Evangile du 13° dimanche dans l’année A – 2 juillet 2017

Posté par rtireau le 28 juin 2017

Croix

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,37-42. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; 
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. 
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. 
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. 
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. 
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

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Homélie

Posté par rtireau le 28 juin 2017

13° dimanche dans l’année A – 2 juillet 2017

2 Rois 4, 8-16 ; Psaume 88 ; Romains 6, 3-11 ; Matthieu 10, 37-42

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi… » Le Christ nous réclame de le préférer à ceux qui nous sont les plus chers. Cette demande paraît cruelle. Mais souvenons-nous : le Christ est lui-même présent au cœur de chacun, donc au cœur de ces personnes que nous aimons. La phrase de l’évangile nous demande donc de prendre le temps de le reconnaître au travers de ces visages aimés. Et alors on découvrira qu’on ne possède aucune personne, qu’on ne peut mettre la main sur aucune, même la plus aimée. Cette priorité de l’amour de Dieu interdit à chacun de faire de l’autre sa chose aimée, son dieu. Car l’amour de Dieu fait exister l’autre comme une personne unique et l’ouvre à un amour sans frontières. Dieu seul est Dieu… Personne d’autre ne peut être adoré.

 “Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi…” Voilà une autre phrase qui peut faire peur. Eh bien ! Savez-vous qu’à chaque baptême le premier signe est celui de la croix. Et je dis souvent en le faisant : « je te marque du signe de la croix, avec sa branche verticale qui t’invite à savoir lever les yeux vers le ciel, et sa branche horizontale qui t’invite à ne jamais oublier les copains… parce que notre Dieu du ciel est entré en Jésus dans le cercle de tes copains. » D’ailleurs la suite de l’Evangile confirme : « Qui vous accueille m’accueille », dit Jésus aux apôtres. « Et qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé », c’est à dire Dieu. « Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits,… il ne perdra pas sa récompense. » Un peu du visage de Dieu sur le visage du frère.

« Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. » Il s’agit donc de tout lâcher pour suivre Jésus. Ça paraît impossible. Et pourtant on a tous l’expérience de lâcher plein de choses importantes pour sauver l’essentiel. Ecoutez ce petit texte de Patrick Jacquemont qui met en scène deux personnes :

- Lui a durement gagné sa vie, travaillant très jeune, prêt à tous les boulots. Il a réussi, mais voilà qu’au souci de survivre fait place l’angoisse de perdre ce qu’il a gagné. Il voudrait tout garder.

- Elle a voulu conquérir l’autonomie dans une famille qui l’encadrait peut-être trop. En défendant ses droits, elle s’est fait une carapace qui l’abrite et qui l’isole à la fois.

L’un et l’autre seront-ils capables un jour d’ouvrir la porte à qui frappera ?

Voulez-vous une petite histoire pour comprendre ça ? Un sage racontait : « Il était un enfant qui voulait manger des noix. Or elles se trouvaient dans un pot au goulot étroit. Il dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.” L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot.  Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.” Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.”» Le sage ajoutait : « Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main. »

Quand des parents ou des amis se retrouvent sur le quai d’une gare, il faut bien lâcher valises et paquets pour s’embrasser. Et pour saluer convenablement quelqu’un en lui serrant la main, il faut que les deux mains soient vides…

Dans l’évangile d’aujourd’hui, et dans tout le chapitre 10 de Matthieu, Jésus m’invite donc à poser des choix fondateurs qui donneront à ma vie une réelle capacité à aimer comme lui-même nous a aimés. Choisir le Christ jusqu’à porter ma croix, ça peut être difficile à assumer.

Mais j’attire l’attention : si ça devient totalement impossible, il faut que je m’interroge. Peut-être que j’ai fait de ce choix une performance à accomplir, une occasion de montrer que je suis le meilleur. Non non ! Ce n’est pas ça. Vivre l’Évangile n’est pas une course d’obstacles ! Ce n’est même pas diplômant ! Ça n’apporte ni pouvoir, ni argent. Mais ça peut tout changer dans ma vie si je choisis le Christ. Vivre l’Évangile, c’est donner à ma vie d’être un des lieux de l’incarnation de Dieu au monde. C’est donner à ma vie d’être elle-même un don. Ma vie tire sa valeur et sa grandeur de ma capacité à la donner, et à la perdre, à la manière du Christ. Savez-vous que le prix d’un verre d’eau vient de qui le reçoit et non de qui le donne ?

