Homélie

Posté par rtireau le 24 janvier 2018

4° dimanche dans l’année B – 28 janvier 2018

Deutéronome 18, 15-20 ; Psaume 94 ; 1 Corinthiens 7, 32-35 ; Marc 1, 21-28

Au temps de Jésus, il paraît que les guérisseurs étaient tellement nombreux que les gens ne savaient plus à quel guérisseur se vouer. Saint Marc, qui s’y connaît en possédés et en démons, donc en guérisons, Saint Marc voit bien que le jeune rabbi Jésus ne guérit pas comme les autres. Il guérit en homme qui a autorité. Guérir, parler, enseigner avec autorité, ça veut dire quoi ? Le texte répond : pas comme les scribes.

Jésus enseigne dans la synagogue. Tout à coup, le silence se fait. Le ton est inhabituel. La parole est libre. Pourtant, on le connaît bien, Jésus, le jeune charpentier. Ce jour de sabbat, dans la synagogue où il est souvent venu, il s’est avancé pour faire la lecture et la commenter. Tout juif instruit pouvait faire ça. Souvent c’était un scribe, et il reprenait et discutait l’enseignement des Anciens. Les scribes en effet s’abritaient derrière l’autorité des textes. On leur obéissait parce qu’ils occupaient une place dans la hiérarchie, parce qu’ils détenaient un savoir, un pouvoir que les autres ne possédaient pas. Pour reprendre l’expression du Père Pierre Calimé (Autun), “les scribes ne parlaient pas leur propre parole”. Ils répétaient un discours venu d’ailleurs. Jésus, lui, s’implique lui-même comme en témoignent dans les évangiles les nombreuses fois où il répète : « On vous a dit que… Eh bien moi je vous dis… » Il parle sans se défausser sur les Anciens car il pose sa parole comme une nouvelle source de référence : il est l’homme de la dernière parole de Dieu.

Jésus parle sans s’abriter. Du coup, toute l’assemblée se réveille : “On était frappé par son enseignement car il enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes.” Qu’est-ce qu’il enseigne ? Saint Marc ne le dit même pas. Mais il décrit une assurance, l’éclat d’une voix, le rayonnement d’un regard.

Et un homme se dresse tout d’un coup, un homme que tourmentait un esprit mauvais. Il crie : “Es-tu venu pour nous perdre ?” Comme pour se protéger, il dévoile l’identité de Jésus : “Je sais fort bien qui tu es, tu es le Saint de Dieu.” Les premiers chrétiens emploieront plus tard cette expression pour désigner Jésus. Jésus impose le silence à l’esprit mauvais et lui ordonne de sortir de cet homme. Il y a un cri. Et puis c’est l’apaisement. Les assistants s’interrogent : “Qu’est-ce que cela veut dire ?” Leur surprise ne vient pas d’abord de l’exorcisme réussi, mais de l’enseignement nouveau, donné avec autorité. C’est à cette autorité que les esprits mauvais eux-mêmes obéissent !

A l’époque, dans le monde juif comme ailleurs, on apercevait facilement le démon derrière la maladie. Et l’exorcisme était pratiqué dans beaucoup de religions, avec tout un cérémonial. L’originalité de Jésus, c’est la sobriété de son intervention : quelques mots brefs. Son enseignement, son autorité, ses initiatives vont ébranler toute une société. Miracles, guérisons, exorcismes de Jésus signifient qu’une force de vie et de renouveau est à l’œuvre.

Il enseignait avec autorité… On ne fait pas autorité parce qu’on serait intelligent, ou orateur ou diplômé. Des gens tout simples font autorité parce qu’ils parlent leur propre parole. Peu importe alors qu’elle soit balbutiante. Nous n’avons aucun droit à l’autorité. Ce n’est pas parce que je suis ton père ou ta mère ou Monsieur le curé ou Monsieur le professeur que j’ai droit à l’autorité. Je serai respecté, si je livre ma propre parole et si mon autorité guérit, c’est-à-dire délivre au lieu d’enchaîner. On demande des guérisseurs, pas des détrousseurs de personnalité comme il en court beaucoup. On demande des guérisseurs, des hommes et des femmes qui font autorité.

Jésus refuse d’être appelé le Saint de Dieu. Tout au long de l’évangile de Marc les foules iront d’étonnement en étonnement : “Qui est cet homme ?” Jésus ne se laissera enfermer dans aucun titre. C’est sa vie tout entière qui montrera son chemin et révélera qui il est. Quand tout aura été accompli dans le don total, c’est un soldat romain qui s’exclamera : “C’était vraiment le Fils de Dieu.” Face au jeune charpentier crucifié, face à l’avenir ouvert.

Dans notre texte Jésus enseigne et libère des esprits mauvais. C’est sa journée type. J’ai à faire ça chaque jour, avec Jésus. C’est ma journée type de chrétien.

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette