Evangile du 22°dimanche dans l’année B – 2 septembre 2018

Posté par rtireau le 29 août 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 1-8.14-15.21-23.

En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Appelant de nouveau la foule, il lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »
Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

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Homélie

Posté par rtireau le 29 août 2018

22° dimanche dans l’année B - 2 septembre 2018

Deutéronome 4,1-2.6-8Psaume 14
Jacques 1, 17-18.21b-22.27
Marc 7, 1-8.14-15.21-23

Des Pharisiens reprochent aux disciples de Jésus de ne pas être fidèle à la tradition ! “Ils prennent leur repas avec des mains impures.” La loi juive obligeait les prêtres à se laver les mains avant le service liturgique (Exode 30, 17-21) pour donner au repas une signification sacrée : on mange devant Dieu et on le remercie de nous donner le pain. Belle tradition ! Mais voilà qu’avec le temps ces pratiques de respect sont devenues, avec les Pharisiens, des façons de séparer les hommes : les Juifssont préservés de contact mauvais avec les païens ; les justessont écartés des pécheurs ; les bien portantssont éloignés des malades. Il y a quelques années, quelqu’un est venu me demander de bénir des médailles pour se protéger des bougnouls. Sans même s’en rendre compte, il me demandait exactement le contraire de ma mission. 

Mais revenons au texte. Les rabbins ajoutèrent plein de détails à cette règle de se laver les mains. Et ils l’imposèrent à tous les Juifs avant qu’ils ne se mettent à table sous prétexte que tout repas est un acte religieux et que tout Israël est un peuple sacerdotal. Les disciples de Jésus, eux, sont des Galiléens assez loin de la stricte Jérusalem. Ils sont de simples travailleurs et ils ont du mal à se conformer à tous ces détails. D’où le reproche qu’on fait à Jésus dans le texte.

Donc les pharisiens attaquent. Ils ont l’air de questionner mais déjà ils condamnent : “Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leur repas avec des mains impures.” Réplique cinglante : la tradition des ancêtres ! Lisez donc Isaïe : “Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, leur culte… Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.” En somme vous prétendez servir Dieu mais, en fait, c’est pour imposer vos règlements ! Jésus, lui, dit que Dieu est ouvert à tous les hommes. Il accueille le contrôleur d’impôts méprisé, le centurion de l’armée d’occupation, le lépreux ou la personne de mauvaise vie. A quoi ça sert de se laver les mains selon les rites si le cœur est plein de mépris ou de haine ? À quoi bon se laver les mains si le cœur n’y est pas ?C’est comme ça que Pilate se lavera les mains en condamnant l’innocent.

Jésus se sert de deux oppositions : le pur et l’impur, le dedans et le dehors. “Rien d’extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur ; mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur.”  Des mains rituellement bien lavées n’empêchent pas d’avoir un cœur sale.C’est ton cœur mauvais qui te sépare de Dieu et des autres. Il y a perversion quand l’extérieur l’emporte sur l’intérieur, quand l’apparence l’emporte. Si vous trouvez compliquées ces distinctions entre le dedans et le dehors, 

• Relisez Saint Jacques : il invite à des travaux pratiques simples, même s’ils ne sont pas faciles : « Devant Dieu notre Père, un comportement religieux…, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde. »

• Et souvenez-vous la parabole du bon samaritainavec le débat entre la loiet le prochain. Le prêtre et le lévite choisissent le respect de la loi et refusent de se souiller au contact du sang. Le samaritain, lui, n’est pas prisonnier de cette loi et est donc libre d’aimer. Il choisit d’aimer l’autre, plutôt que d’aimer la règle.

• Et souvenez-vous quand Jésus se met à genoux pour laver les pieds de ses disciples: le maître se fait esclave de ses frères.

• Et quand il guérit le jour du sabbatsans se tracasser de l’interdit. Il finit même par déclarer : “Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat.”(Marc 2). Les Pharisiens ont choisi l’amour de la règle, Jésus choisit la règle de l’amour.

