Homélie

Posté par rtireau le 23 janvier 2019

3° dimanche dans l’année C– 27 janvier 2019

Néhémie 8, 1-4a. 5-6. 8-10 ; Psaume 18 ; 1 Corinthiens 12, 12-30 ; Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

“Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.” Tout commence à Nazareth, pas à Jérusalem. La vie publique de Jésus commence dans ce bourg qui n’a pas très bonne réputation. Jésus n’a pas cherché un lieu médiatique pour lancer sa campagne. L’Évangile naît ici de ce qui est méprisé.

“Annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur… Aujourd’huis’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.” Gérard Bessière commente à sa façon le mot de l’Évangile. Je le cite abondamment :

« On peut répéter pendant des siècles de belles formules sans jamais les traduire en actes. Elles finissent par s’user : qui se souvient encore de leur vigueur première ? Un exemple ? Notre devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité. Supposez qu’un homme public la prenne un jour comme programme et qu’il dise : « Aujourd’hui même, on change tous de vie pour se comporter en êtres libreset égaux, comme de véritables frères« .Vous imaginez toutes les conséquences, jusque sur les feuilles d’impôts ! Inutile de faire un sondage : la carrière politique de ce candidat n’ira pas loin et il disparaîtra bientôt dans la foule anonyme.

Jésus, lui aussi, reprend une formule brûlante du passé. Elle retentissait de mots explosifs : bonne nouvellepour les pauvres, libérationdes captifs, annonce de l’année de grâceoù l’on remettrait les dettes – c’était au moment du Jubilé. Et les aveuglesouvriraient les yeux ! Rien de neuf : on avait entendu ça cent fois dans la synagogue de Nazareth. Ce qui fut nouveau, c’est la suite : Jésus, après avoir lu, “roula le livre, le rendit au servant et s’assit.”Et il commença à dire : “Tout cela va se réaliser… aujourd’hui.”  Finis l’attente et le rêve, on peut fermer le livre et le remiser, que chacun retrousse les manches et passe aux actes. Ce fut le tollé général, on voulut même tuer cet enfant du pays qui voulait transformer les belles paroles en actes. Mais lui s’obstine, après bientôt vingt siècles, à nous redire chaque jour : “Attention, c’est aujourd’hui !” De la part de Dieu. »

Aujourd’hui.Je repense à l’un de ceux qui quêtaient à la porte de l’Église Sainte-Thérèse il y a longtemps déjà. Quand le micro a circulé, il l’a pris et il a invité à prier pour sa femme qui venait de décéder dans une cabane près de la rocade sud. On se demandait subitement ce qu’on faisait là bien au chaud. Un pauvre avait parlé. On avait tous compris quelque chose du mot : aujourd’hui.

“Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.” Y a-t-il encore une Bonne Nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui, se demande Jean-Marie Ploux dans son livre Le Christianisme a-t-il fait sont temps? Après le temps de la Traditionoù la foi en Dieu allait de soi, et celui de la modernitéoù l’on a essayé de la défendre, nous sommes dit-il au temps de la relativitéoù elle ne pourra s’inscrire que dans la gratuité et la confiance. “Il reste, écrit-il, la seule confiance d’hommes et de femmes qui, …  dans les merveilles de la vie quotidienne qu’ils savent voir et dans les souffrances qu’ils essaient de porter avec les autres, s’en remettent à Dieu du quotidien et de l’ultime. La confiance en Dieu et en ses témoins qui, depuis toujours, ont cru que l’insatisfaction en eux était le signe d’une soif de Dieu, qui ont cru que tous les gestes de compassion des hommes pour les vivants et pour les morts, toutes les paroles de pardon, dessinaient l’image d’un homme appelé par un Autre à quelque chose qui passe l’homme.”

Et plus loin : “Devant la souffrance de l’autre et réduits à l’impuissance quand l’autre semble voué à la dernière solitude, la seule chose que l’on puisse offrir, c’est de ne pas fuir et d’être présent. … Cette solidarité des éprouvés dans et par la souffrance ne supprime pas la souffrance, ne lui donne pas un sens mais fonde une fraternité.

La voilà, la Bonne Nouvelle de la Parole de Dieu. - Oui, Jésus a été un trait de lumière dans l’humanité, il a laissé entrevoir l’espérance que rien de l’amour et de la peine de l’homme ne sera perdu.”

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette