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Evangile pour la fête de la Sainte Famille – 30 décembre 2018

Posté par rtireau le 26 décembre 2018

Ste famille

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2, 41-52.

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.
Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

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Homélie

Posté par rtireau le 26 décembre 2018

Sainte Famille – 30 décembre 2018

1 Samuel 1, 20-28 ; 1 Jean 3, 1-24 ; Luc 2, 41-52 

Quand j’étais enfant, je comprenais avant tout que la sainte famillen’était pas comme ma famille. Mais tout autre chose. Il m’a fallu des années pour réaliser que mon interprétation était stérileet mêmedangereuse. Elle était stérileparce que si la sainte famille est sur un piédestal, pas comme la mienne, alors elle devient comme un cadre accroché au mur, joli peut-être, mais pas vraiment utile. Mon interprétation était même dangereuseparce qu’elle aurait pu me conduire à déprécier ma famille. Or la foi chrétienne nous invite à reconnaître notre Dieu incarné en chacun de nous, en chacune de nos familles, et pas seulement dans la sainte famille. En fait la foi chrétienne nous invite à considérer sainte chacune de nos familles.

Relisez l’Evangile d’aujourd’hui et imaginez donc qu’il s’agit de votre famille. Soudain cette belle histoire à l’eau de rose devient la fugue cruelle d’un enfant qui commence à prendre son indépendance par rapport à des parents angoissés. Commencement d’une expérience spirituelle à laquelle chacun de nous est appelé un jour ou l’autre. Et il est bon de se rendre compte qu’il n’y a plus rien de« profane » dansnotre vie, sinon ce que nous« profanons »peut-être par momentsEn foi chrétienne, c’est toujours la même invitation : chercher Dieu là où il est, c’est à dire dans la discrétion du quotidien. Et cette attention au quotidien pour trouver Dieu, c’est la mission de l’Eglise depuis toujours, mais jamais facile. C’est tellement réconfortant de chercher Dieu dans le merveilleux. C’est si tentant de s’évader du quotidien banal, quelquefois dur, souvent triste. Tout à fait symptomatique en ce sens que Noël soit nettement plus fêté que la fête de Pâques elle-même.

Chercher Dieu dans le merveilleux, les évangiles apocryphes, c’était déjà ça. Mais en réalité quand on cherche Dieu dans le merveilleux,c’est qu’on a un regard pessimiste sur l’homme. Alors que la foi chrétienne regarde l’homme comme Fils de Dieu. Quand on cherche Dieu Baguette magique, c’est qu’on n’assume plus très bien notre condition d’homme où chacun doit prendre ses responsabilités et sa place, modeste mais nécessaire.

L’autre message que j’aime bien dans le mot famille, ce sont les frères et sœurs qui nous sont donnés à aimer.On ne se choisit pas ses frères et sœurs. Ils arrivent et il faut apprendre à s’aimer. C’est une belle image de l’Eglise. Vos amis, le plus souvent, sont des personnes choisies. Tandis qu’une famille, elle nous est donnée, comme les frères et sœurs de la communauté-Eglise. Voulez-vous redevenir des enfants quelques instants. Ecoutez ce conte suédois. Ce sera ma manière de vous offrir des vœux pour la nouvelle année :

Il y avait, dans un petit village, un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était absent, les outils se réunirent en grand conseil. Il s’agissait d’exclure de la communauté des outils un certain nombre de membres. L’un prit la parole :« Il nous faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde. » Un autre dit :« Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabotqui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu’il touche. » « Quant aufrère marteaudit un autre, je lui trouve un caractère assommant. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le. » « Et les clous? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu’ils s’en aillent ! Et la lime et la râpeaussi. A vivre avec elles, ce n’est que frottement perpétuel. Et qu’on chasse le papier de verredont il semble que la raison d’être dans cet atelier soit de toujours froisser ! » Ainsi discouraient les outils du charpentier. Et à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.

La réunion bruyante prit fin par l’entrée du charpentier. On se tut lorsqu’on le vit s’approcher de l’établi. I1 saisit une planche et la scia avec la sciequi grince. Il la rabota avecle rabotau ton tranchant qui épluche tout ce qu’il touche. Le frère ciseauqui blesse cruellement, notre sœur la râpeau langage rude, le frère papier de verrequi froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frèreles clousau caractère pointu et le marteauqui fait du tapage. I1 se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau. Pour accueillir l’enfant à naître. Pour accueillir la Vie…

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Evangile de la fête de Noël – 25 décembre 2018

Posté par rtireau le 21 décembre 2018

Le peuple

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2, 1-14.

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

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Homélie

Posté par rtireau le 21 décembre 2018

Fête de Noël - 24-25 décembre 2018- Luc 2, 1-14 

Connaissez-vous l’histoire de la crèche merveilleuse ? 

Un jour, parce qu’il avait sa petite idée sur Dieu et sur Jésus,quelqu’un avait dit : “On va faire une crèche merveilleuse :

- d’abord on va construire un grand bâtiment exprès. 

            Ça va coûter cher ? Tant pis. Rien n’est trop grandpour Dieu.

- et puis on va mettre plein de très belles décorations… rien que de l’or. 

            Ça va coûter cher ? Tant pis. Rien n’est trop beaupour Dieu.

- et puis on va allumer plein de très belles lumières, tout le temps. 

            Ça va coûter cher ? Tant pis. Rien n’est trop brillantpour Dieu !

On va faire une crèche merveilleuse. Et puis dans le berceau de cette crèche, on va mettre… rien, personne. Parce que Jésus ne vient pas dans un truc comme ça. Il préfère être du côté des plus petits et des plus modestes. 

Voulez-vous connaître le secret de l’espérance de noël :il faut toujours regarder l’homme et Dieu en même temps. 

Gabriel Ringlet,dans son livre L’évangile d’un libre penseur, écrit ceci : 

“Placer Dieu très haut, voilà le chemin habituel. Et c’est beau. Mais on connaît le danger, pour l’homme surtout (car il se retrouve très bas). 

Placer l’homme sur un piédestal mérite aussi admiration. Avec le risque de l’enfermer un peu.

Jésus refuse de choisir entre ces deux «hauteurs» ou, plus exactement, il garde les deux : passionné par la cause de Dieu et passionné par la cause de l’homme, il prend la double nationalité.
Il fait ainsi du christianisme une religion qui est à la fois tournée vers Dieu et vers l’homme.

Ecoutez ce petit dialogue au sujet des hôteliers de Bethléem. Vous savez, ceux qui n’ont pas trouvé de place pour Jésus quand il est né. Quelqu’un a dit :

- Si les hôteliers avaient suqui était ce Jésus qui allait naître, qu’est-ce qu’ils auraient fait ?

- Bien sûr, ils auraient trouvé de la place…

- Alors, comment faire quand un petit va naître pour qu’il y ait tout le temps de la place pour lui ?

Eh bien moi j’ai réfléchi longuement… et figurez-vous que j’ai trouvé la réponse : Il suffit… Il suffit de faire comme si c’était Jésus à chaque fois ? 

Non ! En fait je me trompe encore :Il ne faut pas faire comme si c’était Jésus. Il faut comprendre que c’est Jésus qui naît à chaque fois.

Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens, a écrit ceci pour noël :

C’est alors que le « petit » de la crèche est entré : il a pris la Parole et a ébranlé les forteresses. Il a défié le Tentateur et osé une Parole toute neuve. Fraîche comme une Source. Efficace comme une lame. Attirante comme un aimant. Ce n’est pas tant ce qu’il dit qui frappe, mais sa manière de le dire : il parle à tous, aux pauvres comme aux riches, aux vertueux et aux pécheurs, auxmalades et aux bien-portants, aux juifs et aux étrangers. Avec lui, la Parole transgresse tous les interdits.

Cette Parole dérangeait. Tous les prophètes dérangent et on sait les faire taire. Une croix suffira sans doute. Mais c’est mal connaître la Parole : elle continue à se faire entendre même si son auteur est mort. 

Voyez donc, plus près de vous, dans votre entourage, ceux à qui personne ne parle. Regardez aussi ceux que vous ne voulez plus voir,ceux à qui vous ne voulez plus parler, ceux à qui vous ne savez plus parler. Pour briser le silence, un simple «  Joyeux Noël ! » peut suffire. Vous verrez bien si la Parole trouve un écho. La Parole est là prête à combler de joie les réconciliés. La Parole est là qui veut faire de nous des êtres humains. Voyez, c’est la Parole de Dieu.

