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Evangile pour le 2 novembre 2018

Posté par rtireau le 31 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11, 32-45.

Lazare, l’ami de Jésus était mort depuis quatre jours.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

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Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2018

Homélie pour le 2 novembre 2018

Jean 11, 32-45

Saint Jean était sûrementà Béthanie. Il donne en effet beaucoup de détails dans cette scène d’évangile remplie d’amitié. Il est comme fasciné par Jésus, par sa tristesse, son émotion et toute son affection pour cette famille dont il a raconté tant de souvenirs : Marie qui lavait les pieds de Jésus et les essuyait avec ses cheveux, et Marthe qui faisait la cuisine pour lui.

 Jean n’est pas un reporter avec sa caméra et il écrit un demi-siècle après les événements. 

Jean n’est pas davantage un historien. Même s’il raconte des faits qui ont eu lieu, il n’a pas cherché à bâtir un système de pensée. Il est resté narrateur de ce qu’il a vu.

Jean est un évangéliste: il a vécu la résurrection qui lui permet d’annoncer ce que Jésus a voulu révéleren guérissant les malades et en ressuscitant les morts. Jean dit la Bonne Nouvelle.Il explique qu’un miracle est toujours un signe qui révèle qui est Jésus :

- Jésus guérit des paralysés, non pas pour qu’il n’y ait plus jamais de paralysé, mais pour révéler qui il est : celui qui sauve de toutes les paralysies, et qui nous veut debout.

- il guérit des aveugles, non pas pour qu’il n’y ait plus jamais d’aveugles, mais pour dire “Je suis la lumière du monde, qui marche à ma suite ne marche pas dans les ténèbres.”

- il ressuscite Lazare, non pas pour qu’il n’y ait plus jamais de mort, mais pour dire “Je suis la Résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra.”

Jésus est venu pour annoncer la vie au-delà de la mort !

Et si cette histoire autour de Lazare nous représentait ?Notre humanité est quelquefois sans espoir, à la dérive ! C’est dans cet état que Jésus a trouvé son ami : non plus un homme mais un cadavre. Et il a pleuré.Pourquoi ? Parce qu’à certaines heures, c’est la seule façon qu’il nous reste d’aimer et de prier. Le père Varillon a écrit des pages étonnantes sur La souffrance de Dieu : Pourquoi a-t-on pu imaginer un Dieu impassible et lointain ? Non ! Jésus montre que Dieu souffre avec les hommes qui souffrent. Il n’est pas l’inventeur de la mort-punition. Il est l’accompagnateur de la mort qui nous éprouve.

Jésus dit : “Enlevez la pierre” !Il n’aime pas les tombeaux, ni les pierres devant les tombeaux. Il n’aime pas la mort. Voilà pourquoi il ne dit pas, il ordonne : “Enlevez la pierre !Puis : “Lazare, viens dehors !”et le mort sortit, vivant ! Et Jésus continue : “Déliez-le, et laissez-le aller !” Jésus n’aime pas les tombeaux. Il ne supporte pas non plus les bandelettes, ni tout ce qui enchaîne.Ce que Jésus a fait pour Lazare, il veut le faire pour l’humanité entière. C’est un clown canadien qui disait“Jésus est un ouvreur de tombeau et un dérouleur de bandelettes !” 

Petite précision : Ce sont les amis de Lazare remis debout par Dieu qui vont délier ses mains et ses pieds. Jamais quelqu’un ne retrouve vie et espérance tout seul comme par miracle. Mais le moindre geste réchauffe et ranime. La seule force qui ait jamais ouvert les tombeaux et déroulé les bandelettes, c’est l’amour et le pardon !

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Evangile de la fête de Tous les Saints – 1er novembre 2018

Posté par rtireau le 29 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 29 octobre 2018

Fête de la Toussaint- 1er novembre 2018

Apocalypse 7, 2-4. 7-19 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12a

C’est le Père Jacques NOYER, l’ancien évêque d’Amiens, qui fait l’homélie d’aujourd’hui…

 

Il aurait pu dire : les pauvres sont des paresseux ! Mettez-les au travail !

Il aurait pu dire : la pauvreté est une honte ! Qu’elle disparaisse de nos yeux !

II aurait pu dire : les pauvres d’aujourd’hui sont les riches de demain !

