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Une très belle histoire de Confession

Posté par rtireau le 13 mars 2018

confession

LA CONFESSION

J’avais 7 ans et c’était le veille du grand jour : le jour de ma « communion privée ». J’y avais été affectueusement et longuement préparé par mes parents et ma chère marraine. Restait une étape importante à franchir : la confession … Ça, c’était difficile !

D’abord apprendre des prières compliquées : « Je confesse à Dieu » et « Acte de contrition » avec un tas de mots que je ne comprenais pas. Et puis surtout chercher mes péchés. Ma marraine, ma confidente, m’y aida en grand secret.

Ce samedi soir, donc, j’étais à l’église, attendant mon tour dans la pénombre, très angoissé … Enfin, maman m’a poussé avec un sourire : c’était mon tour ! J’ai soulevé le rideau du confessionnal : Il faisait tout noir. Je suis resté debout, comme on me l’avait dit, pour être à la hauteur de la grille. Prenant ma respiration, j’ai récité le « Je confesse » jusqu’à « C’est ma faute … ». Puis j’ai dit mes péchés, en baissant peut-être un peu ma voix. Enfin libéré, à toute allure, le reste du « Je confesse », et l’acte de contrition dans la foulée. Je suis ressorti, fier, délivré, et cependant un peu inquiet … Finalement, ça c’était mieux passé que je le redoutais. Peut-être que j’avais oublié quelque chose ou pas fait vraiment ce qu’il fallait ?…

Je n’eus pas le temps de m’interroger beaucoup, Monsieur l’abbé est sorti du confessionnal et, avec un bon sourire, a expliqué à maman que, en fait, c’est à la porte du guichet encore fermée que je m’étais confessé … Il fallait recommencer ! … On m’aida à me réinstaller. J’étais complètement perdu. Heureusement, c’est Monsieur l’abbé qui s’est mis à parler. Longtemps, gentiment … Jésus allait venir dans mon cœur, c’était un grand jour… Je l’écoutais sous le charme. Et puis, tout à coup, la panique me saisit et je n’entendais plus rien … Alerté par un reniflement ou un sanglot, Monsieur l’abbé questionna : « Tu pleures ? … » Et dans le plus profond désespoir, j’arrivais à répondre : « J’ai oublié tous mes péchés ! … » C’était la catastrophe ! Mais l’abbé répondit : « Tu as oublié tous tes péchés ? … Tous ? … Oh ! Que je suis content ! Ça prouve que Jésus aussi les a oubliés et il ne veut plus que tu t’en rappelles ! Maintenant, il est comme toi, il dit : Vivement demain, la communion ! … »

J’étais heureux, heureux, heureux … Je suis rentré à la maison en sautant d’un pied sur l’autre. Le lendemain fut un jour de fête inoubliable …

C’est comme ça le dialogue : J’avais tout dit, tout, vraiment tout, et je n’avais pas été entendu parce que la porte était fermée. Dans un deuxième temps, je n’ai rien dit, rien, et j’ai été parfaitement entendu et compris parce que la porte était ouverte.

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Evangile du 5°dimanche de Carême – 18 mars 2018

Posté par rtireau le 13 mars 2018

blé

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,20-33. 
En ce temps-là, il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » 
Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. 
Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. 
Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. 
Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. 
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » 
Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! 
Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » 
En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » 
Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. 
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; 
et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » 
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

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Homélie

Posté par rtireau le 13 mars 2018

5° dimanche de carême B – 18 mars 2018

Jérémie 31, 31-34 ; Psaume 50 ; Hébreux, 5, 7-9 ; Jean 12, 20-33

Nous sommes tout près de la grande semaine, que nous appelons sainte. Tout devient petit à petit plus intérieur, comme les mots de Jérémie (1ère lecture) au sujet de l’Alliance : “Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur.” L’Alliance n’est plus un contrat mais une manière d’exister. C’est de l’intérieur que l’homme sait comment il doit se comporter devant Dieu qui entretient avec lui une relation de connaissance mutuelle. L’homme découvre Dieu en contemplant Jésus qui chemine vers le Père.

Ce sont les derniers jours de Jésus qui nous révèlent le plus sa relation avec le Père. Jésus laisse voir le dernier moment de sa vie comme un passage. Il en est bouleversé et se met à prier : on se croirait à l’agonie au Jardin de Gethsémani. La voix du ciel retentit comme à la Transfiguration : personne ne peut voir le Père sans être transfiguré. Le Père atteste qu’il est avec Jésus, que sur le chemin de croix brille la gloire de Dieu. Révélation paradoxale : l’amour rayonne en se dévouant jusqu’à l’extrême. Quand Dieu vient habiter un visage et se jeter dans les remous de nos sociétés, voilà comment il laisse voir sa présence éblouissante.

Jésus, dès ses premières paroles publiques en Galilée, avait regardé le grain s’envoler de la main du semeur, se perdre dans les ronces et la rocaille, mais aussi porter du fruit dans la bonne terre. C’était pour lui une image du don que Dieu offre et même gaspille chez les hommes. Jésus avait reconnu le Royaume de Dieu jusque dans la semence qui pousse toute seule, jusque dans la graine la plus minuscule (sénevé) qui va déployer des branches en plein ciel. Mais aujourd’hui, voilà qu’il se présente lui-même comme la semence. Cette histoire de grain de blé est comme une autobiographie. Le grain de blé, c’est lui. Et toutes les résurrections, tous les repas autour du pain d’action de grâces, toute la gloire de Dieu illuminant les visages, tous ces moments sont déjà là à travers une parole, et bientôt (le Jeudi Saint) à travers des gestes. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Le grain de blé qui meurt… pour vivre ! Par sa Pâque, Jésus nous révèle qui est Dieu, et qui est l’homme.

Qui est Dieu ? Non pas le dictateur tout-puissant de nos imaginations. Mais un Dieu qui se donne et qui aime jusqu’au bout : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.” La loi essentielle du mystère de Dieu est celle du grain de blé. Jésus ne garde rien pour lui-même. Il n’est pas tenté par le suicide, mais il vit sa mort comme une solidarité avec l’humanité souffrante. Il ne fait pas de raisonnement devant sa croix, il l’envisage comme des semailles. Durant l’hiver, le grain de blé enfoui dans la terre semble mort. Mais il pointe au printemps et devient épi, promesse de moisson. La vraie mort n’est pas physique, mais c’est plutôt le refus de se donner, le repli stérile sur soi-même.

Qui est l’homme ? Cette révélation du cœur de Dieu est aussi dévoilement de ce qui fait le fond de notre cœur : nous sommes faits, nous aussi, pour le don total de nous-mêmes dans l’amour. Pour nous non plus, pas de plus grand amour que de donner notre vie pour ceux que nous aimons. La loi du grain de blé qui se dissout en terre pour resurgir démultiplié, c’est notre loi à nous aussi qui avons été créés à l’image de Dieu.

Des Grecs, des pèlerins étrangers (début de notre évangile) veulent voir Jésus ? A travers eux, on aperçoit déjà la grande diversité des peuples qui regarderont vers lui au long des siècles. “Quand j’aurai été élevé de terre, disait Jésus, j’attirerai à moi tous les hommes”. Et ça continue avec tous ceux qui lèvent encore les yeux vers la croix. Je pense à ces enfants qui visitaient une église. C’est leur guide qui raconte : “Les enfants écoutent sagement, mais peu à peu, je sens leurs regards scotchés sur la grande rosace multicolore représentant le Christ sur une immense croix. Et des mains se lèvent : « C’est qui le monsieur qui est cloué comme ça ? Pourquoi on lui a fait ça ?»

Grain de blé qui meurt pour vivre ! Nous savons qu’elle est vraie cette annonce. Car tous ceux qui se sont mis à vivre comme Jésus, on a souvent essayé de les faire taire. Quelquefois même on a réussi. Mais chaque fois, ils parlent encore plus fort quand ils sont morts que durant leur vie.

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