Homélie

Posté par rtireau le 28 mars 2018

Veillée pascale : 31 mars 2018  - Marc 16, 1-7

Je vous ai déjà parlé de Bénédicte, 9 ans, qui était au caté. Une dame lui a parlé de la Résurrection de Jésus. Ses yeux brillaient : c’était la première fois qu’elle entendait pareille annonce. De retour à la maison Bénédicte s’est plantée devant sa maman : “Maman, la dame nous a dit que Jésus est ressuscité après sa mort, comment se fait-il que tu ne me l’avais jamais dit ?”

Dans l’évangile de ce soir, nous sommes le 1er jour de la semaine. Après le repos du sabbat, les femmes reprennent leur travail là où elles l’avaient laissé. Elles ont tout préparé pour terminer la sépulture de Jésus. Elles ont donc, d’une certaine façon, un rendez-vous avec la mort. Il y a des jours comme ça où l’on a l’impression d’avoir rendez-vous avec la mort :

- ça n’a pas marché à l’école ou au travail. Il faut pourtant bien y retourner.

- On est au chômage et chaque matin, il faut bien repartir, mais où ?

- il y a eu la catastrophe, l’accident, et on se retrouve aux obsèques d’un jeune.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, les femmes ont rendez-vous avec la mort et la vie ne va cesser de les surprendre et de les devancer :

- elles ont eu beau partir de grand matin, le soleil est déjà levé ;

- elles se demandent : “Qui nous roulera la pierre” ? Et la pierre est déjà roulée ;

- elles vont au rendez-vous d’un corps à embaumer et il n’y a plus de cadavre, mais c’est un jeune homme vêtu de blanc qui leur donne un rendez-vous de vie : « Les morts ne dorment pas où leur nom est gravé » a écrit Simone Conduché.

Et ce rendez-vous de vie va avoir lieu en Galilée, comme au début : en Galilée où Jésus avait inauguré sa mission ; en Galilée, lieu du brassage entre juifs et païens, symbole de l’ouverture au monde entier. Rendez-vous donc en Galilée pour un nouveau départ à la suite de Jésus. Car la mort n’a pas eu le dernier mot sur sa vie qu’il a donnée par amour.

Heureuses femmes qui se sont laissées saisir par cette Bonne Nouvelle de résurrection. La fin du texte les montre hésitantes, mais elles se sont laissées saisir. Les voilà dans un inconnu vertigineux qu’elles ne peuvent éviter, car il vient de Dieu. Un bonheur inattendu devient possible. Elles venaient pleurer l’ami, et c’est la joie qu’il leur offre. Elles venaient classer une affaire de mort. Elles sont renvoyées à leur VIE quotidienne. C’est ça la foi chrétienne : non pas courir après je ne sais quel merveilleux ou miraculeux pour oublier le quotidien, mais retourner sans cesse à notre Galilée, c’est à dire à notre quotidien, avec des yeux neufs, des yeux qui croient au ressuscité et qui sont capables de le reconnaître sur les visages les plus divers. Rappelez-vous la fameuse formule baptismale : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus que personne n’a encore montré comme tu sauras le faire !”

Connaissez-vous la parabole du sage qui interroge ses disciples : “A quoi pouvons-nous reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour se lève ? – C’est lorsque l’on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton ? – Non ! – C’est quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ? – Non ! La réponse est : lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu reconnais ton frère. Jusque là, il fait encore nuit dans ton cœur.” Voilà le regard nouveau auquel les chrétiens sont chaque jour invités. Le message de Pâques, c’est que pour un chrétien il n’y jamais de rendez-vous avec la mort. Il n’y a que des rendez-vous de vie.

La Résurrection n’est donc pas un souvenir, mais l’événement toujours actuel dont les effets continuent de se manifester. Jésus n’a pas dit : “Faites cela en souvenir de moi.” Il a dit : “Faites cela en mémoire de moi.” C’est toute la différence entre le mot souvenir et le mot mémoire. Quand nous faisons l’Eucharistie en mémoire de lui, ce n’est pas seulement un souvenir puisque c’est bien lui qui se donne réellement encore aujourd’hui. De même quand nous partageons, quand nous aidons, c’est bien lui qui se rend présent et son Esprit agit à travers ces gestes. Quand le colonel Beltrame a fait son grand et beau geste, c’est bien le Christ qui était présent par son Esprit… Le monde entier en a été ému, pour longtemps.

Bientôt on va redire aux nouveaux baptisés : “Fais paraître dans ta vie un aspect du visage du Christ que personne avant toi n’a su montrer comme tu sauras le faire…” Car c’est bien chacun qui est invité à vivre de l’Esprit du ressuscité, et à le montrer réellement dans sa vie. Il ne faut pas que Bénédicte continue d’attendre.

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