“Un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse…”, disait Saint Jacques.Un commentateur a pu écrire : “Le service n’est pas une vertu parmi d’autres qui devait être exercée par l’Église : il est sa raison d’être. S’il n’y a pas le service, la présence devient un rêve et l’absence, un abandon.” À l’approche de la rentrée, les travaux pratiques ne vont pas manquer : il suffit de nous demander qui sont aujourd’hui nos orphelins et nos veuves dans le malheur, et qui partagera le pain de la Parole et le pain de l’amour à tout ce monde-là.

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Evangile du 21°dimanche dans l’année B – 26 août 2018

Posté par rtireau le 21 août 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6, 60-69.

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !…
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 21 août 2018

21° dimanche dans l’année B – 26 août 2018

Josué 24, 1-2a.15-17.18b
 ; Psaume 33
 ; Ephésiens 5, 21-32
 ; Jean 6, 60-69

Josué(1èrelecture) : Choisissez qui vous voulez servir : les dieux (au pluriel), ou bien le Seigneur (l’unique) ! Nous sommes en 1200 avant Jésus Christ, et Josué s’adresse à des tribus qui se retrouvent : il y a ceux qui n’on pas été déportés en Égypte et ceux qui viennent de rentrer de déportation. 

Ceux qui n’ont pas été déportésse sont forcément installés dans leurs habitudes tranquilles. Ils ont moins souffert, moins bougé. Ils ont gardé leurs dieux païens, protecteurs de leur bétail, de leur terre et de leur sécurité. 

Ceux qui ont vécu la déportation et qui viennent de vivre une histoire de libération, Il leur a fallu se bouger et sortir d’Égypte où l’esclavage avait tout de même des avantages. On se souvient des marmites de viande et des célèbres oignons d’Egypte. Ceux-là ont eu une expérience du Dieu qui les a fait bouger et vivre à plein, au prix d’exode et de traversée de désert dans tous les sens du terme. 

En bref, les uns ont fait l’expérience des dieux qui protègent leur stabilité, les autres ont fait une expérience de Dieu qui libère, qui met en route, qui pousse à partir, à grandir, qui dérange. Il y a dieux et Dieu.

Aujourd’hui, il y a les deux en chacun de nous.On a tous l’expérience des premiers, de ceux qui sont restés sur place : on a peur de bouger, de partir, on préfère rester là, rester enfant, ne pas changer de travail, ne pas quitter nos habitudes, notre confort même relatif. Et c’est le chemin vers les intégrismes de toutes sortes. Impossible de comprendre l’Évangile d’aujourd’hui si on ne comprend pas ce qu’est une vie donnée, une libération, un arrachement, une mise en route. Si on n’entend pas Matthieu au chapitre 25 : “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites,” on est alors avec ceux qui disent : “Intolérable qu’il nous donne sa chair à manger.”

Fort heureusement on a tous aussi l’expérience des seconds, de ceux qui se sont bougés pour vivre une expérience de libération. Quand on est père ou mère de famille, quand on se donne au service des autres, quand on ose se laisser déraciner, quand on ose prendre des responsabilités, donner sa vie, se faire manger, alors l’Évangile devient clair. Et il est évident que la vraie vie est là. Avec le Christ on est dans une lutte réaliste au milieu des sœurs et des frères pétris de chair et de sang. Et on comprend la réponse sans ambiguïté de Pierre : “Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle.” Si nous lui emboîtons le pas, nous savons que nous sommes invités au partage, à l’ouverture. Car l’Eucharistie est une nourriture et non un remède ou une récompense. Et qui dit nourriture dit forces pour faire le travail soi-même. C’est comme une transfusion pour nous rendre capable de transformer nos existences, nos sociétés, nos communautés.

Et je laisse la conclusion à Gérard Bessière : « Jésus était de chair et de sang. Il fut tenté. Il connut la lassitude. Il se mit en colère. Il eut peur de la mort. Jésus n’était pas un être éthéré, entre ciel et terre.

