Homélie

Posté par rtireau le 27 juin 2018

13° dimanche dans l’année B – 1erjuillet 2018

Sagesse 1, 13 … 2, 24 ; Psaume 29 ; 2 Corinthiens 8, 7 … 15 ; Marc 5, 21-43

Deux femmes. Ou plutôt, l’une pas encore femme – elle n’a que douze ans – et l’autre qui ne l’est plus vraiment pour des raisons de maladie. Pour l’une et pour l’autre douze ans se sont écoulés. La petite est à l’âge où tout l’être se transforme, où le garçon mue, où la jeune fille s’éveille. Mais le texte dit qu’elle est “à toute extrémité”.Quant à l’autre, qui a des pertes de sang, elle vit sa féminité comme une honte, dans la débâcle de son corps. La Loi la considérait comme impure et donc marginale.

Jésus se met en marche.L’évangile de Marc nous montre Jésus toujours un peu pressé. L’expression aussitôtrevient à tout moment. Jésus lutte avec obstination contre toutes les puissances de mal : les esprits mauvais, la tempête déchaînée, les maladies, la mort même. Mais dans ce combat, il jette des petites phrases essentielles : “Ta foi t’a sauvée… ne crains pas, crois seulement.”En demandant la foi comme condition pour accomplir ses miracles, Jésus avoue que rien ne lui résiste sinon notre liberté qui peut se refuser à lui. Rien ne lui résiste sinon notre incroyance. 

Avec lui, autour de lui, la foule aussi est en marche. Tout le monde bouge, quelque chose va arriver. La femme impure est dans la foule. Le mouvement de foule la met à proximité de Jésus. Elle qui n’éveille plus le désir, elle l’intouchable, elle désire le toucher. Cet homme qui guérit et qui libère, cet homme qui n’a pas peur et qui change la vie, elle va le toucher. Va-t-elle oser ? Modestement elle va essayer, avec la retenue de celle qui a oublié depuis si longtemps ce que c’est qu’être touchée : “Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.”Seulement son vêtement, mais l’humble contact d’un instant a irradié tout son être : “Elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie.” Jésus, lui, demandait qui avait touché ses vêtements. Il avait senti “qu’une force était sortie de lui”.La femme se jette à ses pieds en tremblant. Elle entend prononcer sur elle : “Ta foi t’a sauvée, va en paix.”

On vient alors annoncer que la petite est morte. Jaïre ne demandait d’abord qu’une guérison pour son enfant. Mais lorsqu’on lui apprend que son enfant est morte, il est invité par Jésus à franchir le pas de la foi en la résurrection : “L’enfant n’est pas morte, elle dort”.Tout le monde se moque : prendre la mort pour un sommeil, quelle sottise ! C’est pourtant là que réside le sens de ce que Jésus va faire, et la bonne nouvelle qu’il veut annoncer : la mort est comparable à un sommeil pour ceux qui croient en lui. C’est jusqu’à cette foi du matin de Pâques que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. “Ne crains pas. Crois seulement”,lui dit Jésus. 

Arrivé à la maison du chef de synagogue, il met dehors les pleureuses et les moqueurs, il ne garde près de lui que le père et la mère de l’enfant et trois disciples. La puissance de Jésus ne veut rien de sensationnel. Elle se déploie dans la discrétion et la simplicité. Il prend la main de l’enfant et dit ces deux mots araméens : “Talitha koum !”, “Fille ! Debout !” Debout, c’est un des mots employés par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus. Elle se leva et se mit à marcher. Avec Jésus, la mort n’est plus la mort. Elle ne domine plus sur l’homme, elle est un sommeil d’où la puissance de Dieu l’arrache pour le rendre à la vie. Ce geste de Jésus (la prenant par la main, il la fit se lever) est une annonce de sa résurrection. Puis “Il leur dit de la faire manger”.La petite venait de traverser une mort, une femme venait de naître en elle.

“Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée,”disait la première femme. Et puis seconde histoire : Jésus saisit la main de l’enfant et lui dit : “Lève-toi”.Comme si la foi c’était toucher ou être touché. La foi, tendre la main pour toucher, la foi, une affaire de tact ! Pourquoi ces deux histoires sont-elles restées ensemble dans les Évangiles ? Peut-être pour signifier que Jésus avait donné, ou rendu, leur féminité à deux êtres en détresse. Et qu’il inaugurait une attitude neuve envers les femmes, si souvent regardées comme inférieures. Et puis Lève-toi– Deboutsont les mots pour dire la résurrection de Jésus. Et lanourritureque Jésus invite à donner à l’enfant, de la même façon qu’il avait invité à nourrir les foules qui le suivaient, pourrait bien être annonce de la nourriture eucharistique.

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette