Evangile du 6° dimanche de Pâques dans l’année B – 6 mai 2018

Posté par rtireau le 30 avril 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 9-17. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. 
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. 
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

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Homélie

Posté par rtireau le 30 avril 2018

6° dimanche de Pâques dans l’année B - 6 mai 2018

Actes 10, 25-26.34-35.44-48 ; Psaume 97 ; 1 Jean 4, 7-10 ; Jean 15, 9-17

“Aimez-vous les uns les autres commeje vous ai aimés. - Commele Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.”Ce tout petit mot comme… et deux fois.

• “Aimez-vous les uns les autres commeje vous ai aimés.”Souvent, quand on cite cette phrase, on s’arrête au milieu. Et c’est déjà bien. Mais la seconde moitié commeje vous ai aimés” précise complètement le sens. Car elle nous interdit de penser amourau sens vague du terme : en effet, la manière dont Jésus a aimé n’était ni mièvre ni douceâtre. Et toute une société en était remuée : il renversait les barrièresentre les pécheurs et ceux qui se croyaient justes, entre les humbles et ceux qui se croyaient savants, entre les infirmes et ceux qui se croyaient bien-portants, entre les pauvres et les riches, entre les exclus et les notables. C’était une véritable révolution d’amour et combien concrète. Une révolution qui conduit jour ou l’autre, même si on en pressent déjà la réponse, à l’inévitable question : “Mais d’où lui venait donc cette énergie ?” 

• Et la réponse est dans le second comme“Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.” Nous voici alors proches des secretsque l’on pressent parfois en des instants privilégiés de l’existence, de ces instants de vertigetellement il est émouvant de sentir dans la fragilité de nos existences, à certains moments, uneénergiequi surgirait du cœur même de Dieu.

Mais est-ce que chacun réalise que le seul chemin qui peut conduire à cette mystérieuse expérience forte, à cette quasi expérience de Dieu, c’est bien le chemin concret de l’humain à la manière de Jésus et de toutes les barrières qu’il a renversées. Quand on ne le prend pas, ce chemin humain, quand on cherche même à l’éviter – et ça peut se comprendre, – quand on prétend doncrejoindre Dieu plus directement, seulement en regardant vers le ciel, sans regarder autour de soi, alors on peut s’imaginer rejoindre Dieu, mais est-ce bien le Dieu de Jésus ? 

Xavier Thévenot, théologien moraliste bien connu, a écrit ce qu’il appelait un carnet spirituelintitulé Avance en eau profonde. J’y ai trouvé entre autres la méditation qu’il fit en apprenant le décès du grand philosophe Emmanuel Lévinas. Pardon pour le vocabulaire un peu ardu de Lévinas. Mais en gardant en tête les deux commede l’Evangile, on doit pouvoir comprendre : “La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain. Une relation avec le Transcendant est une relation sociale. C’est là que le Transcendant, infiniment Autre, nous sollicite et en appelle à nous…Il faut œuvre de justice… pour que se produise la trouée qui mène à Dieu.” Si on prétend prendre un autre chemin, même sous prétexte de spirituel, on peut s’illusionner un moment que l’on vit de la profondeur, mais est-ce tellement sûr ? 

Tout s’éclaire naturellement quand on prend le chemin de l’homme. Un jour, lors d’une préparation de liturgiej’avais lu une petite phrase qui m’avait semblé intéressante dans la revue Signes : “L’amour véritable vient de Dieu qui nous l’a donné comme on transmet la vie à ses enfants.” Et ces quelques mots ont suffi pour qu’un papa qui était là nous parle spontanément de son expérience de père, c’est à dire d’un amour qui dure pour son enfant, même si celui-ci ne donne aucun retour ou déçoit terriblement. Il disait : “Une fois la douleur ou la colère un peu passée, on ne peut pas ne pas aimer…” Son émotion disait qu’il racontait là quelque chose de son expérience de Dieu qui aime.

