Evangile du 13° dimanche dans l’année A – 2 juillet 2017

Posté par rtireau le 28 juin 2017

Croix

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,37-42. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; 
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. 
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. 
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. 
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. 
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

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Homélie

Posté par rtireau le 28 juin 2017

13° dimanche dans l’année A – 2 juillet 2017

2 Rois 4, 8-16 ; Psaume 88 ; Romains 6, 3-11 ; Matthieu 10, 37-42

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi… » Le Christ nous réclame de le préférer à ceux qui nous sont les plus chers. Cette demande paraît cruelle. Mais souvenons-nous : le Christ est lui-même présent au cœur de chacun, donc au cœur de ces personnes que nous aimons. La phrase de l’évangile nous demande donc de prendre le temps de le reconnaître au travers de ces visages aimés. Et alors on découvrira qu’on ne possède aucune personne, qu’on ne peut mettre la main sur aucune, même la plus aimée. Cette priorité de l’amour de Dieu interdit à chacun de faire de l’autre sa chose aimée, son dieu. Car l’amour de Dieu fait exister l’autre comme une personne unique et l’ouvre à un amour sans frontières. Dieu seul est Dieu… Personne d’autre ne peut être adoré.

 “Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi…” Voilà une autre phrase qui peut faire peur. Eh bien ! Savez-vous qu’à chaque baptême le premier signe est celui de la croix. Et je dis souvent en le faisant : « je te marque du signe de la croix, avec sa branche verticale qui t’invite à savoir lever les yeux vers le ciel, et sa branche horizontale qui t’invite à ne jamais oublier les copains… parce que notre Dieu du ciel est entré en Jésus dans le cercle de tes copains. » D’ailleurs la suite de l’Evangile confirme : « Qui vous accueille m’accueille », dit Jésus aux apôtres. « Et qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé », c’est à dire Dieu. « Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits,… il ne perdra pas sa récompense. » Un peu du visage de Dieu sur le visage du frère.

« Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. » Il s’agit donc de tout lâcher pour suivre Jésus. Ça paraît impossible. Et pourtant on a tous l’expérience de lâcher plein de choses importantes pour sauver l’essentiel. Ecoutez ce petit texte de Patrick Jacquemont qui met en scène deux personnes :

- Lui a durement gagné sa vie, travaillant très jeune, prêt à tous les boulots. Il a réussi, mais voilà qu’au souci de survivre fait place l’angoisse de perdre ce qu’il a gagné. Il voudrait tout garder.

- Elle a voulu conquérir l’autonomie dans une famille qui l’encadrait peut-être trop. En défendant ses droits, elle s’est fait une carapace qui l’abrite et qui l’isole à la fois.

L’un et l’autre seront-ils capables un jour d’ouvrir la porte à qui frappera ?

Voulez-vous une petite histoire pour comprendre ça ? Un sage racontait : « Il était un enfant qui voulait manger des noix. Or elles se trouvaient dans un pot au goulot étroit. Il dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.” L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot.  Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.” Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.”» Le sage ajoutait : « Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main. »

Quand des parents ou des amis se retrouvent sur le quai d’une gare, il faut bien lâcher valises et paquets pour s’embrasser. Et pour saluer convenablement quelqu’un en lui serrant la main, il faut que les deux mains soient vides…

Dans l’évangile d’aujourd’hui, et dans tout le chapitre 10 de Matthieu, Jésus m’invite donc à poser des choix fondateurs qui donneront à ma vie une réelle capacité à aimer comme lui-même nous a aimés. Choisir le Christ jusqu’à porter ma croix, ça peut être difficile à assumer.

Mais j’attire l’attention : si ça devient totalement impossible, il faut que je m’interroge. Peut-être que j’ai fait de ce choix une performance à accomplir, une occasion de montrer que je suis le meilleur. Non non ! Ce n’est pas ça. Vivre l’Évangile n’est pas une course d’obstacles ! Ce n’est même pas diplômant ! Ça n’apporte ni pouvoir, ni argent. Mais ça peut tout changer dans ma vie si je choisis le Christ. Vivre l’Évangile, c’est donner à ma vie d’être un des lieux de l’incarnation de Dieu au monde. C’est donner à ma vie d’être elle-même un don. Ma vie tire sa valeur et sa grandeur de ma capacité à la donner, et à la perdre, à la manière du Christ. Savez-vous que le prix d’un verre d’eau vient de qui le reçoit et non de qui le donne ?

