Evangile du 22° dimanche dans l’année A – 3 septembre 2017

Posté par rtireau le 31 août 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27. 
En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. 
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » 
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » 
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. 
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. 
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? 
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

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Homélie

Posté par rtireau le 31 août 2017

22° dimanche dans l’année A – 3 septembre 2017

Jérémie 20, 7-9 ; Psaume 62 ; Romains 12, 1-2 ; Matthieu 16, 21-27

“Seigneur, tu m’as séduit et je j’ai été séduit,” disait Jérémie dans la première lecture. Le mot séduire n’a pas forcément bonne réputation. Mais on sait que quelqu’un qui est séduit est animé d’un ressort extraordinaire, et qu’il est prêt à tous les dépassements. “Il n’est plus lui-même,” dit-on quelquefois. À moins que ce ne soit précisément à ce moment que la personne devienne elle-même. Impossible en tous cas d’empêcher Jérémie de jouer son rôle de prophète.

Dans son livre “Ils m’ont donné tant de bonheur”, Jacques Gaillot écrivait : “J’ai été séduit par la manière dont le Christ a mené sa vie d’homme. Séduit par Dieu, disait Jérémie. Séduit par la vie d’homme de Jésus, dit le Père Gaillot. J’aime bien le rapprochement. Instinctivement on distingue l’humain du divin, alors que le rapprochement est riche car il donne à penser l’incarnation. Il éveille à la foi chrétienne et rend possible la compréhension et les engagements communs entre ceux qui sont chrétiens et ceux qui ne le sont pas.

Quelqu’un a dit au sujet de l’Evangile d’aujourd’hui : “Si être chrétien c’est renoncer à tout, être méprisé, injurié, alors je vais me mettre à envier ceux qui ne le sont pas.” Cette personne distinguait vivre en homme et vivre en chrétien : si c’est trop dur d’être chrétien, alors je vais seulement être homme. Mais y a-t-il une autre manière d’être homme que celle de donner sa vie par amour, à la manière de Jésus ? C’est si vrai qu’on a pu, dans le passé, qualifier des gens de chrétiens sans le savoir parce qu’ils vivaient comme des chrétiens. On avait tort car être chrétien comporte l’affirmation consciente de sa foi. Mais leur manière de vivre était la même. Quant à la difficulté d’être homme vraiment, des théologiens disent quelquefois qu’un seul être a pu être homme vraiment dans l’histoire : il s’appelait Jésus. Et que ce n’est que par lui, avec lui et en lui, selon la formule liturgique, que nous pouvons devenir hommes chaque jour un peu plus. 

Saint Pierre a été séduit également par Jésus. C’était l’évangile de dimanche dernier : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !” Mais il a lui aussi très vite cherché à séparer le divin de l’humain : Jésus est Dieu, donc tout-puissant, donc il peut éviter de souffrir : “Cela ne t’arrivera pas”. La réponse a fusé : “Passe derrière moi, Satan !” En réalité, Dieu est tout-puissant d’amour. Il est Dieu dont l’amour est tout-puissant, Dieu Père tout-puissant ! Et les papas et les mamans savent bien que l’amour est souvent appelé à passer par la croix !

La formule de Matthieu : “Il fallait” (souffrir et mourir) étonne beaucoup. On dit : “Mais alors Jésus était programmé, prédestiné à mourir comme ça !” En réalité il s’agit d’une manière habituelle de parler de quelqu’un qui donne sa vie dans des engagements forts et risqués. On n’est pas très surpris de la mort violente de tel ou tel et on entend régulièrement la formule : “Il fallait que ça se termine comme ça !” Mais inéluctable ne veut pas dire prédestiné.

