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Evangile du 26° dimanche dans l’année A – 1 octobre 2017

Posté par rtireau le 27 septembre 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21, 28-32. 
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : 
« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” 
Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. 
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. 
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. 
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

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Homélie

Posté par rtireau le 27 septembre 2017

26° dimanche dans l’année A – 1 octobre 2017

Ezéchiel 18, 25-28 ; Psaume 24 ; Philippiens 2, 1-11 ; Matthieu 21, 28-32

L’un dit non et fait quand même, l’autre dit oui et n’obéit pas. Et si les deux étaient la même personne ? Il nous arrive de dire non et de faire quand même, et l’inverse. Quoi qu’il en soit, pour Dieu il n’y a pas de bons ni de mauvais définitifs. Et Jésus n’enferme personne dans son passé. Le non apparent cache peut-être un oui balbutiant et le oui tonitruant camoufle parfois un subtil refus.

“Quoi qu’il en soit, écrit Jean-Yves Baziou, Jésus accorde un privilège à l’action… Il ne suffit pas d’annoncer l’évangile, d’expliciter, éventuellement bruyamment, une identité religieuse qui nous distinguerait des autres : encore faut-il parvenir à faire évangile, à faire passer dans les relations sociales un souffle d’espoir, de liberté joyeuse, d’amitié. Jésus critique ceux qui disent mais n’agissent pas. Il recommande de ne pas en rester à des paroles, fussent-elles de piété…Seul l’Evangile vécu est éloquent.”

Un mot du contexte de notre évangile : entre la parabole des ouvriers de la onzième heure de dimanche dernier et le texte d’aujourd’hui Jésus est entré solennellement à Jérusalem (les Rameaux), et il a chassé les marchands du Temple. Les grands prêtres et les anciens ont réagi : “Par quelle autorité fais-tu cela ?” Et Jésus a répondu : “Déjà vous n’avez pas voulu comprendre Jean-Baptiste. Les prostituées et les publicains, eux, se sont convertis.”  Et aujourd’hui il leur lance : “Les prostituées vous précèdent dans le Royaume.” Il y va fort ! Seul l’évangéliste Matthieu rapporte cette phrase difficile à inventer, ce qui fait dire à Gérard Bessière : “Apparemment, les trois autres évangélistes ont préféré la laisser dans l’encrier.”

Jésus est souvent entouré de gens peu recommandables, et il y en a pourtant qui accueillent sa parole : Zachée, Marie Madeleine, et aussi Matthieu qui était à sa table de publicain quand Jésus l’a appelé. Car Jésus n’enferme jamais quelqu’un dans son passé. Comme Dieu son Père, il regarde la personne, le dedans, pas la coquille. A l’image du petit (6 ans) qui jouait avec des coquillages sur la plage et qui, tout d’un coup, arrive à toute vitesse : “Maman, il y a quelqu’un dedans.” Jésus, comme Dieu son Père, voit le “quelqu’un qui est dedans.”  

Ne pas juger, rester humble, comme y invitait saint Paul dans sa 2de lettre aux Philippiens au ch 2 qu’on lit également chaque année à la fête des Rameaux, véritable résumé de la foi chrétienne : “Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur… il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.”

Avoir le même regard que Dieu… Au sujet des “droits de l’homme,” Michel Scouarnec a écrit : S’il revient au droit humain de fixer des limites aux rapports humains, ce droit se pervertit dès lors qu’il prétend fixer des limites à l’amour qui est en Dieu. En Dieu pas de justice sans bonté.” Et il formulait ce qu’il appelle les droits de Dieu, de quoi nous aider à avoir le même regard que Dieu :

* Le droit de rester bon quand l’œil de l’homme se fait mauvais.

* Le droit de verser un même salaire à l’ouvrier de la 11ème heure qu’à celui de la première.

* Le droit de faire briller son soleil sur les méchants comme sur les bons.

