Evangile du 4° dimanche de carême dans l’année C – 31 mars 2019

Posté par rtireau le 26 mars 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32.

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 mars 2019

4° dimanche de carême C – 31 mars 2019

Joués 5, 10-12 ; Psaume 33 ; 2 Corinthiens 5, 17-21 ; Luc 15, 1-3. 11-32

Premier acte de notre parabole : le Père et son fils cadet.Le jeune a voulu conquérir son indépendance. Il se retrouve quasiment esclave. Même sa conversionest motivée par un calcul : retrouver le gîte et le couvert. En fait il est malheureux d’avoir perdu l’habitude d’aimer. Et il a besoin d’être aimé. C’est ce que fait le Père avec des gestes concrets : « il l’aperçoit…. il est saisi de compassion… il court… il l’embrasse ». Et il fait une grande fête. Il est un Père prodigue en amour !Une telle folie de tendresse ne peut venir que de Dieu. Jésus casse l’image d’un Dieu méchant qui ne cesse de nous hanter. Il nous dit Dieu Miséricorde.

Deuxième acte : Le père et son fils aîné. C’est à la fin du récit que se trouve la pointe de la parabole. L’aîné refuse d’entrer. C’est un comble ! Lui, le modèle de l’esprit familial, refuse d’être de la famille. On le croyait de la maison, il reste dehors. Et lui aussi est dans un système de revendication : « Tu ne m’as jamais donné un chevreau… » Il fait penser aux pharisiens qui pratiquent une religion intéressée, pour avoir la récompense éternelle. Le père recommence alors avec l’aîné les démarches de réconciliation : « Il le supplie… ». L’amour de Dieu qui a su retrouver celui qui était perdu doit maintenant retourner le cœur de celui qui ne se croyait pas perdu. Dom Helder Camara disait : “L’un s’est réveillé de son péché, quand donc l’autre se réveillera-t-il de sa vertu ?” 

Le père a donc invité ses deux fils à découvrir ce que peut être une fraternité.En accueillant l’enfant perdu, il a donné à ses deux fils d’être frères.  Et il nous fait découvrir quela vraie conversion n’est pas l’effort pour devenir quelqu’un de bien, maisdonner de la joie à Dieu.“Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. » (Luc 15, 7) 

Qui est donc ce père ? Ni écrasant, ni moralisateur, il est « saisi de compassion ». Et surtout il fait le reste du chemin, comme dans cette belle histoire juive qui a dû inspirer Jésus : un fils de roi est séparé de son père par une distance de cent jours de marche, c’est à dire beaucoup. Il veut revenir, lui aussi. Ses amis l’encouragent : « Retourne près de ton père ! » Mais il répond : « Je ne peux, pas, je n’en ai pas la force ! »Le père l’apprend et lui adresse un message : « Fais comme tu peux. Marche selon ta force, et moi je viendrai, et je ferai le reste du chemin pour arriver jusqu’à toi. »

Jean-Pierre Manignea une belle réflexion sur notre parabole. A l’origine, dit-il, il y a une méprise. Elle est signalée d’une phrase, la plus belle qui fut jamais prononcée :“Tout ce qui est à moi est à toi”.Le fils cadet ne l’a pas compris. Au lieu de jouir de tout l’héritage, il en réclame une part. Et il l’épuise. Le fils aîné ne le comprend pas davantage. Il refuse la fête parce qu’il ne voit pas que c’est aussi sa fête. Tous les deux veulent manger, mais pas à la table où tout est partagé. Ça ne marche pas. Et dans nos vies pas davantage. Tant que nous sommes dans la ferme paternelle, c’est à dire dans la communion avec Dieu et nos frères, c’est l’abondance. Cette communion quittée, comme pour le cadet, ou refusée, comme pour l’aîné, voici tôt ou tard la famine, image de la sécheresse du cœur et du désespoir. Il faut réentendre la parole de l’amour absolu : “Tout ce qui est à moi est à toi”. Et y croire absolument.