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Evangile du 12° dimanche dans l’année A – 25 juin 2017

Posté par rtireau le 23 juin 2017

Moineau

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,26-33. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. 
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. 
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. 
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. 
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. 
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. 
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 juin 2017

12° dimanche dans l’année A – 25 juin 2017

Jérémie 20, 10-13 ; Psaume 68 ; Romains 5, 12-15 ; Matthieu 10, 26-33

“Ne craignez pas !”… Une phrase souvent répétée. Mais suffit-il de la redire pour qu’elle fasse de l’effet ? C’est vrai que rien n’est plus paralysant que la peur : élan, enthousiasme, tout est bloqué. Il y a plein d’exemples autour de santé, sécurité, emploi, survie de la planète, peur de la souffrance, de la mort, de la solitude, de l’échec, du qu’en dira-t-on… En fait, je crois bien que la peur empêche d’être soi-même.

Je me souviens d’un livre de Colette Nys-Mazure intitulé Célébration du quotidien, où elle écrivait : “Il se peut que nous ne soyons vraiment nous-mêmes que dans l’émerveillement, l’éloge, la reconnaissance. Là s’exprime le meilleur de notre être, ce qui chante, ce qui s’ouvre et qui va à la rencontre de celui qu’on ne peut nommer… Décaper l’être de la couche d’usage et d’usure afin de contempler ce qui se présente de beau aux yeux éteints, trop habitués.” Le livre en question appelait ça l’état de grâce.  

La peur empêche d’être soi-même. Les apôtres ont éprouvé cette peur au moment du départ de Jésus. Les voilà livrés à eux-mêmes devant l’hostilité des juifs qui les faisait se calfeutrer au Cénacle. C’est pour conjurer toutes ces peurs que, dans l’évangile que je viens de lire, Jésus leur dit et à nous aussi : « Ne craignez pas ! ». Lui-même a affronté des difficultés, des oppositions, mais il est resté libre. Il a affronté la mort librement. Il ne l’a pas subie malgré son angoisse. Il l’a apprivoisée, il l’a vaincue parce qu’il l’a vécue librement.

Jésus leur dit : « N’ayez pas peur ! ». Et on se souvient qu’il avait dit aussi : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous ; mais, si je pars, je vous l’enverrai.” (Jean 16, 7) Voilà comment il nous a promis un défenseur auprès du Père, l’Esprit Saint qui intercède pour nous.

C’est la même leçon que donnait Jérémie dans la 1ère lecture. Appelé à annoncer des mauvaises nouvelles, Jérémie est mal vu des autorités en place qui l’accusent de haute trahison et le jettent en prison. Et Jérémie se plaint amèrement dans un premier temps (c’est de là qu’est venu l’expression les jérémiades. Mais il se ressaisit et sa foi domine ses doutes et sa peur : « Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable.” Il n’est pas forcément en notre pouvoir d’éviter la peur, mais il y a un moyen de la surmonter : c’est la confiance en Dieu.

Ne craignez pas les hommes, nous répète Jésus. Aucune puissance humaine n’est capable de détruire ce qui fait votre valeur véritable, l’espérance de la vie éternelle, l’âme comme on dit. Car le persécuté est plus grand que son persécuteur. Le torturé est plus grand que son bourreau. L’assassiné est plus grand que son meurtrier. Être un paquet de muscle, ou d’argent, ou de feu plus gros que ceux de l’adversaire, ce n’est pas grand chose. Être une âme plus forte, voilà ce qui compte. « Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille… Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. » Ne pas craindre, non pas à cause d’un optimisme béat qui effacerait les difficultés de la vie, mais à cause d’une confiance en l’amour vigilant de notre Père capable de veiller sur le plus petit des oiseaux.

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l’âme. » Formule redoutable ! Mais que veut dire tuer l’âme ? Jésus a l’air d’affirmer que notre seule vraie peur serait de perdre la foi. Notre seule crainte serait de ne pas avoir le courage de vivre notre foi et de devenir des lâcheurs. Quand on pense aux campagnes télévisées pour sauver des espèces animales, on peut se demander ce que nous devrions faire pour que l’homme ne soit pas détruit de l’intérieur, perdant quelquefois tout sens pour sa vie. Ecoutez la petite fille de cette parabole qui nous redit ce message à sa manière : Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère. “Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau.” Elle me regarda et dit : “Ce n’est pas un fardeau, monsieur, c’est mon frère.” Je restais interdit. Le mot de l’enfant s’est gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : “Ce n’est pas un fardeau que tu portes, c’est ton frère.” 