Jésus dit : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite (être homme vraiment), … qu’il prenne sa croix et qu’il me suive !” Lytta Basset, théologienne, a regardé de près la langue d’origine de ce texte et elle précise qu’on devrait traduire : “qu’il lève sa croix”. Le mot lever signifie alors la résurrection présente même dans le négatif de notre vie. Oh ! La croix en question n’est pas un étendard pour cortège triomphal. Mais la phrase n’est pas menace mais plutôt appel : si quelqu’un veut être homme, dit Jésus, qu’il choisisse, comme moi, d’aimer en donnant sa vie. Michel Pinchon précise le mot suivre : Suivre évoque trop souvent l’image d’un troupeau à la remorque de son berger. Il serait plus exact de traduire le mot grec original par marcher, être compagnon de route. Jésus ne cherche pas des suiveurs, mais des amis qui prennent la route avec lui, pour risquée que soit cette route. Il les choisit pour être avec lui. Pour partager sa vie, sa mission et, librement, son destin quel qu’il soit. Ce compagnonnage est libre. « Si tu veux !» A leur tour, quand Jésus les aura quittés, ses disciples, déjà habitués à aller deux par deux, chercheront des compagnons de route pour partir, continuer la mission.

Pensons à tel ou tel que nous connaissons, qui a été séduit par le Christ et sur le visage de qui ça se voit. Pensons-y et laissons-nous séduire et inviter à être hommes nous aussi !

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Evangile du 21° dimanche dans l’année A – 27 août 2017

Posté par rtireau le 23 août 2017

le don des clefs

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 13-20. 
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » 
Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » 
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » 
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. 
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. 
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » 
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

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Homélie

Posté par rtireau le 23 août 2017

21° dimanche dans l’année A – 27 août 2017

Isaïe 22, 19-23 ; Psaume 137 ; Romains 11, 33-36 ; Matthieu 16, 13-20

Est-ce que vous avez sur vous vos clefs ? Vérifiez-les donc ! Regardez-les une par une :

- Celle-ci, elle sert à quoi ? à ouvrir ou à fermer ? à permettre ou à interdire ?

- Qui a des clés, qui n’en a pas ? Qui a le pouvoir ? 

“Tu me passes tes clefs ?” A qui les prêtez-vous ? A qui les donnez-vous ?

Dans la première lecture, Shebna, le maître du palais du roi Ézéchias, est destitué au bénéfice d’Élyaqim. C’est une disgrâce comme il s’en rencontre à toutes les époques. Ce qui nous intéresse ce sont les paroles d’investiture adressées au nouveau fonctionnaire : “Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira.” Il s’agissait d’une clé très lourde, du genre barre de fer peut-être. Et la remise de cette clé de la ville fortifiée faisait partie des rites d’intronisation de l’homme de confiance qui avait été choisi.

Jésus, à Césarée de Philippe, reprend la même image pour confier à Pierre le pouvoir des clés : “Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.” Pourquoi lui ? Sans doute parce qu’il est celui qui a su regarder Jésus autrement. Il a été le seul à voir plus que le visible en Jésus. Les autres ont cherché des réponses dans le passé. Les autres ont fait de l’étiquetage : Qui est le Fils de l’homme ? C’est Jean-Baptiste ou bien Elie, ou bien Jérémie. Ils ont fait un étiquetage bienveillant, positif, mais un étiquetage quand même : c’est du passé, du classement. Et quand une affaire est classée… ! Lui, Pierre, voit le présent et l’avenir. Il voit l’invisible. Il voit le possible de demain. Il voit le mystère de la personne. Il a le regard du respect, celui qui envisage au lieu de dévisager. Beaucoup de gens veulent toujours voir pour croire. Ici, il est clair que c’est parce qu’il croit que Pierre voit tout autre chose et voit beaucoup plus loin. “Heureux es-tu” de voir l’invisible, lui dit Jésus. Avec des gars comme toi, l’Eglise ne craint rien.

Rien ne sert d’avoir des clefs, si l’on n’est pas capable d’ouvrir, si l’on n’a pas, soi-même, une certaine capacité d’ouverture. Pierre est celui qui ouvre. L’Eglise doit être celle qui ouvre. Celle qui éveille les esprits à l’intelligence du mystère de Dieu, celle qui éveille les cœurs à l’accueil de la tendresse de Dieu, celle qui dégage les portes de l’espérance et du pardon. Celle qui, de ses mains fragiles, livre passage à l’Amour du Dieu Père, Fils et Esprit. Si nous sommes nous-mêmes proches de Dieu, nous pourrons devenir des passeurs.

“Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. En disant très fort que Jésus est le Christ, Pierre invite le monde entier à entrer dans sa foi. Mais il lui faudra passer par l’épreuve de sa fragilité, pour perdre l’illusion de sa propre solidité. On lit le jour des Rameaux, dans le récit de la Passion, le passage où Pierre se vante d’être solide : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi je ne tomberai jamais. » (Matthieu 26, 33). Et on sait qu’il reniera. Et qu’il devra, au-delà des larmes de son reniement, redire humblement son amour : “Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.” (Jean 21, 17) Alors, et alors seulement, il saura affermir ses frères et leur ouvrir “la profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu” comme Saint Paul le dit dans la seconde lecture. L’abbé Pierre disait : “Lorsque nous arriverons à la fin de notre vie, on ne nous demandera pas si nous avons été croyants, mais si nous avons été crédibles.”

L’Évangile d’aujourd’hui est l’Evangile d’un double baptême : - “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.” – “Tu est Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.”

La rentrée approche. Et si on se préparait à traiter chacun comme il convient. Et si on se préparait à donner à chacun de ceux qu’on va rencontrer un nom d’avenir, un nom de ressuscité, sur lequel la mort ne pourra rien, un nom d’ouverture et non pas de classement et de fermeture. Le contraire de ce qui faisait crier un petit un jour : “Il m’a traité de tous les noms, sauf du mien.”

Toi, Seigneur, qui as ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, donne-nous aujourd’hui la seule clé qui nous manque : celle qui ne verrouille pas, mais libère. Alors nous ouvrirons à tous les hommes les portes du Royaume.”

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Evangile du 20° dimanche dans l’année A – 20 août 2017

Posté par rtireau le 16 août 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28. 
En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. 
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » 
Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » 
Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » 
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » 
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » 
Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » 
Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

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Homélie

Posté par rtireau le 16 août 2017

20° dimanche dans l’année A – 20 août 2017

Isaïe 56, 1.6-7 ; Psaume 66 ; Romains 11, 13-15. 29-32 ; Matthieu 15, 21-28

Dans l’évangile de la semaine dernière, Pierre se voyait qualifier durement par Jésus : “Homme de peu de foi.” On fait forcément le lien avec notre texte d’aujourd’hui où Jésus a une phrase tout différente pour la Cananéenne : “Femme, grande est ta foi !”

Il semble bien qu’il y ait eu évolution de Jésus dans sa conception du salut : il le croyait d’abord réservé à Israël, puis petit à petit plus largement offert. Peut-être que son évolution a pu être favorisée par l’audace de cette étrangère. Il lui en fallait en effet parce qu’entre les juifs et les cananéens ce n’était pas le grand amour, et parce que la cananéenne avait le défaut supplémentaire d’être une femme. Irrésistible audace de cette femme, mais magnifiquement doublée d’un réalisme respectueux des  préséances d’Israël. Quand Jésus est très dur avec elle en évoquant le pain des enfants qu’on ne peut donner aux chiens, elle attrape au vol le mot blessant et parle de se contenter des miettes qui tombent de la table des maîtres. Elle invite ainsi Jésus à aller jusqu’au bout et on le voit craquer. Il est émerveillé : “Femme, grande est ta foi !” Et l’enfant est guéri.

Le récit laisse entendre que c’est ce langage du cœur qui a touché le Christ, comme s’il était lui-même en train de se convertir, de se laisser toucher par la détresse d’une personne qui n’est pas de son peuple. Il vient manifestement de passer une nouvelle frontière intérieure. Dans sa conscience d’homme, il vient de découvrir que le don de Dieu est pour tous les hommes. La répartie de cette étrangère aura été d’une portée humaine et religieuse sans limite.