Il ne refusait pas les invitations. Il racontait des histoires, brèves et vertigineuses. Il était capable de clouer le bec à ses adversaires, de chasser marchands et bétail à coups de corde sur l’esplanade du Temple, de donner de la voix en plein air pour parler à une foule. Il pouvait faire de longues journées de marche. Il aimait ses amis. Il lui arrivait de frémir, de bouillir intérieurement, de pleurer…

Ceux qui veulent lui emboîter le pas n’ont pas à s’évader de la vie, de notre pauvre et magnifique vie. Bien au contraire… Manger sa chair et boire son sang, c’est accueillir cet être si intense, c’est l’avoir dans la peau, dans le sang, comme dit la langue verte. Une transfusion de sang divin. Pour transformer nos existences, nos sociétés, le monde…

Car il respirait l’Esprit de Dieu. Il nous propose à jamais de prêter nos poitrines à ce souffle et de travailler obstinément à rénover la face de la terre… »

Manger sa chair et boire son sang, c’est accueillir cet être si intense,c’est croire que cet homme est capable d’une telle proximité avec Dieu. Et que chacun, s’il se laisse habiter par le souffle, peut faire l’expérience du divin en lui.

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Evangile du 20°dimanche dans l’année B – 19 août 2018

Posté par rtireau le 16 août 2018

Pain

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,51-58. 

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

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Homélie

Posté par rtireau le 16 août 2018

20° dimanche dans l’année B -19 août 2018

 Proverbes 9, 1-6 ; Psaume 33 ; Ephésiens 5, 15-20 ; Jean 6, 51-58

Au livre des Proverbes (1ère lecture) :“Quittez l’étourderie !” 

Saint Paul (2de lecture) : “Ne vivez pas comme des fous !” 

Et l’Évangile : “Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?”Jésus lui-même soupçonné de folie. Folie et Sagesse autour de l’Eucharistie, autour du pain vivant. 

Folies…depuis les profanations (comme si ça dérangeait, cette présence), jusqu’aux abus dans l’autre sens : quand on a fait de ce pain un objet sacré, à ne pas toucher et à ne pas manger sauf en de très rares circonstances. J’ai toujours été étonné que “Prenez et mangez en tous”ait pu être traduit si longtemps : “Ne touchez pas et adorez.”

“Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, … vous n’avez pas la vie en vous.” : des mots qui nous rappellent la phrase “Le Verbe s’est fait chair”,faisant un lien étroit entre Incarnation et Eucharistie. En fait les amoureux sont les moins choqués par ce langage puisqu’ils l’emploient aussi quand ils disent à leur amie : “Tu es belle à croquer.”Et il y a ceux qui “boivent les paroles de leur conférencier préféré.” Même si le mystère demeure entier pour tout ceux-là comme pour l’Eucharistie ! En réalité, il s’agit de se nourrir de Dieu, c’est à dire de vivre. Aujourd’hui, tout de suite, et aussi éternellement. Comme si une certaine qualité de vie était impérissable. 

Jésus parle de manger et de boire. Il a devant lui des hommes et des femmes dont beaucoup connaissent la faim et la soif. Il propose une nourriture qui fait sursauter : c’est sa chair. C’est l’évangile de Jean qui emploie le mot chair; les autres évangiles parlent de corps. Ces mots ne sont pas opposés à esprit ou âme comme chez les Grecs. Pour les compatriotes de Jésus ils évoquent l’homme concret, total, celui que l’on peut toucher, qui marche, qui parle, qui souffre et qui aime,debout et fragile. C’est au début de cet évangile de Jean qu’on lit la petite phrase éblouissante : “Le Verbe s’est fait chair.”Dieu-chair, la Parole qui fit naître l’univers se dresse aussi en Jésus. En clair, Jésus propose une union avec Dieu à ceux qui ont faim. Non pas un Dieu lointain auquel on aurait accès par des enseignements ou des rites compliqués, mais Dieu comme un peu de pain et de vin. 

