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Evangile pour le 4°dimanche de l’année C – 3 février 2019

Posté par rtireau le 31 janvier 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4, 21-30.

En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

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Homélie

Posté par rtireau le 31 janvier 2019

4° dimanche dans l’année C - 3 février 2019

Jérémie 1, 4-5.17-19 ; Psaume 70 ; 1 Corinthiens 12, 31; 13, 1-13 ; Luc 4, 21-30

La lettre de Paul aux Corinthiens nous propose une réalité sublime de la vie humaine. L’amour dépasse l’amour, l’amour défie tout, même l’usure du temps et de nos humeurs. On sait que Corinthe était le grand carrefour du Moyen-Orient. Comme tous les ports du monde, c’était le lieu de brassage des peuples, un lieu où la rencontre durait le temps de l’ancrage. On se rencontrait rapidement, sans lendemain. C’est dans ce contexte que Paul a envoyé sa lettre d’amour à la communauté chrétienne qui vivait là. 

On se demande comment un auteur d’il y a vingt siècles a pu écrire une telle page. La raison, l’auteur nous l’a dite, c’est à cause de cet homme nommé Jésus. C’est sa façon de vivre notre vie humaine qui est l’inspiration de cette page. On comprend pourquoi ce poème séduit beaucoup ceux qui se préparent au mariage. Ils se retrouvent bien dans ces paroles de Paul. La mission de Jésus est donc accomplie. Grâce à lui, en aimant l’autre, ce que nous pouvons faire, nous entrons dans le mystère de Dieu, ce que normalement nous ne pourrions pas faire.

Saint Luc maintenant. Avez-vous remarqué qu’il y a quelques lignes qu’on a déjà entendues la semaine dernière : “Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.” La liturgie nous les a remises, comme pour nous rappeler, à nous les habitués : “Attention, vous savez pas cœur ces textes, mais ce que vous oubliez c’est qu’ils se réalisent aujourd’hui.” « Ce passage brûlant, disait Gabriel Ringlet, vous l’avez entendu cent fois et plus. Rien de nouveau sous la lampe de la synagogue. Mais Jésus roule le livre, le rend au servant et retourne s’asseoir. Tous le regardent. Et il leur dit : “Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture.”L’assistant peut remiser le rouleau dans la caisse. Les versets d’Isaïe quittent Isaïe pour entrer en eux. Que chacun dépose son châle et retrousse ses manches, car c’est maintenant qu’il faut libérer les opprimés. »

Dans l’évangile, Jésus dit : “Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.” Traduction polie de : “pour qui il se prend, celui-là ?” Phrase passée au langage courant : “Nul n’est prophète en son pays.”On retrouve le même message dans un proverbe indien : “La perle est sans valeur dans sa propre coquille.” Et ce message reste vrai : le prophète critiqué, c’est de tout temps. Ce qui laisse à penser que celui qui est trop populairen’est sans doute pas très prophète.

Nul n’est prophète dans son propre pays. Et si je laissais à chacun le temps de mettre un ou deux noms, un ou deux visages de proches qui ont dit des choses qui m’ont agacé. Et de savoir pourquoi ça m’a agacé ? Et si c’était important, ce qu’ils m’ont dit ? Et si c’était parole de Dieu, même si eux ne sont pas chrétiens ? Et si la foi chrétienne c’était ça : croire que chaque homme est porteur d’un message de Dieu. Il m’arrive de dire à des fiancés : “Si vous vous aimez, c’est sans doute que vous avez été l’un pour l’autre une belle image du Christ. Vous vous êtes montré l’un à l’autre le visage de Dieu.”Et j’ajoute : “Ce serait bien que votre amour vous aide à voir aussi le visage du Christ chez celui qui a une tête qui ne vous revient pas.”

En fait Jésus ne dit pas grand-chose d’autre que ce que dit l’Ecriture. Aux livres des Rois, Elie a nourri une veuve à l’étrangeret Elisée a guéri un étrangerlépreux. Vous avez bien entendu : des étrangers, des non juifs. Voilà où ça fait mal. Cette idée que le Messie dépasse le cadre du peuple juif est une idée insupportable pour eux. Alors ils conduisent Jésus hors de la ville pour essayer déjà de… Bref ! On approche de la passion. Et la phrase “Médecin, guéris-toi toi-même !”- Fais des miracles chez nous aussi – est modérée, mais on sait qu’elle va se redire sur un ton de plus en plus dur jusqu’à la passion : “Qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Elu !”diront les chefs. “Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi toi-même !” diront les soldats. “N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi!”dira l’un des larrons.

Heureusement! Et c’est ça notre espérance chrétienne : celui qui a dérangé en disant sans cesse Aujourd’hui, eh bien on a eu beau le faire taire, sa mort elle-même a été Parole et Bonne Nouvelle !“En bref, on a réussi à le mettre à mort, mais on n’a jamais pu l’enterrer !”

