Homélie

Posté par rtireau le 21 décembre 2017

4° dimanche de l’Avent B – 24 décembre 2017

2 Samuel 7, 1-5.8b-12.14a.16 ; Psaume 88 ; Romains 16, 25-27 ; Luc 1, 26-38

Dieu n’a pas oublié sa promesse à son peuple. Il choisit Marie, comme il avait choisi Abraham, Moïse et David. Un messager annonce qu’il va réaliser sa promesse qui dépasse toutes les espérances : à Abraham, il avait promis un fils, c’est son propre fils que Dieu donne ; avec Moïse, il avait libéré son peuple, c’est toute l’humanité que Jésus va libérer ; avec le petit berger David, il avait donné un roi à son peuple, avec Jésus, son Fils, Dieu nous donne le berger qui conduit à la Vie.

David (1ère lecture), n’est plus un petit berger. Il est devenu roi et vient de s’installer “dans une maison de cèdre”. Et il trouve choquant que l’Arche d’Alliance, que le peuple a porté partout, soit toujours sous la tente. Quand on était nomade c’était normal. Maintenant qu’on est installé, il faut installer Dieu. Le prophète Nathan semble même d’accord : “Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le…” Mais après une nuit de réflexion et de prière, sa conclusion change, et il dit qu’il ne faut pas faire de maison ni de temple à Dieu, que c’est lui qui fera une maison à David, c’est à dire une descendance. La maison de Dieu pour toujours, ce n’est pas un temple, c’est quelqu’un, le fils de Marie. Pas besoin de maison pour Dieu, il n’est pas là à demeure, il est en déplacements. Dieu, il est en Jésus et en tout homme, et ça lui donne tout plein de visages différents.

Alors nos églises, faut-il les démolir ? Non ! Mais nous souvenir qu’elles sont faites pour se rassembler, pas pour s’installer. Remarquez, habituellement, personne ne s’y installe pour y dormir. Mais la tentation peut être grande d’y installer Dieu. Parce que c’est commode qu’il soit à cet endroit, où il ne dérange pas trop et où l’on pourra venir le trouver en cas de besoin. Eh bien non ! Dieu est en déplacements. Il attend d’être accueilli en chemin. Si on veut rester avec lui, il ne faut pas rester ici, pas trop longtemps en tous cas. Au caté, un jour, on a appris un secret : le Seigneur, il est au rendez-vous des copains.

Marie dit un oui à Dieu qui l’engage totalement. En toute confiance, elle se rend disponible à l’Esprit. Avoir le courage de dire oui à la naissance de Dieu en nous afin qu’il soit le compagnon discret et fort de nos vies. Par quel chemin, ce oui ? Juste un  exemple pour donner à penser : c’était à Noël. Au moment d’aller communier, une maman confie son bébé à sa propre mère. La grand-maman regardait l’enfant et chantait : “En lui viens reconnaître, en lui viens reconnaître ton Dieu, ton Sauveur”. Et l’enfant regardait sa grand-mère et il recevait la bonne nouvelle parce que, du même mouvement, elle provenait de l’amour de Dieu et de l’amour de sa mamie. Heureux ceux qui vivent de l’amour de Dieu et qui annoncent cet amour de tout leur amour humain.

Le texte de l’Annonciation est un des textes les plus spirituels de saint Luc. Car c’est un enseignement, un déploiement de l’acte de foi de Marie. D’abord, il y a l’initiative de Dieu : dans la Bible, quand il y a un Ange, c’est pour dire que Dieu est là. Et puis, il y a une hésitation : Marie qui questionne. Dans l’acte de foi, on a le droit au doute, aux interrogations : “Comment cela va-t-il se faire…?” Enfin, il y a la réponse : “Que tout m’advienne selon ta Parole.” 

Pour nous aussi, Dieu parle. Ange est la traduction du mot grec qui veut dire messager. Dieu parle toujours par intermédiaire, par la Bible, par les événements, les rencontres. L’ange de Dieu est envoyé à chacun et il est messager de la naissance de Dieu en tout homme : “Dieu engendre à tout moment son Fils en toi”, disait le poète Angelus Silesius. La demande qui m’est faite est un peu semblable à celle adressée à Marie : “Veux-tu donner un corps au Fils de Dieu ? Veux-tu mettre au monde le Fils de Dieu ?” Le Christ veut venir. C’est à nous de le mettre au monde. Nous sommes le Corps du Christ et il n’a pas d’autres mains que les nôtres…

Et nous avons droit au doute nous aussi : “Comment cela va-t-il se faire ?” Rendre visible le Christ dans ma famille, dans ma profession, dans mon quartier ? Moi ! Je suis trop vieux, ma vie est trop moche, j’ai trop de travail.  Et pourtant Dieu attend ma réponse confiante : Seigneur, je ne comprends pas trop, mais : “Me voici ! Qu’il me soit fait selon ta Parole.”

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