Homélie

Posté par rtireau le 11 octobre 2017

28° dimanche dans l’année A – 15 octobre 2017

Isaïe 25, 6-9 ; Psaume 22 ; Philippiens 4, 12-14.19-20 ; Matthieu 22, 1-14

Etrange noce où les invités se défilent ! Certains empoignent les messagers et les tuent. Le roi déclenche une expédition punitive et fait ramasser tous les passants pour remplir la salle. L’un d’eux n’a pas le vêtement de noces et se fait jeter dehors ! Stupéfiant.

Il est éclairant de savoir que Matthieu a soudé ensemble deux paraboles distinctes :

- Dans la 1ère, Jésus raconte les relations de Dieu avec Israël et le drame qui se noue autour de lui. Beaucoup de mots ont déjà été employés par les prophètes, et les juifs comprenaient sûrement très bien : le roi, c’est Dieu ; les noces symbolisent la rencontre de Dieu et des hommes ; les serviteurs sont les prophètes souvent malmenés ; les invités sont les juifs fidèles, et comme ils ont refusé, ce sont les prostituées et les marginaux qui entreront. En fait, Jésus décrit ce qu’il est en train de vivre : beaucoup de notables et d’hommes vertueux le critiquent alors que tout un menu peuple méprisé vient vers lui. Lorsque Matthieu écrit sa parabole, plusieurs dizaines d’années après les événements, la coupure est vive entre les juifs et les chrétiens dont beaucoup viennent du paganisme. Comment expliquer qu’Israël ait refusé Jésus ? La parabole répond : ils étaient les premiers invités mais ils ont refusé l’invitation, jusqu’à tuer Jésus.

- Une seconde parabole est raccordée à la première pour dire aux païens devenus chrétiens de ne pas se croire installés dans le Royaume ! Aucune garantie magique n’est donnée à personne.

Quelques réflexions sur ce texte et sur les invités dont il parle :

1/ des invités qui refusent. Ils ont de bonnes raisons : un champ, un commerce, ou une envie de tranquillité. Comme dans ce club ACE un jour : des 6 copains, aucun n’était venu et il restait une montagne de crêpes.

Un superbe repas où personne ne vient, ça n’arrive jamais. Mais en Église, c’est fréquent, si bien qu’un jour un enfant avait dessiné plein de monde dans la rue, et dans l’église très peu. Et il avait mis une bulle qui disait : “Il en manque beaucoup.”

2/ des invités qui tuent. Ça dérange, d’être invité : ou bien il faut bouger, ou bien il faut dire non, ou bien dire oui et ne pas y aller. Mais de toutes façons la balle est dans notre camp. Et puis, difficile de supporter quelqu’un qui m’invite si moi-même je n’invite jamais.

3/ des invités qui viennent. Là on est bons, c’est sûrement de nous qu’il s’agit. En fait ce n’est pas si simple : il y a des bons et des mauvais et ce ne sont pas ceux qui étaient prévus qui sont là. Mais alors on aura des surprises là-haut !

En tous cas aucun refus n’a arrêté ce roi qui a envoyé ses serviteurs sans se lasser : “Invitez tous ceux que vous pourrez trouver.” Et ils ont ramassé les mauvais comme les bons. Quelle joie de penser que nous sommes peut-être les ramassés de la dernière chance, des gens qu’on n’a pas regardés de trop près, et heureusement ! Habituellement, dans la société, on sélectionne les invités. Il faut être efficace : on n’invite pas des mécanos à un congrès de médecine. Mais quand il s’agit du Royaume, de l’Eglise rassemblée, le principe est inversé : on prend ceux qui viennent et on fait ensemble la communion. Pas étonnant que le résultat soit quelquefois surprenant.

4/ des invités qui se laissent rassembler. La question du vêtement est terrible. Ce n’est pas une question de bon ou de mauvais puisque tous sont invités. Alors ?

- Il parait qu’en Palestine, au temps de Jésus, l’habit de noces est fourni à l’entrée par celui qui donne le festin. Et donc, si l’homme n’a pas revêtu l’habit, c’est simplement parce qu’il l’a refusé.

- Ou alors c’est quelqu’un qui serait là, revendiquant l’anonymat ou refusant de participer. Être inscrit sur le registre de baptême est une chose. Mais prendre une part active est une autre affaire. Et ce n’est pas si simple d’endosser la robe de la participation, la robe du sourire et de tous ces petits gestes d’accueil qui semblent anodins mais qui sont des symboles, c’est à dire importants.

5/ Les invités ont eu besoin d’invitants. Vous pouvez y aller, la maison Église est très grande. Elle est vraiment faite pour une famille nombreuse.

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