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Evangile pour le 3°dimanche de l’année C – 27 janvier 2019

Posté par rtireau le 23 janvier 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 1-4 . 4, 14-21.

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.
Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 janvier 2019

3° dimanche dans l’année C– 27 janvier 2019

Néhémie 8, 1-4a. 5-6. 8-10 ; Psaume 18 ; 1 Corinthiens 12, 12-30 ; Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

“Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.” Tout commence à Nazareth, pas à Jérusalem. La vie publique de Jésus commence dans ce bourg qui n’a pas très bonne réputation. Jésus n’a pas cherché un lieu médiatique pour lancer sa campagne. L’Évangile naît ici de ce qui est méprisé.

“Annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur… Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.” Gérard Bessière commente à sa façon le mot de l’Évangile. Je le cite abondamment :

« On peut répéter pendant des siècles de belles formules sans jamais les traduire en actes. Elles finissent par s’user : qui se souvient encore de leur vigueur première ? Un exemple ? Notre devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité. Supposez qu’un homme public la prenne un jour comme programme et qu’il dise : « Aujourd’hui même, on change tous de vie pour se comporter en êtres libreset égaux, comme de véritables frères« .Vous imaginez toutes les conséquences, jusque sur les feuilles d’impôts ! Inutile de faire un sondage : la carrière politique de ce candidat n’ira pas loin et il disparaîtra bientôt dans la foule anonyme.

Jésus, lui aussi, reprend une formule brûlante du passé. Elle retentissait de mots explosifs : bonne nouvellepour les pauvres, libérationdes captifs, annonce de l’année de grâceoù l’on remettrait les dettes – c’était au moment du Jubilé. Et les aveuglesouvriraient les yeux ! Rien de neuf : on avait entendu ça cent fois dans la synagogue de Nazareth. Ce qui fut nouveau, c’est la suite : Jésus, après avoir lu, “roula le livre, le rendit au servant et s’assit.”Et il commença à dire : “Tout cela va se réaliser… aujourd’hui.”  Finis l’attente et le rêve, on peut fermer le livre et le remiser, que chacun retrousse les manches et passe aux actes. Ce fut le tollé général, on voulut même tuer cet enfant du pays qui voulait transformer les belles paroles en actes. Mais lui s’obstine, après bientôt vingt siècles, à nous redire chaque jour : “Attention, c’est aujourd’hui !” De la part de Dieu. »

Aujourd’hui.Je repense à l’un de ceux qui quêtaient à la porte de l’Église Sainte-Thérèse il y a longtemps déjà. Quand le micro a circulé, il l’a pris et il a invité à prier pour sa femme qui venait de décéder dans une cabane près de la rocade sud. On se demandait subitement ce qu’on faisait là bien au chaud. Un pauvre avait parlé. On avait tous compris quelque chose du mot : aujourd’hui.

“Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.” Y a-t-il encore une Bonne Nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui, se demande Jean-Marie Ploux dans son livre Le Christianisme a-t-il fait sont temps? Après le temps de la Traditionoù la foi en Dieu allait de soi, et celui de la modernitéoù l’on a essayé de la défendre, nous sommes dit-il au temps de la relativitéoù elle ne pourra s’inscrire que dans la gratuité et la confiance. “Il reste, écrit-il, la seule confiance d’hommes et de femmes qui, …  dans les merveilles de la vie quotidienne qu’ils savent voir et dans les souffrances qu’ils essaient de porter avec les autres, s’en remettent à Dieu du quotidien et de l’ultime. La confiance en Dieu et en ses témoins qui, depuis toujours, ont cru que l’insatisfaction en eux était le signe d’une soif de Dieu, qui ont cru que tous les gestes de compassion des hommes pour les vivants et pour les morts, toutes les paroles de pardon, dessinaient l’image d’un homme appelé par un Autre à quelque chose qui passe l’homme.”

Et plus loin : “Devant la souffrance de l’autre et réduits à l’impuissance quand l’autre semble voué à la dernière solitude, la seule chose que l’on puisse offrir, c’est de ne pas fuir et d’être présent. … Cette solidarité des éprouvés dans et par la souffrance ne supprime pas la souffrance, ne lui donne pas un sens mais fonde une fraternité.

La voilà, la Bonne Nouvelle de la Parole de Dieu. - Oui, Jésus a été un trait de lumière dans l’humanité, il a laissé entrevoir l’espérance que rien de l’amour et de la peine de l’homme ne sera perdu.”

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Evangile pour le 2d dimanche de l’année C – 20 janvier 2019

Posté par rtireau le 16 janvier 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2, 1-11.

