Homélie

Posté par rtireau le 9 mai 2018

Fête de l’Ascension – B – 10 mai 2018

Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 4, 1-13 ; Marc 16, 15-20

Ascension – Pentecôte: deux fêtes qui vont bien ensemble et qui disent un message très fort, sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût de miracles ou d’interventions magiques de Dieu. Ascension – Pentecôte: message très fort de la présence dans l’absence : on a tous sur nos tables de nuit des objets qui sont là pour dire la présence de quelqu’un qui est loin.

Quelques phrases du Nouveau Testament autour de ce message Ascension – Pentecôte, pour dire la présence de l’Absent :

- Dans les Actes des apôtres (1ère lecture) : “Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins … jusqu´aux extrémités de la terre.”

- Dans l’Evangile de Marc aujourd’hui : “Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.”

- Ailleurs dans le livre des Actes des apôtres : cette fameuse réflexion de quelques apôtres que je trouve tout à fait séduisante : “L’Esprit Saint et nous avons décidé”telle et telle chose. De temps en temps, ça me tente de parler comme ça. Ça renforce considérablement l’autorité.

- Et encore, dans l’Evangile de Jean au chapitre 16, la fameuse expression de Jésus : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, dit Jésus. Il est venu pour dire que tout ce qui est humain a une dimension divine. Et il faut qu’il parte, comme pour empêcher les hommes de l’idolâtrer, comme pour signifier : Dieu, c’est bien moi, mais ce n’est pas seulement ce que vous voyez. Aucun homme à lui tout seul, même pas moi, ne peut dire tout de Dieu. Jésus lui-même n’a pas fixé la manière de dire Dieu. Il n’était pas une photo de Dieu.

L’Ascension nous apprend d’abord à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples. Il nous oblige à croire en sa nouvelle manière d’être présent. L’Ascension nous découvre le sens de l’Eucharistie: Jésus n’a plus à être à nos côtés puisqu’il veut être en nous ; il n’a plus à être notre compagnon de route, puisqu’il est notre force pour marcher ; il n’a plus à être vu puisqu’il devient notre regard ; il n’a plus à être notre ami puisqu’il est devenu notre force d’aimer ; il n’a plus à être notre interlocuteur, puisqu’il est devenu notre parole, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. Comme disait Louis Evely“Dieu nous laisse entre hommes. Pas moyen de le rencontrer autrement que par l’homme. Dieu est intérieur à l’homme et ne peut se manifester que par chacun d’entre nous. L’homme est donc seul responsable du silence ou de l’absence apparente de Dieu.”Matthieu, au chapitre 25, dit la même chose dans sa mise en scène du jugement dernier : “J’avais faim et vous m’avez donné à manger.”Et le pape saint Léon a pu écrire cette phrase lumineuse :“L’Ascension du Christ est notre promotion.”

Alors, quelle attitude adopter par rapport au message de cette fête Ascension – Pentecôte ?

Il y a deux attitudes : la première : Attendez, ne quittez pas - comme on dit au téléphone -avant d’avoir la communication, la force de l’Esprit. Ne quittez pas Jérusalem, attendez, priez. Et la seconde attitude : Et puis, allez-y, ne restez pas là à regarder le ciel.  Allez-y, action - comme on dit au cinéma : “Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins … jusqu´aux extrémités de la terre. ”En bref, vous allez recevoir ma force. Mais c’est pour que vous fassiez vous mêmes : dire Dieu, montrer Dieu, être signes de Dieu, c’est le travail des hommes ensemble. L’Ascension ne nous dit pas de baisser les bras, au contraire, mais de baisser la tête pour regarder au plus bas de notre monde, le plus pauvre qui nous attend. Maurice Zundel disait : “le ciel, on n’y entre pas, il faut le devenir.”

“Quant à eux,disait Saint Marc tout à l’heure, ils s’en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle.” Hyacinthe Vulliez, dans une revue liturgique, écrit ceci : “Annoncer la Bonne Nouvelle, ce n’est pas dire qu’il a vécu, qu’il est mort et ressuscité, car dire le passé, c’est faire de l’histoire, et non pas annoncer une nouvelle. Annoncer la Bonne Nouvelle, c’est annoncer qu’il est vivant, qu’il est Parole en chacun, Parole prête à parler et qui attend d’être écoutée. Une vraie nouvelle !”

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