Homélie

Posté par rtireau le 17 octobre 2018

29° dimanche dans l’année B - 21 octobre 2018

Isaïe 53, 10-11 ; Psaume 32 ; Hébreux 4, 14-16 ; Marc 10, 35-45

Jésus nous a parlé de l’argent dimanche dernier. Mauvaise saison : aujourd’hui, c’est du pouvoir dont il parle : “Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur…” Ne sourions pas trop vite de la demande de Jacques et Jean. Les cousins de Jésus voulaient obtenir les meilleures places dans le Royaume. Ne sourions pas trop vite… Il parait même que ce serait la tentation la plus forte de tout homme, cette volonté de puissance. 

Ce que remet en cause l’évangile, ce n’est pas qu’elle existe. La volonté de puissance est présente en chacun : elle est désir positif d’agir sur son environnement, sur les autres, sur soi-même. Sans elle, pas d’autonomie ni de liberté d’action. Le Christ enseigne qu’elle doit être cultivée, éduquée, canalisée, pour que chacun développe au mieux ses capacités personnelles d’amour et de don de lui-même et aussi sa capacité de résistance à tout ce qui pourrait le rendre esclave. En bref, pour que chacun devienne capable du gouvernement de lui-même. Car notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir de puissance. On montre toujours les premiers, les plus forts, les plus riches, les plus beaux. Les premières places, chacun en rêve plus ou moins, même si ce n’est pas forcément conscient et pas souvent avoué. 

Jésus redit un enseignement de base que nous avons tellement de mal à accepter. Il dit : L’autorité n’est pas mauvaise en soi, pas plus que l’argent.Mais pour lui, être responsable n’est pas d’abord une domination, mais un service. Ceux qui sont grands devant Dieu, ce ne sont pas ceux qui se font servir, mais ceux qui servent, ceux qui imitent le Christ en devenant serviteur comme lui. Servir de façon désintéressée, face quelquefois à de l’ingratitude ou même de l’agressivité, pas facile. Beaucoup de gens se disent au service des autres, et ne le sont pas forcément autant qu’ils le prétendent.

Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir… Peut-être une des paroles les plus neuves de Jésus, une parole capable de changer le monde. On a rarement entendu parole plus révolutionnaire :

Font sentir leur pouvoirceux qui croient exister en faisant des hommes qui sont sous leurs ordresdes êtres opprimés ou esclaves. 

Font sentir leur pouvoirceux qui se réclament d’un pouvoir prétendu divin pour se substituer à la liberté et à la conscience de leurs semblables. 

Font sentir leur pouvoirceux qui se disent être au service de tous pour mettre plus subtilement le pouvoir à leur propre service.

Font sentir leur pouvoirceux qui affirment vouloir faire le bonheur des autres en imposant leurs volontés et en se faisant appeler bienfaiteurs(Luc 22, 25).

Le mot latin auctoritas(qui a donné autorité) a comme racine augere, qui veut dire : faire croître, augmenter. Pour Jésus, c’est bien çà : l’autorité est le service qui aide les personnes à grandir, à devenir elles-mêmes responsables. Avoir autorité, c’est travailler à rendre l’autre auteur. Il y a très longtemps, j’ai entendu une définition qui m’a beaucoup marqué puisque je l’ai toujours en mémoire : avoir autorité, ça consiste à autoriser.

La tentation du pouvoir a sans doute été la plus grande tentation de Jésus. Et pourtant on en parle étonnamment peu. Lui, le fils de Dieu, le Messie du Royaume à venir, les foules veulent le faire roi. Ses meilleurs amis se disputent pour être ses plus proches à partager sa gloire. Satan lui-même, dans le texte des tentations au désert, lui fait des propositions : change les pierres en pain ; sois le maître du monde ; jette-toi dans le vide : puisque tu es Fils de Dieu, rien ne te sera impossible. Il refuse et, de ce fait, il sera la victime des autorités politiques et religieuses, liguées contre lui. Ces autorités avaient bien compris qu’il contestait l’usage qu’elles faisaient de leur pouvoir. Et pour finir, ce sera l’injure des exécutants du pouvoir et des soldats au pied de la croix. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Ainsi Jésus signera de son sang son message à ses disciples : “Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir.”

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