Mais il a dit:bienheureux êtes-vous si vous avez un cœur de pauvre, vous saurez ce qu’est le Royaume de Dieu.

 

Il aurait pu dire : la vie est un combat ! Et que le plus fort gagne !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : celui qui use de l’épée périra par l’épée !

Il aurait pu dire (comme La Fontaine) : le chêne est déraciné, le roseau ne rompt pas.

Mais il a dit:bienheureux êtes-vous si vous êtes habités par la douceur, on vous donnera ce quevous ne convoitez pas.

 

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : il faut que le bien portant soigne le malade.

Il aurait pu dire : l’humanité doit éliminer les faibles !

Il aurait pu dire : un jour on inventera un surhomme qui vivra mille ans !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si vous vous sentez faibles, vous accéderez à la joie de la consolation !

 

Il aurait pu dire (avec les anciens) : le summum de la justice est ce qui est le plus injuste !

Il aurait pu dire (avec La Fontaine) : la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : la justice des hommes n’est pas la justice de Dieu !

Mais il a dit : bienheureux êtes-vous si vous avez soif de la justice, cela suffira pour vous en donner le goût !

 

Il aurait pu dire (avec d’autres) : ne faites pas auxautres ce que vous refusez pour vous !

Il aurait pu dire : soyez solidaires ! C’est ensemble que vous vous en sortirez !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : si votre frère a péché, ramenez-le à la sagesse !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si vous savez faire miséricorde, vous obtiendrez pour vous indulgence et pardon !

 

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : vous êtes au milieu des voleurs, soyez prudents et rusés !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : ne vous fiez pas aux apparences, aux sépulcres blanchis !

Il aurait pu dire (comme Sénèque) : apprends à ne rien désirer, tu ne souffriras plus !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si vous avez un cœur pur, simple et sans malice, vous aurez la chance d’entrevoir la lumière de Dieu !

 

Il aurait pu dire : cherchez la paix loin du commerce des hommes !

Il aurait pu dire : la paix est au bout du fusil ; si tu veux la paix, prépare la guerre !

Il aurait pu dire : tu n’es pas fait pour la paix. Dieu t’attend pour imposer sa loi !

Mais il a dit : bienheureux êtes-vous si vous travaillez sans cesse a bâtir la paix,vous goûterez la joie d’être fils de Dieu et frères de tous !

 

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : venez à moi, je vous donnerai le repos !

Il aurait pu dire (comme Coluche) : je ne vous promets pas le grand soir, juste à manger et à boire !

Il aurait pu dire (comme Guy Béart) : le premier qui dit la vérité sera exécuté !

Il aurait pu dire (comme Churchill) : je n’ai à vous offrir que du sang et des larmes !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si on vous critique, si on vous persécute, si on vous calomnie à cause de moi, car c’est le sort des prophètes.

Soyez dans la joie aujourd’hui car vous êtes sur le bon chemin ;le chemin sur lequel Dieu vous attend.

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Evangile du 30°dimanche dans l’année B – 28 octobre 2018

Posté par rtireau le 24 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 46b-52.

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

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Homélie

Posté par rtireau le 24 octobre 2018

30° dimanche dans l’année B – 28 octobre 2018

Jérémie 31, 7-9 ; Psaume 125 ; Hébreux 5, 1-6 ; Marc 10, 46-52

Plusieurs noms de l’Évangile commencent par bar(en araméen : fils) : Barabbas, Barsabbas, Barthélemy, Barnabé, Bartimée… Et Bartimée signifie Fils précieux.

Ce jour-là Bartimée est assis au bord de la route où va passer Jésus. Mais ce Fils précieuxtraîne, comme on dit, un cadavre dans son placard : il est aveugle. Autant dire criminel et maudit de Dieu, car c’est ce qu’on croyait à l’époque. Mais lui ne l’entend pas de cette oreille. Il se met à crier et il demande autre chose que de l’argent ou du pain. Il crie : “Fils de David, Jésus, prends pitié de moi !”Ses yeux ne voient pas mais son cœur n’est pas aveugle, et il reconnaît en Jésus le Messie, le Fils de David. 

