Homélie

Posté par rtireau le 26 mai 2017

Septième  dimanche  de  Pâques – A28 mai 2017

Actes  1, 12-14 ; Psaume 26 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1-11

La première lecture, au livre des Actes des apôtres, nous montre l’Eglise, au tout début de son existence, après le départ de Jésus. Elle n’a pas encore vécu la venue de l’Esprit Saint. L’évangéliste Luc nous transporte au premier étage d’une maison de Jérusalem. L’Eglise est là, en germe, comme en attente. Avant de parler et de se disperser, elle vérifie son unité et se recueille dans la prière. Les onze apôtres sont rassemblés avec Pierre à leur tête. Ils ne sont pas  seuls : il  y a aussi des “frères” et quelques femmes. Et au milieu de ces trois groupes (apôtres, frères, femmes), se tient “Marie, la mère de Jésus”. On dirait qu’elle est penchée sur le berceau de l’Eglise, comme elle l’avait été sur celui de Jésus. Communauté silencieuse et priante qui attend son Seigneur : c’est l’Eglise du commencement qui se forge la force de supporter avec calme la souffrance rencontrée “comme chrétien”, selon le mot de saint Pierre dans la seconde lecture.

Dans l’Evangile (Jean 17), Jésus prie aussi. Il prie d’abord pour lui : “Père, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie.” L’heure est venue pour lui de demander sa propre gloire qui est… sa  croix. La gloire de Dieu, la toute-puissance,  rien à voir avec les honneurs et les fastes des grands de la terre ! Sa gloire, ce n’est pas le podium ou la réussite. Sa gloire, c’est la croix, c’est l’amour, c’est sa vie qu’il  veut donner à tous ! C’est l’heure où Jésus va être Amour total, c’est l’heure où Jésus va être pleinement Dieu. La gloire, c’est ce qui fait qu’une vie a du poids. Comme le disait saint Irénée dès le second siècle : “La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant !” Le contraire de bafoué ou méprisé.

Jésus prie ensuite pour les croyants : ses disciples et ceux qui croiront grâce à eux, c’est à dire nous. Que demande-t-il pour eux et pour nous ? “La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.” La vie éternelle, un don de Dieu, un cadeau gratuit à recevoir librement. Jésus est parti. C’est le  mystère de l’Ascension. Mais il a prié pour tous les hommes qui sont dans le monde et il leur a envoyé ses disciples, les chrétiens, pour qu’ils  soient la pincée de sel qui donne goût à la vie, pour qu’ils soient la poignée de levain qui  soulève les pesanteurs du monde, pour qu’ils soient les assoiffés de justice qui libèrent de toute injustice. Car vivre, c’est faire vivre, et donner plein de vie autour de soi.

Aujourd’hui c’est l’évangile de la prière de Jésus. Je vous propose deux expressions très différentes autour du mystère de la prière :

- la première est de Saint Augustin, très brève : “Tu étais en moi, dit Saint Augustin à Dieu, mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.”

- La seconde, plus longue, est de Timothy Radcliffe, ancien maître des dominicains dans son livre Je vous appelle amis : “Dès la naissance, les parents commencent immédiatement à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri de mots, baigné et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à leur enfant pour lui transmettre de l’information. Ils l’animent de leur parole. Il devient humain dans cet océan de langage. Petit à petit, il saura trouver une place dans l’amour que partagent ses parents. Sa vie grandit en humanité.

De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher de l’information. Nous y réfléchissons, nous la méditons, nous vivons avec elle… « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route. » (Deutéronome  6, 6…)

… Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans une immense salle d’hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les premiers mois, à l’hôpital, personne n’avait eu le temps de s’en occuper ou de lui parler. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la première fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains que nous sommes, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu.”

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette