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1er dimanche de l’Avent dans l’année C – 2 décembre 2018

Posté par rtireau le 28 novembre 2018

croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,25-28.34-36. 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : 
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

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Homélie

Posté par rtireau le 28 novembre 2018

1erdimanche de l’Avent dans l’année C -2 décembre 2018

Jérémie 33, 14-16 ; Psaume 24 ; 1 Thessaloniciens 3, 12 – 4,2 ; Luc 21, 25-28. 34-36

C’est sa dernière montée à Jérusalem. Et Jésus annonce que le Temple sera détruit. On lui demande quel sera le signe de la restauration du véritable Israël. Alors il prononce un long discours eschatologique. Il ne décrit pas la fin du mondecomme on a pu le croire. Il décrit de façon symbolique le désordre établi au cœur de l’humanité. 

“Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots…” D’abord ne nous laissons pas impressionner par ce langage catastrophe, apocalyptique comme on dit. Dans nos façons de parler, il nous arrive aussi de dire : “J’ai vécu un grand bouleversement. J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds.”Et puis observons, aussi bien dans Jérémie que dans l’Evangile, ce qu’on pourrait appeler la capacité de résistance de celui qui croit.

— Dans Jérémie d’abord. Tout allait mal : Jérusalem était en ruines. Et voilà que Jérémie nous donne un émouvant témoignage de la façon dont la foi renaît sans cesse. Non ! Il n’est pas possible que la parole de Dieu soit mise en échec. On a souvent retenu de Jérémie ses prières de lamentation, qui ont inspiré le mot « jérémiades » dans notre vocabulaire courant. Ce qu’il proclame pourtant aujourd’hui dans son chapitre 33 se trouve dans un ensemble de textes qui annoncent la consolation d’Israël, aux temps de l’exil, et sont des promesses de salut et des invitations à l’espérance. Non ! Jérémie n’a pas écrit que des  jérémiades

— Et puis dans l’évangile. Luc décline un thème classique des apocalypses : l’idée que la fin sera marquée par un déchaînement des forces du mal, symbolisées souvent par la mer et la tempête. Il s’adresse à des fidèles persécutés pour les assurer que l’ampleur même de l’épreuve est signe que la fin est proche. A l’origine il y avait sans doute polémique contre le culte des astres pratiqués par les païens : au peuple tenté par l’idolâtrie les prophètes déclarent que leJour du Seigneurviendra, que ces divinités s’effondreront et que tout homme verra qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Au fond ce ne sont pas des visions de peur mais la promesse d’une victoire définitive sur nos peurs.  “Alors on verra le Fils de l’Homme venir dans une nuée”. (Daniel 7)

Jésus ne dit pas : “Écrasez-vous, c’est la fin du monde”.Il dit : “Relevez la tête, votre rédemption approche”. Il annonce une humanité transformée par la présence du Fils de Dieu, cette humanité nouvelle faite de ceux qui vivent selon les béatitudes. Et son discours se termine par un appel à la confiance : le Fils de l’Homme est entré dans l’histoire, à travers l’action de ses disciples, pour défendre l’humain. Mais comment entendre la graine qui pousse quand les cris de haine font croire que tout va mal ? Il faut retrouver le silence du veilleur. Dieu veille, comme le père du prodigue. C’est pour ça que nous pouvons tenir dans la vie et dans l’amour.

Ecoutez ces quelques mots du Père Michel Scouarnec au sujet des textes de ce premier dimanche de l’Avent : «  J’aime à penser que le divin, c’est peut-être le moins visible plutôt que l’invisible ; le murmure plus que le silence ; la discrétion plus que la catastrophe. Peut-être les trompettes de Jéricho ne seront-elles qu’une parole bouleversante chuchotée à notre oreille. L’éclat du jour se fera un peu plus vif, le pommier prendra l’air plus heureux, le chêne plus éternel, et sur chaque visage la trace des jours uniques deviendra quotidienne. Dieu n’est pas expressionniste. Il n’a pas le goût du malheur. »

— Ce que j’entends pour ma part aujourd’huic’est que notre foi ne consiste pas à essayer d’oublier les catastrophes ou à faire comme si il n’y en avait pas. Non ! Notre foi consiste à accueillir la réalité comme elle est. L’Incarnation, c’est aussi concret que ça : accueillir la réalité avec la conviction que rien ne peut arrêter l’espérance chrétienne puisque la croix elle-même n’a pas eu le dernier mot sur la vie du Christ. 