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4° dimanche de l’Avent dans l’année C – 23 décembre 2018

Posté par rtireau le 18 décembre 2018

visitation

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 39-45.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

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Homélie

Posté par rtireau le 18 décembre 2018

4° dimanche de l’Avent dans l’année C –  23 décembre 2018

Michée 5, 1-4 ; Psaume 79 ; Hébreux 10, 5-10 ; Luc 1, 39-45

C’est Hyacinthe Vulliez qui écrit avec un brin de poésie : “La bible est une longue suite de visites que Dieu a faites à son peuple. Malgré les infidélités des hommes et parfois à cause d’elles, Dieu descendait à tous moments de la haute colline du ciel, sur la terre. Un jour, par l’archange Gabriel, il annonce à une jeune femme de Nazareth, Marie, la venue de son fils. Elle, aussitôt, se met en route pour aller voir sa cousine Élisabeth. Deux femmes se rencontrent et, par elles, deux enfants, Jean et Jésus. Et par les deux enfants, les deux Testaments, l’Ancien et le Nouveau.”

C’est vrai ! Marie a tellement accueilli la Parole de Dieu dans sa vie que la Parole a pris chair en elle. Marie a tellement accueilli la Parole de Dieu qu’elle la porte : elle conçoit le Fils du Dieu vivant, celui qui sera nommé Dieu sauve, Jésus. Croire tellement, avoir un idéal tellement fort et tellement têtuqu’un jour ça se concrétise, et que ça ressuscite. Avoir le courage de dire ouià la naissance de Dieu en nous pour qu’il soit pour nous le compagnon discret et fort de nos vies. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur” : une béatitude qu’on pourrait ajouter à toutes les autres béatitudes que l’on entend le jour de la Toussaint.

C’est une histoire pleine de tendresse et d’émotion que cette Visitation: deux femmes enceintes se rencontrent et partagent les joies de l’attente. Deux femmes qui ont fait l’expérience qu’en elles, au plus profond d’elles-mêmes, il y a de l’autre, il y a quelqu’un d’autre. Cet autre les a mises en mouvement, ils les a, à la fois, mueset émues.Leur existence à toutes les deux s’est faite ouverture, accueil, joie, tressaillement. Leur existence est provoquée à se pousser hors d’elle-même. Du neuf va apparaître. Il y a, dans la maternité, pendant la grossesse, une période assez exceptionnelle : les femmes peuvent parler d’un autre, tout en parlant d’elles-mêmes, elles peuvent parler d’elles-mêmes tout en parlant d’un autre.

La Visitationc’est la rencontre de deux personnes déjà habitées, de deux personnes déjà visitées. A notre niveau, dans nos rencontres, dans nos visites, – c’est le même mot que Visitation- Essayons de reconnaître en ceux que nous visitons l’Autrequ’ils portent en eux ? La véritable joie d’une visite, la valeur d’une rencontre, c’est de croire en celui qu’on va voir. Croire que l’autre mérite attention et respect, qu’il porte en lui des possibilités infinies, croire que rien n’est impossible à Dieu. Une visite, (une visitation) aussi banale soit-elle, réalise la visite de Dieu qui s’intéresse à notre terre.

Le récit que Luc fait de cet instant exceptionnel est plus qu’une histoire édifiante. Cette visite, cette visitation, ouvre un avenir tout nouveau. Désormais, c’est par l’homme, c’est par son fils devenu homme, que Dieu visite les hommes. Et c’est aussi en visitant l’homme que les hommes rendent visite à leur Dieu. Et à la visite dernière, ils s’écrieront d’étonnement : “Mais quand est-ce que nous t’avons visité ?” Et le Seigneur leur répondra : Quand vous visitiez les malades, les pauvres et tous les autres, c’est moi-même que vous visitiez. Vous traciez sur le monde les chemins de l’éternelle amitié.

Ecoutez cette poésie de Prosper Monier (sj) : Ne dis pas…

Ne dis pas : trop pauvre ; donne ce que tu as. Ne dis pas: trop faible ; lance-toi en avant. Ne dis pas : trop ignorant ; dis ce que tu sais. Ne dis pas : trop vieux ; donne tes dernières forces et ton expérience. Ne dis pas : j’en mourrai ; meurs, et tu vivras, et tu feras vivre.

Si le fardeau est trop lourd, pense aux autres. Si tu ralentis, ils s’arrêtent. Si tu t’assois, ils se couchent. Si tu te couches, ils s’endorment. Si tu faiblis, ils flanchent. Si tu doutes, ils désespèrent. Si tu hésites, ils reculent. 

Mais si tu marches, ils courent. Si tu cours, ils volent. Si tu donnes la main, ils te soutiendront et t’aideront. Si tu les prends en charge, ils te porteront. 

Prie en leur nom, tu seras exaucé. Risque ta vie, et tu vivras.