Je pense aussi à chaque célébration d’obsèqueset au silence impressionnant qui s’établit au moment où l’on reprend en quelques mots le meilleur de la vie du défunt, au moment où l’on reprend tout ce qui a été amouren disant : “Tout ce qui a été partagé par amour dans une vie, Dieu le ressuscite”. Et ce silence en dit long alors sur la méditation de chacun. Beaucoup témoignent avoir vécu des expériences fortes dans ces moments-là. “La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain… Ilfaut œuvre de justice… pour que se produise la trouée qui mène à Dieu.”

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Evangile du 5° dimanche de Pâques dans l’année B – 29 avril 2018

Posté par rtireau le 25 avril 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 1-8. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. 
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. 
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. 
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. 
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. 
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. 
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. 
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

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Homélie

Posté par rtireau le 25 avril 2018

5° dimanche de Pâques  dans l’année B – 29 avril 2018

Actes 9, 26-31 ; Psaume 21 ; 1 Jean 3, 18-24 ; Jean 15, 1 … 8.

L’apôtre Jean a recueilli les dernières recommandations de Jésus avant sa mort. C’est comme un Testament dans les chapitres 15, 16 et 17 de son Évangile. Le texte de tout à l’heure en fait partie : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. - Demeurez en moi, comme le sarment demeure sur le cep ». En clair, essayez de rester branchés ! Le mot demeurerest répété sept fois en quelques lignes : « Demeurez en moi« . Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui demeurent dans le Christ. Comment demeurer dans le Christ ? Comment le rencontrer ? 

Eh bien ! On ne rencontre pas le Christ en direct, comme un voisin de pallier dans l’ascenseur. Car l’homme habite aussi ses relations, ses goûts, ses amitiés, ses responsabilités. Sa véritable demeure est intérieure. Demeurer, c’est vivre avec. L’Eglise nous apprend à rencontrer le Christ grâce à des médiations, grâce à des ainés dans la foi, comme on dit au caté. Elle parle de trois chemins pour rencontrer le Christ : le chemin dela Parole de Dieu, le chemin de la prièreet des sacrements, le chemin de la viequotidienne. 

Le chemin de la Parole : pour demeurer dans le Christ, il faut accueillir la Parole de Dieu. J’aime bien la petite histoire vraie que raconte un prêtre. Un homme lui dit : « Moi je suis incroyant.

- Je vous crois, Monsieur, mais avez-vous lu l’Evangile ? – Non, dit l’homme.

- Vous avez tout de même entendu parler de la parabole de l’enfant prodigue ? – Euh, non.

- Mais vous connaissez les Béatitudes ? – Non ! dit l’homme qui commence à être agacé.

- Alors, dit le prêtre, êtes-vous bien sûr d’être incroyant ?

Deuxième cheminpour demeurer dans le Christ :le chemin de la prière et des sacrements. Le Père Lintanf écrit : la prière est un entretien, aux trois sens du mot :

1/ un entretien :on s’entretient avec le Christ, on parle avec lui : « Seigneur, j’ai un grand merci à te dire… – j’ai des gens à te recommander ».

2/ un entretien, comme on entretient son anglais ou sa voiture : la prière maintient l’Evangile en état de marche, dans ma vie.

3/ un entre-tient. Dans la prière, on se soutient les uns les autres. On prie les uns avec les autres, les uns pour les autres, on s’entre-tient.

Troisième cheminpour demeurer dans le Christ : le chemin de la vie quotidienne. Le vrai disciple de Jésus ne décolle pas de l’humain, mais il s’y enracine. L’Evangile nous dit que le Christ n’est pas enfermé dans les temples, mais qu’il demeure désormais à fleur de visage, au cœur de l’humanité : Ce que l’on fait au plus petit de ses frères, c’est à lui qu’on le fait(d’après Matthieu 25).  On ne peut pas se dire disciple du Christ si l’on n’est pas proche de ses frères.

Au début de son Évangile, l’apôtre Jean nous raconte le premier dialogue que Jésus a eu avec ses disciples. “Que cherchez-vous ?” leur demande-t-il. Et les disciples l’interrogent à leur tour : “Maître, où habites-tu ? – Eh bien : venez, et vous verrez.”