Avons-nous bien compris que la résurrection de Jésus n’a pas été dispense de la croix, mais traversée de la mortelle-même ? Quelqu’un a bien résumé le message en disant : “Jésus, on a réussi à le mettre à mort. Mais on n’a jamais réussi à l’enterrer.”

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Fête du Christ-Roi dans l’année B – 25 novembre 2018

Posté par rtireau le 22 novembre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18, 33b-37.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

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Homélie

Posté par rtireau le 22 novembre 2018

Fête du Christ-Roi dans l’année B - 25 novembre 2018

Daniel 7, 13-14 ; Psaume 92 ; Apocalypse 1, 5-8 ; Jean 18, 33-37

Un petit mot d’histoireau sujet de la fête du Christ-Roi. Elle est récente : 1925, au temps du pape Pie XI. En ce temps-là, presque tous les états Européens ont pris leur autonomie par rapport à l’Église. Et beaucoup de chrétiens sont nostalgiques de ces temps où le Pape et les Évêques exerçaient une tutelle sur la vie de la cité. Certains rêvent même de reconquête, en particulier les régimes autoritaires qui reconnaissent Dieu et font à l’Eglise une place de choix. En France le souvenir de la séparation de l’Eglise et de l’Etat est encore présent. Et ici ou là on chante le Christ-Roi avec des accents quelque peu revanchards. Il y a erreur sur notre roi !

Dans le texte d’aujourd’hui, Jésus est inculpé ! Le juge qui l’interroge c’est Pilate, chef de l’armée d’occupation romaine et préfet d’un des plus grands empires qui ait dominé le monde. Rome règne alors sur un territoire immense qui correspondrait aujourd’hui à Italie-France-Portugal-Espagne-Angleterre, une partie de l’Allemagne, l’Autriche, l’ex-Yougoslavie, Roumanie-Grèce-Turquie-Syrie-Liban-Palestine et toute l’Afrique du nord. D’un côté donc, ce magistrat puissant chargé de mater les insurrections, et de l’autre le charpentier d’une bourgade de Galilée. Pas besoin de lunettes particulières pour voir que Jésus, dans cette situation-là, n’est pas roi à la manière du monde.

Pilate est tout déconcerté : “Es-tu le roi des Juifs ?” Réponse de Jésus : “Ma royauté ne vient pas d’ici”. On se souvient que Jésus a refusé que les foules le fassent roi, après la multiplication des pains… et il avait fui, seul, dans la montagne (Jean 6). 

Comment peut-on dire que Jésus est bien le roi que nous fêtons aujourd’hui ? Eh bien, avec le recul, on peut dire que Jésus exerce son pouvoir de roi lorsqu’il guéritmalades, aveugles, boiteux et lépreux. Et lorsqu’il délivreceux qui sont possédés : il donne alors le signe de la présence de Dieu à son peuple. Et encore quand il fréquenteles publicains et la femme adultère : il manifeste Dieu miséricordieux qui ne veut pas la mort du pécheur. Et encore quand il pleuresur Lazare et sur Jérusalem : il exprime la tendresse du Père pour nos détresses humaines. Jésus est le roi de l’Amourplus fort que la haine, de la libertéqui rend les hommes libres. A nous de l’écouter pour nous laisser configurerà lui et à sa manière d’être. Alors il peut continuer d’être Roi par la foi que nous lui donnons, par la confiance que nous faisons à sa Parole, par notre vie quotidienne quand elle commence à ressembler à la sienne.

Ecoutez donc cette petite histoire de roi : 

Il était un roitrès bon. Mais il y avait tant de rouages entre lui et son peuple, que le peuple ne le connaissait plus et était malheureux. Le Roi envoyait des ministres, des médecins, des assistantes sociales et même des curés aux provinces les plus éloignées. Mais certains ne savaient pas comment s’y prendre, et d’autres en profitaient pour se remplir les poches.

Le Roi décida de faire une tournée personnelle dans son royaume. Partout, on organisait des réceptions, des banquets, des fêtes, … Le peuple qui se laisse toujours prendre à ce genre de spectacle, criait : “Vive notre Roi !”et il agitait des drapeaux. Mais à peine les dernières fusées de feux d’artifice éteintes, chacun se retrouvait aussi malheureux qu’avant et même un peu plus : “Pourquoi ne suis-je pas né dans la peau du Roi, ou au moins dans celle de l’un de ses courtisans ?”

Le Roi réunit son entourage : “Je donne à mon premier ministre tous pouvoirs pour gouverner en mon absence. Et moi, incognito, je vivrai au milieu du peuple, travaillant de mes mains. Le soir, je réunirai quelques voisins. Un jour, ils comprendront qui je suis.”

Naturellement, le chef du protocole intervint pour faire les objections que vous devinez : et il conclut : “Majesté, quand vous aurez réussi à rendre heureux une douzaine de voisins, vous serez bien avancé ! Des dizaines de millions d’hommes resteront malheureux.”

“Mon ami, répondit le Roi, je ne t’ai pas attendu pour me faire la même objection… Voilà ce que j’ai pensé : j’apprendrai à ma douzaine de voisins à en faire autant, chacun avec trois, quatre ou dix, selon ses possibilités. Si chacun communique ainsi un peu de son bonheur à ses proches, tout mon royaume en sera transformé.” 

Fais-le, ça se fera. Et l’exemple nous est venu de haut.

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Evangile du 33°dimanche dans l’année B – 18 novembre 2018

Posté par rtireau le 14 novembre 2018

SP-Figuier-Bourgeon

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13, 24-32.

En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ;
les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire.
Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.
Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche.
De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.

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Homélie

Posté par rtireau le 14 novembre 2018

33° dimanche dans l’année B – 18 novembre 2018

Daniel 12, 1-3
 ; Psaume 15
 ; Hébreux 10, 11-14.18
 ; Marc 13, 24-32

“Le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel…”C’est un langage apocalyptique. On flaire du sensationnel et on aime bien. Notre monde hyper technique s’intéresse à l’irrationnel autant que les Pygmées d’Afrique Centrale. Et certains chrétiens ne sont pas les derniers quand s’annoncent des phénomènes étranges dans une église. C’est sûrement parce que l’homme est très marqué par l’angoisse de sa condition mortelle : naître, vivre, mourir.

Le merveilleux fait recette sans doute parce que le quotidien est trop banal. Et puis on confond assez facilement l’incroyable et l’événement, le fantastique et le surnaturel. Mais pourquoi ce qui arrive à la lune aurait-il plus d’importance que ce qui arrive à l’homme ? Oublions ceux qui abusent de la crédulité des gens. Pas question non plus de justifier toute forme de croyance sous prétexte que ce serait mieux que l’incroyance. Mais les textes de ce dimanche ont des images si fortes qu’il ne faut pas les regarder de l’extérieur. Il faut essayer de les comprendre de l’intérieur.

“Ces textes bibliques sont-ils des prédictions”, titrait une revue du Secours catholique ?

• Oui, si l’on entend par là qu’ils montrent une direction, qu’ils nous poussent vers l’avenir. Les prophètes pré-disent (disent avant) ce qui va se passer parce que leur regard est plus aiguisé. Le marin tahitien distingue un passage pour sa pirogue, entre les récifs. L’éclaireur indien, oreille contre terre, pressent l’approche du bison. L’ébéniste perçoit sous ses doigts l’infime dérapage du rabot. Le non initié, lui, ne voit rien, ne sent rien, n’entend rien.