L’Evangile semblerait dire que la femme sait mieux demander que l’homme. Que ne tenterait-elle pas quand il y va de la vie du fruit de ses entrailles, c’est à dire d’un de ses enfants ! Cette foi de la Cananéenne, si elle est confiance totale en Celui qui peut tout, elle est aussi confiance en sa mission de mère qu’elle réalisera malgré tous les obstacles. Comme Marie de Nazareth, la mère de Jésus qui n’a pas hésité à lui demander du vin aux noces de Cana. Et comme cette mère de Naïm qui a perdu son mari et qui enterre son enfant le jour de sa rencontre avec Jésus ! Quand tout est désespéré, une mère espère encore. Et Dieu se laisse toucher plus qu’il ne se laisse convaincre. Comme si la foi de l’homme dilatait le cœur de Dieu. Ainsi, pour Jésus, aucun principe religieux, aucune prescription ne tient, dès lors que résonne chez un être humain devant lui, le langage du cœur, ce langage le plus proche de celui de Dieu.

Et si on faisait parler ce texte pour aujourd’hui : ce serait une maman qui se préoccuperait de sa fille malade gravement. Et elle s’en préoccuperait en se tournant vers le Christ. Comme tous ces papas et toutes ces mamans qui ont en tête de leurs préoccupations tel ou tel enfant malade ou découragé par le chômage ou pour toute autre raison. On pourrait presque mettre en deux colonnes les réactions de ces parents selon qu’ils conservent ou non une attitude d’espérance, selon que le Christ ressuscité est ou non une réalité dans leur vie et que leur réaction passe ou pas par la prière.

Bien sûr, rien n’est tranché comme ça dans une vie qui est toujours complexe. Mais il y a peut-être une invitation pour aujourd’hui dans cette histoire de la cananéenne et de sa fille malade, si on l’applique à toute situation difficile entre des personnes. D’un côté, pour qualifier leur attitude, il y aurait les mots “déprimer, désespérer, faire tout à la place de l’autre qui n’est capable de rien, ne plus se parler du tout, s’énerver, fiche à la porte…” et de l’autre on aurait : “faire silence et écouter beaucoup, réconforter, ne jamais rompre le dialogue, ne jamais couper les ponts, accueillir toujours, garder la porte ouverte, croire toujours au possible, même modeste, et toujours recommencer.” Même si, encore une fois, chaque personne passe par les deux attitudes, et plusieurs fois par jour.

Jésus ne dit pas : “Je te guéris”… Mais “Femme, grande est ta foi, que tout se fasse pour toi comme tu le veux”. – “Que tout se fasse pour moi comme tu le dis”, disait Marie à l’ange de l’annonciation. -“Faites tout ce qu’il vous dira” disait-elle aux serveurs de vin à Cana. Ce que dit Jésus ressemble à ce que disait sa mère.

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Evangile pour la fête de l’Assomption – 15 août 2017

Posté par rtireau le 11 août 2017

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-56. 
En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, 
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; 
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; 
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge 
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, 
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, 
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, 
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

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Réflexion

Posté par rtireau le 11 août 2017

Véronique Margron, septembre 2012.credit photo : Melanie Bahuon

Marie, métisse du monde.

            Véronique Margron, dans « La Parole est tout près de ton cœur » (Bayard)

Mémoires de ceux que nous avons aimés. Qui se sont endormis pour toujours. Des traces de leur tendresse se sont inscrites dans notre chair. Empreintes de douceur qui nous protègent, nous guérissent dans nos douleurs d’aujourd’hui. Fidélité aimante à toute épreuve jusque celle de la mort.

Marie, femme pour nos histoires sinueuses. Douceur tenace, liens sûrs, Comme ceux qui racontent l’évangile de ce jour. Nous imaginons peut-être l’Assomption comme un événement grandiose, où s’ouvre le ciel en recevant la Vierge. Où elle est couronnée de gloire et de beauté, comme je l’admire dans la peinture de Fra Angelico et de la Renaissance. Mais ce jour est plus humble. Une jeune fille enceinte de Dieu même par l’enfant qu’elle porte, qui vient de dire à un ange « que tout se passe pour moi selon ta parole » (Luc 1, 38), part rapidement visiter une autre femme. Sa cousine, qui se croyait trop vieille et délaissée dans sa stérilité (Luc 1, 36). Car elle aussi attend un enfant, l’inespéré. Marie entreprend donc un long voyage pour visiter et soutenir Elisabeth. La solennité de l’Assomption – selon la traduction latine : « enlever », « s’adjoindre » – trouve sa vérité dans un modeste récit, celui d’une Visitation. Histoire de femmes, de solidarité, de fidélité, de bénédiction.