La parabole reste tragiquement inachevée : l’aîné va-t-il se laisser convaincre et entrer dans la joie de son père ? Et si on continuait l’histoire ? Le prodigue représente les pécheurs. L’aîné évoque Pharisiens et Publicains. Dieu est le père de tous. Il court vers les uns et supplie les autres. Dans ce récit pathétique, nous sommes tous les personnages. L’histoire est la nôtre, de toutes les manières.Elle bouscule nos idées toutes faites sur Dieu. Essayons d’être attentifs aux différents regards : celui des pharisiens et des scribes sur Jésus : « cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et mange avec eux ! Et celui des autres personnages. 

Paul Baudiquey a écrit: « les vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent. » Ces regards ne regardent pas les yeux de l’autre, mais ils le regardent dans les yeux.Le fils aîné de la parabole regardait les yeux de son frère, pendant que le père regardait, dans les yeux, son fils retrouvé.

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Evangile du 3° dimanche de carême dans l’année C – 24 mars 2019

Posté par rtireau le 20 mars 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13, 1-9.

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

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Homélie

Posté par rtireau le 20 mars 2019

3° dimanche du carême C- 24 mars 2019

Exode 3, 1-8a.10.13-15 ; Psaume 102 ; 1 Corinthiens 10, 1-6.10-12 ; Luc 13,1-9

Imaginez donc Jésus, au milieu de quelques personnes, en train de commenter le journal du jour. Il y a deux faits divers. Tout le monde en parle : des Galiléens ont été massacrés par Pilate ; dix-huit personnes ont été tuées à Siloé par l’écroulement d’une tour. Evidemment les premières questions qui viennent à cette époque devant des catastrophes, c’est : “A qui la faute ?”Ou bien : “Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour que ça m’arrive ?” Et Jésus rectifie : La première question n’est pas la chasse aux coupables, l’urgent n’est pas non plus de se laver les mains, mais de se demander devant chaque événement : qu’est-ce que cet événement me dit ? A quoi il m’appelle ? Autrement dit : Stop ! Ne cherchez pas la culpabilité des autres, ni même  de vous. 

En bref, ne cherchez pas de coupables ! Changez votre idée de Dieu, et changez votre façon de vivre !

* Changez votre idée de Dieu: regardez Moïse, à son travail près du troupeau de son beau-Père : l’ange du Seigneur lui apparaît dans un buisson qui brûle sans se consumer. Ambiance sacrée, mystérieuse : “N’approche pas d’ici, retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte”, et Moïse se voile le visage. Ambiance de peur de ce Dieu lointain. Mais il y a la suite et Dieu parle : “J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte…, je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens… Maintenant donc, va, je t’envoie …”Je suis proche, et c’est toi, Moïse, qui vas le dire et le montrer. Plus tard, ce sera Jésus qui montrera combien Dieu est proche. Et maintenant, eh bien … vous avez deviné : c’est à nous de le montrer.

* Changez de façon de vivre: stop à la recherche des coupables. A vous de jouer. Oui oui ! Il y a des situations insoutenables, des catastrophes de toutes sortes et la mort d’innocents. La réponse de Dieu n’est pas : “Où sont les coupables ?”Elle est : “J’ai vu la misère de mon peuple…, va, je t’envoie.”  Je connais les souffrances de mon peuple: notre Dieu, c’est celui qui entend les cris. Il connaît la souffrance, et il est toujours avec celui qui essaie de soulager, de délivrer. Notre Dieu n’est jamais avec celui qui fait souffrir.

Va ! Je t’envoie : la réponse de Dieu, à nous de la donner. Nous sommes l’oreille, l’œil, la main de Dieu. C’est nous qui voyons, qui entendons, qui secourons. A nous d’être toujours du côté de la solidarité qui rend Dieu proche. Je me souviens ce couple qui avait reçu un appel au secours d’un ami dans la déprime et qui replongeait dans l’alcool. Ils disaient : “Dès l’après midi, on y était.”Les mêmes racontaient : “On a réussi avec des gens en difficulté à créer une équipe d’ACO.”

Changer notre idée de Dieu, changer notre façon de vivre. A l’époque de Jésus, la violence était naturellement ressentie comme une manifestation de la colère de Dieu. Horreur d’une telle interprétation qui fait de Dieu un tueur, et qui fait du tueur lui-même un instrument de Dieu, donc pas vraiment responsable. Remplacez le nom de Pilate par Hitler, ou par tel ou tel nom beaucoup plus récent, pour réaliser jusqu’où ça peut mener. Et puis si le malheur et la violence manifestaient la justice de Dieu, alors une vie heureuse serait signe qu’on serait irréprochable. Logique ! Si je suis heureux, riche et en bonne santé, c’est que je suis bien avec Dieu. 

Marion Muller Colard a écrit un petit livre intitulé l’autre Dieu.Comme s’il y en avait un autre que celui devant qui on se sent toujours coupable : « Nous sommes, écrit-elle, la seule espèce vivante qui double sa peine à se sentir maudit en plus que d’être malade… les significations perverses que nous donnons aux événements nous font plonger en désespoir plus sûrement que les événements eux-mêmes. »

Jésus dissipe pourtant toutes ces illusions. L’image du figuier stérile est là pour nous répondre. S’il n’est pas coupé aussitôt – autrement dit : s’il ne connaît pas encore le malheur, – ce n’est pas pour ses mérites, c’est parce que Dieu patiente !Notre histoire se déroule tout entière dans la patience de Dieu. Qu’est-ce qu’il attend de nous ? Sans doute moins une conduite impeccable, au sens où nous l’entendons, qu’une fécondité. Le vrai souci de notre vie, ça ne doit pas être de scruter en tout ce qui nous arrive les signes de l’approbation ou non de Dieu. Notre vocation, c’est de donner du fruit en abondance.

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Evangile du 2° dimanche de carême dans l’année C – 17 mars 2019

Posté par rtireau le 12 mars 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9, 28b-36.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

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Homélie

Posté par rtireau le 12 mars 2019

2°dimanche de carême dans l’année C -  17 mars 2019

Genèse  15, 5-12.17-18a ;  Psaume 26 ; Philippiens 3, 17-21. 4,1 ;  Luc 9, 28-36

Les premiers chrétiens, quand on les persécutait, faisaient provision de courage en parlant de Jésus. Parmi les souvenirs qu’ils se transmettaient, il y avait cet épisode éblouissant que je viens de lire : Jésus transfiguré, illuminé d’une lumière pas ordinaire. Comme si cet éclat venait de l’intérieur de lui-même : “L’aspect de son visage devint autre.”Un homme rayonnait Dieu !

Je vous invite à regarder de près le contextede la transfiguration de Jésus. C’est un contexte de prière: “Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques et il gravit la montagne pour prier.” et un contexte de drame qui s’annonce : il vient d’y avoir la première annonce de la passion et la seconde est pour bientôt. Pierre, Jean et Jacques sont les trois mêmes disciples qui seront là aussi au moment de l’agonie. 

Épreuve et prière: voilà le contexte de la transfiguration de Jésus. Qui donc est ce Jésus transfiguré ?La réponse ne viendra ni de nos raisonnements ni de la bible. Mais comme pour les témoins du texte, seuls, à l’écart sur la montagne, la réponse viendra de notre prière. Il nous faut escalader notre montagne intérieure et laisser le Père murmurer dans le silence : “Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le !” Et voilà transfiguré notre quotidien souvent trop gris : non, nous ne sommes pas nés pour le trou noir de la tombe.

Le contexte de ce passage est donc un contexte d’épreuve et prière. On entend dire souvent : “L’humanité n’est pas belle… L’homme est capable de tout.”Et c’est vrai : l’humanité est souvent défigurée par la médiocrité, et l’histoire des horreurs n’est pas terminée. Mais il est vrai aussi que l’humanité est belle et que l’homme – selon une expression vertigineuse des premiers siècles chrétiens – est capable de Dieu. Combien d’hommes et de femmes ont été soulevés au-dessus d’eux-mêmes et de la médiocrité courante, par des souffrances qui auraient pu les détruire. Combien de personnes montrent Dieu à travers leur courage, leur force d’aimer, le don quotidien de leur vie. La transfiguration, c’est chaque jour et en tous lieux : elle est l’intime énergie de l’histoire, celle qui permet aux hommes de continuer le chemin. Comme si une brèchepouvait s’ouvrir de temps en temps sur un univers invisible. Comme s’il voyait l’invisible, c’était le titre d’un ouvrage du Père Jacques Loew. Nous sommes Capax Dei, écrivait Bernard Feillet dans son livre Étincelle du divin.

Tentation immédiate pour les disciples : s’installer là pour échapper à la dureté de la vie quotidienne. Eh non, ce n’est qu’une brèche dans le quotidien. Il s’agissait bien d’aller à l’écart pour prendre de la hauteur, mais il s’agit maintenant de redescendre. On ne peut pas s’y installer.C’est une expérience qui peut donner forcepour affronter le quotidien. Mais on ne s’installe pas sur la montagne de la Transfiguration. “Faisons trois tentes” disaient les disciples. C’est naturel, on voudrait bien garder Jésus pour soi. Mais justement, c’est ça qui n’est pas possible. “Pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul.” Nul ne retient le Seigneur, même pas les plus proches. Il n’est pas assignable à résidence.On se souvient qu’à Emmaüs, il disparaîtraau regard des voyageurs qui auraient bien voulu qu’ildemeureavec eux.

Sur la montagne de la transfiguration, ils ne virent plus que des visages d’hommes. Pas d’erreur, c’est bien sur ces visages humains que l’Esprit veut se donner à rencontrer.Alors, si tu veux que l’Esprit-Saint puisse se montrer, “Arrête de faire la gu… !”  Pardon ! Que ton visage soit lumière !”.Certains recourent pour cela à la chirurgie esthétique. Ce n’est pas interdit. Mais ça ne suffit pas !

Nous allons recevoir l’eucharistie. Et si nous en faisions un moment de transfiguration. Je vous propose un petit commencement qui soit signe : adresser un sourire à celui ou celle qui vous donnera la communion. Et pour les personnes concernées, adresser un sourire à ceux à qui vous donnerez l’Eucharistie, habiter votre don d’un visage transfiguré.Petit moment de relation qui contribuera à donner du corps au Corps du Christ qui se donne à partager. Petit commencement parce qu’évidemment, ce qu’on vit ensemble dans une Église ne peut pas ne pas transformer ce que nous aurons à vivre dans notre quotidien dans les jours qui viennent.

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Evangile du 1er dimanche de carême dans l’année C – 10 mars 2019

Posté par rtireau le 6 mars 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4, 1-13.

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »
Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

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Homélie

Posté par rtireau le 6 mars 2019

1er dimanche de Carême dans l’année C – 10 mars 2019

Deutéronome 26, 4-10 ; Psaume 90 ; Romains 10, 8-13 ; Luc 4, 1-13

Deutéronome, chapitre 26 : “Les Égyptiens… nous ont maltraités… Nous avons crié vers le Seigneur… Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère… Il nous a fait sortir d’Égypte… Il nous a conduits dans ce … pays ruisselant de lait et de miel.” On était en esclavage. On a crié vers le Seigneur. Il a entendu, il nous a fait sortir et nous a conduit. Voilà l’expérience de Dieu que les hommes font depuis la nuit des temps : une expérience de libération qui révèle qui est leur Dieu. Le livre Pierres Vivantesa un titre très intéressant à ce sujet : Dieu crée son peuple en le libérant.Les croyants sont donc les témoinsd’un Dieu qui les rend libres.