• Mais rien à voir dans tout ça avec la divination. Prendre la Bible au mot à mot serait aussi absurde que lire les fables de La Fontaine comme un traité de zoologie. Or les livres bibliques sont les fruits d’une époque et d’une terre où le langage symbolique avait toute sa force. Dire ces récits symboliquesn’est pas les mépriser. C’est au contraire reconnaître que Dieu leur assigne d’être des lieux de rencontre entre l’homme et lui.Confondre l’Évangile avec l’horoscope n’a pas de sens. Comme dit un proverbe un peut cru : “le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt.”

• Laissons-nous donc inciter à regarder au-delà de l’apparente évidence des mots. Quelle vraie demande se cache par exemple sous cette phrase: « Je m’appelle Marcel, je sors de prison, vous n’auriez pas une petite pièce ? »Et quelle réponse attend-elle ? Y aura-t-il des spécialistes pour décrypter la parole des pauvres avec autant de soin que la parole de Dieu ? Sommes-nous prêts à apprendre cette langue avant qu’elle ne devienne une langue morte ?

Et puis comprenons bien que Jésus refuse de ne voir que la peurà travers ces signes apocalyptiques. Cette fin du monde n’est pour lui que l’annonce d’un printemps. Avec l’imagerie de l’époque Jésus évoque une transformation. Il a fallu que les bourgeons éclatent pour libérer les feuilles minuscules du figuier. Le message de Jésus n’est pas message de catastrophe, mais message de lumière. Aujourd’hui encore, on peut ne voir que les déchirures de l’écorce tendre, et s’enfermer dans la nostalgie du passé et ou dans la peur. Mais on peut aussi aiguiser son regard et se faire jardinier de l’été qui s’annonce. Le poète espagnol Gabriel Celaya murmurait cela à sa façon : “Ah ! Puissiez-vous entendre la croissance des feuilles.”

Hyacinthe Vulliez dans son livre Dieu si proche écrit joliment :“Quand le germe fait craquer l’écorce de la graine, on ne parle pas de mort, mais de vie. Quand les feuilles ou les pétales, encore menus, percent l’enveloppe brune des bourgeons, on ne parle ni de brisure, ni de violence, mais de beauté.”  Et il conclut : “Allez, relevez donc la tête. Regardez, admirez. Dieu vient.” 

« Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père… » Il ne s’agit donc pas, écrit Marion Muller Colard,d’une vigilance destinée à guetter un moment à venir, mais d’une vigilance de chaque instant pour lui-même. Il ne s’agit plus de la fin des temps mais de la fin du temps: il s’agit d’une vie qui ne se vit que dans l’ajustement incessant à ce qui est. Alors être vigilants, c’est vivre le moment présent en restant attentifs aux signes que le Seigneur nous fait. C’est ne pas perdre notre temps à autre chose que d’aimer et d’humaniser la vie. Demain commence aujourd’hui chaque fois que nous posons des gestes de vie, des choix d’amour.

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Evangile du 32°dimanche dans l’année B – 11 novembre 2018

Posté par rtireau le 7 novembre 2018

Obole copie

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,38-44.

En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

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Homélie

Posté par rtireau le 7 novembre 2018

32° dimanche dans l’année B – 11 novembre 2018

1 Rois 17, 10-16 ; Psaume 145 ; Hébreux 9, 24-28 ; Marc 12, 38-44  

Ce jour-là, le prophète Jésus donne un cours de sociologie. Il est assis sur l’escalier qui conduit à la salle du trésor, et il invite ses disciples à observer le fonctionnement du Temple. Beaucoup de gens riches déposent de grosses sommes dans les troncs. Et voilà qu’une pauvre veuve s’avance et glisse deux petites pièces, deux leptes. C’est la plus petite monnaie de l’époque : deux centimes, deux fois rien. Mais pas rien pour elle.