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« Du riche comblé au pauvre déçu »

Posté par rtireau le 16 décembre 2018

j.noyer_

« Du riche comblé au pauvre déçu »     Jacques NOYER

Ordonné en 1950 pour le diocèse d’Arras et évêque émérite d’Amiens, Mgr Jacques Noyer a toujours été proche des milieux populaires. Il a publié ce texte lundi 3 décembre sur Facebook.

Dimanche 2 décembre 2018, au petit matin. J’ai trouvé ! J’ai trouvé ce que l’Église de France devrait dire devant cette insurrection des fins de mois que nous connaissons. Elle devrait annoncer qu’on ne fêtera pas Noël cette année. Le 25 décembre sera un jour comme un autre. Rien dans les églises : pas d’office, pas de crèche, pas d’enfants. On va revenir aux dimanches ordinaires, car l’Avent n’aura pas lieu.

Elle dira que notre peuple n’est pas dans un état d’esprit qui lui permet de fêter Noël. Le cri de désespoir qui le traverse est incompatible avec le mystère de Noël, avec l’espérance de l’Avent, avec l’accueil d’un enfant étranger.

Je suis peut-être vieux jeu, mais je me souviens des Noël de mon enfance. Il n’y avait pas que les fins de mois qui étaient difficiles. Mais à Noël, on oubliait tout pour se réjouir de ce qu’on avait. Les familles les plus modestes se retrouvaient avec le peu qu’elles avaient. Dans la nuit, les pauvres se sentaient riches du toit sur leur tête, du repas amélioré de leur assiette, de la bûche supplémentaire qui chauffait la maison et surtout de la chance d’avoir un papa, une maman, des frères et sœurs qui s’aimaient.

On échangeait des petits riens qui étaient pleins de choses. On allait voir le Jésus de la crèche, l’enfant démuni, étranger, dont la seule richesse était l’amour que nous lui manifestions. Et on prenait conscience qu’il y avait plus pauvres que nous, des ouvriers sans travail, des enfants sans papa, des familles sans maison. Et s’il restait un peu de gâteau, on allait en donner une part au voisin malheureux.

Qu’on rappelle à notre société qu’il y a des pauvres qui ont difficulté à vivre, voilà qui va bien à Noël. Qu’on dise aux nantis que les pauvres ont des droits, qu’on redise le projet d’un monde plus juste pour tous, voilà qui s’accorde bien à Noël. Mais ce que j’entends n’est pas l’amour des pauvres, le souci de ceux qui n’ont rien, l’amour qui appelle au partage et à la justice. J’entends une population qui a peur de devenir pauvre, une population qui n’aime pas les pauvres. Tout le monde se dit pauvre pour avoir le droit de crier ! Les pauvres riches sont obligés de quitter le pays puisqu’on les gruge. Les pauvres pauvres ferment leur maison à plus pauvres qu’eux. J’ai connu un pays pauvre qui se pensait assez riche pour accueillir le pauvre. Je vois un pays riche qui se dit trop pauvre pour ouvrir sa porte à moins riche que lui.

Voilà sans doute bien des années que Noël est devenu le lieu de cette mutation. On invite l’enfant à désirer tous les biens de la terre et il se croit tout-puissant jusqu’au moment où la limite de l’appétit ou de l’argent va faire de lui un frustré. On voulait en faire un riche comblé et il se retrouve un pauvre déçu.

Le Père Noël est devenu beaucoup trop riche et ne peut plus s’arrêter à l’étable où vient de naître l’Enfant-Dieu. Il me vient l’envie de lui arracher la barbe et de bloquer son traîneau au carrefour ! Pardon, je deviens violent. Empêchez-moi de faire un malheur !

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3° dimanche de l’Avent dans l’année C – 16 décembre 2018

Posté par rtireau le 13 décembre 2018

J.B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,10-18.

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

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Homélie

Posté par rtireau le 13 décembre 2018

3° dimanche de l’Avent dans l’année C - 16 décembre 2018

Sophonie 3, 14-18
 ; Isaïe 12, 2, 4bcde, 5-6
 ; Philippiens 4, 4-7
 ; Luc 3, 10-18

“Pousse des cris de joie, Fille de Sion”dit la 1èrelecture. Il est bon de savoir que la fille de Sion, c’est, à l’époque de Sophonie, un nouveau quartier de Jérusalem, peuplé par les rescapés du Nord, après le désastre de Samarie, au début du VII° siècle avant Jésus Christ. C’est le petit restedes survivants d’une catastrophe. Ce sont des pauvres.“Ne crains pas, Sion !”Le pauvrequi met sa foi dans le Seigneur, lui, ne craint rien.