Les tentations de Jésus, ce sont trois propositions : le pain, l’abondance ; la royauté, le pouvoir ; la protection angélique, l’impunité. Jésus s’en détourne, et pourtant il multipliera le pain, il reconnaîtra devant Pilate sa royauté, et Dieu ne l’abandonnera pas à la mort.Où est donc la différence ? Elle tient à cette phrase trois fois répétée : “Il est écrit.”En repoussant la tentation, Jésus refuse les raccourcis du diable. Il rappelle à chaque fois le détour par l’Ecriture. En se comportant comme ça, Jésus inaugure une longue histoire, notre histoire, l’histoire de la foi.

En cette histoire de notre foi: l’abondance naît du partage, non de la magie: curieux réflexe que nous avons d’associer la magie à Dieu. Je me souviens cette célébration autour de l’eau avec des enfants. L’un d’eux avait dit : “C’est de l’eau magique”.Et il avait fallu expliquer que c’était de l’eau béniteet pas magique. Bénite, c’est à dire sur laquelle on a prié pour qu’elle devienne un signe de notre Dieu source de Vie. Les pierres non plus ne seront pas changées magiquement en pain pour Jésus. C’est lui qui se fera pain. Et si nous mangeons de ce pain-là, nous savons que ça nous engage à une vie partagée qui n’a rien à voir avec une facilité magique.

En cette histoire de notre foi: la royauté est une royauté de vérité et de service, non de prestige et d’oppression.

En cette histoire de notre foi : l’aide de Dieu et de ses anges est accordée aux humbles, non à ceux qui défient Dieu. Nous n’avons pas nous non plus àmettre Dieu à l’épreuve. Mais il nous fautnous mettre à l’épreuve de Dieu.Le Christ lui-même ne s’est pas évadé de la condition humaine. Il est bien devenu homme sans cesser d’être Dieu, et il s’est hissé vers Dieu sans cesser d’être homme. Sortant du désert, sortant de la tentation, Jésus s’efforce de devenir homme.

Au livre de la Genèse, le tentateur disait : “Allez-y… Vous serez comme des dieux”. C’est vrai : notre tentation est de vouloir être comme des dieux, ou comme Dieu. Souvenons-nous que notre vocation n’est pas d’être comme Dieu,mais d’essayer d’être comme Jésus. “Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête”, disait- il mercredi dernier. Montre un visage joyeux et souriant. 

Patrick Jacquemont nous raconte une histoire qu’il appelleLes commères de Carême. Elles sont trois : l’ascèse(jeûne), l’aumône(partage) et la prière. Les voilà parties vers Pâques comme en pèlerinage. Trois commères qui racontent leurs pratiques. 

- Moi, dit l’ascèse, je redeviens à la mode. On jeûne pour cure d’amaigrissement ou pour quête religieuse. Mais moi je vis tout autre chose, je suis l’attente attentive de l’absent.

- Pour moi, dit l’aumône, il y a toujours quelqu’un qui frappe à ma porte. Je ne suis pas dupe car il y a les quémandeurs attitrés et les perpétuels assistés. Mon aumône, c’est le partage qui fait du prochain un ami.

- N’allez pas croire,dit la prière,que je quitte tout le monde pour aller faire mes devoirs de piété. Prier dans le secret, ce n’est pas tant fermer sa porte qu’ouvrir son cœur pour laisser l’Esprit prier au plus profond de nous. C’est lui qui vient en nous quand nous ne savons plus prier et nous rassembler. C’est lui qui nous donne de dire : Père.

« Pour vaincre la faim, devenons semeurs de paix, de fraternité, de justice, d’humanité, d’espérance ?»C’est notre projet pour le carême. Les 3 commères vont bon train, bras dessus, bras dessous, s’appuyant l’une sur l’autre. Je vous encourage à vous mettre en marche avec elles.

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