Evangile du 13° dimanche dans l’année B – 1er juillet 2018

Posté par rtireau le 27 juin 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5, 21-43. 
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. 
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds 
et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » 
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait. 
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – 
elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… 
cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. 
Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » 
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. 
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » 
Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » 
Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. 
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. 
Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » 
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » 
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » 
Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. 
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. 
Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » 
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. 
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » 
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. 
Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

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Homélie

Posté par rtireau le 27 juin 2018

13° dimanche dans l’année B – 1erjuillet 2018

Sagesse 1, 13 … 2, 24 ; Psaume 29 ; 2 Corinthiens 8, 7 … 15 ; Marc 5, 21-43

Deux femmes. Ou plutôt, l’une pas encore femme – elle n’a que douze ans – et l’autre qui ne l’est plus vraiment pour des raisons de maladie. Pour l’une et pour l’autre douze ans se sont écoulés. La petite est à l’âge où tout l’être se transforme, où le garçon mue, où la jeune fille s’éveille. Mais le texte dit qu’elle est “à toute extrémité”.Quant à l’autre, qui a des pertes de sang, elle vit sa féminité comme une honte, dans la débâcle de son corps. La Loi la considérait comme impure et donc marginale.

Jésus se met en marche.L’évangile de Marc nous montre Jésus toujours un peu pressé. L’expression aussitôtrevient à tout moment. Jésus lutte avec obstination contre toutes les puissances de mal : les esprits mauvais, la tempête déchaînée, les maladies, la mort même. Mais dans ce combat, il jette des petites phrases essentielles : “Ta foi t’a sauvée… ne crains pas, crois seulement.”En demandant la foi comme condition pour accomplir ses miracles, Jésus avoue que rien ne lui résiste sinon notre liberté qui peut se refuser à lui. Rien ne lui résiste sinon notre incroyance. 

Avec lui, autour de lui, la foule aussi est en marche. Tout le monde bouge, quelque chose va arriver. La femme impure est dans la foule. Le mouvement de foule la met à proximité de Jésus. Elle qui n’éveille plus le désir, elle l’intouchable, elle désire le toucher. Cet homme qui guérit et qui libère, cet homme qui n’a pas peur et qui change la vie, elle va le toucher. Va-t-elle oser ? Modestement elle va essayer, avec la retenue de celle qui a oublié depuis si longtemps ce que c’est qu’être touchée : “Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.”Seulement son vêtement, mais l’humble contact d’un instant a irradié tout son être : “Elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie.” Jésus, lui, demandait qui avait touché ses vêtements. Il avait senti “qu’une force était sortie de lui”.La femme se jette à ses pieds en tremblant. Elle entend prononcer sur elle : “Ta foi t’a sauvée, va en paix.”

On vient alors annoncer que la petite est morte. Jaïre ne demandait d’abord qu’une guérison pour son enfant. Mais lorsqu’on lui apprend que son enfant est morte, il est invité par Jésus à franchir le pas de la foi en la résurrection : “L’enfant n’est pas morte, elle dort”.Tout le monde se moque : prendre la mort pour un sommeil, quelle sottise ! C’est pourtant là que réside le sens de ce que Jésus va faire, et la bonne nouvelle qu’il veut annoncer : la mort est comparable à un sommeil pour ceux qui croient en lui. C’est jusqu’à cette foi du matin de Pâques que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. “Ne crains pas. Crois seulement”,lui dit Jésus. 

Arrivé à la maison du chef de synagogue, il met dehors les pleureuses et les moqueurs, il ne garde près de lui que le père et la mère de l’enfant et trois disciples. La puissance de Jésus ne veut rien de sensationnel. Elle se déploie dans la discrétion et la simplicité. Il prend la main de l’enfant et dit ces deux mots araméens : “Talitha koum !”, “Fille ! Debout !” Debout, c’est un des mots employés par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus. Elle se leva et se mit à marcher. Avec Jésus, la mort n’est plus la mort. Elle ne domine plus sur l’homme, elle est un sommeil d’où la puissance de Dieu l’arrache pour le rendre à la vie. Ce geste de Jésus (la prenant par la main, il la fit se lever) est une annonce de sa résurrection. Puis “Il leur dit de la faire manger”.La petite venait de traverser une mort, une femme venait de naître en elle.

“Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée,”disait la première femme. Et puis seconde histoire : Jésus saisit la main de l’enfant et lui dit : “Lève-toi”.Comme si la foi c’était toucher ou être touché. La foi, tendre la main pour toucher, la foi, une affaire de tact ! Pourquoi ces deux histoires sont-elles restées ensemble dans les Évangiles ? Peut-être pour signifier que Jésus avait donné, ou rendu, leur féminité à deux êtres en détresse. Et qu’il inaugurait une attitude neuve envers les femmes, si souvent regardées comme inférieures. Et puis Lève-toi– Deboutsont les mots pour dire la résurrection de Jésus. Et lanourritureque Jésus invite à donner à l’enfant, de la même façon qu’il avait invité à nourrir les foules qui le suivaient, pourrait bien être annonce de la nourriture eucharistique.

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Evangile de la Nativité de St Jean-Baptiste – 24 juin 2018

Posté par rtireau le 20 juin 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 57-66.80. 
Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. 
Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. 
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. 
Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » 
On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » 
On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. 
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. 
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. 
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. 
Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. 
L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

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Homélie

Posté par rtireau le 20 juin 2018

Nativité de  Jean-Baptiste– 24 juin 2018

Isaïe 49, 1-6 ; Psaume 138 ; Actes 13, 22-26 ; Luc 1, 57-66.80

Jean-Baptiste ! On connaît le récit de sa naissance. On vient de l’entendre ; on connaît sa prédication nerveuse au bord du Jourdain ; et aussi son humilité puisqu’il a conduit ses disciples à Jésus en disant : “Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses chaussures.” Mais ce que j’aime le plus de Jean-Baptiste, c’est la question qu’il a adressé à Jésus depuis sa prison. Il a envoyé ses amis la lui poser : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »Pourquoi tant d’importance à cette question ? Simplement parce qu’elle est la question de chacun de nous. Jésus est-il l’envoyé de Dieu, le Fils de Dieu ? Ou bien devons-nous, comme les juifs encore aujourd’hui, continuer d’attendre un autre Messie ? 

Jean-Baptiste a posé cette question parce qu’en voyant Jésus il était étonnéau point de douter. 

Et en voyant ce qui lui arrivait à lui-même, il était scandalisé au point de douter.

Étonné au point de douter.Marqué par son tempérament et sa culture, Jean avait des idées précises sur le Messie. Il devait être un justicier qui séparerait brutalement les bons et les méchants. Et voilà que Jésus raconte que Dieu est comme un berger qui va chercher sa brebis perdue ou comme un père qui attend le retour de son fils qui a quitté la maison avec l’argent de la famille. 

Eh bien je crois qu’avoir la foi, c’est être étonné. Les chrétiens sont les étonnés de l’amour. Tant que je ne serai pas étonné, je ne serai pas chrétien. Car le visage de Dieu révélé par Jésus est étonnant. Le chemin emprunté par Jésus est étonnant. L’Évangile est rempli de l’histoire merveilleuse de cet amour fou de Dieu qui nous étonne. Tellement que nous nous disons : « C’est inimaginable ».  Et c’est ça qui s’appelle avoir foi.

Deuxième raison de douter pour Jean-Baptiste : en voyant ce qui lui arrive à lui, il est scandalisé, au point de douter. Et on le comprend. II est en prison parce qu’il a courageusement dénoncé la mauvaise conduite d’Hérode. Et voilà que sa tête a été exigée à la fin d’un repas par Hérode pour faire plaisir à sa maîtresse. On comprend qu’il s’interroge : « Jésus est-il le Messie ou faut-il en attendre un autre ? » Si Jésus est l’envoyé de Dieu, est-ce que le sort fait à ses amis peut être aussi rude ? Qui est Dieu s’il n’intervient pas pour protéger ses amis ?

Il n’est pas difficile de comprendre cette question, c’est la nôtre. Où est Dieu quand je suis accablé de souffrance ? Ne peut-il pas épargner la vie des justes, des innocents ? Que fait-il ? 

Que fait Dieu ? Dieu n’intervient pas ordinairement pour changer le cours des événements. Je dis ordinairement, car on ne peut pas exclure tel ou tel miracle. Mais le miracle n’est pas la manière habituelle d’intervenir de Dieu qui aime la liberté de l’homme, et qui, ordinairement, ne prend pas la place des hommes. Il faut avoir le courage de le dire, même si des formules de prière nous ont quelquefois habitués à ce genre de tranquillisant.

Dieu n’est pas intervenu pour empêcher la prison et la mort de Jean-Baptiste. Dieu n’est pas intervenu pour empêcher les hommes de condamner Jésus et de le faire mourir. C’est donc que Dieu n’intervient pas comme on aimerait bien. Mais en ressuscitant Jésus il nous dit qu’une vie menée dans l’amour, qu’une mort vécue dans l’amour sont des chemins de vie. Il nous donne de croire que c’est l’amour qui gagne et qui gagnera. Dieu n’intervient pas ordinairement dans les événements, il est dans le cœur des hommes et des femmes qui vivent ces événements, et il y met cet amour qui change tout.

Bertrand Vergely, dans son livre Le silence de Dieuréfléchit sur les comptes qu’on peut avoir à régler avec Dieu à cause du mal dans le monde, et en particulier à cause de la souffrance et de la mort des enfants : “Que savons-nous de la souffrance d’un enfant ? Qu’est-ce qui nous autorise à dire qu’il a mal pour payer les fautes de ses parents (vieille théologie) ? Ou bien qu’il serait une preuve vivante de l’inexistence de Dieu (théologie plus récente)? Nous n’en savons rien. Ce sont des spéculations, des suppositions. Et derrière celles-ci des aveux. Encore une fois, qu’est-ce qui aide face à la souffrance ? Être là, aimer, avoir la foi…”  

Ne nous donnons pas des raisons de ne de ne pas être là, de ne pas aimer, de ne pas avoir la foi.

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Evangile du 11° dimanche dans l’année B – 17 juin 2018

Posté par rtireau le 13 juin 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4, 26-34. 
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : 
nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. 
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. 
Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » 
Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? 
Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. 
Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » 
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. 
Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

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Homélie

Posté par rtireau le 13 juin 2018

11° dimanche dans l’année B - 17 juin 2018

Ezéchiel 17, 22-24 ; Psaume 91 ; 2 Corinthiens 5, 6-10 ; Marc 4, 26-34

L’évangile de Marc, au chapitre 4, raconte une période où Jésus commençait déjà à avoir des ennuis. Ce qu’il disait, ce qu’il faisait était si peu conforme à ce qu’enseignaient les responsables de la religion qu’on lui conseillait de s’abstenir de prendre la parole dans les synagogues. Alors, il s’était mis à parler davantage sur les places publiques. Un jour il était même monté sur une barque et s’était écarté un peu du rivage pour s’adresser à la foule.

Avec ses amis aussi il avait des difficultés. Ilsl’aimaient beaucoup mais ils avaient du mal à le comprendre. Ils étaient tellement habi­tués à entendre des vérités à croire et des règles à pra­tiquer. Alors que, pour Jésus, la Parole de Dieu était comme une semence. Et il la proposait sans rien imposer, car il voulait essayer d’éveiller les consciences. Il prenait des images familiè­res pour aider chacun à faire un pas de plus vers Dieu. Il prenait même certains à part pour leur donner des explications supplémentaires. Et il leur racontait de nombreuses paraboles. 

Les paraboles, c’était pour les aider à mieux comprendre. Pour autant, ce n’était pas évident car ces paraboles avaient quelquefois l’air de se contredire les unes les autres. Jean-Pierre Manigne a répondu un jour à cette objection : “Il n’y a pas de contradictions entre les paraboles, malgré les apparences, à condition de prendre toutes les paraboles. Si nous les recevons ensemble, nous acquérons une mentalité de jardinier ou de cultivateur. Eux savent qu’une terre n’est jamais assez bien préparée, nettoyée, enrichie d’engrais. Mais ils savent aussi, qu’une fois les semences faites, on ne hâtera pas la maturation du blé ou des fleurs en tirant sur la tige. Beaucoup de travail, donc, et, après cela la semence germe et grandit on ne sait comment, même lorsqu’on dort.”