* Le droit de soutenir le pauvre sans défense devant le riche sans pitié.

* Le droit de perdre son temps à écouter l’enfant autant que le sage et le savant.

* Le droit d’attendre la moisson pour séparer l’ivraie du bon grain.

* Le droit d’ouvrir sa table à tous les fils prodigues.

* Le droit de laisser dans le bercail 99 brebis pour partir à la recherche de l’égarée.

* Le droit de pardonner sans limite ni relâche à quiconque demande pardon.

* Le droit de mourir en croix plutôt que de cautionner les intérêts de ses amis.

J’ai juste envie d’en ajouter un pour aujourd’hui : Le droit d’accueillir les nouveaux venus dans la paroisse comme des frères qui nous sont donnés à aimer.

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Evangile du 25° dimanche dans l’année A – 24 septembre 2017

Posté par rtireau le 21 septembre 2017

Mt20.Vigne

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. 
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. 
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. 
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” 
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. 
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” 
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” 
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” 
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. 
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. 
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” 
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? 
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : 
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” 
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

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Homélie

Posté par rtireau le 21 septembre 2017

25° dimanche dans l’année A – 24 septembre 2017

Isaïe 55, 6-9 ; Psaume 144 ; Philippiens 1, 20c-24.27a ; Matthieu 20, 1-16

Dieu ne compte pas comme nous ! Ou plutôt il a une curieuse façon de ne pas compter. Heureusement : notre évangile n’est pas un traité pour économiste. En réalité, à l’époque de Jésus, il n’y a ni couverture sociale, ni système d’embauche, et un denier est généreux puisque c’est le salaire journalier d’une famille. On peut aussi supposer que les derniers embauchés ne sont pas responsables de leur situation et interpréter que le patron ne calcule pas selon le travail effectué, mais qu’il veut que ces papas puissent nourrir leurs enfants ! Alors on se met à rêver d’une société où l’on oserait casser le lien production / salaire et où l’on pourrait vivre selon ses besoins et non en fonction du temps de travail. Mais ne prêtons pas à Jésus le diplôme de sciences-éco qu’il n’a pas.

Comme dit Gabriel Ringlet dans son livre Eloge de la fragilité : “La vigne du Seigneur n’est pas très adaptée aux règles du marché. Le patron ne cherche pas la rentabilité. C’est absurde d’engager des hommes à la dernière heure et de les payer au tarif de la journée. Comme c’est absurde de parler à la Samaritaine, d’accueillir Marie-Madeleine, d’engager Matthieu, un voleur connu, Pierre, un lâche et Paul, un persécuteur. C’est absurde de faire la fête pour un fils gaspilleur et de courir après une brebis égarée en oubliant qu’il en reste quatre-vingt-dix-neuf à surveiller… Si nous avons peine à encaisser l’attitude de ce propriétaire capricieux, l’attitude de ce Dieu qui se met à dépenser sa grâce sans compter, c’est peut-être que nous avons une religion trop étroite, trop calculatrice… ou que nous n’avons jamais été au chômage !”

Dans une parabole, il y a un message, souvent un seul, et tout à fait évident. Le reste, si on le prenait trop au sérieux, serait surprenant et quelquefois scandaleux. Ici, évidemment on n’est pas d’abord dans le domaine économique, mais dans le domaine de valeurs qu’on ne fractionne pas : Dieu donne tout à chacun. La vie, on la donne ou on ne la donne pas. Impossible de la donner plus ou moins. Et nous, avec notre œil mauvais parce que Dieu est bon, on voudrait que d’autres aient moins que nous, comme si ça nous donnait davantage qu’ils aient moins. Non ! Le don de Dieu – amour, joie, paix, espérance – ne se fractionne pas. Et même un tout petit premier pas semble décisif et immense. Comme pour cet homme qui commençait à sortir de l’alcoolisme : c’était le joie immédiate et totale (pas un commencement de joie) pour lui et les siens, même si c’était sans naïveté sur l’avenir.

Le vigneron c’est donc Dieu. L’Évangile et ses paraboles montrent qui est ce Dieu que Jésus appelle Père : si c’était un berger, il quitterait ses 99 brebis, pour courir après la brebis perdue ; si c’était un papa, il accueillerait son fils qui a quitté la maison sur un coup de tête ; si c’était un paysan, il sèmerait à tous vents ; si c’était un vigneron : c’est le texte d’aujourd’hui. Les paraboles contiennent toutes un brin de démesure, comme pour piquer l’attention, nous préparer à entendre un message et révéler le visage d’un Dieu qui aime avec démesure. Dieu aime chacun pour ce qu’il est, et pas pour ce qu’il a. Jésus a montré cet amour gratuit de Dieu auprès de ceux qu’il a croisés : la prostituée venue troubler le repas chez Simon le pharisien ; Zachée, le fonctionnaire pas très honnête ; la Samaritaine ou le bandit en croix, ouvrier de la onzième heure et même du dernier quart d’heure ! Jésus a posé sur eux tous un regard de tendresse qui a su faire renaître l’espérance.

“Allez à ma vigne, vous aussi.” La foi chrétienne met au travail. Elle n’est pas un état d’âme si élevé soit-il, mais d’abord volonté d’agir pour construire concrètement le Royaume, comme le Christ, au milieu du monde. Car le Christ n’a pas d’autres mains que les nôtres pour transformer le monde. Les mains du Christ, son regard et sa tendresse passent désormais par nos mains, nos yeux et notre cœur. Nourrir ceux qui ont faim, soigner, visiter, accueillir, pardonner, autant de gestes qui signifient une réponse concrète au maître qui embauche. Beaucoup sont attelés à cette tâche. Les chrétiens n’en ont pas le monopole, mais il serait surprenant qu’ils ne soient pas aux avant-postes avec les autres pour faire advenir un monde plus humain.

Deux appels : Savoir nous réjouir de ce que les autres ont reçu de l’abondance de l’amour ? Et redécouvrir que le Royaume de Dieu n’est pas fait de concurrence mais d’émerveillement.

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Evangile du 24° dimanche dans l’année A – 17 septembre 2017

Posté par rtireau le 13 septembre 2017

http://www.dieu-en-ligne.com

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35. 
En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » 
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. 
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. 
Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). 
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. 
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” 
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. 
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” 
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” 
Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. 
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. 
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” 
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. 
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 septembre 2017

24° dimanche dans l’année A – 17 septembre 2017

Siracide 27, 30 – 28, 1-7 ; Psaume 102 ; Romains 14, 7-9 ; Matthieu 18, 21-35

On amène au roi – c’est à dire à Dieu – un fonctionnaire qui lui doit dix mille talents, c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent. Une fortune si l’on sait que le roi lui-même recevait neuf cents talents par an. Affolé devant la perspective de l’esclavage, ce serviteur promet l’impossible : il va rembourser ! Mais le roi “saisi” de compassion (“pris aux entrailles” traduit Chouraqui) lui remet sa dette.

En sortant, le serviteur rencontre un compagnon qui lui doit cent pièces d’argent. Ce n’est pas rien puisqu’une pièce d’argent représentait le salaire d’une journée pour un travailleur agricole. Mais la seconde dette est six cent mille fois moins élevée que la première! Et pourtant, ce serviteur qui n’en a plus besoin réclame son dû jusqu’au dernier centime. En stricte justice, il n’a pas commis la moindre faute. On lui a remis sa dette, il aurait pu en faire autant ! Mais rien ne l’y obligeait.

Nous avons là une parabole qu’on pourrait intituler “la Parabole de la démesure de l’amour !” Il faut l’entendre avec le cœur pour en saisir le message. Gabriel Ringlet le dit à sa façon : “Quelle chance pour les gens insolvables que nous sommes : Dieu n’est pas fort en maths. Et de plus, il n’y connaît rien à la TPA (Taxe sur le péché ajouté) !”