Dans la communauté où naît l’évangile de Jean, dans les années 90, on célèbre l’eucharistie, et on s’unit à Jésus par toute la vie de chaque jour. Ce n’est pas un Jésus qui s’éloigne dans le passé. C’est celui qui aime les enfants, celui qui se moque des orgueilleux, c’est l’inventeur d’une vie neuve. Lui, le pain rompu, il ne s’est pas retiré après un passage rapide pour laisser des souvenirs. Celles et ceux qui veulent communier avec lui, le recevoir en vérité,rencontrent un Jésus qui s’offre comme un bon pain. 

“Et ils marchent derrière lui, écrit Gérard Bessière,ils partagent les ferveurs, les luttes, les indignations de celui qui veut changer le monde et qui le secoue. A travers les affamés, les persécutés, les passionnés de toutes les justices et de la terre de Dieu, il offre toujours la chair du prisonnier malmené, le sang du crucifié percé par la lance romaine, la Parole à jamais perturbatrice et créatrice. Partager le pain, échanger le sang, gestes primordiaux qui lient les êtres à la vie, à la mort.”

Laissons-nous donc inviter à comprendre Jésus Christ pain de vie en contemplant ceux qui donnent leur vie par amour. Car alors on peut venir ensuite accueillir le Christ que ces personnes-là nous ont déjà montré ; on peut venir l’accueillir lui-mêmeen mangeant le pain qui donne vie. Cet accueilse fait assez naturellement quand on célèbre des fêtes où quelqu’un est impliqué fortement. C’est vrai pour un baptême, une première Eucharistie, une confirmation, un mariageou encore plus des obsèques. Car alors, si des signes sont posés, si des objets sont apportés, si du pain est partagé dans une Eucharistie, tout cela est incarné, c’est à dire très lié à la personne qui nous est chère et à tout ce qu’elle a pu nous partager dans sa vie et qui nous a tellement émus. En fait, c’est elle, à travers le meilleur de sa vie, qui nous met déjà en chemin humainement concret vers la réalité du Corps du Christ. On peut dire qu’elle donne déjà un peu de corpsau Corps du Christ que l’on va recevoir en communion. C’est alors que nous faisons concrètement l’expérience chrétienne : croire que tout ce qui est partagé par amour dans une vie, Dieu le ressuscite.

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Fête de l’Assomption – 15 août 2018

Posté par rtireau le 13 août 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; 
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; 
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge 
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, 
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, 
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, 
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

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Homélie

Posté par rtireau le 13 août 2018

Fête de l’Assomption – 15 août 2018

Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Psaume 44 ; 1 Corinthiens 15, 20-27a ; Luc 1, 39-56

Dans notre monde d’aujourd’hui, inquiet, injuste, souvent violent, comment se laisser emporter dans cette jubilation du Magnificat ? Mais au fait, le monde dans lequel la jeune Marie chantait sa joie d’être bientôt maman, dans quel état était-il ? Sa Galilée natale n’était pas en paix, les puissants opprimaient les petits, les riches prospéraient à côté des pauvres. Pas vraiment de quoi chanter un magnificat. Mais voilà ! Marie sentait bouger en elle un enfant, l’enfant de l’avenir. C’est lui quiproclamerait un jour : “Heureux les pauvres, les doux, les affamés.”  C’est lui quiallait rudoyer les orgueilleux et les nantis. C’est lui quiallait révéler la richesse des pauvres et offrir aux foules démunies un pain de vie inconnu. Marie portait en elle cet avenir ardent. Comme il est actuel, le Magnificat, chant de marche obstinée des humbles !

Savez-vous qu’en certains pays, les paroles du Magnificat ont été parfois censurées comme subversives, là où des communautés chrétiennes avaient réellement montré leur foi en un Dieu qui “renverse les puissants de leur trône.” Je pense à ce livre de Ernesto Cardenal (1979) intitulé Chrétiens du Nicaraguaet qui a comme sous titre :l’évangile en révolution.  C’est un recueil de méditations des communautés de bases du Nicaragua. A la page Méditation sur le Magnificat, il y a ces quelques lignes : « On dit que ce passage d’évangile remplissait d’épouvante les tsars de Russie, et que Maurras, de son côté, a parlé “du germe révolutionnaire du Magnificat.” C’est un cantique en l’honneur des pauvres… C’est la prière favorite des pauvres et, très souvent, les paysans superstitieux la portent sur eux comme une amulette. Au temps du vieux Somoza, quand les paysans furent obligés d’avoir toujours sur eux un certificat comme quoi ils avaient voté pour lui, le peuple avec humour, baptisa ce document le Magnificat. »

