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Evangile pour la fête de la Toussaint – 1er novembre 2017

Posté par rtireau le 31 octobre 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a. 
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. 
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : 
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. 
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. 
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. 
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. 
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. 
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. 
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. 
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. 
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. 
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2017

Fête de la Toussaint – 1er novembre 2017

Apocalypse 7, 2-4. 7-19 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12a

- “Quelqu’un m’a fait de la peine; je ne m’y attendais pas. Je lui en ai voulu. J’ai reçu ça comme une claque. C’étaient des insultes. J’en avais gros sur la patate. Au bout d’un mois, j’ai réussi à passer dessus, à pardonner. J’ai dû prier pour y arriver. Mais dès que j’ai pardonné, j’ai été beaucoup plus paisible.” “Heureux les miséricordieux.”

- Une jeune maman : “Je ne sais pas si je prie. Par contre, ce que je sais : quand mes deux petits me mettent hors de moi, quand je sens que je craque et que ça va aller trop mal, alors, je m’en vais un peu seule. Je m’assois et je dis à Dieu : “Je te remets tout cela dans les mains parce que je sens que ce n’est plus moi tout à fait. Je laisse passer un peu de temps et quand je reviens vers les enfants, je ne les regarde plus pareil. Je suis redevenue moi.” “Heureux les doux.”

 - Et moi je repense de temps en temps aux obsèques, il y a quelques années, d’un certain Mr Jacques (que j’avais connu au mouvement ATD 1/4 monde) : on avait tous un merci à dire à Dieu pour la chaleur de cet homme qui n’avait rien, mais qui forçait l’amitié, qui disait quelque chose du Dieu Amour dans son amour pour ses enfants et ses amis. Dans toute la célébration, en présence du Père Joseph Wrésinski qui vivait encore, pas une trace d’accusation de Dieu pour toute cette misère. Un acte d’Église exemplaire qui m’a dit quelque chose de fort sur les béatitudes : “heureux les pauvres.”

C’est un des textes les plus connus de la Bible que cet extrait du discours sur la Montagne. Beaucoup ont essayé des traductions différentes, tellement le mot heureux leur paraissait un peu béat (béatitude). Un certain Mr Chouraqui, bien connu des biblistes, a traduit : Allégresse. C’est plus nerveux. Un autre a dit : Tressaillement. Un autre encore : En marche. Debout. Tout ça est enrichissant. Mais ce qui est encore plus important, c’est de comprendre que ce discours sur la montagne n’est pas seulement un discours. Mais c’est le poids de toute une vie, la vie même de Jésus. C’est de lui qu’il parle. Les Béatitudes sont l’expérience de sa vie. Et du coup le mot heureux y est à prendre au sens de félicitation pour une attitude déjà existante. Jésus n’a jamais dit à personne : “Vous êtes pauvres, donc vous êtes heureux…” ; encore moins : “Soyez pauvres pour être heureux.” Non, il a dit : “Vous êtes pauvres, le bonheur vient à vous malgré tout.” Et il a pu le dire parce qu’il apportait ce bonheur, parce qu’il est lui-même la joie et le bonheur de Dieu. Car ce n’est pas un songe creux : cette humanité douce et courageuse, pacifique et généreuse, cette humanité désencombrée de tout, éprise de justice, nous l’avons vue, nous la voyons, sur le visage de Jésus et sur celui de tant d’être aux vies données et ardentes, d’hier et d’aujourd’hui, tous ceux-là que nous fêtons aujourd’hui. Ce sont eux, les saints, ceux qui ne calent jamais dans leur projet d’amour pour l’homme.

• Les Béatitudes, c’est une expérience de vie. Et de ce fait le sens du mot béatitude n’est accessible qu’à ceux qui en vivent quelque chose. (Les autres, on leur dit : “tu es trop jeune, tu n’es pas passé par là, tu ne peux pas comprendre encore, tu verras plus tard.”)

Le sens de certaines béatitudes n’est même quelquefois accessible qu’à ceux qui ont vécu des coups durs : “Ils savent, disait un moine de l’Eglise d’Orient, que les lèvres peuvent déjà sourire quand les yeux sont encore mouillés de larmes.”