Nous avons lu deux paraboles aujourd’hui. Une qui évoquen’importe quelle semence et l’autre qui désigne une graine précise, celle de la moutarde. Marc exagère un peu sans doute en disant qu’elle est “la plus petite de toutes les semen­ces du monde”,mais c’est pour mieux souligner sa prodigieuse croissance : elle deviendra un arbre dont les branches abriteront les oiseaux du ciel. L’histoire du Royaume de Dieu est donc comme celle d’une graine jetée en terre, qui va germer et grandir, sans que le semeur intervienne, sans même qu’il sache comment elle grandit. Il n’interviendra plus qu’au moment de la mois­son, c’est-à-dire du jugement: faucille et moisson, dans le langage biblique, évoquent le dernier jour. Entre les semailles et la moisson, c’est le temps du tra­vail discret de la terre, mystère de mort et de vie. 

Jésus semble insister sur la phase de la croissance. Tout son itinéraire est résumé là, et aussi toute l’aventure du Royaume. La Parole de Dieu a ensemencé son humanité : “Et le Verbe s’est fait chair.”Jésus est maintenant dans le champ des hommes pour y faire les semailles. Un jour, viendra le temps de la mois­son. Pour l’heure, confiance et espérance, la graine germe et grandit.L’annonce du Royaume n’est pas un discours de morale. La morale nous dit ce qu’il faut faire, l’Evangile nous dit ce qu’il faut être. Jésus dérangeait y compris ses amis, en annonçant un Dieu inattendu, lDieu renversant du Magnificat :« Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. »On y reconnaît le phrase d’Ezéchiel (1èrelecture) : « Il renverse l’arbre élevé (allusion à un certain Sédécias) et relève l’arbre renversé. »

Il y a une atmosphère dans ces paraboles. C’estune tonalité de confiance. Peut-être que le présent ne montre que peu de perspectives souriantes pour l’avenir, mais pourtant un dynamisme ou une puissance est à l’œuvre. Qu’elle nous soit cachée ne signifie pas qu’elle soit absente : il y a des enfouissements plus prometteurs que certaines manifestations spectaculaires mais qui n’ont quelquefois pas de lendemain fructueux. L’évangile de Marc s’adresse peut-être à des croyants de Rome conscients de leur fragilité et ébranlés par une persécution. Il fait apparaître un Jésus appelant à garder confiance.

Deux leçons de ces paraboles : 

La première est la foi de Jésus : voilà un homme qui fait confiance au présent, à l’avenir, à ceux et celles qu’il rencontre. Et il sait communiquer cette confiance. 

La seconde est la discrétion de Dieu. Pour Jésus, Dieu est présent à la manière d’un enfouissement dans des profondeurs qui ne nous sont pas accessibles. Il nous demeure caché. 

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Evangile du 10° dimanche dans l’année B – 10 juin 2018

Posté par rtireau le 6 juin 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3, 20-35. 
En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. » 
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » 
Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? 
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. 
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. 
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. 
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. 
Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. 
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » 
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. » 
Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. 
Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » 
Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » 
Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. 
Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

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Homélie

Posté par rtireau le 6 juin 2018

10° dimanche dans l’année B – 10 juin 2018

(Genèse 3, 9 – 15 ; Psaume 129 ; 2 Corinthiens 4, 5 – 5,1 ; Marc 3, 20 – 35)

Curieux texte d’évangile où l’on finirait par se demander : « De quel côté est donc Jésus ? » Le passage d’aujourd’hui essaie de démêler le vrai du faux car l’action de Jésus est contestée à la fois par sa parenté et par les scribes descendus de Jérusalem. Le contraste est violent entre le succès populaire de Jésus et l’attitude de sa famille, convaincue qu’il n’a plus toute sa tête. Les scribes aussi pensent qu’il est possédé par Béelzéboul, et que ce serait ce prince des démons qui agirait en lui. Jésus répond longuement pour montrer l’absurdité d’une idée qui prétendrait que Satan s’opposerait à lui-même, ce qui le mènerait à son autodestruction. Il explique que la défaite de Satan vient de la victoire d’un plus fort que lui. Et alors ça nous rappelle le récit des tentations de Jésus au désert.