Par rapport à Marie on glisse facilement – ce n’est pas d’aujourd’hui – vers la seule vénération à son égard au risque d’oublier le message de sa vie. On en resterait bien aux cantiques à Marieau risque d’oublierle Cantique de Marie, ce fameux Magnificatavec son message tellement exigeant. Quand quelqu’un dérange beaucoup dans un parti, dans un mouvement ou dans une organisation, il arrive qu’on s’arrange pour lui donner une promotion. On en profite alors pour chanter ses louanges. Et il est clair pour tout le monde que si on le met à cette place plus élevée c’est parce qu’on espère qu’il y dérangera moins. Eh bien il ne faut pas agir comme ça avec Marie. Si elle prononce son Magnificat, ce n’est pas pour qu’on le traduise en louange à son égard. Marie nous invite au contraire à célébrer avec elleles merveilles de Dieu accomplies en faveur de ceux qui espèrent le salut du monde et qui luttent pour ça.

Pourquoi donc fêter aujourd’hui Marie et son Magnificat ? Fêter quelqu’un c’est prendre du temps pour se rappeler le meilleur de lui-même. Et ça fait du bien, ça fait grandir. Prendre le temps aujourd’hui de nous rappeler le meilleur de Marie, elle qui portait en elle l’Espérance du monde. Occasion de me demander : De qui je porte l’espérance ?Vous savez, toutes les réflexions du genre : “On compte sur toi. Tu comptes beaucoup pour nous.” Marie a tellement accueilli la Parole que la Parole a pris chair en elle. Et elle partage le triomphe de son Fils sur la mort. Croire tellement, avoir un idéal tellement fort et tellement têtu que jour ou l’autre ça se concrétise, que jour ou l’autre ça ressuscite.Certains disent qu’aujourd’hui est le jour de Pâques de l’été.

Marie vient de découvrir qu’elle est enceinte, et au lieu d’entrer dans ce temps de l’attente par le repos, son premier réflexe est de se mettre en route. Comme si l’Evangile de Luc tenait à dire que la naissance de Jésus ne représente pas un termepour Marie mais un commencementune mise en route. Marie n’a qu’une hâte, c’est de partir chez sa cousine Élisabeth. La véritable joie d’une visite, la valeur d’une rencontre, c’est de croire en celui qu’on va voir. Croire que l’autre mérite attention et respect, qu’il porte en lui des possibilités infinies, croire que rien n’est impossible à Dieu. 

Une visite, aussi banale soit-elle, réalise la visite de Dieu qui s’intéresse à notre terre.

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Evangile du 19°dimanche dans l’année B – 12 août 2018

Posté par rtireau le 8 août 2018

Mains

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 41-51

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : 
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » 
    Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? » 
    Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. 
    Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. 
    Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. 
    Moi, je suis le pain de la vie. 
    Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas.Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

 

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Homélie

Posté par rtireau le 8 août 2018

19° dimanche dans l’année B – 12 août 2018

1 Rois 19, 4-8 ; Psaume 33 :
Ephésiens 4, 30-32 ; 5, 1-2 ; Jean 6, 41-51

La première lecture d’aujourd’hui est un récit qui a comme arrière fond le livre de l’Exode, et qui souligne les ressemblances entre Elie et Moïse. Abandonné des fils d’Israël qui se sont tournés vers les idoles, poursuivi par la haine de la reine Jézabel, Elie a pris le chemin du désert, persuadé d’avoir échoué, au bord du découragement. Il appelle la mort de ses vœux : “Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie ! Je ne vaux pas mieux que mes pères.” Moïse aussi avait fui la colère de Pharaon en se réfugiant au désert, et, désabusé, il avait voulu mourir lui aussi.