Venez et vous verrez… C’est ce que le Christ nous dit ce matin…

            - Venez ! Reprenez le chemin de ma Paroleet vous m’entendrez.

            - Venez ! Reprenez le chemin de la prièreet vous me rencontrerez.

            - Venez ! Reprenez le chemin de votre vieet vous me croiserez.

Chemin de la Parole, chemin de la prière, chemin de la vieTrois chemins qui, comme diraient les guides touristiques, méritent le détour.

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Evangile du 4° dimanche de Pâques dans l’année B – 22 avril 2018

Posté par rtireau le 18 avril 2018

Pasteur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10, 11-18. 
En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. 
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. 
Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. 
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, 
comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. 
J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. 
Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. 
Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

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Homélie

Posté par rtireau le 18 avril 2018

4° dimanche de Pâques dans l’année B - 22 avril 2018

Actes 4, 8-12 ; Psaume 117 ; 1 Jean 3, 1-2 ; Jean 10, 11-18

Pierre est convoqué devant le grand conseil après la guérison du boiteux de la belle porte : Vous nous demandez comment cet homme a été remis debout ?  Sachez-le, il a été guéri grâce au nom de Jésus le Nazaréen crucifié par vous, ressuscité par Dieu !A la question : qui a pu remettre debout cet homme, Pierre répond avec ce que les exégètes appellent le kérygme, le résumé de la foi chrétienne : ce Jésus que vous avez mis à mort, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. C’est lui qui peut guérir.Car celui qui a donné sa vie par amour, Dieu ne l’a pas abandonné à la mort.Il est la pierre méprisée de vous, … mais devenue la pierre d’angle. Pas la plus grosse ou la plus belle, mais une pierre d’angle sans laquelle tout s’écroule. Ce n’est pas moi qui guéris, c’est lui, dit Pierre. C’est “par lui, avec lui et en lui…”comme dit la liturgie. La fin du texte : “en nul autre que lui, il n’y a de salut”peut donner l’impression d’évincer ceux qui ne sont pas chrétiens. Non, chacun est bien habité de cette présence mystérieuse du Christ, comme le dit Saint Jean dans son chapitre 14 : “L’Esprit demeure en vous.” Chacunest bien habité du Christ ressuscité, qu’il en soit conscient ou non, qu’il en témoigne ou non.

“Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.”Jésus se compare au berger d’orient, ce rude nomade capable de vivre à la duredans le désert, ce courageux guerrier à qui il arrive d’avoir à se battre contre les bêtes sauvages. On n’aime pas beaucoup l’image du troupeau : ça fait un peu moutonnier. Mais si on a en tête le résumé de la foi chrétienne, le kérygme de la 1èrelecture, on peut comprendre ce nom de pasteurdu troupeau que Jésus s’attribue. 

Car il est lui-même le berger qui donne sa vie pour ses brebis.Pour lui, le troupeau, ce sont d’abord ces brebis exposées aux loups et à tous les dangers du désert si elles ne sont pas rassemblées. “Un chrétien seul est un chrétien en danger”aime à dire le Cardinal Danneels. Moi je crois qu’un chrétien seul n’est pas un chrétien ? Car ça fait partie de la définition du chrétien que de se rassembler avec d’autres pour partager et pour prier. Sinon, on est sans doute croyant,mais pas encore chrétien.

“Tu vas toujours à ta psychothérapie de groupe”demandait quelqu’un à un chrétien ? Il avait bien compris, celui-là, l’intérêt qu’il y a à se rassembler entre chrétiens.

“Ah oui, tu es chrétien parce que tu as eu des problèmes de santé ?”Réponse de l’interrogé : “Non, c’est parce que des gens m’ont donné envie de vivre.”