Les saints, ce sont ceux qui laissent Dieu exister en eux dans les joies comme dans les moments durs, malgré les pleurs, les bagarres, les souffrances et la misère. Ils sont des heureux malgré tout, quoi qu’il leur arrive. Les saints, ce sont ceux qui laissent Dieu exister en eux … car Dieu est toujours là, même si parfois, dans un coup dur, ce n’est qu’après qu’on découvre qu’il était là. On réalise, après, que Dieu était là dans ce coup dur, non pas cause, non pas coupable, mais présent, permettant l’amour vécu dans l’événement quel qu’il soit. Dieu présence d’amour quoi qu’il arrive.

Xavier Thévenot, un moraliste que j’aime bien, dit : “La vraie morale, c’est une convocation à l’espérance malgré toutes les raisons de désespérer. Les Saints que nous fêtons aujourd’hui, laissons-les  nous convoquer à l’espérance.

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Evangile du 30° dimanche dans l’année A – 29 octobre 2017

Posté par rtireau le 26 octobre 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 34-40. 
En ce temps-là, les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, 
et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : 
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » 
Jésus lui répondit : « ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.’ 
Voilà le grand, le premier commandement. 
Et le second lui est semblable : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ 
De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 octobre 2017

30° dimanche dans l’année A – 29 octobre 2017

Exode 22, 20-26 ; Psaume 17 ; 1 Thessaloniciens 1, 5-10 ; Matthieu 22, 34-40

Des pharisiens essaient encore d’embarrasser Jésus en lui posant une question souvent discutée dans les milieux rabbiniques : “Quel est le grand commandement ?” La Loi comportait des centaines de préceptes (613, paraît-il). Certains juifs les observaient dans une attitude d’obéissance envers Dieu ; d’autres les pratiquaient avec orgueil, se considérant comme justes devant Dieu ; beaucoup s’y perdaient. Les rabbins eux-mêmes avaient des réponses variées à la question du commandement le plus grand. Pour certains, c’était le sabbat. On sait aussi qu’un certain Hillel, peu de temps avant Jésus, avait donné cette réponse : “Ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ne le fais pas non plus à ton prochain. C’est là toute la loi. Le reste n’est que commentaire.”

Première originalité de Jésus : il ne désigne pas le grand commandement, il en propose deux : d’abord, c’est une formule du Deutéronome (6, 5) qui revenait deux fois par jour dans la prière juive : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit” ; et ensuite c’est un précepte du Lévitique (19, 18) : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.”

Deuxième originalité de Jésus : il met ces deux commandements sur le même plan. Pour lui, il n’y a pas deux amours, il n’y en a qu’un et l’attitude envers le prochain vérifie la qualité de l’attitude envers Dieu. Selon lui, le baromètre qui nous permet de mesurer notre amour pour Dieu, c’est l’amour du prochain. Les deux sont indissociables et Jésus, en sa personne, fait de ces deux amours une seule réalité inséparable. “Dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.” (Matthieu 25, 45) “Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il déteste son frère, c’est un menteur ; celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas.” (1 Jean 4, 20).

Au temps où Matthieu mettait la dernière main à son évangile, les communautés chrétiennes étaient confrontées aux communautés juives qu’animaient les pharisiens et les docteurs de la Loi. Beaucoup pensaient qu’il fallait observer la Loi parce que c’était la Loi. Matthieu, lui, dit que l’appel à l’amour est le cœur de l’alliance nouvelle réalisée en Jésus. Et devant les chrétiens, tentés peut-être d’en être quittes avec Dieu en observant des commandements, il montre un horizon vers lequel il faut chaque jour se remettre en route : aimer. Il y a sans doute encore des chrétiens qui veulent être en règle avec Dieu en observant des commandements. Heureusement, il y en a beaucoup qui se tournent vers les besoins du monde et inventent l’amour. Ils savent que Jésus se présente à eux sur les visages de ceux qui ont faim ou qui souffrent l’injustice.