Marie, première des croyantes, reconnue ainsi par sa cousine Elisabeth : « La mère de mon Seigneur vient jusqu’à moi. » Depuis le 5ème siècle, l’Église célèbre avec ferveur Marie qui, jusqu’en sa chair, entre dans la vie éternelle et vit dans la gloire de Dieu, dans l’éternelle proximité de son fils. Son fils et son Dieu. Marie, mère car elle a écouté la parole, l’a retenue en son être, l’a vécue en toute sa chair, jusqu’en ce jour où à 3 heures il faisait nuit : celle de la mort de son fils unique.

Chacun peut devenir la mère du Seigneur : en le recevant en sa vie intégralement, lui, la vérité et la vie. Lui, le Fils, ami de ceux qui se croient loin et désolés. Destinée offerte à tous, femmes et hommes, juifs et païens… Une unique condition : écouter. Entendre jusqu’en ses entrailles celui qui frappe doucement et attend. Avoir de l’espace en soi. Voilà pourquoi les arrogants et ceux qui croient posséder le monde, ou leur vie, ne peuvent y consentir. Car il n’y a aucune place dans l’auberge de leur cœur. Elle affiche complet depuis longtemps.

Depuis les premiers temps de l’Église, c’est toujours la même histoire. Du Mexique à la Pologne, de Madagascar au Togo, ou à Paris et Rocamadour, et sous tant de cieux, Marie est choyée, priée, bénie. Non comme une sorte de déesse. Mais parce qu’elle est la sœur de chacun, son proche. Métisse en quelque sorte, des couleurs du monde, des cœurs, des histoires et des croyances.

Affection et protection de toujours, depuis l’heure où Jésus lui dit : « Mère, voici ton fils » en parlant de Jean, le disciple et l’ami, qui la prit chez lui. En cette heure, la fatalité a été renversée. Nous ne sommes pas seuls et l’histoire n’est pas close, fermée à triple tour sur nos malheurs pourtant parfois si violents. Marie ne craint rien de nos douleurs ou de nos errements. Elle peut tout entendre, tout porter vers son fils.

Luc nous enjoint de suivre ce que Marie accomplit aujourd’hui : aller visiter les hommes qui se croient délaissés, abandonnés des hommes comme de Dieu. La mission de l’Église en fidélité à la dormition de Marie n’est autre que l’humble compagnonnage avec toute humanité. Grâce à la force que nous offrent les entrailles aimantes de Marie.

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Evangile du 19° dimanche dans l’année A – 13 août 2017

Posté par rtireau le 8 août 2017

Peu de foi

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 14,22-33. 
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. 
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. 
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. 
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. 
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » 
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » 
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. 
Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » 
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » 
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. 
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 8 août 2017

19° dimanche dans l’année A – 13 août 2017

1 Rois 19, 9a.11-13a ; Psaume 84 ; Romains 9,1-5 ; Matthieu 14, 22-23

“Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau.” Hervé Bienfait épinglait un jour une expression excédée qu’on entend quelquefois : “Ah ! ça, c’est bien toi !” Et il disait : “C’est une petite phrase qui résume une manière de réduire quelqu’un à ce qu’on sait de lui par cœur. Du milieu de la tourmente, Pierre entrevoit Jésus et dit : « Si c’est bien toi ». Non pas prudence verbale, mais élargissement au mystère de l’autre. Ouverture sur l’air d’un « S’il te plaît » au cœur des possibilités de l’autre. J’imagine ce qui se passerait si nous savions miser chaque jour sur les ressources des autres. Passer du Ça qui sait tout au Si d’une parole de demande à d’autres, c’est un écart que je rêve de savoir vivre, un écart pour prier.