Etonnant rapprochement que fait Saint Marc : le Fils de Timées’adresse au Fils de David. Celui-ci entendra-t-il l’appel de son frère en humanité ? Réaction des disciples (on se rappelle comment ils rabrouaient les enfants) : « Qu’il se taise ! »Réaction des gens aussi : c’est dangereux de crier en donnant à Jésus le nom de Fils de David, car c’est un titre attribué au Messie. Si les autorités juives l’entendent, ça pourrait donner lieu à des mouvements de foule et inquiéter le pouvoir romain. Mais lui remet ça plus fort : “Fils de David, prends pitié de moi !” Profession de foi extraordinaire : le Fils précieux reconnaît le Fils de David. Il ne manque vraiment plus que l’Hosannaet on se croirait en train d’entrer à Jérusalem le jour des Rameaux.

Jésus entend ce cri que la foule essayait d’étouffer. Il l’appelle. Bartimée jette son manteau et, d’un bond, arrive près de lui. La foi lui donne des ailes. Il pulvérise sûrement un record et se voit peut-être déjà sur un podium à Jérusalem. Quand il jette son manteau par terre, c’est sans doute pour courir plus vite mais, sans s’en douter évidemment, il ouvre aussi, d’une certaine façon, l’étrange procession des Rameaux : un peu plus loin, du côté de Bethphagé, d’autres aveugles et des boiteux prendront le relais et jetteront aussi leurs manteaux sur la route au passage du Fils de David.

Jérémie (1èrelecture) évoque cette procession du futur et cette entrée triomphale lorsqu’il raconte le retour du petit reste d’Israël“parmi eux, dit-il, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée… Je les conduis vers les cours d’eau, par un droit chemin où ils ne trébucheront pas.” Quand verrons-nous cette procession-là dans notre société à deux vitesses où les infirmes de la compétition sont tellement souvent abandonnés au bord du chemin ? 

Le romancier Tahar Ben Jellounraconte dans son livre La Nuit sacrée, l’étrange histoire d’un aveugle et d’une jeune femme profondément blessés par la vie. Un jour, la femme se retrouve seule en prison. Et pour mieux communier à la nuit de l’aveugle, elle décide de vivre en cellule avec un bandeau sur les yeux. “Pour nous entendre si bien, dit l’aveugle, nous devons probablement avoir en nous une même blessure, quelque chose de brisé qui nous rapproche.” Peut-on vraiment rejoindre l’autre, sans partager quelque chose de sa nuit, sans partager secrètement une même blessure ? Sur la route des Rameaux, entre Jéricho et Jérusalem, peut-être bien que c’est quelque chose comme ça, quelque chose de briséqui rapproche si fort le Fils précieux du Fils de David.En tous cas il y a quelque chose de poignant dans cette foi pure et lumineuse.

En fait, avons-nous réalisé que toutes nos relations reposent sur de la foi ? La vie conjugale, l’éducation des enfants, les amitiés, la collaboration au travail. Dès qu’on n’a plus confiance les uns dans les autres, les relations s’effondrent. Et on dit des choses qui ressemblent au mot aveugle. On dit : “Je suis désorienté, je n’y vois pas clair, je suis dans le brouillard.” Et c’est patience et respect qui permettent ensuite de tisser des liens d’amitié pour l’existence. Dans le texte d’aujourd’hui, avons-nous compris, nous qui aimons tout ce qui est merveilleux, que ce n’est pas le miracle qui est présenté comme le plus important dans cette rencontre. Jésus ne dit pas à l’aveugle : “Ta foi t’a rendu la vue”. Il constate : “Ta foi t’a sauvé”. Ce qui signifie qu’entre toi et moi, parce que tu as cru, existe un lien d’amitié qui te conduit dès aujourd’hui dans le cœur même de Dieu. En réalité, avons-nous compris que notre aveugle suit Jésus, non plus pour passer de l’obscurité à la lumière puisque déjà il voit et s’émerveille. Non il le suit pour passer du visible à l’invisible.

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Evangile du 29°dimanche dans l’année B – 21 octobre 2018

Posté par rtireau le 17 octobre 2018

Serviteur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45. 