J’ai retrouvé pour vous quelques lignes de Gérard Bessière au sujet de l’évangile d’aujourd’hui. Vous y gagnerez car il est beaucoup plus poète que moi. Le titre est : Rumeur au village.« La rumeur s’enfle. Le village parle. Les hommes de la famille tiennent conseil. C’est la honte du clan. On ne pourra plus marier les filles. Il suffira de prononcer un nom et chacun prendra ses distances. Le conseil de famille en a décidé : “On dira qu’il est fou.”Pendant que la foule se pressait autour de Jésus, sa famille vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : “Il a perdu la tête.” Les oncles et cousins musclés savaient aussi qu’une commission de juristes – les scribes – avait été envoyée de Jérusalem pour enquêter. Leur conclusion était redoutable pour lui et pour la réputation de tout le clan: “Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons.” Mieux valait encore dire qu’il avait “perdu la tête”.

Qu’avait-il donc fait pour être considéré comme un fou ou un suppôt de Satan ? Il annonçait que Dieu s’approchait, il libérait des possédés, il guérissait des malades, il s’approchait des lépreux et osait même les toucher pour leur rendre la santé, il allait jusqu’à pardonner les péchés, il mangeait chez des gens de piètre conduite. Il prenait des libertés avec l’observance du sabbat.Il affirmait des positions tout à fait personnelles sans s’appuyer sur les traditions. Il disait qu’il fallait mettre le vin nouveau dans des outres neuves ! En somme, la subversion, et tout cela en se réclamant de Dieu !

Impossible de franchir le cercle des gens assis autour de lui pour l’empoigner.La famille reste dehors et le fait demander. On transmet : “Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent.”Mais lui répond :« Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ?” Et, parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère.”En un temps et dans un peuple où la famille était sacrée, Jésus opère une rupture vertigineuse.Une autre famille naît plus forte que celle du sang, ouverte à toute humanité, celle du Père qui est dans les cieux. A-t-on pris la mesure de la nouveauté scandaleuse qu’apportait l’enfant perdu de Nazareth ? » Fin de citation de Gérard Bessière.

Une phrase demeure totalement mystérieuse : « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. » Pour commencer de comprendre les propos de Jésus, il est bon de se souvenir de ce que la Bible dit de l’Esprit. D’après la bible, l’Esprit est avant tout le Souffle de Dieu. Souffle qui crée, qui régénère, qui vivifie, qui ressuscite. « Il est notre vie »,dira Saint Paul. Celui qui nous donne d’aimer et d’agir. Celui qui nous permet de crier vers Dieu en l’appelant Père. Celui qui nous livre les secrets de Dieu. Si c’est bien ça l’Esprit, et si on l’a compris, il devient impensable de refuser l’Esprit… Mais qui peut dire de son voisin qu’il refuse l’Esprit ?

Et ce n’est pas tout. La Bible désigne l’Esprit par des mots étranges : souffle, vent, brise, feu, flamme…Des mots qui ne désignent pas une réalité saisissable car de l’Esprit, on ne voit que les effets : la justice, la solidarité fraternelle, la paix, l’union…Autant de signes du salut que nous pouvons constater aussi chez ceux qui ne fréquentent pas les églises où même qui ignorent tout ou presque de l’évangile et de l’Esprit. En un temps et dans un peuple où la famille était sacrée, une autre famille naît plus forte que celle du sang, ouverte à toute humanité, celle du Père qui est dans les cieux, celle de tous ceux qui sont habités par l’Esprit.

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Evangile pour la fête du Corps et du Sang du Christ – 3 juin 2018

Posté par rtireau le 1 juin 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14, 12-16. 22-26. 
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » 
Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, 
et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” 
Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » 
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. 
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » 
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. 
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. 
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » 
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

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Homélie

Posté par rtireau le 1 juin 2018

Fête du Corps et du Sang du Christ dans l’année B - 3 juin 2018

Exode 24, 3-8 ; Psaume 115 ; Hébreux 9, 11-15 ; Marc 14, 12 … 26

L’histoire (légende) se passe en Inde. Un homme, plus pauvre que les autres, marche sur les sentiers brûlés par le soleil. Il mendie sa nourriture. La légende dit que c’est du blé qu’il recueille. À la fin de ses journées, son petit sac de toile est loin d’être rempli.