Le Christ berger donne sa vie pour rassembler ses brebisDonner sa vie pour que ceux qu’on aime ne se retrouvent pas seuls. On a toujours tendance à croire que donner sa vie est quelque chose d’héroïque. C’est quelquefois vrai. Mais donner sa vie, ou un peu de sa vie, pour ne pas laisser isolés ceux qu’on aime, c’est aussi tout à fait quotidien. Je me rappelle, il y a longtemps, ce jeune de 13 ans, hospitalisé, qui voit arriver le copain qui lui apporte son radio K7. Et sa phrase étonnante : “Tu m’as sauvé.”(C’était bien de l’extraordinaire dans le quotidien). Je pense aussi à cette réflexion qui se passe de commentaire : “Si tu ne m’avais pas téléphoné alors que j’étais au plus bas, je ne sais pas ce que j’aurais fait.” Et j’admire ceux qui ont l’art d’inviter en même temps tels amis et tels autres parce qu’ils pressentent que ça leur fera du bien de se rencontrer.

L’Eglise a choisi les textes d’aujourd’hui pour la journée mondiale des vocations. Bonne idée parce que c’est la vocation de chacunque de rassembler. Ça commence même dès la cour de récréation. Même enfant on peut faire le lien entre sa vie et celle du Christ comme cette jeune fille de 12 ans : “Moi, il n’y a pas longtemps que j’ai compris quelque chose à Jésus. Dans mon école il y avait une fille de mon âge que personne ne voulait voir parce qu’elle est un peu handicapée, et pas très dégourdie. Tout le monde s’en moquait. Jamais elle ne pouvait jouer avec les autres. Un jour ça m’a tellement fait mal que j’ai pris sa défense. Alors, tout de suite, j’ai été mise au même rang. On était dans notre coin toutes les deux. Jusqu’au jour où ils sont venus me chercher pour jouer parce qu’il leur manquait quelqu’un. Alors j’ai dit : “D’accord, mais avec elle, sinon, j’y vais pas.” Ils nous ont prises. Et elle a été un petit peu accueillie à partir de ce jour-là.” Et elle ajoutait : “J’ai compris un peu ce jour-là l’histoire de Jésus. C’était forcé, avec tous ceux qu’il a défendus, c’était forcé qu’il finisse sur une croix.”

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Evangile du 3° dimanche de Pâques dans l’année B – 15 avril 2018

Posté par rtireau le 11 avril 2018

La paix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 35-48. 
En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

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Homélie

Posté par rtireau le 11 avril 2018

3° dimanche de Pâques dans l’année B – 15 avril 2018

Actes 3, 13-15.17-19 ; Psaume 4 ; 1Jean 2, 1-5a ; Luc 24, 35-48

“Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.” Voilà des amis qui partagent un moment important qu’ils viennent de vivre. On en a tous en mémoire des moments comme ça où le ressuscité est là comme il l’avait annoncé : “Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” (Matthieu 18, 20)

« On imagine, dit Gabriel Ringlet, qu’au retour des disciples d’Emmaüs ça discute ferme chez les Onze et leurs compagnons. Il y a de la joie sans doute, du scepticisme aussi, et de l’émotion quand les deux partagent leur vie comme un morceau de pain. Et voilà que, sans crier gare, Jésus leur dit bonsoir : “La paix soit avec vous.” Là, ils dégringolent, “saisis de frayeur et de crainte.” Alors lui, comme s’ils étaient dans un cabinet médical, – St Luc était médecin – leur propose une auscultation : “Voyez… touchez… regardez… constatez.” “Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire.” Il arrive, de fait, que la joie paralyse : c’est trop beau pour être vrai. Est-ce la peur d’être déçu, de se faire illusion ? Alors, très sagement, on ferme la porte, on se refuse la permission d’y croire. Voyant qu’ils n’osaient pas être heureux, Jésus leur demande s’ils ont quelque chose à manger. Ils lui offrent du poisson grillé. Mais, très curieusement, comme si les disciples avaient l’appétit coupé, on dirait qu’ils s’abstiennent et le regardent manger. Voilà peut-être le basculement du texte et le signe le plus fort : voyant qu’ils n’osaient pas être heureux, “il prit le poisson et le mangea devant eux.” Comme s’il fallait passer à table pour que la joie renaisse, petit à petit, au cœur du dénuement, dans la fragilité. Et dans l’amitié. »

Alors il est là, et il leur offre ce que personne d’autre ne sait offrir : sa paix. Oh ! Ils n’y croient pas du premier coup. C’est d’abord la stupeur et la crainte. Puis, petit à petit, c’est la joie, avec encore de l’étonnement. Il faut manger ensemble pour que ça devienne croyable. Ça change tout de manger ensemble. En fait c’est le repas d’Emmaüs qui recommence, comme celui qui nous rassemble aujourd’hui. Alors ils se sentent des ailes pour repartir, des ailes de témoins. Pensez donc : il est vivant, celui que l’on croyait mort. 