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Evangile pour la fête du Corps et du Sang du Christ – 18 juin 2017

Posté par rtireau le 14 juin 2017

Pain vivant

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,51-58. 
En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » 
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. 
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. 
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. 
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. 
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

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Homélie

Posté par rtireau le 14 juin 2017

Fête du Corps et du Sang du Christ – A - 18 juin 2017

Deutéronome 8, 2-3. 14b-16a ; Psaume 147 ; 1 Corinthiens 10, 16-17 ; Jean 6, 51-58

“Manger la chair” de Jésus, “boire son sang” ! Le réalisme de Saint Jean pourrait nous faire passer pour des anthropophages. En réalité l’expression chair et sang, dans la mentalité hébraïque, désigne l’homme concret. Et il est probable que Jean ait voulu insister sur l’humanité de Jésus parce que, dès la fin du premier siècle, beaucoup le considéraient déjà comme un être céleste désincarné. D’autres passages de l’Ecriture parlent de l’eucharistie : “Quand vous mangez ce pain et buvez à cette coupeVoici mon corps, voici mon sang …” La clé pour comprendre ce langage sacramentel, c’est le mot symbolique. Non pas au sens minimum qu’on lui donne quelquefois : “Oh ! Il a fait une offrande seulement symbolique,” c’est à dire pas grand chose. Non le symbole, en langage sacramentel, a le sens fort et dit une réalité plus grande que ce qu’on voit, bien plus profonde que les apparences.

Je me rappelle comment, un jour, avec des enfants, le beau stylo de François nous avait aidés à comprendre le mot symbole : car ce n’était pas un stylo, c’était un cadeau ; ce n’était pas de l’utile, c’était du gratuit ; ce n’était pas du fonctionnel, c’était du relationnel. En bref, il y avait quelqu’un derrière. Par chance, ce stylo écrivait. Mais combien de ces objets sont seulement du relationnel : tel merveilleux coupe-papier qui ne coupe rien du tout, telle superbe lampe de chevet qui n’éclaire rien, tel instrument de musique dont personne ne pourrait sortir une seule note : mais c’est peut-être le stradivarius de l’arrière grand-Père !

Le stylo de François était le stylo de la mémoire. Il y avait quelqu’un derrière. L’Eucharistie est le pain de la mémoire : “Faites cela en mémoire de moi”. Mémoire d’une vie brisée, d’une vie donnée. Il y a quelqu’un derrière. Un jour, notre évêque a dit : “Ceux qui s’ennuient à la messe, c’est parce qu’ils n’y apportent rien de leur vie. Finalement, ils ne sont pas tellement présents.” Le pain offert à la messe symbolise ce que nous appelons notre pain quotidien. Il nous faut apporter quelque chose de notre vie à chaque messe, sinon, il n’y a personne derrière le pain. Pour que Dieu transforme le pain en sa propre vie il faut qu’il y ait du pain. “Nous te présentons ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, il deviendra le pain de la vie.” À la communion, Dieu nous redonne ce pain, habité de la présence réelle du Christ. Et nous repartons avec une énergie divine pour continuer de vivre avec la force de l’Esprit de Jésus.

La messe, c’est la rencontre de deux présences réelles : la présence réelle du Christ, qui ne fait aucun doute, et notre présence réelle, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes une présence réelle du Christ après la messe. Saint Jean Chrysostome (4ème siècle) a quelques mots très forts pour dire la mission que l’eucharistie nous donne : “Tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprise pas lorsqu’il est nu.” J’aime beaucoup cette phrase qui dit bien de quelle manière l’Eucharistie est sacrée.

Des personnes de notre paroisse ont souhaité vivre aujourd’hui le sacrement des malades. C’est un sacrement particulier. Il a en effet gardé de vieille date un surnom, alors qu’il a depuis longtemps un vrai nom. Et puis on aime bien lui donner un petit nom très chaleureux.