Une présence se révèle à Elie : “Lève-toi et mange.” Et il y a là un pain cuit sous la braise et une cruche d’eau. Comme au temps de Moïse où il y avait la manne qui tombait du ciel et l’eau qui jaillissait du rocher. Alors Elie se rend à l’Horeb, au lieu même où Moïse avait reçu sa mission. 40 jours et 40 nuits qui rappellent le séjour de Moïse sur la montagne. Là où tout semblait finir dans un échec, un nouveau commencement s’annonce. S’il y en a qui n’ont pas le moral, c’est là qu’est le message : Là où tout semblait finir dans un échec, un nouveau commencement s’annonce. Nous sommes au cœur même du sens que prendra la croix du Christ. Tout semblait fini au soir du Vendredi Saint, et le matin de Pâques a tout remis en cause.

Un jour, après avoir lu ce texte, plusieurs avaient dit : “On a bien aimé le ton de la voix de l’ange dans la première lecture.” On n’avait pas d’enregistrement, mais ils avaient cru entendre la voix d’un papa, à la fois paisible et ferme, un ton humain d’encouragement insistant pour remettre debout ce désespéré de la vie : “Lève-toi et mange ! Car il est long, le chemin qui te reste.” Et c’est cette voix qui a fait que, là où tout semblait fini dans un échec, un nouveau commencement a pu s’annoncer. Ce n’est pas d’abord le pain et l’eau qui ont donné force, c’est cette voix aimante. C’est cette présence qui a permis de manger et de repartir. Nous n’avons pas besoin non plus de caméra pour avoir en tête des images de la vie de Jésus, et de son style de présence aux plus pauvres, et comment il redonnait force à ceux qui avaient du mal dans la vie.

Et sa résurrection nous a permis de comprendre comment cette présence humaine de Jésus était en même temps présence de Dieu son Père. Et en définitive comment toutes les présences humaines aimantes sont aussi présences même de Dieu, comment tous les visages humains deviennent visages de Dieu quand ils sont regards d’amour. Quand Jésus dit : “Je suis le pain vivant…”, souvenons-nous du don de sa vie par amour sur la croix, souvenons-nous comment il fut le grain de blé qui meurt pour donner l’épi puis le pain. Et souvenons-nous de son dernier repas où il a rompu le pain, nous invitant à continuer de le faire en mémoire de lui. C’est bien le don de sa vie par amour qui nous a donné vie. Et tous ceux qui donnent de leur vie par amour sont aujourd’hui semeurs de vie. C’est bien parce qu’il a donné sa vie par amour que son geste de rompre le pain a pu signifier la vie même de Dieu qui se donne. Impossible de distinguer entre le signe du pain partagé et la réalité de cette vie donnée par amour.

Peut-être que tout ça vous semble évident et vous vous demandez pourquoi j’insiste. Eh bien j’insiste parce que je crois que ce message n’a jamais fini de nous faire vivre. Et je vous invite pour les jours à venir à chercher à comprendre Jésus Christ pain de vie en contemplant tous ceux que vous rencontrerez et qui donnent de leur vie par amour. Exceptionnellement vous avez le droit de vous contempler vous-mêmes. La prière donne ce droit-là. Et je vous invite à revenir ensuite ici (ou ailleurs), accueillir en Eglise le Christ que ces personnes-là vous ont déjà montré, à revenir l’accueillir lui-même en mangeant le pain qui donne vie. Alors le pain aura vraiment goût d’Eucharistie.

Il arrive encore aujourd’hui que des personnes distinguent entre les gestes que l’on dit simplement humains et des réalités qui seraient directement spirituelles. Bien sûr intellectuellement on fait comme on peut avec les mots pour se faire comprendre. Mais je vous invite à découvrir que la dimension que l’on prétend quelquefois directement spirituelle ne nourrit pas vraiment si elle n’a pas de racines humaines. Et que ce qu’on appelle à tort la dimension simplement humaine n’a en réalité pas de limites puisque notre Dieu lui-même y est entré dans son Incarnation.

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