C’est Jacques Brel qui chantait : “Je ferai un domaine où l’amour sera loi, où l’amour sera roi.” La phrase dit bien qu’aimer, c’est aussi décider d’aimer. Voilà la liberté humaine essentielle : choisir d’aimer en tant qu’être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Comme ce jeune très généreux qui disait : “Moi, j’essaie d’aider les autres, c’est ma manière de croire.” Et, après un silence, comme pour une confidence, il ajoutait : “Aimer n’est pas facile, mais c’est un peu comme pour Jésus, il faut y croire.” En effet, apprendre à aimer les autres est impossible sans y croire comme Jésus y a cru, c’est-à-dire sans faire confiance comme Jésus a fait confiance à Dieu.

J’aime bien la petite histoire du vieux rabbin qui demandait à ses élèves à quoi on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence.

- Est-ce que c’est quand on peut distinguer de loin un chien d’un mouton ? – NON

- Est-ce que c’est quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ? – NON

- Mais alors quand ?

- Eh bien c’est lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme tu reconnais ton frère. Jusque-là, il fait encore nuit dans ton cœur.

« Il n’y a qu’une seule humanité, dit la théologienne Véronique Margron. Il n’y a qu’une seule barque. La question n’est pas comment reconnaître l’autre, mais comment se reconnaître de la même pâte, car tous nous avons habité, ou nous habitons encore en terre étrangère. Quels que soient nos papiers. »

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Evangile du 29° dimanche dans l’année A – 22 octobre 2017

Posté par rtireau le 18 octobre 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 15-21. 
Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 18 octobre 2017

29° dimanche dans l’année A – 22 octobre 2017

Isaïe 45, 1.4-6a ; Psaume 95 ; 1 Thessaloniciens 1, 1-5b ; Matthieu 22, 15-21

Comment piéger Jésus ? C’était l’obsession des pharisiens. Et ils ont trouvé une occasion avec cette histoire d’impôt : si Jésus demande de le payer à l’empereur, il devient collaborateur d’un pouvoir idolâtre ;  s’il dit le contraire, il est un rebelle politique.

On sait que l’Ancien Testament interdisait les images humaines sur les pièces de monnaie pour ne pas avoir l’air de dire que ce visage serait Dieu lui-même. Les gouverneurs romains respectaient cette sensibilité juive et ne frappaient sur le territoire juif que des monnaies sans image, sauf pour l’impôt impérial qui était une pièce avec effigie. Ça y est ! On le tient !

Gabriel Ringlet dans son livre Éloge de la fragilité a un petit mot délicieux sur ce texte :

“Alors, Maître, dis-nous : est-il permis de payer l’impôt à César oui ou non ?

- Comédiens ! Montrez-moi la pièce qui sert à payer l’impôt.”

Ils lui présentent une pièce de monnaie. Ils en avaient donc sur eux. Ils s’en servaient ! Ils collaboraient ! Retour de la monnaie à l’expéditeur : “Rendez donc à César ce qui est à César. A Dieu ce qui est à Dieu !” Voilà les piégeurs piégés. La grenade explose, oui, mais pas là où ils l’avaient déposée.

Depuis lors, nous nous sommes souvent bouché les oreilles pour ne pas entendre la déflagration. Nous avons aménagé le territoire, la semaine à César, le dimanche à Dieu. Alors que Jésus, lui, ne sépare pas. Et ne confond pas non plus : à César et à Dieu. La mystique et la politique. Pour Jésus, le spirituel est au cœur du temporel.

“Stupéfaits de ce qu’ils viennent d’entendre, ils le laissent et s’en vont”, nous dit l’Évangile. Pas pour longtemps. Ils reviendront bientôt. Avec César. Pour arrêter Dieu.

En demandant de “Rendre à César ce qui est à César” Jésus donne son autonomie au domaine profane et politique. Désormais les chrétiens ont les mêmes responsabilités que les autres hommes dans la cité pour rendre ce monde plus juste et plus humain. En ce sens, on peut dire que tout est profane, que tout est politique.