Au commencement est le don. A l’origine est le don de Dieu, toujours premier. Don de la vie, débordant et inattendu, comme les largesses du roi de la parabole qui fait grâce à son serviteur d’une somme astronomique. Le cœur de Dieu, comme celui du Père de l’enfant prodigue, ne s’épuise pas à donner et à pardonner en supprimant toute dette. Comme le Samaritain d’une autre parabole, Dieu est “pris aux entrailles”. Il est “Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité”, comme le chantent plusieurs psaumes (86, 15 ; 103, 8 ; 145, 8). Et il nous donne et redonne “la vie, le mouvement et l’être”, dit saint Paul (Actes17, 28).

Au long de l’Évangile, Jésus nous révèle ce Dieu dont la justice est miséricorde. Il fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants (Mt 5, 45). Il laisse le troupeau pour courir après la brebis perdue (Mt 18, 12-14 ; Lc 15, 1-7). Il paie autant l’ouvrier de la dernière heure que celui qui a travaillé tout le jour (Mt 20, 1-16). Pour lui, les derniers seront premiers (Mt 19, 30 ; 20, 16). Voilà le don toujours premier de sa tendresse.

Mais il faut dire un mot du serviteur impitoyable : à la miséricorde sans mesure de son maître, il répond par une attitude impitoyable en s’acharnant sur son compagnon de travail. Alors qu’il vient d’être pardonné, il oublie le pardon qui le fait vivre lui, et il le refuse à son frère. Oublier le pardon que l’on a reçu et ne pas vouloir le donner, c’est oublier de vivre, c’est choisir la mort. Tôt ou tard, le refus de pardonner nous détruit. Et nous accusons Dieu et les autres d’injustice, alors que c’est nous-mêmes qui nous fermons à la source de vie du pardon. Le Père François Varillon a écrit : “Pardonner, c’est effacer un ressentiment, piétiner mon orgueil, faire la paix, la construire. Le pardon n’est pas un coup d’éponge, il est une re-création. Pardonner, c’est permettre un nouveau départ.” Ou comme dit encore Gabriel Ringlet : “Pardonner, c’est libérer l’avenir… arrêter la violence, retrouver la paix, la légèreté, et donc l’humanité.”

Dès l’entrée, à l’ouverture de l’Eucharistie, nous sommes accueillis par le don du pardon : « Que Dieu dont l’amour est tout-puissant nous fasse miséricorde et nous conduise à la vie. » Le don qui nous a été fait surpasse tous les dons. Il est par-don. C’est de cette source débordante que surgit notre foi dans le pardon des offenses. Pardonner, c’est se souvenir du pardon reçu pour vivre en l’offrant. C’est renaître. C’est ressusciter. Ecoutez cette parabole intitulée Le fil à nœuds : Un vieux rabbin racontait : chacun de nous est relié à Dieu par un fil. Et Lorsqu’on commet une faute, le fil est cassé. Mais lorsqu’on regrette sa faute, Dieu fait un nœud au fil. Du coup, le fil est plus court qu’avant. Et le pécheur est un peu plus près de Dieu ! Ainsi, de faute en repentir, de nœud en nœud, nous nous rapprochons de Dieu.

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Evangile du 23° dimanche dans l’année A – 10 septembre 2017

Posté par rtireau le 6 septembre 2017

emmaus

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,15-20. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : 
« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. 
S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. 
S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. 
Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. 
Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. 
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 6 septembre 2017

23° dimanche dans l’année A – 10 septembre 2017

Ezéchiel 33, 7-9 ; Psaume 94 ; Romains 13, 8-10 ; Matthieu 18, 15-20

“Si ton frère a commis un péché, va lui faire des reproches seul à seul.” C’est une invitation exigeante, mais qui comporte d’abord une évidence simple. Il est écrit : “Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul.” Et non pas : “Quand ton frère a fait une bêtise, raconte ça tout de suite à tout le voisinage !”

L’invitation de Jésus suggère une méthode progressive dans la responsabilité les uns des autres : va d’abord seul, puis avec deux ou trois, puis mets l’Eglise dans le coup. Et puis s’il refuse encore, “considère-le comme un païen et un publicain”. L’expression peut paraître méprisante, mais il n’en est rien puisqu’on se souvient que Jésus était l’ami des païens et des publicains. J’en ai même trouvé une jolie traduction : “Approche-toi de lui comme s’il était encore sans baptême, parle-lui comme si tu t’adressais à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler ni de la croix, ni de l’amour.”

“Je fais de toi un Guetteur”, disait Ezéchiel. Guetter, être à l’affût, on le fait facilement, mais c’est souvent pour critiquer. Alors qu’il y a là invitation à être responsables les uns des autres. L’Église chrétienne, la communauté comme on dit, a une mission de solidarité Ce n’est pas seulement un lieu pour la prière personnelle.

Quand une famille est accueillie devant tout le monde pour un baptême, quand des jeunes font profession de foi, quand des jeunes se marient, bref, en toute célébration, il y a des paroles dont la communauté devient témoin. Les célébrations communautaires de la pénitence sont aussi un bon moment où l’on sent une solidarité de tous autour de soi. Je me rappelle qu’à la sortie d’une célébration d’obsèques où beaucoup avaient participé à un geste symbolique quelqu’un m’avait remercié en cherchant ses mots : “Vous nous avez fait faire un exercice de collectivité.” Pour ma part, je suis devenu encore plus sensible à cette question communautaire le jour où j’ai célébré un mariage qui a duré moins de deux mois… sans que personne de l’assemblée ne soit même mis au courant de la séparation. Exemple parfait de disfonctionnement communautaire. Evidemment je ne rêve pas qu’on aurait pu éviter la rupture de ce couple, mais on aurait pu espérer que, parmi ces amis d’un jour, il y en ait eu au moins quelques uns pour être proches lors de l’événement douloureux. Depuis, quand je célèbre un mariage, avec l’accord des mariés, je lis toujours au moins quelques lignes de leurs projets de vie à tous les participants pour les rendre témoins, c’est à dire solidaires.

Le côté personnel de l’invitation de Jésus est difficile : “Va lui parler, va le trouver, va l’avertir.” Oui mais de quel droit ? Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Ne plus faire de ragots par derrière n’est déjà pas si mal, mais c’est autre chose d’oser aller dire. Il y faut une relation d’amitié. Il faut croire que tout peut changer chez l’autre et que si personne ne dit jamais rien, rien ne sera jamais possible. C’est là le rappel que la communauté n’est pas d’abord une structure mais des personnes. C’est à des hommes et pas à des règles que Jésus a confié le pouvoir de lier et de délier. Il leur a confié rien moins que son pouvoir de Messie, celui qui est rapporté par Saint Luc au chapitre 4 : “L’Esprit de Dieu m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance, et aux affligés la joie.”

“Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” C’est fabuleux le pouvoir que Jésus peut accorder à la communion entre deux ou trois personnes. Je crois que certains textes juifs l’affirment aussi : quand plusieurs sont rassemblés pour étudier la Torah, la présence divine est là. Promesse de présence qui rejoint celle de l’ange qui avait dit à Joseph, en annonçant la naissance de Jésus : “On l’appellera Emmanuel”, c’est-à-dire «Dieu avec nous». Promesse de présence qui rejoint aussi celle de Jésus lui-même quand il dit à ses amis avant de quitter notre terre : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.”

J’ai lu un jour que les chrétiens, pendant plusieurs siècles, quand ils disaient au cours de l’Eucharistie : «Voici le corps du Christ !», désignaient, non pas le pain eucharistique, mais leur propre assemblée.

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