Un jour, son cœur a battu très fort quand il a aperçu, dans un nuage de poussière, quatre chevaux qui tiraient un carrosse : “Ah ! Si seulement ce prince me voyait et daignait s’arrêter ! S’il me donnait une pièce d’argent ou d’or !”

 Eh oui ! Les chevaux ralentissent, s’arrêtent. La porte du carrosse s’entrouvre. Un homme au regard plein de bonté fait signe au mendiant de s’approcher et lui dit : “Donne-moi ton blé”. Le malheureux, déconcerté, hésite, puis retire un grain de blé de son petit sac. L’attelage repart laissant le pauvre désespéré, qui rentre chez lui, plus triste que jamais. Le soir, en vidant son sac de blé dans un bol, quelle ne fut pas sa surprise d’apercevoir un petit grain d’or ! “Ah si seulement je lui avais donné tout le contenu de mon sac !”

À chaque eucharistie, le Seigneur nous demande à nous aussi : “Donne-moi ton blé”, donne-moi quelque chose de ta vie. C’est pour ça que le pain et le vin viennent à chaque fois du milieu de notre assemblée. C’est notre blé qu’on apporte. Une catéchumène nous a raconté un jour que tout a changé pour elle quand elle a compris cet échange entre nos offrandes et la communion. “Je me demandais avant ce que chacun allait chercher dans la communion. Quand j’ai eu compris que c’était la consécration de ce qu’il avait apporté de sa vie, ce fut une vraie révélation pour moi.” La question est donc, quand nous venons à la messe, de savoir ce que nous apportons réellement de notre vie ? Trop souvent, nous laissons au prêtre le soin de présenter à Dieu le pain, là-bas, loin de nous, comme si ce pain offert n’avait rien à voir avec nous !

Le pain ! Il a toute une histoire. Il représente le travail de plein de monde. Pas seulement le travail des autres, mais le nôtre, la vie de chacun de nous, ce que nous appelons notre pain quotidien, nos joies, nos peines, notre travail, nos responsabilités, nos amours. Nous avons bien raison d’apporter cette vie chaque dimanche à la messe. Et nous avons bien raison de l’offrir à chaque messe, en offrant le pain, pour que Dieu transforme notre vie en sa propre vie. Pour que ces grains de blé – comme dans la légende – deviennent précieux comme de l’or, pour que notre pain quotidiensoit transformé, transfiguré, habité, divinisé par la présence réelle du Christ. “Nous te présentons ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, il deviendra le pain de la vie.”Ça veut dire en clair qu’à la communion Dieu nous redonne ce pain, habité de la présence réelle du Christ.

 Quand nous partageons ce pain, nous recevons en nous l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus. Alors nous repartons avec une véritable énergie divine pour continuer notre travail, pour tenir dans nos responsabilités, pour vivre avec la force de l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, l’Esprit d’amour.

C’est important de comprendre ce qui se passe à la messe. Quelquefois, certains arrivent à la messe comme des désœuvrés.Ils n’apportent rien de ce qui fait leur vie. Eh bien je propose deux messages tout simples :

- Le premier : la messe, est la rencontre de deux présences réelles: la présence réelle du Christ, qui, elle, ne fait aucun doute, et notre présence à nous qui a quelquefois du mal à être réelle.

- Et le second : nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christauprès de nos frères après la messe. Écoutez cet extrait de prière eucharistique : “Regarde avec amour, Père très bon, ceux qui vont recevoir le corps du Christ, fais qu’ils deviennent ensemble par la force de l’Esprit Saint, le corps de ton Fils ressuscité.”C’est clair : après la messe, nous devons devenir ensemble le corps du Christ, le signe visible de sa présence dans le monde.

En fait, c’est après la messe que l’on sait si la messe a été une vraie messe. Une messe vivante est une messe qui fait vivre. Et si ça arrive, ou plutôt quand ça arrive,personne ne se demande plus ce que nous sommes venus faire à la messe.

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