Le surnom, c’est l’extrême-onction. Il est encore dans la mémoire de beaucoup, alors qu’on ne l’emploie plus depuis des dizaines d’années. C’était le sacrement que l’on donnait à quelqu’un qui était à la dernière extrémité. Et cette appellation n’était pas très juste puisque le sacrement des mourants est le Viatique, c’est à dire la communion apportée à un malade proche de la mort.

Le vrai nom, c’est l’onction des malades, un nom bien précis qui dit à qui il s’adresse.

Et on aime lui donner un petit nom, celui qui se murmure à l’oreille de la personne aimée, c’est le sacrement de la tendresse de Dieu. On prend Dieu au mot quand il dit : « Quand bien même une mère oublierait son enfant, moi, je ne t’oublierai jamais !» (Isaïe 49, 15-16)

L’onction avec l’huile bénie par l’évêque pendant la semaine sainte, rappelle que c’est un geste d’Eglise. Le sacrement ne supprime pas la condition humaine qui est de s’user et de finir ! Mais il vient aider à vivre ce temps de la maladie et du grand âge. Dieu compte sur nous pour montrer ce qu’il peut faire dans une vie qui s’abandonne dans un acte de confiance, au moment où les forces humaines semblent l’abandonner. Permettons à Dieu d’être Dieu, c’est-à-dire Père.

 

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Evangile selon St Jean 20, 19-31

Posté par rtireau le 13 juin 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-31. 
C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

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Homélie pour la profession de foi – 11 juin 2017

Posté par rtireau le 13 juin 2017

Homélie du Père Patrick Cascaro (Spiritain)

Aujourd’hui, c’est jour de joie, jour de fête dans les communautés chrétiennes de Saint Clément et du Bienheureux Marcel Callo. Des jeunes vont proclamer leur foi.  L’aventure de la foi ! Des réunions à Saint Clément, une journée au Carmel de Montigné, temps de détente (soleil et pas de pluie), de jeu, mais aussi de réflexion, de prière avec des moments forts comme la découverte du carmel. Autre temps fort, ce moment pour faire la paix en vous, vivre la  paix avec Dieu et avec ceux avec qui nous sommes en relation, ce fut le temps du pardon. Et ce matin, vivre la joie d’être ensemble pour se retrouver avec vos parents pour dire merci à Dieu, en célébrant l’eucharistie…

L’aventure de la foi : Mathieu, Paul André, Hélène, Elouan, Matteo et Samira, vous allez affirmer votre foi devant nous. Cela ne signifie pas que tout soit évident pour vous. Même nous adultes, nous pouvons connaître des doutes ! N’avons-nous pas des questions ? Comme Thomas qui déclare : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… non je ne croirai pas ».

A celui qui me demanderait des preuves de l’existence de Dieu, je n’en aurais aucune à fournir. Je ne pourrais même pas l’obliger à croire. Mais est-ce cela croire ? Jean Pierre Manigne, un prêtre dominicain, écrivait à propos de Thomas : Thomas l’incrédule ? Non. Plutôt Thomas, père de la foi ! Comme il nous est facile de nous retrouver en lui. Quelle est la condition requise ? En avoir entendu parler. Avoir entendu dire que ce Jésus qu’on croyait mort, est vivant.  Thomas n’était pas avec les autres disciples lors de la première apparition de Jésus. Et bien ! Nous non plus, nous n’y étions pas. Mais les autres disciples lui disent : « Nous avons vu le Seigneur. » Et par le hasard de la vie, la même nouvelle nous parvient à nous aussi par le Livre, le Testament, ou par le témoignage de nos parents ou des amis.

Mathieu, Paul André, Hélène, Elouan, Matteo et Samira : Il y a des gens dans vos vies qui vous font rêver. Que ce soit des chanteurs comme le groupe Section d’assaut, maître Gims, le rappeur, Jennifer, le groupe Nirvana, les candidats à the voice… Apparemment lady Gaga n’a plus la côte chez vous… Les acteurs Bradpit, Jean Dujardin, Johny Dep ou encore les sportifs comme Lionel Messi, Raphaël Nadal, sans oublier ceux qui font rêver plus particulièrement  Elouan : Arnaud Démare et Arnaud Gérard, né à Dinan qui sont des cyclistes de hautes volées (Elouan fait parti d’une équipe de cyclistes pro.)

