornellas, a dit un jour : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” Savez-vous que c’est pour nous inviter à faire des progrès dans ce sens que nous mettons en valeur, à chaque eucharistie, l’apport du pain et du vin. On appelle ça la procession des offrandes. C’est pour inciter chacun à venir à l’église avec son pain et son vin, c’est à dire sa vie. “Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.” Quand il y a l’eucharistie à des obsèques, si vous saviez comme c’est un grand moment pour des proches du défunt d’apporter le pain et le vin sur l’autel : c’est toute la vie de celle ou de celui qu’ils ont aimé.

Rappelez-vous la phrase du célébrant pour l’offrande : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain (mouvement de Dieu vers l’homme), fruit de la terre et du travail des hommes ? Nous te le présentons (mouvement de l’homme vers Dieu). Il deviendra le pain de la vie éternelle (mouvement de Dieu vers l’homme). On a souvent focalisé la présence du Christ dans le pain consacré. Or le Christ est présent beaucoup plus largement. Il nous l’a annoncé lui-même en nous quittant (Nous le rappelons à la fête de l’Ascension) : “Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps” (Mt 28, 20)

 Pour en revenir à la célébration de l’Eucharistie, les enfants qui se préparent à communier ont réfléchi à la présence du Christ à chacun des 4 moments de la messe. On en a parlé aussi avec leurs parents : on a appelé ça le parcours du Pain et du vin. Un parcours en quatre moments :

1er moment : Dès qu’on se rassemble le Christ est présent dans l’assemblée des fidèles réunis en son nom : “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.” (Mt 18, 20) Et grâce à tous ceux qui ont apporté le pain de leur vie, le parcours du pain est déjà commencé. Il se trouve, ce pain, sur une table au milieu de notre assemblée.

2ème moment : On écoute la Parole. Le Christ se fait présent par sa Parole : “le Verbe s’est fait chair.”Le Verbe, c’est le Christ, Parole de Dieu. “Personne n’a jamais vu Dieu, dit Saint Jean, le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé.” (Jean 1, 18). “Tout le portrait de son Père”, disait avec humour le Père Jean-Noël Besançon. C’est à la fin de ce temps qu’on apporte les offrandes sur l’autel. Voilà que le pain de nos vies arrive sur l’autel.

 3ème moment : Le Christ est présent à travers celui qui a été ordonné prêtre, et dans le pain et le vin consacrés et partagés en mémoire du dernier repas de Jésus. Le pain est arrivé sur l’autel. Et là, il est pris dans la grande prière eucharistique qui fait mémoire du dernier repas de Jésus. Ce jour où Jésus prit du pain (Jeudi Saint, aujourd’hui) et prononça le Récit de l’institution eucharistique, ce que nous redisons à chaque messe en mémoire de lui, comme il nous y a invités : “Faites ceci en mémoire de moi”. Et le pain devient la présence du Christ sur l’autel à travers le sacrement de l’Eucharistie. C’est alors qu’il nous est redonné en communion : il fait mouvement vers nous. Alors nous devenons la présence du Christ. “Nous sommes le Corps du Christ”, comme dit le cantique que nous aimons bien.

4ème moment : Nous sommes envoyés révéler cette présence dans nos quartiers. Oh le Christ ne nous a pas attendus pour y être présent comme il nous l’a promis : “Moi, je suis avec vous tous les jours…” (Mt 28, 20). Il y est déjà présent, mais c’est à nous de prendre au sérieux cette présence pour aider à la rendre visible. Saint Matthieu le dit dans son chapitre 25 que tout chrétien connaît bien: “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.”

J’ai envie de conclure par ce petit mot de Timothy Radcliffe : “Dans l’Eglise primitive, il y avait un lien profond entre le soin des pauvres et l’admission à l’eucharistie. Quand des gens demandaient le baptême, on leur posait des questions comme : “Ont-ils visité les malades ? Ont-ils fait toute espèce de bonnes œuvres ?“ Ça veut dire que le soin du pauvre n’est pas seulement un beau geste que je fais en tant que chrétien, mais que cette générosité fait partie de ma foi chrétienne.

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette