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Evangile du 23° dimanche dans l’année A – 10 septembre 2017

Posté par rtireau le 6 septembre 2017

emmaus

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,15-20. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : 
« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. 
S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. 
S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. 
Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. 
Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. 
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 6 septembre 2017

23° dimanche dans l’année A – 10 septembre 2017

Ezéchiel 33, 7-9 ; Psaume 94 ; Romains 13, 8-10 ; Matthieu 18, 15-20

“Si ton frère a commis un péché, va lui faire des reproches seul à seul.” C’est une invitation exigeante, mais qui comporte d’abord une évidence simple. Il est écrit : “Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul.” Et non pas : “Quand ton frère a fait une bêtise, raconte ça tout de suite à tout le voisinage !”

L’invitation de Jésus suggère une méthode progressive dans la responsabilité les uns des autres : va d’abord seul, puis avec deux ou trois, puis mets l’Eglise dans le coup. Et puis s’il refuse encore, “considère-le comme un païen et un publicain”. L’expression peut paraître méprisante, mais il n’en est rien puisqu’on se souvient que Jésus était l’ami des païens et des publicains. J’en ai même trouvé une jolie traduction : “Approche-toi de lui comme s’il était encore sans baptême, parle-lui comme si tu t’adressais à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler ni de la croix, ni de l’amour.”

“Je fais de toi un Guetteur”, disait Ezéchiel. Guetter, être à l’affût, on le fait facilement, mais c’est souvent pour critiquer. Alors qu’il y a là invitation à être responsables les uns des autres. L’Église chrétienne, la communauté comme on dit, a une mission de solidarité Ce n’est pas seulement un lieu pour la prière personnelle.

Quand une famille est accueillie devant tout le monde pour un baptême, quand des jeunes font profession de foi, quand des jeunes se marient, bref, en toute célébration, il y a des paroles dont la communauté devient témoin. Les célébrations communautaires de la pénitence sont aussi un bon moment où l’on sent une solidarité de tous autour de soi. Je me rappelle qu’à la sortie d’une célébration d’obsèques où beaucoup avaient participé à un geste symbolique quelqu’un m’avait remercié en cherchant ses mots : “Vous nous avez fait faire un exercice de collectivité.” Pour ma part, je suis devenu encore plus sensible à cette question communautaire le jour où j’ai célébré un mariage qui a duré moins de deux mois… sans que personne de l’assemblée ne soit même mis au courant de la séparation. Exemple parfait de disfonctionnement communautaire. Evidemment je ne rêve pas qu’on aurait pu éviter la rupture de ce couple, mais on aurait pu espérer que, parmi ces amis d’un jour, il y en ait eu au moins quelques uns pour être proches lors de l’événement douloureux. Depuis, quand je célèbre un mariage, avec l’accord des mariés, je lis toujours au moins quelques lignes de leurs projets de vie à tous les participants pour les rendre témoins, c’est à dire solidaires.

Le côté personnel de l’invitation de Jésus est difficile : “Va lui parler, va le trouver, va l’avertir.” Oui mais de quel droit ? Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Ne plus faire de ragots par derrière n’est déjà pas si mal, mais c’est autre chose d’oser aller dire. Il y faut une relation d’amitié. Il faut croire que tout peut changer chez l’autre et que si personne ne dit jamais rien, rien ne sera jamais possible. C’est là le rappel que la communauté n’est pas d’abord une structure mais des personnes. C’est à des hommes et pas à des règles que Jésus a confié le pouvoir de lier et de délier. Il leur a confié rien moins que son pouvoir de Messie, celui qui est rapporté par Saint Luc au chapitre 4 : “L’Esprit de Dieu m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance, et aux affligés la joie.”

“Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” C’est fabuleux le pouvoir que Jésus peut accorder à la communion entre deux ou trois personnes. Je crois que certains textes juifs l’affirment aussi : quand plusieurs sont rassemblés pour étudier la Torah, la présence divine est là. Promesse de présence qui rejoint celle de l’ange qui avait dit à Joseph, en annonçant la naissance de Jésus : “On l’appellera Emmanuel”, c’est-à-dire «Dieu avec nous». Promesse de présence qui rejoint aussi celle de Jésus lui-même quand il dit à ses amis avant de quitter notre terre : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.”

J’ai lu un jour que les chrétiens, pendant plusieurs siècles, quand ils disaient au cours de l’Eucharistie : «Voici le corps du Christ !», désignaient, non pas le pain eucharistique, mais leur propre assemblée.

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