Je ne sais pas si Jésus vous fait rêver. Jésus c’est l’anti idole. Il n’est pas venu pour jouer à la vedette. Il ne risque pas de passer à la télé, c’est tout le contraire d’une Star. Pourtant Jésus n’est pas démodé, on en parle encore aujourd’hui. Mais la foi, je ne peux pas la transmettre à d’autres, comme un médecin injecte un vaccin, en faisant une piqûre à son patient. Je ne peux pas expliquer ma foi comme le prof de math vous explique un théorème.

Pour comprendre, il nous faut revenir à Thomas : Lui, il n’a encore rien vu. De Jésus, il ne sait que la mort, mais il ne se réfugie pas dans son ignorance ou sa tristesse. Ce qu’il va vivre,  Thomas, ce n’est pas une preuve, mais il va vivre une épreuve. La foi en Jésus Ressuscité est sans preuve. Justement parce qu’il s’agit de la vie et du vivant, pas d’un théorème. Mais il y a une épreuve de la foi à voir. Thomas lui aussi veut voir et puis toucher… Epreuve de la foi, Jésus ne le décourage pas, bien au contraire il lui dit : « Avance ton doigt, vois mes mains…» On ne nous dit pas si Thomas fera le geste.

La foi pour Thomas ne commence pas avec sa fameuse réplique : « Mon seigneur et mon Dieu ! » Ça c’est l’accomplissement de l’espérance. La foi, elle, commence humblement par la résolution, non pas d’en obtenir la preuve, mais dans faire l’épreuve. Or cette épreuve n’est pas hors de portée. Nous avons déjà des frères dans la foi pour nous dire que le Seigneur est vivant. Nous ne sommes plus tout seul ! Vivre l’épreuve de la foi, c’est alors se mettre en marche. Ce n’est pas seulement avec la tête que l’on croit, même s’il y a une part d’intelligence dans l’acte de croire. C’est avec tout son être que l’on croit : avec ses jambes, avec ses yeux, avec son cœur.

Regardez l’Apôtre Matthieu dans l’évangile. Il entend un appel : « Suis-moi ! ». « L’homme se leva et le suivit », précise l’évangéliste. C’est donc avec ses jambes qu’il exprime sa foi, sa confiance en Jésus. La foi commence avec les pieds et le chrétien n’est pas quelqu’un qui met les deux pieds dans le même sabot. Les premiers chrétiens, on les appelait les adeptes du chemin. Oui, c’était des gens en marche, comme l’avait été leur maître. Jésus a été sans cesse à la rencontre des hommes et à la rencontre de Dieu son Père qu’il prie dans la montagne ou dans un endroit désert.

Croire, c’est donc avancer, aller de l’avant. C’est aussi avec les yeux que le chrétien croit. Avez-vous remarqué les Pharisiens : leur regard est un regard de jugement et de condamnation : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? ». Ils ne savent regarder que les apparences. Jésus, lui, ne s’arrête pas aux apparences, il regarde le cœur. Eh bien, nous aussi, nous sommes invités à regarder comme le Christ. Comme les relations humaines changeraient si les hommes regardaient avec un a priori favorable ! Pour Jésus, les publicains et les pécheurs, ce sont d’abord des hommes aimés de Dieu, capables de se convertir, capables de guérir. L’Eglise, si elle veut être fidèle à son maître, ne peut faire de discrimination, ce serait en contradiction totale avec Jésus son fondateur. Croire, c’est regarder sans cesse avec un regard neuf. 

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Evangile de la fête de la Trinité – 11 juin 2017

Posté par rtireau le 7 juin 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-18. 
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

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Homélie

Posté par rtireau le 7 juin 2017

Fête de la Trinité – A – 11 juin 2017

Exode 34, 4b-6, 8-9 ; 2 Corinthiens 13, 11-13 ; Jean 3, 16-18

Une déclaration d’amour ne s’embrouille pas dans des phrases compliquées. “Je t’aime”: c’est simple, direct, et ça va à l’essentiel. C’est vrai : l’amour est à la fois simple et mystérieux, tellement il concerne chaque être en sa profonde intériorité ! Jésus, pour dire l’amour du Père, n’entame pas un grand discours abstrait. Il dit : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique !” De quoi ébranler l’intellectuel Nicodème avec qui il vient de parler du baptême. Dieu a tellement aimé le monde que sa Parole s’est faite homme en Jésus. Et Jésus a consacré toute sa vie, jusqu’à la croix, à proclamer cette Parole du Père. Mais le Père l’a ressuscité car Dieu ressuscite ce qui est donné par amour.