Mais “Rendre à Dieu ce qui est à Dieu !” veut dire que la politique n’est pas le tout de l’homme. Et que la religion chrétienne ne peut jamais être un pouvoir. Elle doit inspirer des conduites et des choix, mais jamais dégénérer en pouvoir. La confusion entre politique et religion ne cause que des malheurs, car elle ouvre la porte à tous les intégrismes. Aucun Messie n’est jamais sorti des urnes. Attention aux gourous de toutes sortes : ils ne sont pas Dieu. C’est pourtant clair : notre Dieu, pour se montrer à nous, a pris le chemin du Serviteur. Dès l’Ancien Testament, l’événement fondateur du Judaïsme était un acte de libération : “J’ai vu la misère de mon peuple, … je suis descendu pour le délivrer.” (Ex 3, 7) Et Dieu a toujours été du côté du plus pauvre. Ses références sont l’enfant de la crèche et le crucifié du Vendredi Saint. Pas de danger de se tromper…

Je disais à l’instant : “Tout est profane.” On peut dire aussi que si tout porte l’empreinte de Dieu il n’y a plus rien de profane. Même si, hélas, l’homme peut être profané quand on le bafoue dans sa dignité. Alors, la vraie morale chrétienne c’est :

- quel est le choix qui va me rendre plus humain, en même temps que mon prochain ? Et ça peut commencer sur la cour de récré : si j’inventais quelque chose… pour faire plaisir.

- Comment faire en sorte que tout serve aux êtres humains et que personne ne se serve d’eux comme un moyen d’enrichissement ?

- Comment juger quelqu’un, non pas selon ce qu’il rapporte ou ce qu’il coûte, non pas sur la marque de ses vêtements ou de ses chaussures, mais sur ce qu’il est ?

Questions toujours d’actualité avec les difficultés économiques, et aussi parce que nous venons de célébrer la Journée Mondiale du Refus de la Misère !  Le chemin de Jésus passe par la libération effective et concrète de la misère et de l’oppression pour que chaque personne puisse reconnaître de quel amour elle est aimée. C’est Maurice Zundel qui écrivait : “Quand y aura-t-il un partage équitable du commun patrimoine ? Combien doivent douter qu’ils aient un Père, n’ayant pas de frères pour leur en montrer l’image ?”

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Evangile du 28° dimanche dans l’année A – 15 octobre 2017

Posté par rtireau le 11 octobre 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14. 
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. 
Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. 
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.” 
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; 
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. 
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. 
Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. 
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” 
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. 
Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. 
Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. 
Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” 
Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

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Homélie

Posté par rtireau le 11 octobre 2017

28° dimanche dans l’année A – 15 octobre 2017

Isaïe 25, 6-9 ; Psaume 22 ; Philippiens 4, 12-14.19-20 ; Matthieu 22, 1-14

Etrange noce où les invités se défilent ! Certains empoignent les messagers et les tuent. Le roi déclenche une expédition punitive et fait ramasser tous les passants pour remplir la salle. L’un d’eux n’a pas le vêtement de noces et se fait jeter dehors ! Stupéfiant.

Il est éclairant de savoir que Matthieu a soudé ensemble deux paraboles distinctes :

- Dans la 1ère, Jésus raconte les relations de Dieu avec Israël et le drame qui se noue autour de lui. Beaucoup de mots ont déjà été employés par les prophètes, et les juifs comprenaient sûrement très bien : le roi, c’est Dieu ; les noces symbolisent la rencontre de Dieu et des hommes ; les serviteurs sont les prophètes souvent malmenés ; les invités sont les juifs fidèles, et comme ils ont refusé, ce sont les prostituées et les marginaux qui entreront. En fait, Jésus décrit ce qu’il est en train de vivre : beaucoup de notables et d’hommes vertueux le critiquent alors que tout un menu peuple méprisé vient vers lui. Lorsque Matthieu écrit sa parabole, plusieurs dizaines d’années après les événements, la coupure est vive entre les juifs et les chrétiens dont beaucoup viennent du paganisme. Comment expliquer qu’Israël ait refusé Jésus ? La parabole répond : ils étaient les premiers invités mais ils ont refusé l’invitation, jusqu’à tuer Jésus.