L’apparition de cette veuve dans la salle du trésor du Temple a quelque chose d’un peu incongru. Voilà que d’un seul coup le trésor du Temple n’est plus une montagne d’or mais une veuve. Or il faut savoir que les veuves, au temps de Jésus, sont des exclues. N’ayant plus de mari elles n’ont plus de raison sociale, elles n’ont plus d’existence sociale. Et comme il n’y a pas de sécurité sociale, les veuves sont condamnées à la pauvreté. Aux yeux de Jésus c’est pourtant cette veuve qui est la seule richesse. Ce n’est pas de l’argent qu’elle apporte, mais sa vie : Regardez, dit Jésus. Elle donne sa faim. Elle épuise ses réserves, “tout ce qu’elle avait pour vivre.”Le texte grec dit même : Elle a donné toute sa vie.

De plus, la figure de cette veuve est la dernière figure qui apparaît dans le ministère public de Jésus. Son enseignement avait commencé par un “Bienheureux les pauvres”et il se termine sur cette exaltation de la pauvreté qui sait tout donner.

Quelques siècles plus tôt, sur la parole du prophète Elie, la veuve de Sarepta, avec confiance, osait accomplir une démarche semblable. Comme la veuve de Jérusalem, elle épuise ses dernières réserves. Elle sacrifie son reste de farine et, du coup, son geste devient sacré. Sans y penser peut-être elle accomplit une forme de liturgie. En ce temps-là en effet la farine pouvait être offerte en sacrifice. Naturelle, ou arrosée d’huile et d’encens, et même sous forme de gâteau. Ça pouvait être de la farine ordinaire ou, mieux encore, de la fleur de farine, moulue plus longtemps et tamisée plus finement.

Les riches, d’après Jésus, donnaient beaucoup, mais préservaient pour eux bien plus encore. La pauvre veuve donnait apparemment bien peu, mais elle ne gardait rien. En elle, Jésus reconnaît quelqu’un qui ressemble à Dieu. Car selon Jésus, il n’est pas un amour véritable, celui qui ne se traduit pas en gestes pratiques. 

Jusque là, on pourrait croire qu’il s’agit d’une leçon de morale. Mais non, c’est bien autre chose : la veuve de l’évangile, c’est sa vie qu’elle partage puisqu’elle donne, dans un geste un peu fou,“tout ce qu’elle avait pour vivre,”toute sa vie.  Par là, elle annonce le don que Jésus va faire de sa propre vie, quelques jours plus tard, pour que le monde soit sauvé. Et la veuve de Sarepta a fait une démarche semblable : elle a donné au prophète Elie jusqu’à sa dernière poignée de farine. Ces textes ne sont donc pas des leçons de morale, ce sont des paraboles de Pâques : l’annonce du salut et de la vie par le don gratuit de soi. Il ne s’agit pas d’abord ici d’entendre quelque conseil d’humilité ou de générosité. Il s’agit bien de se mettre en présence du Christ ressuscité.

Michel Scouarnec l’a dit à sa façon : “En réalité, la pauvre veuve c’est le Christ, personnage central du récit. Jésus parle sans doute autant de lui-même que des scribes et de la veuve, et il enseigne ses disciples à partir de ce qu’il voit et de ce qu’il vit. N’imitez ni les scribes prétentieux, ni les gens riches, mais plutôt cette pauvre veuve. Ne donnez pas seulement de votre savoir et de votre superflu, mais donnez tout, donnez votre vie. Moi aussi, je ressemble à cette pauvre veuve. Son geste préfigure ce que je vais faire. Je n’ai rien, ni argent, ni maison, et cependant je vais tout donner de ma vie, de ma dignité. Vous aussi,faites cela en mémoire de moi !

Nous venons de vivre la Toussaint. Voilà deux belles figures de Toussaint : deux veuves, deux femmes si vivantes et si croyantes. Parce qu’elles ont tout donné, “tout ce qu’elles avaient pour vivre”,nous croyons que le miracle continue selon la promesse d’Elie : “Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra.” A la Toussaint nous avons pensé à tous ceux qui nous manquent douloureusement mais qui, secrètement, nous nourrissent encore comme la fleur de farinede la veuve de Sarepta.

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Evangile du 31°dimanche dans l’année B – 4 novembre 2018

Posté par rtireau le 1 novembre 2018

Tu aimeras

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12, 28b-34.