Tous ceux qui ont l’expérience d’une équipe liturgique, rappelez-vous : on lit d’abord les textes ; on y réfléchit ; on fait la part du merveilleux et de la réalité ; on fait un brin d’exégèse comme dit le mot savant. Et c’est intéressant, mais on sent que ça ne va pas très loin. Et puis, si tout d’un coup surgit un peu de partage de vie, alors l’ambiance change. On ne se dit plus que le texte est bizarre, on ne se demande plus s’il est vraisemblable. Mais on réalise que tel moment de notre vie, si on savait l’écrire, surtout longtemps après, ce serait peut-être comme ça :

• C’était bien une ambiance de résurrection quand les parties prenantes de ce litige qui avait duré longtemps sont subitement arrivées à un accord après un affrontement rude.

• C’était bien une ambiance de résurrection quand on a proposé à cette jeune femme incroyante de l’accompagner dans sa démarche de préparation des obsèques de son père.

• C’est bien une ambiance de résurrection dans cette maison de retraite où les plus jeunes aident les plus âgés pour leur permettre de vivre sur place au lieu d’être hospitalisés.

Dans chacune de ces circonstances, c’est vrai, on se sent animés d’une audace de Pentecôte comme les apôtres de la première lecture. Au moment où un boiteux vient d’être guéri, tout le monde est en émoi. Pierre fait alors la première catéchèse chrétienne : il annonce avec force que c’est le ressuscité qui a guéri ce boiteux. Car c’est le ressuscité qui remet debout quand on croit que tout est mort ; c’est lui qui renvoie vers les autres quand on aurait tendance à s’enfermer ; c’est lui qui redonne le sourire, répondant ainsi à la petite fille qui disait à propos de ses parents : “Chez nous, on ne peut plus vivre, on ne sourit plus jamais.” Susanne Wehberg écrivait : “Être au clair avec la Résurrection, ça ne veut pas forcément dire qu’on sache la dire en des termes très catholiques, non ! Si on témoigne de la vie là où il y a de la mort, si on console là où il y a de l’affliction, si on est avec ceux qui n’ont personne, on est témoin de la Résurrection, ne croyez-vous pas ? Et si je vous dis que témoin, en grec, se dit marturion (martyr), vous voyez que cela peut aller très loin.”

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Evangile du 2° dimanche de Pâques dans l’année B – 8 avril 2018

Posté par rtireau le 4 avril 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20, 19-31. 
C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

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Homélie

Posté par rtireau le 4 avril 2018

2° dimanche de Pâques dans l’année B – 8 avril 2018

Actes 4, 32-35 ; Psaume 117 ; 1 Jean 5, 1-6 ; Jean 20, 19-31

Thomas veut voir pour croire ! Pourtant on sait qu’en matière de relation, quand il faut des preuves, c’est que la relation est malade. Souvenons-nous : quand ses adversaires ont demandé à Jésus des miracles pour prouver l’origine divine de sa mission, il a arrêté d’en faire. Lui, il donnait des signes. Et surtout quand on est chrétien, on peut grâce à notre foi apercevoir tout plein de choses invisibles au premier abord. Du coup les mots de Thomas s’inversent : non pas il faut voir pour croire, mais : il faut croire pour voir.