- Une seconde parabole est raccordée à la première pour dire aux païens devenus chrétiens de ne pas se croire installés dans le Royaume ! Aucune garantie magique n’est donnée à personne.

Quelques réflexions sur ce texte et sur les invités dont il parle :

1/ des invités qui refusent. Ils ont de bonnes raisons : un champ, un commerce, ou une envie de tranquillité. Comme dans ce club ACE un jour : des 6 copains, aucun n’était venu et il restait une montagne de crêpes.

Un superbe repas où personne ne vient, ça n’arrive jamais. Mais en Église, c’est fréquent, si bien qu’un jour un enfant avait dessiné plein de monde dans la rue, et dans l’église très peu. Et il avait mis une bulle qui disait : “Il en manque beaucoup.”

2/ des invités qui tuent. Ça dérange, d’être invité : ou bien il faut bouger, ou bien il faut dire non, ou bien dire oui et ne pas y aller. Mais de toutes façons la balle est dans notre camp. Et puis, difficile de supporter quelqu’un qui m’invite si moi-même je n’invite jamais.

3/ des invités qui viennent. Là on est bons, c’est sûrement de nous qu’il s’agit. En fait ce n’est pas si simple : il y a des bons et des mauvais et ce ne sont pas ceux qui étaient prévus qui sont là. Mais alors on aura des surprises là-haut !

En tous cas aucun refus n’a arrêté ce roi qui a envoyé ses serviteurs sans se lasser : “Invitez tous ceux que vous pourrez trouver.” Et ils ont ramassé les mauvais comme les bons. Quelle joie de penser que nous sommes peut-être les ramassés de la dernière chance, des gens qu’on n’a pas regardés de trop près, et heureusement ! Habituellement, dans la société, on sélectionne les invités. Il faut être efficace : on n’invite pas des mécanos à un congrès de médecine. Mais quand il s’agit du Royaume, de l’Eglise rassemblée, le principe est inversé : on prend ceux qui viennent et on fait ensemble la communion. Pas étonnant que le résultat soit quelquefois surprenant.

4/ des invités qui se laissent rassembler. La question du vêtement est terrible. Ce n’est pas une question de bon ou de mauvais puisque tous sont invités. Alors ?

- Il parait qu’en Palestine, au temps de Jésus, l’habit de noces est fourni à l’entrée par celui qui donne le festin. Et donc, si l’homme n’a pas revêtu l’habit, c’est simplement parce qu’il l’a refusé.

- Ou alors c’est quelqu’un qui serait là, revendiquant l’anonymat ou refusant de participer. Être inscrit sur le registre de baptême est une chose. Mais prendre une part active est une autre affaire. Et ce n’est pas si simple d’endosser la robe de la participation, la robe du sourire et de tous ces petits gestes d’accueil qui semblent anodins mais qui sont des symboles, c’est à dire importants.

5/ Les invités ont eu besoin d’invitants. Vous pouvez y aller, la maison Église est très grande. Elle est vraiment faite pour une famille nombreuse.

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Evangile du 27° dimanche dans l’année A – 8 octobre 2017

Posté par rtireau le 5 octobre 2017

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43. 
En ce temps-là,  Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. 
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. 
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. 
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. 
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” 
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” 
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. 
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » 
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » 
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’ 
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

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Homélie

Posté par rtireau le 5 octobre 2017

27° dimanche dans l’année A – 8 octobre 2017

Isaïe 5, 1-7 ; Psaume 79 ; Philippiens 4, 6-9 ; Matthieu 21, 33-43

Jésus a prononcé cette parabole à Jérusalem, dans une des grandes cours du Temple, quelques jours seulement avant d’être arrêté. Le contexte était lourd de menaces. On lui reprochait de ne pas observer la Loi de Moïse, de ne pas respecter le Temple, de blasphémer le nom sacré de Dieu en osant l’appeler Père. Il pouvait bien expliquer son message, on refusait de l’écouter. Il en venait à constater avec tristesse : “Ils ont des oreilles pour entendre et ils ne veulent pas entendre.”

