Homélie pour la profession de foi – 11 juin 2017

Posté par rtireau le 13 juin 2017

Homélie du Père Patrick Cascaro (Spiritain)

Aujourd’hui, c’est jour de joie, jour de fête dans les communautés chrétiennes de Saint Clément et du Bienheureux Marcel Callo. Des jeunes vont proclamer leur foi.  L’aventure de la foi ! Des réunions à Saint Clément, une journée au Carmel de Montigné, temps de détente (soleil et pas de pluie), de jeu, mais aussi de réflexion, de prière avec des moments forts comme la découverte du carmel. Autre temps fort, ce moment pour faire la paix en vous, vivre la  paix avec Dieu et avec ceux avec qui nous sommes en relation, ce fut le temps du pardon. Et ce matin, vivre la joie d’être ensemble pour se retrouver avec vos parents pour dire merci à Dieu, en célébrant l’eucharistie…

L’aventure de la foi : Mathieu, Paul André, Hélène, Elouan, Matteo et Samira, vous allez affirmer votre foi devant nous. Cela ne signifie pas que tout soit évident pour vous. Même nous adultes, nous pouvons connaître des doutes ! N’avons-nous pas des questions ? Comme Thomas qui déclare : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… non je ne croirai pas ».

A celui qui me demanderait des preuves de l’existence de Dieu, je n’en aurais aucune à fournir. Je ne pourrais même pas l’obliger à croire. Mais est-ce cela croire ? Jean Pierre Manigne, un prêtre dominicain, écrivait à propos de Thomas : Thomas l’incrédule ? Non. Plutôt Thomas, père de la foi ! Comme il nous est facile de nous retrouver en lui. Quelle est la condition requise ? En avoir entendu parler. Avoir entendu dire que ce Jésus qu’on croyait mort, est vivant.  Thomas n’était pas avec les autres disciples lors de la première apparition de Jésus. Et bien ! Nous non plus, nous n’y étions pas. Mais les autres disciples lui disent : « Nous avons vu le Seigneur. » Et par le hasard de la vie, la même nouvelle nous parvient à nous aussi par le Livre, le Testament, ou par le témoignage de nos parents ou des amis.

Mathieu, Paul André, Hélène, Elouan, Matteo et Samira : Il y a des gens dans vos vies qui vous font rêver. Que ce soit des chanteurs comme le groupe Section d’assaut, maître Gims, le rappeur, Jennifer, le groupe Nirvana, les candidats à the voice… Apparemment lady Gaga n’a plus la côte chez vous… Les acteurs Bradpit, Jean Dujardin, Johny Dep ou encore les sportifs comme Lionel Messi, Raphaël Nadal, sans oublier ceux qui font rêver plus particulièrement  Elouan : Arnaud Démare et Arnaud Gérard, né à Dinan qui sont des cyclistes de hautes volées (Elouan fait parti d’une équipe de cyclistes pro.)

Je ne sais pas si Jésus vous fait rêver. Jésus c’est l’anti idole. Il n’est pas venu pour jouer à la vedette. Il ne risque pas de passer à la télé, c’est tout le contraire d’une Star. Pourtant Jésus n’est pas démodé, on en parle encore aujourd’hui. Mais la foi, je ne peux pas la transmettre à d’autres, comme un médecin injecte un vaccin, en faisant une piqûre à son patient. Je ne peux pas expliquer ma foi comme le prof de math vous explique un théorème.

Pour comprendre, il nous faut revenir à Thomas : Lui, il n’a encore rien vu. De Jésus, il ne sait que la mort, mais il ne se réfugie pas dans son ignorance ou sa tristesse. Ce qu’il va vivre,  Thomas, ce n’est pas une preuve, mais il va vivre une épreuve. La foi en Jésus Ressuscité est sans preuve. Justement parce qu’il s’agit de la vie et du vivant, pas d’un théorème. Mais il y a une épreuve de la foi à voir. Thomas lui aussi veut voir et puis toucher… Epreuve de la foi, Jésus ne le décourage pas, bien au contraire il lui dit : « Avance ton doigt, vois mes mains…» On ne nous dit pas si Thomas fera le geste.

La foi pour Thomas ne commence pas avec sa fameuse réplique : « Mon seigneur et mon Dieu ! » Ça c’est l’accomplissement de l’espérance. La foi, elle, commence humblement par la résolution, non pas d’en obtenir la preuve, mais dans faire l’épreuve. Or cette épreuve n’est pas hors de portée. Nous avons déjà des frères dans la foi pour nous dire que le Seigneur est vivant. Nous ne sommes plus tout seul ! Vivre l’épreuve de la foi, c’est alors se mettre en marche. Ce n’est pas seulement avec la tête que l’on croit, même s’il y a une part d’intelligence dans l’acte de croire. C’est avec tout son être que l’on croit : avec ses jambes, avec ses yeux, avec son cœur.

Regardez l’Apôtre Matthieu dans l’évangile. Il entend un appel : « Suis-moi ! ». « L’homme se leva et le suivit », précise l’évangéliste. C’est donc avec ses jambes qu’il exprime sa foi, sa confiance en Jésus. La foi commence avec les pieds et le chrétien n’est pas quelqu’un qui met les deux pieds dans le même sabot. Les premiers chrétiens, on les appelait les adeptes du chemin. Oui, c’était des gens en marche, comme l’avait été leur maître. Jésus a été sans cesse à la rencontre des hommes et à la rencontre de Dieu son Père qu’il prie dans la montagne ou dans un endroit désert.

Croire, c’est donc avancer, aller de l’avant. C’est aussi avec les yeux que le chrétien croit. Avez-vous remarqué les Pharisiens : leur regard est un regard de jugement et de condamnation : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? ». Ils ne savent regarder que les apparences. Jésus, lui, ne s’arrête pas aux apparences, il regarde le cœur. Eh bien, nous aussi, nous sommes invités à regarder comme le Christ. Comme les relations humaines changeraient si les hommes regardaient avec un a priori favorable ! Pour Jésus, les publicains et les pécheurs, ce sont d’abord des hommes aimés de Dieu, capables de se convertir, capables de guérir. L’Eglise, si elle veut être fidèle à son maître, ne peut faire de discrimination, ce serait en contradiction totale avec Jésus son fondateur. Croire, c’est regarder sans cesse avec un regard neuf. 

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