Le patriarche Athénagoras disait : “La résurrection n’est pas la réanimation d’un corps, c’est le commencement de la transfiguration de la terre.” C’est sans doute pour ça que Jésus ressuscité n’est jamais décrit. Car Jésus apparaît, non pour être contemplé, mais pour avoir des successeurs : “De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie…” Désormais, à cause de la mort et de la résurrection de cet homme nommé Jésus, il est possible que l’homme passe l’homme. Et que nous déplacions nos intérêts ailleurs que dans nous-mêmes. Alors, tous les Thomas de la terre, ne cherchez pas des preuves car rien ne prouve. Mais pourquoi prouver quand il s’agit surtout d’être éprouvé, c’est à dire de marcher, loin de nos sécurités habituelles ? René Char dit : “Il faut laisser des traces de son passage. Non des preuves. Seules les traces font rêver.” Et puis, comme l’écrit la théologienne Marion Muller-Colard : “Thomas réclame-t-il une preuve tangible ? Ne réclame-t-il pas encore davantage une rencontre personnelle ?”

Ecoutez ce poème de Charles Antoine, du guatémala : On dit que je suis menacé de mort. Peut-être. Quoi qu’il arrive, je suis dans la paix. S’ils me tuent, ils ne me prendront pas la vie. Je l’emporterai avec moi, sur le dos, telle la besace d’un berger. Il en faut plus pour m’émouvoir ; car depuis mon enfance, quelqu’un m’a soufflé à l’oreille une vérité solide comme le roc, qui est aussi une invitation à l’éternité : “Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps mais ne peuvent pas tuer la Vie.” La vie, la vraie vie, s’est fortifiée en moi quand j’ai appris à lire l’Evangile : le mouvement de résurrection commence avec la première ride qui se dessine sur le visage…, avec le premier cheveu blanc, surpris un jour dans la griffe du peigne, avec le premier soupir de nostalgie devant un monde qui change… Ainsi commence la résurrection, non pas ce quelque chose d’incertain que d’aucuns appellent l’autre vie, mais la vie autre. On dit que je suis menacé de mort. De mort corporelle, qui n’est pas menacé de mort depuis sa naissance ? Menacé de mort, et alors ? Il y a dans cet avertissement une erreur profonde. Ni moi, ni personne, ne sommes menacés de mort. Nous sommes menacés de vie, menacés d’espérance, menacés d’Amour. Nous nous trompons, chrétiens, nous ne sommes pas menacés de mort. Nous sommes menacés de résurrection…

 Ce dimanche de la miséricorde pourrait s’appeler celui de Thomas. Car il est sur le devant de la scène. Jésus était apparu aux disciples le soir de Pâques. Mais ils n’étaient que dix. Judas avait trahi, et Thomas était absent. Ah ce cher Thomas ! Dieu sait la réputation qu’on lui a faite : le sceptique, l’incrédule, l’abominable homme des preuves : « Si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas ! » Et alors ? Est-ce qu’ils étaient plus malins les autres ? Barricadés dans leurs souvenirs d’anciens combattants, ils ont aussi cherché des preuves. Et si Thomas était le seul à avoir mesuré le véritable enjeu de la Résurrection, lui, Didyme, le jumeau ? Au fait, pourquoi l’appelait-on ainsi ? L’Évangile ne parle nulle part d’un frère jumeau ! J’aime bien la jolie remarque du père Beernaert qui dit que Thomas est le jumeau de chaque chrétien, le jumeau qui doute, notre double. C’est ainsi qu’on peut regarder Thomas : blessé et joyeux, enthousiaste et sceptique, qui a dû petit à petit, douloureusement, naviguer à l’incertitude. Et lorsque Jésus lui dit : “Cesse d’être incrédule, sois croyant”, c’est sans doute moins une injonction à ne plus douter qu’une invitation à larguer les amarres avec audace.

“Touche pas à Thomas ! C’est mon pote, a écrit Gabriel Ringlet. L’homme des vraies questions, qui n’achète pas la foi dans un sac. Oui, j’aime ce Thomas qui ne m’interdit pas de trouver des preuves mais me fait comprendre au même instant qu’aucune preuve, aucune relique, aucun miracle ne pourra me dispenser de douter, de chercher, de marcher en ce monde où, comme dit Lucien Guissard, « la chance de l’incertitude reste entière ».”

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