Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2017

Fête de la Toussaint – 1er novembre 2017

Apocalypse 7, 2-4. 7-19 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12a

- “Quelqu’un m’a fait de la peine; je ne m’y attendais pas. Je lui en ai voulu. J’ai reçu ça comme une claque. C’étaient des insultes. J’en avais gros sur la patate. Au bout d’un mois, j’ai réussi à passer dessus, à pardonner. J’ai dû prier pour y arriver. Mais dès que j’ai pardonné, j’ai été beaucoup plus paisible.” “Heureux les miséricordieux.”

- Une jeune maman : “Je ne sais pas si je prie. Par contre, ce que je sais : quand mes deux petits me mettent hors de moi, quand je sens que je craque et que ça va aller trop mal, alors, je m’en vais un peu seule. Je m’assois et je dis à Dieu : “Je te remets tout cela dans les mains parce que je sens que ce n’est plus moi tout à fait. Je laisse passer un peu de temps et quand je reviens vers les enfants, je ne les regarde plus pareil. Je suis redevenue moi.” “Heureux les doux.”

 - Et moi je repense de temps en temps aux obsèques, il y a quelques années, d’un certain Mr Jacques (que j’avais connu au mouvement ATD 1/4 monde) : on avait tous un merci à dire à Dieu pour la chaleur de cet homme qui n’avait rien, mais qui forçait l’amitié, qui disait quelque chose du Dieu Amour dans son amour pour ses enfants et ses amis. Dans toute la célébration, en présence du Père Joseph Wrésinski qui vivait encore, pas une trace d’accusation de Dieu pour toute cette misère. Un acte d’Église exemplaire qui m’a dit quelque chose de fort sur les béatitudes : “heureux les pauvres.”

C’est un des textes les plus connus de la Bible que cet extrait du discours sur la Montagne. Beaucoup ont essayé des traductions différentes, tellement le mot heureux leur paraissait un peu béat (béatitude). Un certain Mr Chouraqui, bien connu des biblistes, a traduit : Allégresse. C’est plus nerveux. Un autre a dit : Tressaillement. Un autre encore : En marche. Debout. Tout ça est enrichissant. Mais ce qui est encore plus important, c’est de comprendre que ce discours sur la montagne n’est pas seulement un discours. Mais c’est le poids de toute une vie, la vie même de Jésus. C’est de lui qu’il parle. Les Béatitudes sont l’expérience de sa vie. Et du coup le mot heureux y est à prendre au sens de félicitation pour une attitude déjà existante. Jésus n’a jamais dit à personne : “Vous êtes pauvres, donc vous êtes heureux…” ; encore moins : “Soyez pauvres pour être heureux.” Non, il a dit : “Vous êtes pauvres, le bonheur vient à vous malgré tout.” Et il a pu le dire parce qu’il apportait ce bonheur, parce qu’il est lui-même la joie et le bonheur de Dieu. Car ce n’est pas un songe creux : cette humanité douce et courageuse, pacifique et généreuse, cette humanité désencombrée de tout, éprise de justice, nous l’avons vue, nous la voyons, sur le visage de Jésus et sur celui de tant d’être aux vies données et ardentes, d’hier et d’aujourd’hui, tous ceux-là que nous fêtons aujourd’hui. Ce sont eux, les saints, ceux qui ne calent jamais dans leur projet d’amour pour l’homme.

• Les Béatitudes, c’est une expérience de vie. Et de ce fait le sens du mot béatitude n’est accessible qu’à ceux qui en vivent quelque chose. (Les autres, on leur dit : “tu es trop jeune, tu n’es pas passé par là, tu ne peux pas comprendre encore, tu verras plus tard.”)

Le sens de certaines béatitudes n’est même quelquefois accessible qu’à ceux qui ont vécu des coups durs : “Ils savent, disait un moine de l’Eglise d’Orient, que les lèvres peuvent déjà sourire quand les yeux sont encore mouillés de larmes.”

Les saints, ce sont ceux qui laissent Dieu exister en eux dans les joies comme dans les moments durs, malgré les pleurs, les bagarres, les souffrances et la misère. Ils sont des heureux malgré tout, quoi qu’il leur arrive. Les saints, ce sont ceux qui laissent Dieu exister en eux … car Dieu est toujours là, même si parfois, dans un coup dur, ce n’est qu’après qu’on découvre qu’il était là. On réalise, après, que Dieu était là dans ce coup dur, non pas cause, non pas coupable, mais présent, permettant l’amour vécu dans l’événement quel qu’il soit. Dieu présence d’amour quoi qu’il arrive.

Xavier Thévenot, un moraliste que j’aime bien, dit : “La vraie morale, c’est une convocation à l’espérance malgré toutes les raisons de désespérer. Les Saints que nous fêtons aujourd’hui, laissons-les  nous convoquer à l’espérance.

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