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Evangile du 12° dimanche dans l’année A – 25 juin 2017

Posté par rtireau le 23 juin 2017

Moineau

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,26-33. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. 
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. 
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. 
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. 
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. 
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. 
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 juin 2017

12° dimanche dans l’année A – 25 juin 2017

Jérémie 20, 10-13 ; Psaume 68 ; Romains 5, 12-15 ; Matthieu 10, 26-33

“Ne craignez pas !”… Une phrase souvent répétée. Mais suffit-il de la redire pour qu’elle fasse de l’effet ? C’est vrai que rien n’est plus paralysant que la peur : élan, enthousiasme, tout est bloqué. Il y a plein d’exemples autour de santé, sécurité, emploi, survie de la planète, peur de la souffrance, de la mort, de la solitude, de l’échec, du qu’en dira-t-on… En fait, je crois bien que la peur empêche d’être soi-même.

Je me souviens d’un livre de Colette Nys-Mazure intitulé Célébration du quotidien, où elle écrivait : “Il se peut que nous ne soyons vraiment nous-mêmes que dans l’émerveillement, l’éloge, la reconnaissance. Là s’exprime le meilleur de notre être, ce qui chante, ce qui s’ouvre et qui va à la rencontre de celui qu’on ne peut nommer… Décaper l’être de la couche d’usage et d’usure afin de contempler ce qui se présente de beau aux yeux éteints, trop habitués.” Le livre en question appelait ça l’état de grâce.  

La peur empêche d’être soi-même. Les apôtres ont éprouvé cette peur au moment du départ de Jésus. Les voilà livrés à eux-mêmes devant l’hostilité des juifs qui les faisait se calfeutrer au Cénacle. C’est pour conjurer toutes ces peurs que, dans l’évangile que je viens de lire, Jésus leur dit et à nous aussi : « Ne craignez pas ! ». Lui-même a affronté des difficultés, des oppositions, mais il est resté libre. Il a affronté la mort librement. Il ne l’a pas subie malgré son angoisse. Il l’a apprivoisée, il l’a vaincue parce qu’il l’a vécue librement.

Jésus leur dit : « N’ayez pas peur ! ». Et on se souvient qu’il avait dit aussi : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous ; mais, si je pars, je vous l’enverrai.” (Jean 16, 7) Voilà comment il nous a promis un défenseur auprès du Père, l’Esprit Saint qui intercède pour nous.

C’est la même leçon que donnait Jérémie dans la 1ère lecture. Appelé à annoncer des mauvaises nouvelles, Jérémie est mal vu des autorités en place qui l’accusent de haute trahison et le jettent en prison. Et Jérémie se plaint amèrement dans un premier temps (c’est de là qu’est venu l’expression les jérémiades. Mais il se ressaisit et sa foi domine ses doutes et sa peur : « Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable.” Il n’est pas forcément en notre pouvoir d’éviter la peur, mais il y a un moyen de la surmonter : c’est la confiance en Dieu.

Ne craignez pas les hommes, nous répète Jésus. Aucune puissance humaine n’est capable de détruire ce qui fait votre valeur véritable, l’espérance de la vie éternelle, l’âme comme on dit. Car le persécuté est plus grand que son persécuteur. Le torturé est plus grand que son bourreau. L’assassiné est plus grand que son meurtrier. Être un paquet de muscle, ou d’argent, ou de feu plus gros que ceux de l’adversaire, ce n’est pas grand chose. Être une âme plus forte, voilà ce qui compte. « Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille… Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. » Ne pas craindre, non pas à cause d’un optimisme béat qui effacerait les difficultés de la vie, mais à cause d’une confiance en l’amour vigilant de notre Père capable de veiller sur le plus petit des oiseaux.

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l’âme. » Formule redoutable ! Mais que veut dire tuer l’âme ? Jésus a l’air d’affirmer que notre seule vraie peur serait de perdre la foi. Notre seule crainte serait de ne pas avoir le courage de vivre notre foi et de devenir des lâcheurs. Quand on pense aux campagnes télévisées pour sauver des espèces animales, on peut se demander ce que nous devrions faire pour que l’homme ne soit pas détruit de l’intérieur, perdant quelquefois tout sens pour sa vie. Ecoutez la petite fille de cette parabole qui nous redit ce message à sa manière : Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère. “Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau.” Elle me regarda et dit : “Ce n’est pas un fardeau, monsieur, c’est mon frère.” Je restais interdit. Le mot de l’enfant s’est gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : “Ce n’est pas un fardeau que tu portes, c’est ton frère.” 

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