Homélie

Posté par rtireau le 20 juin 2018

Nativité de  Jean-Baptiste– 24 juin 2018

Isaïe 49, 1-6 ; Psaume 138 ; Actes 13, 22-26 ; Luc 1, 57-66.80

Jean-Baptiste ! On connaît le récit de sa naissance. On vient de l’entendre ; on connaît sa prédication nerveuse au bord du Jourdain ; et aussi son humilité puisqu’il a conduit ses disciples à Jésus en disant : “Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses chaussures.” Mais ce que j’aime le plus de Jean-Baptiste, c’est la question qu’il a adressé à Jésus depuis sa prison. Il a envoyé ses amis la lui poser : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »Pourquoi tant d’importance à cette question ? Simplement parce qu’elle est la question de chacun de nous. Jésus est-il l’envoyé de Dieu, le Fils de Dieu ? Ou bien devons-nous, comme les juifs encore aujourd’hui, continuer d’attendre un autre Messie ? 

Jean-Baptiste a posé cette question parce qu’en voyant Jésus il était étonnéau point de douter. 

Et en voyant ce qui lui arrivait à lui-même, il était scandalisé au point de douter.

Étonné au point de douter.Marqué par son tempérament et sa culture, Jean avait des idées précises sur le Messie. Il devait être un justicier qui séparerait brutalement les bons et les méchants. Et voilà que Jésus raconte que Dieu est comme un berger qui va chercher sa brebis perdue ou comme un père qui attend le retour de son fils qui a quitté la maison avec l’argent de la famille. 

Eh bien je crois qu’avoir la foi, c’est être étonné. Les chrétiens sont les étonnés de l’amour. Tant que je ne serai pas étonné, je ne serai pas chrétien. Car le visage de Dieu révélé par Jésus est étonnant. Le chemin emprunté par Jésus est étonnant. L’Évangile est rempli de l’histoire merveilleuse de cet amour fou de Dieu qui nous étonne. Tellement que nous nous disons : « C’est inimaginable ».  Et c’est ça qui s’appelle avoir foi.

Deuxième raison de douter pour Jean-Baptiste : en voyant ce qui lui arrive à lui, il est scandalisé, au point de douter. Et on le comprend. II est en prison parce qu’il a courageusement dénoncé la mauvaise conduite d’Hérode. Et voilà que sa tête a été exigée à la fin d’un repas par Hérode pour faire plaisir à sa maîtresse. On comprend qu’il s’interroge : « Jésus est-il le Messie ou faut-il en attendre un autre ? » Si Jésus est l’envoyé de Dieu, est-ce que le sort fait à ses amis peut être aussi rude ? Qui est Dieu s’il n’intervient pas pour protéger ses amis ?

Il n’est pas difficile de comprendre cette question, c’est la nôtre. Où est Dieu quand je suis accablé de souffrance ? Ne peut-il pas épargner la vie des justes, des innocents ? Que fait-il ? 

Que fait Dieu ? Dieu n’intervient pas ordinairement pour changer le cours des événements. Je dis ordinairement, car on ne peut pas exclure tel ou tel miracle. Mais le miracle n’est pas la manière habituelle d’intervenir de Dieu qui aime la liberté de l’homme, et qui, ordinairement, ne prend pas la place des hommes. Il faut avoir le courage de le dire, même si des formules de prière nous ont quelquefois habitués à ce genre de tranquillisant.

Dieu n’est pas intervenu pour empêcher la prison et la mort de Jean-Baptiste. Dieu n’est pas intervenu pour empêcher les hommes de condamner Jésus et de le faire mourir. C’est donc que Dieu n’intervient pas comme on aimerait bien. Mais en ressuscitant Jésus il nous dit qu’une vie menée dans l’amour, qu’une mort vécue dans l’amour sont des chemins de vie. Il nous donne de croire que c’est l’amour qui gagne et qui gagnera. Dieu n’intervient pas ordinairement dans les événements, il est dans le cœur des hommes et des femmes qui vivent ces événements, et il y met cet amour qui change tout.

Bertrand Vergely, dans son livre Le silence de Dieuréfléchit sur les comptes qu’on peut avoir à régler avec Dieu à cause du mal dans le monde, et en particulier à cause de la souffrance et de la mort des enfants : “Que savons-nous de la souffrance d’un enfant ? Qu’est-ce qui nous autorise à dire qu’il a mal pour payer les fautes de ses parents (vieille théologie) ? Ou bien qu’il serait une preuve vivante de l’inexistence de Dieu (théologie plus récente)? Nous n’en savons rien. Ce sont des spéculations, des suppositions. Et derrière celles-ci des aveux. Encore une fois, qu’est-ce qui aide face à la souffrance ? Être là, aimer, avoir la foi…”  

Ne nous donnons pas des raisons de ne de ne pas être là, de ne pas aimer, de ne pas avoir la foi.

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