Nos évêques ont écrit, il y a quelques années, un petit livre, intitulé Aller au cœur de la foi,qui nous rappelle les deux dimensions de la foi chrétienne : la première, verticale, qui invite à lever les yeux vers le Seigneur pour prier, et la seconde, horizontale, qui invite à chercher le visage du Christ sur le visage du frère, du plus pauvre en particulier. Et ce petit livre nous invitait à vivre les signes de la foi que sont la lumière, la Parolel’eaudu baptême, le pain et le vinpartagés, autant de signes humains que Jésus propose comme cheminsacramentelpour rejoindre Dieu Père.

Les deux dimensions de la foi chrétienne sont comme les deux bras de la croix du Christ, le vertical et l’horizontal. Et la croix est comme un rappel que chaque fois qu’on oublie une des deux dimensions, on n’est plus tout à fait chrétien. Le raccourci le plus saisissant pour dire ces deux dimensions est tout simplement : Jésus Christ. Jésus est son prénom d’homme etChrist le nom qu’on lui a donné pour dire : il est ressuscité et fils de DieuBeaucoup de gens croient en Dieu : juifs, musulmans, chrétiens et beaucoup d’autres disent : on est croyants. Mais les chrétiens ajoutent : nous croyons en Jésus Christ, c’est à dire en l’homme proche parent de Dieu. Jésus Christ, raccourci saisissant de la foi chrétienne. 

Notre Dieu est devenu homme en Jésus. On va le fêter à Noël ! Depuis on peut dire que notre histoire est divine. Elle n’a pas besoin de sortir de l’horizontalpour devenir verticale! Voulez-vous un exemple ? Je le prends dans l’Evangile que je viens de lire. Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : “Que devons-nous faire ?” Jean leur répondait : “Celui qui a deux vêtements, qu’il partageavec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, aussi”. Des collecteurs d’impôts (des gens détestés) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : “Maître, que devons-nous faire ?” Il leur répondit : “N’exigez rien de plusque ce qui vous est fixé.” À leur tour, des soldats (des gens méprisés à l’époque) lui demandaient : “Et nous, que devons-nous faire ?” Il leur répondit : “Ne faites ni violence ni tortà personne; et contentez-vous de votre solde.” Avez-vous remarqué les réponses de Jean-Baptiste ? Réponse aux foules : partagez! Aux collecteurs d’impôts : soyez honnêtes et justes !Aux soldats : respectez chaque personne !

Jean ne demande ni aux publicains ni aux soldats de quitter ces emplois méprisés, mais de les exercer autrement.La leçon reste actuelle : n’exige pas plus que le fixé ; n’arrange pas les factures ; n’exige que le juste loyer ; n’exerce pas la violence, ne serait-ce qu’au volant de ta voiture. Qui n’a profité de sa situation pour jouer des coudes, écraser l’autre en douce ? Dans tout ça, aucun appel à vivre de façon extraordinaire. A moins que ce ne soit ça l’extraordinaire. Et si des enfants avaient demandé à Jean-Baptiste « Que devons-nous faire ? » Qu’est-ce qu’il aurait répondu ? Ne cassez pas la figure des copains ! Ne laissez jamais un plus petit dans son coin ! Ne mangez pas tout seul ce qu’il serait tellement meilleur de partager !

Notre Dieu n’a pas d’autres moyens que nos moyens humains pour dire sa présence. Quand il prend les grands moyens, c’est un petit enfant qui naît.C’est un Dieu désarmé(en un seul mot) puisqu’il se donne à rencontrer à travers une naissance dans un petit coin perdude Palestine. Il se révèle non pas comme Dieu tout-puissant, mais comme Dieu dont l’amour est tout-puissant.

Petite remarque pour conclure : la première phrase de l’Evangile parle des foulesqui venaient se faire baptiser ; et la dernière phrase dit : Jean annonçait au peuplela bonne nouvelle. Pour Saint Luc, les foulessont des gens anonymes, simples, démunis, ceux que l’on ne nomme pas. Mais, dès lors que ces foules sont en attentede la Bonne Nouvelle,elles cessent d’être anonymes. Elles deviennent un peuple. Un peuple qui s’appelle le peuple de Dieu.

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2° dimanche de l’Avent dans l’année C – 9 décembre 2018

Posté par rtireau le 5 décembre 2018

Préparez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,1-6.

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : 
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »

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