Homélie

Posté par rtireau le 8 août 2018

19° dimanche dans l’année B – 12 août 2018

1 Rois 19, 4-8 ; Psaume 33 :
Ephésiens 4, 30-32 ; 5, 1-2 ; Jean 6, 41-51

La première lecture d’aujourd’hui est un récit qui a comme arrière fond le livre de l’Exode, et qui souligne les ressemblances entre Elie et Moïse. Abandonné des fils d’Israël qui se sont tournés vers les idoles, poursuivi par la haine de la reine Jézabel, Elie a pris le chemin du désert, persuadé d’avoir échoué, au bord du découragement. Il appelle la mort de ses vœux : “Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie ! Je ne vaux pas mieux que mes pères.” Moïse aussi avait fui la colère de Pharaon en se réfugiant au désert, et, désabusé, il avait voulu mourir lui aussi.

Une présence se révèle à Elie : “Lève-toi et mange.” Et il y a là un pain cuit sous la braise et une cruche d’eau. Comme au temps de Moïse où il y avait la manne qui tombait du ciel et l’eau qui jaillissait du rocher. Alors Elie se rend à l’Horeb, au lieu même où Moïse avait reçu sa mission. 40 jours et 40 nuits qui rappellent le séjour de Moïse sur la montagne. Là où tout semblait finir dans un échec, un nouveau commencement s’annonce. S’il y en a qui n’ont pas le moral, c’est là qu’est le message : Là où tout semblait finir dans un échec, un nouveau commencement s’annonce. Nous sommes au cœur même du sens que prendra la croix du Christ. Tout semblait fini au soir du Vendredi Saint, et le matin de Pâques a tout remis en cause.

Un jour, après avoir lu ce texte, plusieurs avaient dit : “On a bien aimé le ton de la voix de l’ange dans la première lecture.” On n’avait pas d’enregistrement, mais ils avaient cru entendre la voix d’un papa, à la fois paisible et ferme, un ton humain d’encouragement insistant pour remettre debout ce désespéré de la vie : “Lève-toi et mange ! Car il est long, le chemin qui te reste.” Et c’est cette voix qui a fait que, là où tout semblait fini dans un échec, un nouveau commencement a pu s’annoncer. Ce n’est pas d’abord le pain et l’eau qui ont donné force, c’est cette voix aimante. C’est cette présence qui a permis de manger et de repartir. Nous n’avons pas besoin non plus de caméra pour avoir en tête des images de la vie de Jésus, et de son style de présence aux plus pauvres, et comment il redonnait force à ceux qui avaient du mal dans la vie.

Et sa résurrection nous a permis de comprendre comment cette présence humaine de Jésus était en même temps présence de Dieu son Père. Et en définitive comment toutes les présences humaines aimantes sont aussi présences même de Dieu, comment tous les visages humains deviennent visages de Dieu quand ils sont regards d’amour. Quand Jésus dit : “Je suis le pain vivant…”, souvenons-nous du don de sa vie par amour sur la croix, souvenons-nous comment il fut le grain de blé qui meurt pour donner l’épi puis le pain. Et souvenons-nous de son dernier repas où il a rompu le pain, nous invitant à continuer de le faire en mémoire de lui. C’est bien le don de sa vie par amour qui nous a donné vie. Et tous ceux qui donnent de leur vie par amour sont aujourd’hui semeurs de vie. C’est bien parce qu’il a donné sa vie par amour que son geste de rompre le pain a pu signifier la vie même de Dieu qui se donne. Impossible de distinguer entre le signe du pain partagé et la réalité de cette vie donnée par amour.

Peut-être que tout ça vous semble évident et vous vous demandez pourquoi j’insiste. Eh bien j’insiste parce que je crois que ce message n’a jamais fini de nous faire vivre. Et je vous invite pour les jours à venir à chercher à comprendre Jésus Christ pain de vie en contemplant tous ceux que vous rencontrerez et qui donnent de leur vie par amour. Exceptionnellement vous avez le droit de vous contempler vous-mêmes. La prière donne ce droit-là. Et je vous invite à revenir ensuite ici (ou ailleurs), accueillir en Eglise le Christ que ces personnes-là vous ont déjà montré, à revenir l’accueillir lui-même en mangeant le pain qui donne vie. Alors le pain aura vraiment goût d’Eucharistie.

Il arrive encore aujourd’hui que des personnes distinguent entre les gestes que l’on dit simplement humains et des réalités qui seraient directement spirituelles. Bien sûr intellectuellement on fait comme on peut avec les mots pour se faire comprendre. Mais je vous invite à découvrir que la dimension que l’on prétend quelquefois directement spirituelle ne nourrit pas vraiment si elle n’a pas de racines humaines. Et que ce qu’on appelle à tort la dimension simplement humaine n’a en réalité pas de limites puisque notre Dieu lui-même y est entré dans son Incarnation.

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