Quand Jésus parle de Dieu, ce n’est pas le Dieu au-dessus des nuages, ni l’architecte suprême, ni le gendarme embusqué, ni le vieillard-papa-gâteau qui laisse tout passer. Non ! Le Dieu de Jésus est PÈRE, qui invite chacun à grandir avec la patience qu’il faut. On le sait : ce qui fait le cœur de l’homme, c’est son désir d’aimer et d’être aimé ; ce qui le fait vivre, ce sont des relations d’amour, et rien n’est plus grand que cet amour qui bouleverse la vie et rend le monde plus beau. Pour les chrétiens, cet amour est, dans le cœur de l’homme, la signature de Dieu qui s’appelle l’Esprit Saint : la relation forte entre le Père et le Fils en plein cœur de notre cœur ! “Dieu Père a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique !” Et chacun est habité de la force de l’Esprit.

Dieu Père, Fils et Esprit, c’est la Trinité. Si notre foi s’attache au Père seul, nous risquons un vague déisme. Si nous nous adressons au Fils seul, nous risquons un humanitarisme qui manque d’élan. Et si nous regardons l’Esprit seul, nous risquons un illuminisme inconsistant, où Dieu peut se confondre avec les agitations de notre cœur.

“Jamais Dieu sans trois” titrait joliment un article qui disait : “Puisque le mystère de Dieu n’est pas un point d’interrogation (question sans réponse), mais un point d’exclamation (merveille à découvrir), la liturgie a prévu nous faire vivre cet émerveillement entre deux fêtes, celle de la Pentecôte, comme si l’Esprit était la porte d’entrée pour dire Dieu, et celle du Corps et du Sang du Seigneur, parce que l’Eucharistie restera toujours la Présence du Christ au milieu de nous.”

La Trinité, Dieu qui se donne à rencontrer au cœur de la relation entre les humains. Dès l’Ancienne Alliance, Dieu s’est révélé comme « le Dieu tendre et miséricordieux, plein d’amour et de fidélité » (1ère lecture). Et saint Jean a cette phrase chaleureuse : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour juger le monde mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». Fameuse nouvelle. En fait c’est LA Bonne Nouvelle. Jésus aurait pu séparer l’ivraie du bon grain ou accabler ceux qui avaient quitté le droit chemin. Non ! Il s’est juste un peu moqué de ceux qui s’enfermaient dans la suffisance de l’argent et du pouvoir et qui ne voyaient pas l’essentiel qui est la Relation d’amour. Lui, il allait manger avec les pécheurs, i1 libérait les corps crispés et les esprits dérangés, il invitait à aller de l’avant et à inventer l’amour. Et c’était subversif de dépasser les barrières traditionnelles de la société. Il se réclamait toujours de son Père pour réveiller les cœurs et bousculer le désordre établi. Et il disait envoyer bientôt l’Esprit qui continuerait à mettre le feu au cœur des relations entre les humains ! Jésus parlait de Dieu comme nous parlons d’Amour. Dieu, l’imprononçable de l’ancien Testament, il lui a choisi les noms humains qui viennent de l’expérience la plus forte que puisse donner notre terre : le nom Père, puis le nom Fils, et le nom Esprit qui est la relation entre le Père et le Fils.

Je pense aux gens qui viennent, nombreux et souvent de loin, à l’église pour une raison “relationnelle”. Ils viennent à un baptême, une première eucharistie ou un mariage. L’un des leurs est concerné au plus profond de lui-même, l’un des leurs “met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence”, comme disait Mgr Rouet, évêque de Poitiers. Tertullien, au 3° siècle, avait appelé ça le sacrement du frère. Eh bien ! La Trinité nous dit que ces relations humaines riches conduisent à Dieu, comme Jésus a su nous y conduire, comme son Esprit continue de nous y conduire à travers les frères. Le relationnel humain fort qui remplit les églises à certains moments, la Trinité nous dit qu’il est aussi le cœur de Dieu lui-même.

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