Revenons aux textes d’aujourd’hui et d’abord à leur contexte : accablé par la révolte d’Israël, Moïse avait craqué : “Si c’est ainsi que tu me traites, fais-moi plutôt mourir” (Nombres 11, 15) ; Jérémie aussi fut près d’abandonner sa mission ; en route vers l’Horeb, notre Elie de la 1ère lecture s’écriait : “Seigneur, reprends ma vie. Je ne vaux pas mieux que mes pères.” (1 Rois 19, 4) ; enfin, dans l’Évangile, Pierre doute, et il reniera son maître. Toutes ces figures disent que Dieu vient toujours réconforter ceux qui œuvrent pour lui. Le Christ prend toujours la main de ceux qui crient : “Seigneur, sauve-moi !” Souvent, à l’image de Pierre, nous sommes présomptueux comme le coq qui s’imagine faire lever le soleil. Mais quand nous regardons Jésus avec confiance, nous traversons les eaux tumultueuses du monde. L’histoire continue de ces ouragans, ces tremblements de terre, ces barques qui chavirent au sens propre ou au figuré : “Mon père est décédé d’un cancer. Je ne peux plus croire après ça. – Je suis souvent tourmentée à cause de la santé déficiente d’un proche. L’Evangile d’aujourd’hui me fait du bien en m’invitant à la confiance malgré tout” : “Confiance ! C’est moi ! N’ayez pas peur !”

Comme si être en manque de vie permettait l’expérience de Dieu. Ils étaient en manque de vin les invités à la noce de Cana, et Jésus change l’eau en vin. Elle était en manque de nourriture, cette foule près du Lac de Tibériade et Jésus multiplie les pains. Ils étaient en manque de santé, tous ces malades sur les routes de Palestine, et Jésus les guérit. Elle était en manque de sens à sa vie, cette femme de Samarie, et Jésus lui propose l’eau vive.

J’ai lu dans la revue Signes : “Les disciples prennent Jésus pour un fantôme. Et il leur fait peur ! N’est-ce pas justement le risque que Dieu a pris en se faisant homme : être pris pour un autre, pour son contraire ou pour n’importe qui !” Soyons clair : si Jésus nous fait peur, c’est que ce n’est pas lui. Lui ne peut dire que : “Confiance ! N’ayez pas peur !” Même si… qui dit confiance ne dit pas certitude. L’image de Pierre est réaliste. Lui, le solide pour annoncer le Christ, n’est pas plus fort que les autres pour croire lui-même. Il est plus facile de désigner Jésus aux autres que de le reconnaître “dans la brise légère” (1ère lecture) de sa propre existence. On a toujours été plus fort pour croire au Dieu tout puissant que pour croire au Dieu dont l’amour est tout-puissant. On a souvent préféré croire au Dieu des armées plutôt qu’au Dieu désarmé.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, au lieu de se tailler un franc succès avec le miracle qu’il vient de faire, Jésus invite à passer sur l’autre rive. “Avec Jésus, dit Hyacinthe Vulliez, c’est toujours l’imprévu. Qui est-il donc ? Jésus, homme et Dieu, est toujours sur les deux rives à la fois. Quand on le dit homme certains pensent qu’on diminue sa divinité. Quand on affirme qu’il est Dieu d’autres s’imaginent qu’on réduit son humanité. Passer de l’humanité à la divinité de Jésus, puis de sa divinité à son humanité, comme on passe d’une rive à l’autre. C’est ce va-et-vient qui ancre la foi dans la vérité du Dieu de Jésus Christ.”

La foi n’est donc jamais possession tranquille. Elle est du côté de la brise légère. Comme dans ce moment vécu il y a longtemps parce qu’on avait prêté, pour l’été, une salle paroissiale à des étudiants musulmans dont le lieu de prière était indisponible. Un jour, j’avais eu la visite de trois Algériens : “Nous venons vous offrir nos condoléances au sujet de la mort du Père Claverie. Transmettez-les à votre communauté et à votre hiérarchie.” Il s’en est suivi un dialogue long et fraternel. J’ai transmis à ma communauté et à mon évêque. Le Seigneur était dans cette brise légère.

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