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié
et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

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Homélie

Posté par rtireau le 16 janvier 2019

2d dimanche dans l’année C- 20 janvier 2019

Isaïe 62, 1-5 ; Psaume 95 ; 1 Corinthiens 12, 4-11 ; Jean 2, 1-11

Le texte de Cana a donné lieu à pas mal de plaisanteries autour du bon vin. En réalité, Saint Jean était sûrement sérieux quand il écrivait : “Tel fut le commencement des signesque Jésus accomplit… Il manifesta sa gloire et les disciples crurent en lui.”Le miracle de Cana, comme tous les miracles de Jésus, est bien un signe, un signe pour révéler qui est Jésus. En effet :

- lorsque Jésus a guéri des paralytiques, par exemple, ce n’est pas pour que jamais plus, il n’y ait de paralysés, mais pour révéler qui il est: non pas un super orthopédiste, mais un sauveur, qui veut que nous vivions debout.

- lorsqu’il a guéri des aveugles, ce n’est pas pour que personne ne soit plus jamais aveugle, mais pour révéler qui il est, non pas un super-ophtalmo mais “la Lumière du monde.”

- De la même façon, lorsque Jésus change l’eau en vin à Cana c’est pour révéler qui il est.

Alors, je vous invite à regarder de près ce récit etles symboles riches qui s’y trouvent:

1/ Le premier symbole, c’est la noce : Saint Jean a eu envie de montrer Jésus au milieu d’une noce. Sans doute parce que les Écritures, les textes des prophètes, ont souvent raconté la relation de Dieu avec son Peuple comme une histoire d’amour : fiançailles, tendresse, infidélité, colère, retrouvailles. Le texte d’Isaïe, la première lecture, en est un exemple : “On ne te dira plus délaissée… Toi, tu seras appelée ma préférencemon épouse... Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.” On attendait qu’un jour, les Noces de Dieu et de l’humanité soient définitives. Eh bien ! Jésus est venu sceller cette nouvelle Alliance de Dieu et des hommes. La noce de Cana est bien plus qu’une noce de village. 

2/ Deuxième symbole : les cuves en pierre que Jésus a choisies. Il aurait quand même pu trouver des récipients plus distingués que ces cuves destinées aux ablutions rituelles. Selon la loi de Moïse, les Juifs devaient se laver les mains avant de se mettre à table. Et c’est dans les cruches qui servaient à ça que Jésus fait verser de l’eau. Et il change en vin l’eau des ablutions. Autant dire que les pratiques rituelles en prennent un coup : le vin des noces de Dieu, le vin de la nouvelle Alliance, remplace l’eau de la religion juive. On devine le scandale : tout le système religieux est révolu. L’eau claire de la loi de Moïse fait place au vin capiteuxannoncé pour les temps messianiques. Le vin généreux, c’est Jésus lui-même, qui va mettre la société en effervescence.

3/ Troisième symbole : La quantité et la qualité. Jésus a fait remplir les cuves jusqu’au bord : 600 litres d’eau changés en 600 litres de vin. On n’avait pas besoin de tout ça, sans compter que du moins bon aurait fait l’affaire. Surabondance et démesure, geste généreux, plaidoyer pour la gratuité. Nous ne sommes plus sous le régime du donnant-donnantoù Dieu proportionnait ses dons aux mérites de l’homme. Dans la nouvelle Alliance, Dieu donne gracieusement, gratuitement.

Pour beaucoup de gens, Dieu reste un être lointain, impassible, loin de la vie des hommes. On est souvent resté sur une vieille idée philosophique de l’antiquité. L’Évangile de Cana révèle pourtant un Dieu amoureux de l’humanité. Un tremblement de terre ou une guerre ne sont pas signes de Dieu, mais tous les gestes de solidarité, oui.

Pour beaucoup de gens, le christianisme a pu être une religion de la peur et des interdits. Saint Jean a pourtant trouvé les mots pour dire que les prescriptions, c’est fini ! L’eau claire du légalisme a été remplacée depuis que Jésus a changé en vin l’eau des ablutions juives.

Pour beaucoup de gens, Dieu reste souvent un Dieu qui récompense ou qui punit en proportion de nos mérites. Saint Jean a pourtant invité à contempler un Dieu qui ne calcule pas, qui donne gratuitement avec surabondance, dans la démesure de l’amour.

J’aime bien Gérard Bessières quand il écrit au sujet de ce texte : “On croyait ferme que Dieu habitait dans le beau temple de Jérusalem… dans l’inviolable Saint des Saints… et voilà qu’il mangeait et buvait avec ces paysans, et qu’il était lui-même « homme avec insistance, provincial, Galiléen »… comme si Dieu avait déserté le Temple, les rites, les lieux et les temps sacrés, pour habiter l’humble vie humaine !…”

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MEILLEURS VOEUX!

