Homélie

Posté par rtireau le 17 mai 2017

Sixième dimanche de Pâques – A – 21 mai 2017

Actes 8, 5-8.14-17 ; Psaume 65 ; 1 Pierre 3, 15-18 ; Jean 14, 15-21

“Je prierai le Père… ;  je suis en mon Père… ; celui qui m’aime sera aimé de mon Père…” Jésus parle de son Père. En réalité, c’est pour ça qu’il est venu, pour révéler la véritable identité de celui que personne n’a jamais vu, ce Dieu que tous les hommes ont recherché en lui donnant les noms les plus divers, celui-là même dont les prophètes ont témoigné, et que Jésus a l’audace d’appeler familièrement Papa. Jésus prête sa voix et ses mains à son Père pour que sa Parole puisse retentir à nos oreilles d’hommes et pour que sa tendresse puisse nous être signifiée. Quand Jésus parle, c’est Dieu qui parle. Quand Jésus guérit et pardonne, c’est Dieu qui guérit et pardonne.

Et, quand il s’apprête à quitter le monde, il parle de l’Esprit, c’est à dire de l’Amour qui unit le Père au Fils, et le Fils au Père : “Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. ” J’imagine que beaucoup d’entre vous ont en tête que le mystère de la Trinité est chose bien compliquée. Or vous venez de réaliser que Jésus, le Fils, nous parle sans cesse de son Père, et qu’il ne nous quitte pas sans assurer qu’il restera présent par son Esprit qui “demeure en nous”. Tout simple, non ? Oh ! Le mystère demeure entier, mais c’est à la manière du mystère de l’Amour dont chacun peut déjà faire l’expérience.

C’est donc un passage de relais que Jésus fait à ses disciples : c’est à eux (à nous) de continuer d’annoncer que Dieu est Père. Et il promet l’Esprit qui sera sa présence jusqu’à la fin des temps. Il est frappant d’ailleurs de constater aujourd’hui que, même si les églises ne sont pas remplies, il ne manque pas de gens qui vivent de cet Esprit. Comme dit Gérard Bessière, “Ils conservent en eux, comme un ferment, la figure de Jésus et les appels de l’Évangile. Leur générosité n’est pas démobilisée. Beaucoup cherchent et trouvent des lieux et des groupes où ils apportent leur énergie pour tenter de changer le monde.” Et il ajoute : “Dommage que les structures et les appareils de l’Église provoquent chez beaucoup méfiance ou indifférence.” Comme ce jour – il y a longtemps – où une maman prévenait que son enfant ne viendrait plus au catéchisme : “Deux années, ça suffit bien. Son père et moi, nous pensons qu’il ne faut pas les ennuyer trop tôt avec tout ça !”

Bertrand Vergely, dans son livre Retour à l’émerveillement, a une méditation inattendue sur le péché, en lien avec le Père, le Fils et l’Esprit. Le péché, dit-il, signifie ratage en hébreu comme en grec. On pèche quand on rate la cible et on rate la cible quand l’un des éléments de la Trinité vient à manquer :

- Dieu seul n’est plus Dieu, mais une transcendance abstraite, désincarnée, le Dieu-Loi, Autorité, le Père terrible et inflexible.

- Le Fils seul donne l’humanité abstraite qui ne croit que dans la science et la politique. L’homme est intelligent et efficace. Mais sans rapport à l’éternité il n’apporte pas la réponse de fond aux questions humaines.

- Enfin, l’Esprit seul donne le devenir sans la dimension de transcendance. Bien des choses peuvent vivre et être créatrices, mais tout ne sauve pas.

Alors je vous propose une méditation trinitaire pour faire le point sur notre vie de baptisés.

J’ai été baptisé au nom du Père : Est-ce que Dieu est un Père pour moi, celui dont l’amour me façonne jour après jour ? Est-ce que je sais m’émerveiller de sa création, et y participer en contribuant à ce que la terre soit plus habitable et le monde plus juste ? Et si je prie Dieu en lui disant avec les autres notre Père, est-ce que je réalise que tout homme est un frère ?

J’ai été baptisé au nom du Père et du Fils : Est-ce que je suis familier du Fils ? Est-ce que je lis assez l’Évangile pour corriger les caricatures de Dieu que j’ai pu me fabriquer ?

J’ai été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit : Est-ce que je laisse l’Esprit agir en moi ? Il est l’Esprit de vérité. Est-ce que je sais l’entendre ? Est-ce que je prends le temps de relire ma vie en disant, comme autrefois le jeune Samuel : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !” L’Esprit m’invite à ne jamais désespérer, ni des autres, ni de Dieu, ni de moi-même.

C’est à nous de continuer d’annoncer que Dieu est Père. Il dépend de notre réponse à l’Esprit que des gens ne sentent plus orphelins.

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