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

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Homélie

Posté par rtireau le 17 octobre 2018

29° dimanche dans l’année B - 21 octobre 2018

Isaïe 53, 10-11 ; Psaume 32 ; Hébreux 4, 14-16 ; Marc 10, 35-45

Jésus nous a parlé de l’argent dimanche dernier. Mauvaise saison : aujourd’hui, c’est du pouvoir dont il parle : “Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur…” Ne sourions pas trop vite de la demande de Jacques et Jean. Les cousins de Jésus voulaient obtenir les meilleures places dans le Royaume. Ne sourions pas trop vite… Il parait même que ce serait la tentation la plus forte de tout homme, cette volonté de puissance. 

Ce que remet en cause l’évangile, ce n’est pas qu’elle existe. La volonté de puissance est présente en chacun : elle est désir positif d’agir sur son environnement, sur les autres, sur soi-même. Sans elle, pas d’autonomie ni de liberté d’action. Le Christ enseigne qu’elle doit être cultivée, éduquée, canalisée, pour que chacun développe au mieux ses capacités personnelles d’amour et de don de lui-même et aussi sa capacité de résistance à tout ce qui pourrait le rendre esclave. En bref, pour que chacun devienne capable du gouvernement de lui-même. Car notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir de puissance. On montre toujours les premiers, les plus forts, les plus riches, les plus beaux. Les premières places, chacun en rêve plus ou moins, même si ce n’est pas forcément conscient et pas souvent avoué. 

Jésus redit un enseignement de base que nous avons tellement de mal à accepter. Il dit : L’autorité n’est pas mauvaise en soi, pas plus que l’argent.Mais pour lui, être responsable n’est pas d’abord une domination, mais un service. Ceux qui sont grands devant Dieu, ce ne sont pas ceux qui se font servir, mais ceux qui servent, ceux qui imitent le Christ en devenant serviteur comme lui. Servir de façon désintéressée, face quelquefois à de l’ingratitude ou même de l’agressivité, pas facile. Beaucoup de gens se disent au service des autres, et ne le sont pas forcément autant qu’ils le prétendent.

Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir… Peut-être une des paroles les plus neuves de Jésus, une parole capable de changer le monde. On a rarement entendu parole plus révolutionnaire :

Font sentir leur pouvoirceux qui croient exister en faisant des hommes qui sont sous leurs ordresdes êtres opprimés ou esclaves. 

Font sentir leur pouvoirceux qui se réclament d’un pouvoir prétendu divin pour se substituer à la liberté et à la conscience de leurs semblables. 

Font sentir leur pouvoirceux qui se disent être au service de tous pour mettre plus subtilement le pouvoir à leur propre service.

Font sentir leur pouvoirceux qui affirment vouloir faire le bonheur des autres en imposant leurs volontés et en se faisant appeler bienfaiteurs(Luc 22, 25).

Le mot latin auctoritas(qui a donné autorité) a comme racine augere, qui veut dire : faire croître, augmenter. Pour Jésus, c’est bien çà : l’autorité est le service qui aide les personnes à grandir, à devenir elles-mêmes responsables. Avoir autorité, c’est travailler à rendre l’autre auteur. Il y a très longtemps, j’ai entendu une définition qui m’a beaucoup marqué puisque je l’ai toujours en mémoire : avoir autorité, ça consiste à autoriser.

La tentation du pouvoir a sans doute été la plus grande tentation de Jésus. Et pourtant on en parle étonnamment peu. Lui, le fils de Dieu, le Messie du Royaume à venir, les foules veulent le faire roi. Ses meilleurs amis se disputent pour être ses plus proches à partager sa gloire. Satan lui-même, dans le texte des tentations au désert, lui fait des propositions : change les pierres en pain ; sois le maître du monde ; jette-toi dans le vide : puisque tu es Fils de Dieu, rien ne te sera impossible. Il refuse et, de ce fait, il sera la victime des autorités politiques et religieuses, liguées contre lui. Ces autorités avaient bien compris qu’il contestait l’usage qu’elles faisaient de leur pouvoir. Et pour finir, ce sera l’injure des exécutants du pouvoir et des soldats au pied de la croix. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Ainsi Jésus signera de son sang son message à ses disciples : “Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir.”

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Evangile du 28°dimanche dans l’année B – 14 octobre 2018

Posté par rtireau le 9 octobre 2018

va-vends

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 17-30.

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

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Homélie

Posté par rtireau le 9 octobre 2018

28° dimanche dans l’année B - 14 octobre 2018

Sagesse 7, 7-11 ; Psaume 89 ; Hébreux 4, 12-13 ; Marc 10, 17-30

Cette histoire de l’homme riche ne me rassure pas. A chaque fois je me dis : “Cet homme, globalement, c’est moi et chacun de vous sans doute”.Pas de meurtre, pas d’adultère, pas de vol, ni de faux témoignage, honorer père et mère, a priori c’est tout à fait nous. Et ce ne serait pas suffisant pour être chrétien ? Suivre Jésus, ce serait autre chose ? Les disciples aussi sont surpris. Voilà que Jésus vient de leur dire : “Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu”Alors qu’ils croient, eux, depuis toujours, que la richesse est signe de la bénédiction de Dieu ! “Que dois-je faire pour avoirla vie éternelle en héritage ?”demandait le jeune homme. Erreur. Il ne s’agit pas de faire pour avoir, mais de faire pour être.L’Evangile, c’est à vivre, c’est à êtreavec les autres et avec Dieu.

Le mouvement ATD quart monde s’apprête à vivre sa journée internationale du 17 octobre. En lien avec ATD qui est non confessionnel, existe la communauté chrétienne du SAPPEL. Dans sa petite revue,  j’ai trouvé une méditation du diacre Pierre Davienne sur l’évangile d’aujourd’hui : Le jeune homme richeveut aller plus loin. Réponse superbe, incisive, concrète en quatre verbes à l’impératif,quatre étapes pour devenir disciple : VaVendsce que tu as et donne-le aux pauvres… puis viens, suis-moi.”

-« Va »au loin, dans ta responsabilité et ta liberté. C’est ainsi que Dieu respecte l’humain.

-« Vends tout ce que tu as,”rends transportables tes biens. Tout ce que tu as appris, rends-le assimilable par les pauvres : la science, l’art, la technique… Pour ça, il va falloir réapprendre avec la vie des pauvres ce qui est nécessaire à ta propre vie. Ce qui ne peut leur servir, peut-être qu’en fait, cela t’encombre. La véritable richesse, c’est celle qui peut se partager.

-« Donne aux pauvres »: donne comme Dieu donne, c’est à diresans humilier celui à qui tu donne. Il y a une infinie discrétion dans la manière que Dieu a de nous donner de quoi vivre. Si nous voulons donner, nous devons connaître les pauvres. Sinon nous les encombrons d’objets ou de projets qui les mettent dans la dépendance. Donner, c’est donner avec la conscience que tout ce que nous avons vient de Dieu : c’est lui le donateur… La seule manière de donner aux pauvres, c’est de leur permettre de devenir des personnes qui remercient Dieu. Sinon je m’interpose entre les pauvres et Dieu, je deviens idolâtre de moi-même.

- C’est pour ça que le Christ ajoute : « Viens et suis-moi ».C’est lui qui marche en tête. Nous ne sommes pas aux avant-postes ; c’est lui qui a réalisé la loi d’amour et l’a complètement habitée. La richesse enferme facilement dans de fausses sécurités alors que notre seule sécurité c’est le Christ. Les pauvres sont le critère de vérification de notre attachement à Dieu.Ils sont le lieu où je vais comprendre le projet d’amour de Dieu pour les hommes. Pas besoin de m’appauvrir héroïquement, ce serait encore un acte de riche. Cela viendra tout seul si je me laisse entraîner dans le type d’amour que Dieu déploie en Christ, par l’Esprit.

Vends tout… donne-le aux pauvres… et suis moi.”Celui qui veut plus, doit donner tout !  Des mains pleines doivent d’abord se vider pour recevoir.Tes richesses te rendent solitaire. Suis-moi, devienssolidaire.Reste capable de ne pas te laisser posséder par ce que tu possèdes.Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu.” Suivre Jésus n’est pas performance humaine, mais cadeau de Dieu. Tellement pas simple que Gandhi a pu dire en son temps : “Le christianisme est quelque chose de merveilleux mais il n’a jamais été essayé.” Et un théologien actuel, Dominique Collin, vient d’écrire un livre intitulé :« Le Christianisme n’existe pas encore. » Etonnant, non ?

Un vénérable ancien aimait à raconter : « Il était une fois un enfant qui voulait manger des noix. Or les noix se trouvaient dans un pot au goulot étroit. L’enfant dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.”L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot. Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.”Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.”Le vénérable ajoutait : “Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main.” »

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