C’est donc devant des notables sûrs d’eux-mêmes qu’il prononce cette parabole sévère qui raconte une série d’assassinats où prêtres et pharisiens se sentaient forcément visés. Au verset 45 (2 lignes après notre texte), il y a la fameuse petite phrase : “Les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux.” Ce n’est pas si souvent qu’on comprend que l’évangile parle de nous. Jésus va même jusqu’à leur laisser le soin de conclure la parabole en les interrogeant : “Quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ?” Ils répondent : “Ces misérables, il les fera périr misérablement” (traduction littérale : “Ces méchants, il les tuera avec méchanceté”). 

Et, à travers leur réponse, on comprend bien qu’ils pensent que Dieu est comme eux, rendant coup pour coup, œil pour œil, dent pour dent. Jésus corrige leur réponse : lui, le fils envoyé par Dieu sera tué par les vignerons, mais Dieu ne répondra pas par la violence aux misérables qui vont tuer son Fils. En effet la mort du Christ ne sera suivie d’aucun massacre. Au contraire, faisant la volonté de son Père, Jésus pardonnera lui-même à ses juges et à ses bourreaux. Car Dieu n’est ni méchant ni vengeur. Comme le dit le psaume 108 : “Ils maudissent, toi tu bénis.” La revanche de Dieu, selon l’expression d’Isaïe, résidera dans le fait qu’il ne détruit pas sa vigne, qu’il la confie à d’autres en espérant que ceux-ci lui feront produire de meilleurs fruits.

Devant ces hommes passionnés par l’amour de leur patrie, Jésus annonce : “Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera porter ses fruits.” Il risque sa vie et il le sait. Dieu l’a chargé d’annoncer une Bonne Nouvelle qui tient en quelques mots : “Tout homme est aimé par un Dieu Père, tout homme est appelé à devenir fils de Dieu, tous les hommes sont frères.” Ce message bousculait la routine et suscitait colère et haine. Jésus restait fidèle à sa mission : il ne pouvait se renier lui-même. Mais la croix se profilait déjà. “Il est grand le mystère de la foi.” On le chante ! Et le plus grand mystère que nous sommes appelés à recevoir dans la foi, c’est celui de la croix du Christ qui continue de nous concerner encore aujourd’hui ! La phrase de Jésus reste vraie : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.”

Donner sa vie comme le Christ ! Il arrive que des hommes soient conduits à donner leur vie pour sauver celle d’autres hommes : des sauveteurs dans un incendie ou un tremblement de terre, ou des volontaires de la paix dans un pays déchiré par la guerre. Les disciples du Christ sont appelés à être présents dans de telles situations. C’est d’ailleurs l’honneur des chrétiens que de l’être fréquemment. On  évoque souvent le Père Maximilien Kolbe qui échangea sa mort contre la vie d’un de ses compagnons de déportation. Ou le visage de mère Térésa qui donnait sa vie aux miséreux de Calcutta. Toutes ces femmes et tous ces hommes qui ont bien compris que c’est la vocation de l’homme que de donner parce qu’il ne possède pas.

Pour donner sa vie à la suite du Christ il y a ainsi des gestes héroïques. Mais il y a aussi des dons de soi plus modestes, plus discrets. Ça s’appelle écoute, partage, entraide avec tant d’hommes et de femmes écrasés par la maladie, le chômage, le mépris, la guerre. Le Christ crucifié s’est voulu solidaire de toutes les misères et notre regard sur la croix nous rappelle que mille gestes sont à inventer pour redire au monde que le don de soi fait exister un amour qui ne se paye pas de mots.

“La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle.” Quand les hommes tuent Jésus, quand tu rejettes le Christ, il continue d’être la base solide de tout l’édifice de l’humanité. En clair, dans cet évangile, c’est avec ce qui est exclu et rejeté que l’on bâtit l’avenir. Et quand on y arrive, comme dit saint Paul, “le Dieu de la paix est avec nous.”

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