Posté par rtireau le 11 janvier 2019

Meilleurs vœux !

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Evangile pour la fête du baptême du Seigneur – 13 janvier 2019

Posté par rtireau le 8 janvier 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3, 15-16.21-22.

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

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Homélie

Posté par rtireau le 8 janvier 2019

Fête du Baptême du Seigneur - 13 janvier 2019

Isaïe 40, 1-11 ;  Psaume 103 ; Tite 2, 11-14, 3, 4-7 ; Luc 3, 15-22

Voici le Seigneur Dieu !
Il vient avec puissance ;
son bras lui soumet tout… Comme un berger - on s’attendait à un guerrier-il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux,
il les porte sur son cœur,
il mène les brebis qui allaitent.” (Isaïe)

On a toujours du mal à comprendre la toute puissance de Dieu comme une puissance d’amour et de tendresse. Pourtant, notre credo ne dit pas “Je crois en Dieu tout-puissant”,mais “Je crois en Dieu le Pèretout-puissant.” Quelqu’un a pu dire au sujet de l’Evangile d’aujourd’hui : “Jésus avait une relation toute particulière à Dieu son Père. Pourtant, il a voulu passer par le baptême de Jean.” Sous-entendu : il aurait pu s’en dispenser. Sans doute ! Mais est-ce que ce n’est pas en devenant homme parmi les hommes, et en partageant tout de l’humain, y compris le baptême de conversion de ses frères, qu’il annonce combien l’humain a du prix aux yeux de Dieu ?

Isaïe: « Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu… Il vient…” » Attente d’un nouveau commencement.

St Paul“Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint.” Annonce d’un nouveau commencement.

Jean-Baptiste(dans l’Evangile de Luc) : “Il vient, celui qui est plus fort que moi… Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.” Attente d’un nouveau commencement.

Avez-vous remarqué la différence de physionomie entre ceux qui vous annoncent“Je viens de commencer le piano… ou la danse… ou le foot…” et ceux qui vous disent: “Oh, j’ai arrêté la musique, j’en avais marre. J’ai arrêté le sport, je n’avais plus temps…”ou “Je n’y arrivais pas…” Avez-vous remarqué la différence de physionomie ?

Eh bien en principe, l’Eglise est toujours du côté de ceux qui commencent. L’Eglise est toujours du côté des joyeux commencements ! Et que ça bouge ! Même si quelques partisans de l’immobilité prudente peuvent avoir quelques sueurs froides.

Je me souviens la réflexion d’un petit enfant, invité avec ses parents à l’apéritif chez des gens ordrés, un peu guindés même. Maison superbe, peintures impeccables, salle nickel, table basse, fauteuils… Rutilant partout, pas un objet de travers, tapis somptueux. Et le petit de dire (honte pour les parents) : “Dis papa, où est-ce qu’ils habitent, les messieurs dames ?” J’espère que notre communauté n’aura jamais de tentations comme ça. Avez-vous remarqué comme l’ambiance n’est déjà pas la même quand il n’y a pas (ou peu) d’enfants dans nos assemblées ? Non ! Il faut que l’Eglise soit toujours du côté des joyeux commencements. Je repense souvent à cette personne qui avait été amenée à vivre de près une célébration très forte, qui lui avait fait du bien. Elle disait : “Vous m’avez obligé à rouvrir le dossier de l’Eglise.”

Combien font encore des demandes à l’Eglise qui ressemblent à des demandes de classement de dossier. Mais si vous voyiez le sourire qu’ils ont quand il réalisent, quand ils comprennent, si du moins on parvient à aller jusque là, tous les joyeux commencements que leur démarche pourrait bien permettre à leurs familles et à leurs amis ! Un de mes copains prêtres qui manquait totalement de modestie, à chaque fois qu’il avait réussi quelque chose comme ça, revenait en disant : “J’ai encore fait un bien fou aujourd’hui.”

“Tout le peuple se faisait baptiser”  disait l’évangile. Jésus prend place dans la longue lignée des hommes et des femmes ordinaires qui attendent leur tour pour se laisser plonger dans les eaux du Jourdain. Rien ne le distingue des autres. Il vient rejoindre, dans l’anonymat, le peuple de pécheurs en attente. Il s’enfonce profondément et discrètement dans la pâte humaine. “Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint… descendit sur Jésus. Et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie. »” C’est au moment où Jésus se fait le plus proche des pécheurs que Dieu Père lui fait sa déclaration d’amour. Et Luc nous présente la manifestation de l’Esprit, non pas comme une conséquence de son baptême, mais comme le fruit de sa prière.

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Evangile de la fête de l’Epiphanie – 6 janvier 2019

Posté par rtireau le 2 janvier 2019

Carte-Epiphanie

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2, 1-12.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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