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

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Homélie

Posté par rtireau le 1 novembre 2018

31° dimanche dans l’année B - 4 novembre 2018

Deutéronome 6, 2-6
 ; Psaume118
 ; Hébreux 7, 23-28
 ; Marc 12, 28b-34

(Il y avait 613 commandements)

Un scribe, un secrétaire professionnel, un spécialiste en Ecriture sainte (peut-être un pharisien mais pas forcément), un scribe interroge Jésus : “Quel est le premier de tous les commandements ?” Jésus n’a pas reçu la même formation lourde que le scribe. Mais il lui fait une réponse avec laquelle le savant va être complètement d’accord. 

Il lui répond en faisant deux citations : d’abord la fameuse prière que tout juif pieux récitait (et récite encore aujourd’hui) deux ou trois fois par jour – Tout juif la récitait, donc Jésus aussi – qui se trouve au livre du Deutéronome (1ère lecture d’aujourd’hui) : “Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.” En fait, c’est autant une promesse de bonheur qu’un commandement.

Et la deuxième citation (au livre du Lévitique) sur l’amour du prochain : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.”

Ce qui me frappe c’est que le scribe et Jésus sont d’accord pour dire que toute la loi(inséparable de la religion à l’époque de Jésus), toute la loi, toute l’Ecriture, se résume à deux commandements : aimer Dieu et aimer le prochain. Que ces deux commandements finalement n’en font qu’un seul (aimer), un commandement qui n’en est pas un : Avez-vous déjà essayé d’aimer sur commande ?

2000 ans après, l’originalité de la foi chrétienne n’a pas changé : Aimer Dieu seulpourrait nous faire évader dans une piété évanescente et stérile ; aimer le prochain seulnous enfermerait dans une idéologie humanitaire, souvent sélective et vite limitée. Il faut donc lier les deux commandements : si l’on veut voir Dieu, on ne trouve son visage que dans le visage de ses frères et si je veux approcher du mystère du frère, je ne peux y accéder qu’en contemplant le mystère même de Dieu. En réalité, depuis le premier Noël la Parole de Dieu se découvre à visage humain. Elle a pris chair en Jésus et, depuis, chaque visage nous fait voir et entendre la parole de Dieu et des hommes. Ainsi, prier comme aimer, c’est faire silence pour sortir du malentendu et écouter en même temps Dieu et les hommes, la Bible et le journal. Écouter transfigure le regard et fait voir l’invisible.

Le mot que je préfère pour ma part au sujet du commandement d’amour, c’est le mot RESPECT que quelqu’un avait traduit un jour par faire attention à l’autre différent :

- le contraire du petit sourire en coin (mépris) à l’adresse de celui-ci qui paraît moins dégourdi.

- prendre en compte, si l’on est enseignant, le temps qu’il faut à tel élève pour qu’il comprenne.

- attention y compris au geste lui-même de générosité envers un plus pauvre. Comment faire que le plus pauvre se sente respecté ? Beaucoup de personnes et d’associations font quelque chose pourles pauvres. Et c’est bien. Mais comment passer du stade où l’on fait pourau stade où l’on ferait avec ? C’est tellement différent sur le plan du respect.

Il y a quelquefois des surprises autour de ce mot respect. Une personne demandait : je cherche le N° 35 de la rue. Réponse du passant : “M’enfin, c’est écrit, il n’y a qu’à regarder.” Et il est embêté de s’entendre répondre : “C’est que je ne sais pas lire.”(Raté pour le respect).

Premier commandement : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu….”

Second commandement, semblable au premier : “Tu aimeras le prochain comme toi-même.”

Traduction pour aujourd’hui : “Quand tu fais attention à l’autre différent, quand tu vis le respect, alors tu rencontres Dieu lui-même, tu réécris l’Evangile pour aujourd’hui.” 

Beaucoup pensent que pour observer le premier commandement qui invite à aimer Dieu, il faut fermer les yeux. Pourquoi pas ? Ça peut favoriser le recueillement. En tous cas pour observer le second commandement qui lui est semblable, il faut faire attention à l’autre différent, et donc savoir ouvrir l’œil.

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