Homélie

Posté par rtireau le 18 avril 2018

4° dimanche de Pâques dans l’année B - 22 avril 2018

Actes 4, 8-12 ; Psaume 117 ; 1 Jean 3, 1-2 ; Jean 10, 11-18

Pierre est convoqué devant le grand conseil après la guérison du boiteux de la belle porte : Vous nous demandez comment cet homme a été remis debout ?  Sachez-le, il a été guéri grâce au nom de Jésus le Nazaréen crucifié par vous, ressuscité par Dieu !A la question : qui a pu remettre debout cet homme, Pierre répond avec ce que les exégètes appellent le kérygme, le résumé de la foi chrétienne : ce Jésus que vous avez mis à mort, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. C’est lui qui peut guérir.Car celui qui a donné sa vie par amour, Dieu ne l’a pas abandonné à la mort.Il est la pierre méprisée de vous, … mais devenue la pierre d’angle. Pas la plus grosse ou la plus belle, mais une pierre d’angle sans laquelle tout s’écroule. Ce n’est pas moi qui guéris, c’est lui, dit Pierre. C’est “par lui, avec lui et en lui…”comme dit la liturgie. La fin du texte : “en nul autre que lui, il n’y a de salut”peut donner l’impression d’évincer ceux qui ne sont pas chrétiens. Non, chacun est bien habité de cette présence mystérieuse du Christ, comme le dit Saint Jean dans son chapitre 14 : “L’Esprit demeure en vous.” Chacunest bien habité du Christ ressuscité, qu’il en soit conscient ou non, qu’il en témoigne ou non.

“Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.”Jésus se compare au berger d’orient, ce rude nomade capable de vivre à la duredans le désert, ce courageux guerrier à qui il arrive d’avoir à se battre contre les bêtes sauvages. On n’aime pas beaucoup l’image du troupeau : ça fait un peu moutonnier. Mais si on a en tête le résumé de la foi chrétienne, le kérygme de la 1èrelecture, on peut comprendre ce nom de pasteurdu troupeau que Jésus s’attribue. 

Car il est lui-même le berger qui donne sa vie pour ses brebis.Pour lui, le troupeau, ce sont d’abord ces brebis exposées aux loups et à tous les dangers du désert si elles ne sont pas rassemblées. “Un chrétien seul est un chrétien en danger”aime à dire le Cardinal Danneels. Moi je crois qu’un chrétien seul n’est pas un chrétien ? Car ça fait partie de la définition du chrétien que de se rassembler avec d’autres pour partager et pour prier. Sinon, on est sans doute croyant,mais pas encore chrétien.

“Tu vas toujours à ta psychothérapie de groupe”demandait quelqu’un à un chrétien ? Il avait bien compris, celui-là, l’intérêt qu’il y a à se rassembler entre chrétiens.

“Ah oui, tu es chrétien parce que tu as eu des problèmes de santé ?”Réponse de l’interrogé : “Non, c’est parce que des gens m’ont donné envie de vivre.”

Le Christ berger donne sa vie pour rassembler ses brebisDonner sa vie pour que ceux qu’on aime ne se retrouvent pas seuls. On a toujours tendance à croire que donner sa vie est quelque chose d’héroïque. C’est quelquefois vrai. Mais donner sa vie, ou un peu de sa vie, pour ne pas laisser isolés ceux qu’on aime, c’est aussi tout à fait quotidien. Je me rappelle, il y a longtemps, ce jeune de 13 ans, hospitalisé, qui voit arriver le copain qui lui apporte son radio K7. Et sa phrase étonnante : “Tu m’as sauvé.”(C’était bien de l’extraordinaire dans le quotidien). Je pense aussi à cette réflexion qui se passe de commentaire : “Si tu ne m’avais pas téléphoné alors que j’étais au plus bas, je ne sais pas ce que j’aurais fait.” Et j’admire ceux qui ont l’art d’inviter en même temps tels amis et tels autres parce qu’ils pressentent que ça leur fera du bien de se rencontrer.

L’Eglise a choisi les textes d’aujourd’hui pour la journée mondiale des vocations. Bonne idée parce que c’est la vocation de chacunque de rassembler. Ça commence même dès la cour de récréation. Même enfant on peut faire le lien entre sa vie et celle du Christ comme cette jeune fille de 12 ans : “Moi, il n’y a pas longtemps que j’ai compris quelque chose à Jésus. Dans mon école il y avait une fille de mon âge que personne ne voulait voir parce qu’elle est un peu handicapée, et pas très dégourdie. Tout le monde s’en moquait. Jamais elle ne pouvait jouer avec les autres. Un jour ça m’a tellement fait mal que j’ai pris sa défense. Alors, tout de suite, j’ai été mise au même rang. On était dans notre coin toutes les deux. Jusqu’au jour où ils sont venus me chercher pour jouer parce qu’il leur manquait quelqu’un. Alors j’ai dit : “D’accord, mais avec elle, sinon, j’y vais pas.” Ils nous ont prises. Et elle a été un petit peu accueillie à partir de ce jour-là.” Et elle ajoutait : “J’ai compris un peu ce jour-là l’histoire de Jésus. C’était forcé, avec tous ceux qu’il a défendus, c’était forcé qu’il finisse sur une croix.”

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