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Homélie

Posté par rtireau le 5 décembre 2018

2°dimanche de l’Avent dans l’année C - 9 décembre 2018

Baruch 5, 1-9 ; Psaume 125 ; Philippiens 1, 4-6.8-11 ; Luc 3, 1-6

“Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Rendez droits ses sentiers… Toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits….” On entend d’ici les scrapers et les bulldozers qui ouvrent une nouvelle route. Les grands moyens, quoi!

- C’est vrai : on est dans un monde qui investit dans les moyens de communication et qui n’a pas peur de tracer des routes et des lignes TGV n’importe où, quelque soit le terrain.

- On est très forts pour se déplacer, pour se communiquer des infos, pour s’approcher les uns des autres à tous prix. Mais l’annonce de la fin du texte “Et tout être vivant verra le salut de Dieu”est-elle réalisée ? Car ce n’est pas le tout d’être capables de s’approcherles uns des autres, mais est-ce que ça permet réellement de se rencontrer? Être prèsde quelqu’un ne veut pas forcément dire être proche! Pour être proche, il faut le vouloir. 

Je pense à ce papa qui s’organise pour avoir quelques loisirs communs avec ses enfants. Et à celui qui ne rate jamais le rendez-vous du soir, au moment du coucher. Et à celui qui ménage quelques repas à la maison au lieu de se rabattre toujours sur la cantine. Et à cette famille où l’on s’était tous mis au régime pour aider une jeune à suivre son régime. Voilà des manières bien concrètes de combler des ravins dans les relations et de préparer le chemin du Seigneur.

Oh ! Vu de l’extérieur, ça peut sembler des moyensbien petits. C’est vrai, ils paraissent petits. Mais tous ceux qui en vivent, de ces petits moyens, savent combien en réalité ils sont grands.Et ceux qui sont habités par la foi chrétienne savent combien le Seigneur se manifeste concrètementà travers ces petits moyens du quotidien.

Dans son livre “Dieu n’est pas bizarre”, Jean-Noël Bezançon évoque Thérèse de Lisieux dans la mise en scène d’un film qu’en a fait Alain Cavalier il y a quelques années : “Pas d’extases ni de visions dans cette évocation très terre à terre de la vie d’un Carmel. La caméra s’attarde longuement, en gros plans, sur les gestes les plus simples de la jeune femme, laver le dos d’une de ses sœurs âgées, la coiffer ou préparer des poissons pour la cuisine. Dans une sorte de transfiguration du quotidien, le visage et les mains de Thérèse nous disent que Dieu aime ce monde, qu’il en prend soin avec nos mains, et que l’humble accomplissement de notre tâche humaine est le lieu véritable de notre vie avec Dieu et le chemin normal de notre sanctification.”

De quoi nous aider à mieux percevoir qui est Dieuqui prend corps en chacun de nous, déroutantà force d’être proche, surprenantà force de se démarquer des idées quelquefois bizarres que nous nous faisons de lui. Parce que notre Dieu, le Dieu de Jésus, quand il prend les grands moyens, ce ne sont pas les bulldozers bruyants, ce ne sont pas les rois et les armées puissantes, c’est un petit enfant en la personne de Jésus.C’est un Dieu désarmé(en un seul mot), puisqu’il se donne à rencontrer à travers une naissance dans un coin perdude Palestine. Il se révèle non pas comme Dieu tout-puissant, mais comme Dieu dont l’amour est tout-puissant. Voilà le cœur de la foi chrétienne. Je dis bien foi chrétienne, c’est à dire pas seulement une croyance en Dieu :

- Et quand on a fait des guerres de religion au nom de Jésus, on croyait être chrétien mais on se trompait. 

- Et quand Monsieur Bush avait mis tout son monde en prière pour mettre Dieu de son côté pour la guerre en Irak, il ne s’agissait pas de la foi chrétienne. Je m’en souviens parce que le pape lui-même le lui avait dit.

Le Dieu de Jésus, quand il prend les grands moyens, ce ne sont pas les scrapers et les bulldozers bruyants, c’est un petit enfant. Force irrésistible de l’enfantet de son sourire – les parents et grands parents le savent bien. Force irrésistible du petit enfant, pas du genre bruyant, même si ça peut arriver. Force d’une autre nature. Rappelez-vous la parole du bon vieux pape Jean XXIII : “Les vieilles branches qui tombent font plus de bruit que les bourgeons qui poussent.”

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